Aujourd’hui, mon copain Igor a du prendre une muflée d’anthologie.
Igor, je l’avais rencontré à Simféropol, capitale de la Crimée, sur un trottoir. Il était couché dignement sur ce trottoir où il exhibait ses disgracieux moignons. Je sais pas ce qui m’a pris, je lui ai filé 5 grivnas. Grosso modo, un euro au cours de l’époque. Et là, le mec me fait signe de pas bouger, se carapate sur les moignons comme un héros de Freaks et revient avec deux bières apportées par un copain. C’était la première fois qu’un clodo m’offrait un coup à boire avec mon aumône. Pour être franc, ce fut aussi la dernière. Et la seule.
Et là, j’ai bu la bière avec mon nouveau copain. J’en ai offert une au petit jeune qui avait fait le service et qui causait un peu l’anglais globish et le teuton. C’est ça la classe du touriste riche qui peut s’offrir un truchement.
Mon copain Igor, il avait sauté sur une mine en Afghanistan. Il le racontait avec une certaine emphase, en hurlant « boum » et en faisant décrire à ses bras une orbe quasi parfaite, façon danseuse du Bolchoï. On lui avait coupé les cannes un peu sous le genou, fort proprement par ailleurs et il était revenu au pays natal avec une belle médaille et une pension d’invalidité. Jusque là, on baignait dans le classique et je m’ennuyais un peu. La conversation du biffin de base n’est pas toujours excitante.
Et puis, l’URSS a explosé sous les coups de boutoir de la propagande américaine. Explosé d’abord. Dépecée ensuite. L’Ukraine a pris son indépendance. Du coup, Igor, il s’est retrouvé ukrainien, médaillé, mais plus pensionné. On lui a dit ça à l’Armée rouge : il n’est pas prévu de verser de pension d’invalidité aux étrangers. C’est qu’il était devenu étranger, Igor, et il l’avalait mal. Bon, l’attitude russe, elle est pas très élégante. Mais on peut comprendre : tu veux plus de moi, donc tu veux plus de mon fric. Démerde toi, t’es libre.Libre de choisir d'être dans la merde.
Pour être franc, il était pas le seul. Après, dans une belle manif, des comme j’aime avec drapeaux rouges, statue de Lénine et Internationale, j’ai rencontré des vétérans. C’est des petits vieux bien propres, bien ridés, avec des uniformes repassés au millimètre et des brochettes de décorations sur la moitié du sternum. Des vétérans du « second siège », c’est comme ça qu’on dit. Le second siège de Sébastopol. Le premier, c’est le nôtre, on connaît, on en a fait un boulevard. Le second, c’était plus rude. Y’avait pas de zouaves, y’avait que la Wehrmacht que les vétérans rencontrés avaient bloquée pendant plusieurs mois pour soulager Stalingrad. Un siège d’hiver, glacial, plombant. Un monceau de cadavres et de belles brochettes de médailles. Ils racontaient les vétérans, ils avaient l’âme francophile. Ils connaissaient Normandie-Niémen, Thorez et Jacques Duclos. Mais eux aussi, l’indépendance leur avait sucré les pensions. Ils se demandaient ce que faisait l’Europe. Après tout, les médailles ils les avaient gagnées en nous aidant, non ?
Les vétérans, pour être franc, je les avais rencontrés dans une manif à laquelle je m’étais joint. Je savais pas pourquoi je braillais mon Internationale mais, putain, que ces gens chantent bien. Et puis les drapeaux, ça vous avait un côté Potemkine.. J’ai plus l’esthétique prolétarienne que manga, c’est comme ça. Après, on m’a dit : j’avais levé le poing pour le retour à l’URSS d’avant, pour le retour du PCUS, et même, aux yeux de certains, pour le retour de Staline. Bon. J’ai payé mon coup, même aux vétérans, et on a causé. J’ai entendu des choses que j’aurais préféré ne pas entendre, comme quoi les droits de l’homme, c’est un luxe de pays riche, que l’indépendance, c’est de la merde quand on n’est plus soigné et plus nourri. Mes nouveaux copains, ils m’ont raconté les hôpitaux pourris, l’économie en panne, ils m’ont même emmené en banlieue, dans un logement où s’entassait une famille de quatorze personnes. Tout ça, j’ai déjà raconté. Le livre est épuisé.
Alors, forcément, je sais que ce soir, à Simféropol, mais aussi à Sébastopol ou à Sudak, y’a de la vodka qui coule. Je sais qu’ils sont heureux et je suis heureux pour eux. J’enrage un peu de voir le travail de propagande basé sur un seul fait : Poutine est détestable. Peut être, mais il a fait pour la Crimée ce que la Crimée attendait
Enfin, le monde devient lisible. La propagande américaine fonctionne à plein et regroupe les fadas du Dalaï-Lama, les angoissés de Poutine et les vomisseurs d’Assad. Toutes les belles âmes qui parlent de guerre et en ont peur, tous ceux qui bêlent pour un monde « moderne », ce qui ne veut strictement rien dire. En face, sûrs d’eux et de leur puissance, les héritiers des siècles précédents, ceux qui savent que le monde moderne est l’héritier des vieux conflits et des vieilles manières. Ceux qui parlent et ceux qui cognent.
L’Occident est à genoux. Pas encore pour prier, mais ça ne saurait tarder
On en reparlera…
On y parle peu de géographie. Rarement de politique. Encore que... On parle juste de la vie des hommes. C'est pareil.
dimanche 16 mars 2014
jeudi 13 mars 2014
ALIAS NICOLAS
J’aime pas Taubira. J’aime pas sa morgue mêlée de chouineries sur le féminisme et l’esclavage. Elle est la preuve vivante qu’on peut être femme, descendante d’esclave et ministre de la République. Et que, par voie de conséquence, ni la féminité, ni l’esclavage ne sont des handicaps. CQFD.
Mais là, on lui colle un faux procès. Et j’aime pas non plus. On applique connement le principe du bottage en touche et tout le monde suit le ballon. Bande de cons !
Au départ, y’a un mec qui applique la technique des dealers de banlieue qui veulent baiser les flics. Il va dans une boutique et il achète un portable sous un faux nom. Moi, j’appelle ça usurpation d’identité. Mais, moi, je suis bête.
Bon, il achète pas lui-même vu qu’il est connu. Il annonce Paul Bismuth (c’est le pseudo choisi).. L’autre, il va se marrer. Arrête, Nico, on t’a reconnu. Donc, il envoie son chauffeur (il a un chauffeur, j’en suis certain, c’est moi qui le paye, avec mes impôts) qui achète le portable sous un faux nom. Les flics, ils écoutent pas Nicolas Sarkozy, ils écoutent Paul Bismuth. En admettant que Christiane reçoive des listings d’écoute, c’est Bismuth qui est écrit, pas Sarkozy. Tu t’imagines que Christiane s’intéresse à Bismuth ?
Faut pas déconner tout de même. Qu’une ancien président de la République, membre du Conseil constitutionnel, fasse acheter un portable sous un faux nom pour tromper la police ne semble poser problème à personne. Parce que le fait générateur, c’est ça : la volonté de tromper la police. Pour un ancien Ministre de l’Intérieur, ça la fout mal, je trouve.
Et donc, les copains du dealer bottent en touche… La Christiane, elle sait pas lire un listing.. et puis elle a pas dit ce qu’elle savait…ben non.. elle a pas dit ce qu’elle savait sur Bismuth. Pourquoi ? Ça vous parle Bismuth ?
Bon. T’écoutes Bismuth, le petit dealer, il appelle son avocat. C’est pas l’avocat que t’écoutes, c’est Bismuth. Il se trouve qu’il appelle son avocat. Pourquoi ? Pour tromper la police. Quand t’es la police, t’aimes bien savoir qui te trompe, pourquoi et comment. Remarque, quand t’es cocu aussi.
Et donc, l’avocat hurle au scandale. Je voudrais juste savoir un truc : quand ce téléphone sonnait, y’avait quoi écrit sur l’écran de l’avocat : Sarkozy ou Bismuth ? Parce que si c’était Bismuth, l’avocat savait qu’il participait à une manœuvre destinée à tromper la police. Ça relativise le sens moral, je trouve.
A moins que cette noble profession ne considère qu’il est de son devoir de tromper la police. Remarque, on peut le penser. Comme on peut penser que c’est le couple infernal police-justice qui est en cause. Le couple auquel on a confié la double tâche de surveiller et punir. Avec Valls, on sait que ça surveille. Avec Taubira, on sait que la punition n’est plus au centre du débat. L’avocat, ça devrait lui plaire. Plus la justice est laxiste, meilleurs sont les avocats. Le boulot est facilité. Mais non, il choisit d’attaquer Taubira. C’est bête d’affaiblir ses alliés objectifs. D'autant que j'ai pas vu un seul juriste de gauche revenir au point de départ. Ils ont tous préféré la défense corporatiste. Pas un pour dire clairement que leur confrère a participé à une manoeuvre à la légalité douteuse.
En tous cas, le ballon est bien dans la touche. Je sais pas qui va effectuer la remise en jeu, mais Sarkobismuth est tiré d’affaire. On parlera pas de sa minable magouille.
Sur le plan de la communication, c’est pas du grand nouveau, mais ça marche toujours.
C’est le principe de la corrida.
On en reparlera…
Mais là, on lui colle un faux procès. Et j’aime pas non plus. On applique connement le principe du bottage en touche et tout le monde suit le ballon. Bande de cons !
Au départ, y’a un mec qui applique la technique des dealers de banlieue qui veulent baiser les flics. Il va dans une boutique et il achète un portable sous un faux nom. Moi, j’appelle ça usurpation d’identité. Mais, moi, je suis bête.
Bon, il achète pas lui-même vu qu’il est connu. Il annonce Paul Bismuth (c’est le pseudo choisi).. L’autre, il va se marrer. Arrête, Nico, on t’a reconnu. Donc, il envoie son chauffeur (il a un chauffeur, j’en suis certain, c’est moi qui le paye, avec mes impôts) qui achète le portable sous un faux nom. Les flics, ils écoutent pas Nicolas Sarkozy, ils écoutent Paul Bismuth. En admettant que Christiane reçoive des listings d’écoute, c’est Bismuth qui est écrit, pas Sarkozy. Tu t’imagines que Christiane s’intéresse à Bismuth ?
Faut pas déconner tout de même. Qu’une ancien président de la République, membre du Conseil constitutionnel, fasse acheter un portable sous un faux nom pour tromper la police ne semble poser problème à personne. Parce que le fait générateur, c’est ça : la volonté de tromper la police. Pour un ancien Ministre de l’Intérieur, ça la fout mal, je trouve.
Et donc, les copains du dealer bottent en touche… La Christiane, elle sait pas lire un listing.. et puis elle a pas dit ce qu’elle savait…ben non.. elle a pas dit ce qu’elle savait sur Bismuth. Pourquoi ? Ça vous parle Bismuth ?
Bon. T’écoutes Bismuth, le petit dealer, il appelle son avocat. C’est pas l’avocat que t’écoutes, c’est Bismuth. Il se trouve qu’il appelle son avocat. Pourquoi ? Pour tromper la police. Quand t’es la police, t’aimes bien savoir qui te trompe, pourquoi et comment. Remarque, quand t’es cocu aussi.
Et donc, l’avocat hurle au scandale. Je voudrais juste savoir un truc : quand ce téléphone sonnait, y’avait quoi écrit sur l’écran de l’avocat : Sarkozy ou Bismuth ? Parce que si c’était Bismuth, l’avocat savait qu’il participait à une manœuvre destinée à tromper la police. Ça relativise le sens moral, je trouve.
A moins que cette noble profession ne considère qu’il est de son devoir de tromper la police. Remarque, on peut le penser. Comme on peut penser que c’est le couple infernal police-justice qui est en cause. Le couple auquel on a confié la double tâche de surveiller et punir. Avec Valls, on sait que ça surveille. Avec Taubira, on sait que la punition n’est plus au centre du débat. L’avocat, ça devrait lui plaire. Plus la justice est laxiste, meilleurs sont les avocats. Le boulot est facilité. Mais non, il choisit d’attaquer Taubira. C’est bête d’affaiblir ses alliés objectifs. D'autant que j'ai pas vu un seul juriste de gauche revenir au point de départ. Ils ont tous préféré la défense corporatiste. Pas un pour dire clairement que leur confrère a participé à une manoeuvre à la légalité douteuse.
En tous cas, le ballon est bien dans la touche. Je sais pas qui va effectuer la remise en jeu, mais Sarkobismuth est tiré d’affaire. On parlera pas de sa minable magouille.
Sur le plan de la communication, c’est pas du grand nouveau, mais ça marche toujours.
C’est le principe de la corrida.
On en reparlera…
dimanche 9 mars 2014
ELEMENTS DE LANGAGE
C’est facile le journalisme. Pour savoir ce que tu diras le soir du 23 mars, il suffisait d’écouter Bartolone ce dimanche matin. Il a eu quelques phrases pas mal.
« Nos électeurs pourront marquer leur désaccord par l’abstention ». Celle-là personne n’avait jamais osé. Jusqu’alors, tes électeurs, c’étaient ceux qui votaient pour toi. Avec Bartolone, c’est fini. Tes électeurs, c’est aussi ceux qui votent pas pour toi. Faut admettre, ça laisse un réservoir. Avec des coups comme ça, t’es sur de gagner toutes les élections.
Il précise le finaud de Lassay : « Je ne sens pas une envie de droite dans le pays ». Ben voyons ! Avec la diabolisation du FN, de plus en plus active, avec l’UMP qui part en couilles dans tous les sens, l’envie de droite, elle a du mal à s’exprimer. Dans les urnes, peut-être, mais on va y veiller. Je vais vous expliquer.
L’abstention n’est jamais trop forte aux municipales : un petit 30% au premier tour. Plus ou moins. Ce coup-ci, ça risque d’être un vrai plus. L’UMP en déliquescence, les Français écoeurés par un socialisme qui se marque de plus en plus à droite, ils vont pas se ruer sur le bulletin. Pas grave. Cette augmentation sera le fait des électeurs socialistes. De quoi rester, sans souci et sans travail, le premier parti de France. Le discours du 23 mars sera donc « on a gagné mais il faut convaincre les abstentionnistes de voter utile au second tour ».
Pour le reste, les préfets sont déjà au travail. Prenons en exemple : une ville moyenne, une liste socialiste, deux listes UMP, l’officielle et la dissidente. Comment tu qualifies ? C’est important ça… La liste UDI-UMP, tu peux la qualifier de centriste, par exemple (y’a de l’UDI) ou UMP (y’en a aussi). Ça dépend du chef. La liste dissidente, tu peux la mettre en divers droite ou en UMP-dissidente, ou même en centriste, c'est pas génant. En fait, ça dépend du résultat que tu veux obtenir. Y’a gros à parier que les préfets vont se lâcher sur l’étiquette « centriste ». Centriste, c’est pas à droite et Bartolone « ne sent pas une envie de droite ». Tu vas voir que Bayrou, il va se retrouver avec de sacrés bataillons d’électeurs sans avoir bougé une oreille. De quoi justifier son poids politique et une place dans le prochain remaniement. Ce qui justifiera aussi, post partum, la politique hollandaise de bouche-à-bouche au Medef. Vous voyez bien que c’est ce que voulaient les Français. Ils ont vachement voté au centre.
In fine, ça fera un peu moins de villes que prévu dans l’escarcelle socialiste, mais ce n’est pas trop grave. Dans les provinces, depuis quelques années, ils ont accumulé du sénateur et du député. De gros pardessus qui tiennent bien leurs sections et sauront expliquer. Eventuellement, en disant : « on était trop à gauche, nos électeurs nous ont préféré le centre, il faut soutenir le Président, ce clairvoyant leader qui nous a montré la voie lumineuse vers une gestion harmonieuse ». Et le tour est joué.
Ou comment gagner dans les médias les élections perdues dans les urnes. Bon, vous me direz, aux prochaines sénatoriales, ça se paiera et ce brave Bel a du soucie à se faire. Mais les sénatoriales, c’est pas tout de suite. Et puis, c’est moins important que la présidentielle. D’ici là, il y a peu de chances que l’UMP se refasse la cerise. On affirme déjà que Sarko va créer son mouvement pour laisser une UMP moribonde à Copé et/ou Fillion. Flamby va gérer Bayrou et garder ses chances intactes.
Ceci sans présager d’une vraie grave crise, bien entendu. On n’est pas encore en 2017. Pour l’heure, l’essentiel est de préserver les chances. Juste ne pas avoir l’air ridicule. Ne pas avoir l’air de perdre. Après… Les vraies manœuvres sont ailleurs. Planter Copé, planter Sarko. Buisson est vénal. On peut même penser qu’il vend ses cassettes. Une après l’autre. Le feuilleton n’est pas fini. On va pas se laisser emmerder par la perte de la mairie de Bouzy-les-Palmipèdes.
Bon. Bartolone nous a filé la clef. Moi, je pense à tous ces militants, qui bossent, qui y croient, qui voudraient bien changer leur vie au niveau de leur ville. Ils sont cocus. Tout militant politique est un cocu en puissance. Ils le savent mais c’est jamais agréable de le voir confirmer.
Ceci dit, ça va avoir un effet positif. Si les socialistes sont à la ramasse, ça va donner plein de triangulaires. C’est rigolo les triangulaires. Ça va nous distraire entre le 23 et le 30. Pendant ce temps, l’essentiel sera ailleurs. Toujours les marionnettes au travail.
Même que Guignol est une marionnette.
On en reparlera
« Nos électeurs pourront marquer leur désaccord par l’abstention ». Celle-là personne n’avait jamais osé. Jusqu’alors, tes électeurs, c’étaient ceux qui votaient pour toi. Avec Bartolone, c’est fini. Tes électeurs, c’est aussi ceux qui votent pas pour toi. Faut admettre, ça laisse un réservoir. Avec des coups comme ça, t’es sur de gagner toutes les élections.
Il précise le finaud de Lassay : « Je ne sens pas une envie de droite dans le pays ». Ben voyons ! Avec la diabolisation du FN, de plus en plus active, avec l’UMP qui part en couilles dans tous les sens, l’envie de droite, elle a du mal à s’exprimer. Dans les urnes, peut-être, mais on va y veiller. Je vais vous expliquer.
L’abstention n’est jamais trop forte aux municipales : un petit 30% au premier tour. Plus ou moins. Ce coup-ci, ça risque d’être un vrai plus. L’UMP en déliquescence, les Français écoeurés par un socialisme qui se marque de plus en plus à droite, ils vont pas se ruer sur le bulletin. Pas grave. Cette augmentation sera le fait des électeurs socialistes. De quoi rester, sans souci et sans travail, le premier parti de France. Le discours du 23 mars sera donc « on a gagné mais il faut convaincre les abstentionnistes de voter utile au second tour ».
Pour le reste, les préfets sont déjà au travail. Prenons en exemple : une ville moyenne, une liste socialiste, deux listes UMP, l’officielle et la dissidente. Comment tu qualifies ? C’est important ça… La liste UDI-UMP, tu peux la qualifier de centriste, par exemple (y’a de l’UDI) ou UMP (y’en a aussi). Ça dépend du chef. La liste dissidente, tu peux la mettre en divers droite ou en UMP-dissidente, ou même en centriste, c'est pas génant. En fait, ça dépend du résultat que tu veux obtenir. Y’a gros à parier que les préfets vont se lâcher sur l’étiquette « centriste ». Centriste, c’est pas à droite et Bartolone « ne sent pas une envie de droite ». Tu vas voir que Bayrou, il va se retrouver avec de sacrés bataillons d’électeurs sans avoir bougé une oreille. De quoi justifier son poids politique et une place dans le prochain remaniement. Ce qui justifiera aussi, post partum, la politique hollandaise de bouche-à-bouche au Medef. Vous voyez bien que c’est ce que voulaient les Français. Ils ont vachement voté au centre.
In fine, ça fera un peu moins de villes que prévu dans l’escarcelle socialiste, mais ce n’est pas trop grave. Dans les provinces, depuis quelques années, ils ont accumulé du sénateur et du député. De gros pardessus qui tiennent bien leurs sections et sauront expliquer. Eventuellement, en disant : « on était trop à gauche, nos électeurs nous ont préféré le centre, il faut soutenir le Président, ce clairvoyant leader qui nous a montré la voie lumineuse vers une gestion harmonieuse ». Et le tour est joué.
Ou comment gagner dans les médias les élections perdues dans les urnes. Bon, vous me direz, aux prochaines sénatoriales, ça se paiera et ce brave Bel a du soucie à se faire. Mais les sénatoriales, c’est pas tout de suite. Et puis, c’est moins important que la présidentielle. D’ici là, il y a peu de chances que l’UMP se refasse la cerise. On affirme déjà que Sarko va créer son mouvement pour laisser une UMP moribonde à Copé et/ou Fillion. Flamby va gérer Bayrou et garder ses chances intactes.
Ceci sans présager d’une vraie grave crise, bien entendu. On n’est pas encore en 2017. Pour l’heure, l’essentiel est de préserver les chances. Juste ne pas avoir l’air ridicule. Ne pas avoir l’air de perdre. Après… Les vraies manœuvres sont ailleurs. Planter Copé, planter Sarko. Buisson est vénal. On peut même penser qu’il vend ses cassettes. Une après l’autre. Le feuilleton n’est pas fini. On va pas se laisser emmerder par la perte de la mairie de Bouzy-les-Palmipèdes.
Bon. Bartolone nous a filé la clef. Moi, je pense à tous ces militants, qui bossent, qui y croient, qui voudraient bien changer leur vie au niveau de leur ville. Ils sont cocus. Tout militant politique est un cocu en puissance. Ils le savent mais c’est jamais agréable de le voir confirmer.
Ceci dit, ça va avoir un effet positif. Si les socialistes sont à la ramasse, ça va donner plein de triangulaires. C’est rigolo les triangulaires. Ça va nous distraire entre le 23 et le 30. Pendant ce temps, l’essentiel sera ailleurs. Toujours les marionnettes au travail.
Même que Guignol est une marionnette.
On en reparlera
dimanche 2 mars 2014
J'AIME POUTINE
J’aime Poutine. Je ne sais pas vous, mais moi j‘aime Poutine. Je sais, vous allez dire, c’est bizarre un type qui aime Poutine. Mais, moi, j’aime Poutine. Parce que j’aime quand les choses sont claires…..
En fait, j’aime Poutine comme j’aimais le Professeur Choron. Ces mecs qui bousculent le jeu, qui obligent à réfléchir, qui ne fonctionnent pas selon des cadres pré-établis. En général, on les trouve mal élevés, gênants, vulgaires. Si, si. Comparez Poutine et Choron, vous verrez, le fonctionnement est le même. Et Choron, il a été au ban des honnêtes gens jusqu’à ce qu’ils le récupèrent. A la fin. Trop tard.
Poutine, c’est un enfant du communisme. Mais plus personne n’imagine que le communisme existe encore. C’est un enfant de la guerre froide. Mais plus personne n’imagine que la guerre froide puisse revenir. Poutine, c’est un voyou, un mec qui ne respecte pas les règles qu’il n’a pas fixées. Comme Hitler. L’Ukraine, c’est les Sudètes. Pareil.
Il est clair : Il refuse les règles qu’on veut lui imposer. Quand c’est Milosevic, c’est pas grave. Quand c’est Poutine avec la puissance de la Russie derrière, l’Occident balise. On va pas faire la guerre à la Russie. Il le sait, Vladimir. Il sait bien que personne ne va oser. Tout ça, je l’avais déjà dit (http://rchabaud.blogspot.fr/2010/09/nous-avons-peur-dune-guerre.html) Remplacez Pékin par Sotchi, Medvedev par Poutine et Hu Jintao par Xi Jiping.
Alors, nous, on fait ce qu’on sait faire. On cause. On convoque l’ONU. Tu parles ! Poutine, il a son droit de veto. Alors, les résolutions de l’ONU, ça le fait marrer. Il envoie ses troupes en Ukraine. Il a le droit. Il a un traité avec l’Ukraine, il peut envoyer jusqu’à 25 000 mecs. Normal. Il a une base à Sebastopol, avec un bail permettant d’y rester jusq’en 2042. Une base, ça suppose des troupes. Bon, ça suppose pas que les troupes bloquent le Parlement de Crimée, mais on va pas chipoter.
En plus, la Crimée, ça a un statut spécial. Le nom officiel, c’est « République autonome de Crimée ». Autonome parce que rattachée provisoirement à l’Ukraine. Ben oui, la Russie a reconnu le rattachement en 1997 et pour dix ans seulement. Et donc, aux yeux des Russes, le rattachement c’est fini depuis 2007. D’autant plus fini que Sebastopol est une enclave en Crimée, voir ci-dessus. Tu vois le merdier juridique ?
A cela, s’ajoutent les Tatars. Quand j’étais en Crimée, les Tatars, c’était un problème dont tout le monde m’a parlé. En gros, les Tatars, ils avaient un peu collaboré avec Hitler. Et donc, Staline les avait exilés. En Sibérie. Après l’indépendance, ils sont revenus. Et ils ont recommencé à faire des affaires avec leurs voisins turcs. Ils s’enrichissaient et les Ukrainiens pauvres faisaient la gueule. A qui ça sert de se battre lors du « second siège » (c’est comme ça qu’on dit), si les anciens adversaires deviennent plus riches que toi ?
A Simferopol, j’ai participé à une manif réclamant le retour du Parti Communiste. Une vraie grosse manif, avec drapeaux rouges et effigies de Staline. J’ai raconté ça dans l’immortel Ailleurs, c’est comme ici, le livre de voyages qui vous permet de tout comprendre sans bouger votre cul du canapé. Juste pour dire que juridiquement, c’est indémerdable et que Poutine le sait. A chaque traité, il peut sortir un traité qui dit le contraire. Et donc, ça sert à rien de discuter. D’autant que Poutine, il aime pas discuter, ça le fatigue. Au fond de lui, c’est un chasseur, Poutine. En Crimée, il sait qu’il est attendu comme le Messie. Pas qu’en Crimée. A Kharkov ou Donetsk aussi. Toutes ces villes qui vivaient de la métallurgie au temps où le grand frère russe achetait l’acier ukrainien. Là-bas, l’époque soviétique, c’était l’âge d’or. Alors, les mecs, ils nostalgisent, faut les comprendre.
Et puis Poutine, il est riche. Plus riche que nous. L’Ukrainien de base, il compare la Russie en pleine expansion et l’Europe en pleine récession. Il a fait son choix, tu peux me croire. L’euro-Ukrainien, il est coincé. Il sait bien qu’on ira pas faire la guerre à Poutine. Il se sent un peu baisé. Les USA, il y croit pas trop non plus. Au moment des élections, en 2004, y’avait un parti qui avait dans son programme de devenir un Etat américain. Ils faisaient un peu rigoler, les mecs. Aujourd’hui, c’est la marrade intégrale. MDR !!!
Personne n’a envie de mourir pour l’Ukraine. Personne n’a les moyens de mourir pour l’Ukraine Personne n’a même les moyens d’infliger des sanctions économiques à Poutine. Il lui suffit de fermer le robinet de gaz. Alors, Fabius se gonfle de rodomontades, BHL se tait mais c’est provisoire. Kiev, c’est pas Damas. Remarque, à Damas, Poutine nous a testés. Il a vu, il a su.
Comme disait saint Paul, le chemin de Damas, ça existe. C’est la route qui mène à Kiev.
On en reparlera….
En fait, j’aime Poutine comme j’aimais le Professeur Choron. Ces mecs qui bousculent le jeu, qui obligent à réfléchir, qui ne fonctionnent pas selon des cadres pré-établis. En général, on les trouve mal élevés, gênants, vulgaires. Si, si. Comparez Poutine et Choron, vous verrez, le fonctionnement est le même. Et Choron, il a été au ban des honnêtes gens jusqu’à ce qu’ils le récupèrent. A la fin. Trop tard.
Poutine, c’est un enfant du communisme. Mais plus personne n’imagine que le communisme existe encore. C’est un enfant de la guerre froide. Mais plus personne n’imagine que la guerre froide puisse revenir. Poutine, c’est un voyou, un mec qui ne respecte pas les règles qu’il n’a pas fixées. Comme Hitler. L’Ukraine, c’est les Sudètes. Pareil.
Il est clair : Il refuse les règles qu’on veut lui imposer. Quand c’est Milosevic, c’est pas grave. Quand c’est Poutine avec la puissance de la Russie derrière, l’Occident balise. On va pas faire la guerre à la Russie. Il le sait, Vladimir. Il sait bien que personne ne va oser. Tout ça, je l’avais déjà dit (http://rchabaud.blogspot.fr/2010/09/nous-avons-peur-dune-guerre.html) Remplacez Pékin par Sotchi, Medvedev par Poutine et Hu Jintao par Xi Jiping.
Alors, nous, on fait ce qu’on sait faire. On cause. On convoque l’ONU. Tu parles ! Poutine, il a son droit de veto. Alors, les résolutions de l’ONU, ça le fait marrer. Il envoie ses troupes en Ukraine. Il a le droit. Il a un traité avec l’Ukraine, il peut envoyer jusqu’à 25 000 mecs. Normal. Il a une base à Sebastopol, avec un bail permettant d’y rester jusq’en 2042. Une base, ça suppose des troupes. Bon, ça suppose pas que les troupes bloquent le Parlement de Crimée, mais on va pas chipoter.
En plus, la Crimée, ça a un statut spécial. Le nom officiel, c’est « République autonome de Crimée ». Autonome parce que rattachée provisoirement à l’Ukraine. Ben oui, la Russie a reconnu le rattachement en 1997 et pour dix ans seulement. Et donc, aux yeux des Russes, le rattachement c’est fini depuis 2007. D’autant plus fini que Sebastopol est une enclave en Crimée, voir ci-dessus. Tu vois le merdier juridique ?
A cela, s’ajoutent les Tatars. Quand j’étais en Crimée, les Tatars, c’était un problème dont tout le monde m’a parlé. En gros, les Tatars, ils avaient un peu collaboré avec Hitler. Et donc, Staline les avait exilés. En Sibérie. Après l’indépendance, ils sont revenus. Et ils ont recommencé à faire des affaires avec leurs voisins turcs. Ils s’enrichissaient et les Ukrainiens pauvres faisaient la gueule. A qui ça sert de se battre lors du « second siège » (c’est comme ça qu’on dit), si les anciens adversaires deviennent plus riches que toi ?
A Simferopol, j’ai participé à une manif réclamant le retour du Parti Communiste. Une vraie grosse manif, avec drapeaux rouges et effigies de Staline. J’ai raconté ça dans l’immortel Ailleurs, c’est comme ici, le livre de voyages qui vous permet de tout comprendre sans bouger votre cul du canapé. Juste pour dire que juridiquement, c’est indémerdable et que Poutine le sait. A chaque traité, il peut sortir un traité qui dit le contraire. Et donc, ça sert à rien de discuter. D’autant que Poutine, il aime pas discuter, ça le fatigue. Au fond de lui, c’est un chasseur, Poutine. En Crimée, il sait qu’il est attendu comme le Messie. Pas qu’en Crimée. A Kharkov ou Donetsk aussi. Toutes ces villes qui vivaient de la métallurgie au temps où le grand frère russe achetait l’acier ukrainien. Là-bas, l’époque soviétique, c’était l’âge d’or. Alors, les mecs, ils nostalgisent, faut les comprendre.
Et puis Poutine, il est riche. Plus riche que nous. L’Ukrainien de base, il compare la Russie en pleine expansion et l’Europe en pleine récession. Il a fait son choix, tu peux me croire. L’euro-Ukrainien, il est coincé. Il sait bien qu’on ira pas faire la guerre à Poutine. Il se sent un peu baisé. Les USA, il y croit pas trop non plus. Au moment des élections, en 2004, y’avait un parti qui avait dans son programme de devenir un Etat américain. Ils faisaient un peu rigoler, les mecs. Aujourd’hui, c’est la marrade intégrale. MDR !!!
Personne n’a envie de mourir pour l’Ukraine. Personne n’a les moyens de mourir pour l’Ukraine Personne n’a même les moyens d’infliger des sanctions économiques à Poutine. Il lui suffit de fermer le robinet de gaz. Alors, Fabius se gonfle de rodomontades, BHL se tait mais c’est provisoire. Kiev, c’est pas Damas. Remarque, à Damas, Poutine nous a testés. Il a vu, il a su.
Comme disait saint Paul, le chemin de Damas, ça existe. C’est la route qui mène à Kiev.
On en reparlera….
vendredi 21 février 2014
LES VERTS ET LES BRUNS
Faut pas se tromper. A la tête de la plupart des organismes prétendant lutter pour les Tibétains, il y a des parlementaires verts, comme Noël Mamère, co-président du Groupe d’Etudes Parlementaires sur la Question du Tibet.
Ben oui, les Verts, qui se veulent de gauche, vont faire la bise à une Sainteté luttant pour rétablir une théocratie et une domination de caste, voire de classe. Bizarre ? Pas vraiment. Les Verts sont un petit parti. Ils s’affilient donc à tous les lobbys pouvant servir de caisse de résonance. Dans un gros tambour les trottinements de la souris prennent la puissance du pas de l’éléphant. Que ces lobbys soient financés par le NED, bras financier de la CIA, ne les gêne pas une minute. C’est normal. Ces Verts sont des Bruns et, sur le Tibet, le père spirituel de Noël Mamère est Hermann Goering.
Je vous explique.
Dès son arrivée au pouvoir, Hitler cherche à créer un axe Berlin-Tokyo. Pas facile. Au nord, c’est la Sibérie soviétique. Au sud, les Anglais sont les maîtres. Reste le centre, l’Asie centrale. C’est Goering qui imagine une ligne aérienne Berlin-Tokyo passant par l’Asie centrale via la Turquie. Au cœur de l’Asie centrale, le Tibet. Les Allemands ont quelque connaissance des lieux. Le grand géographe prussien Ferdinand von Richthofen a un peu exploré la zone. Il a même créé un concept qui a eu du succès : « Seidenstrasse » (la Route de la Soie). Il suffit de poursuivre.
Pour ce faire, deux voies : la science et le sport. Sous ces déguisements, on peut aller voir ce qui se passe et nouer des liens. Pour la science, ce sera le géographe Sven Hedin, pour le sport, l’alpiniste Heinrich Harrer. Hedin doit repérer les lieux où la Lufthansa peut installer des aérodromes, Harrer doit nouer des contacts. Hedin est un élève de von Richthofen. Suédois, il a soutenu les Nazis dès le départ. Hitler le comble d’honneurs, prévoyant même d’ouvrir à Munich un musée dédié à sa personne et à son œuvre. Harrer est un nazi de la première heure, membre de la SA. On est entre gens du même monde : Harrer épousera la fille d’Alfred Wegener, autre grand géographe de la mouvance Richthofen (tous les détails dans le magnifique livre de Georges Kish, Tibet au Cœur).
Les Italiens, de leur côté, ne sont pas inactifs. Le grand orientaliste du temps, c’est Giuseppe Tucci, assez proche du fascisme, au point d’aller faire des conférences au Japon sur la pureté raciale. Son élève favori, Fosco Maraini (auteur également d’un livre hagiographique, Tibet Secret) enseigne au Japon pendant toute la guerre.
Pour tous ces intellectuels fascisants, le Tibet est une sorte de miracle. Les Tibétains, isolés dans leurs montagnes, sont un peuple pur, un peuple organisé, un peuple porteur des valeurs qui leur conviennent. Bien entendu, ils n’ont de contacts qu’avec la pointe de la pyramide. Harrer devient même l’ami intime du Dalaï-Lama. Ce sont leurs œuvres qui deviennent l’alpha et l’oméga de la pensée actuelle sur la civilisation tibétaine. Ils sont les pères spirituels des zélateurs actuels du Dalaï Lama. De Nuremberg à Dharamsala, la route a été tracée par l’Histoire.
On peut toujours hausser les épaules, les faits sont têtus. Il y a une réelle filiation intellectuelle, sinon idéologique, entre tous ces écrivains fascistes ou fascisants et les défenseurs actuels du Dalaï Lama. Mamère et Ricard sont profondément influencés par Hedin, Harrer, Tucci et leurs élèves.
Comme je suis gentil, je pense que c’est à leur corps défendant. Ils lisent Harrer ou Maraini sans connaître leur parcours. Parfois, ils ne veulent pas le connaître. C’est tellement confortable de fermer les yeux ! Et puis tout est mélangé. Tucci, Hedin, Maraini ont été de grands orientalistes. Ils ont beaucoup travaillé, beaucoup appris, beaucoup cherché. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
Mais, comme toujours, il faut chercher d’où vient l’argent. Quand Hitler finance Hedin ou que Mussolini aide Tucci, il ne faut pas imaginer que c’est gratuit. Sous l’argent qui coule, il y a une pensée politique, il y a une idéologie au travail. Comme aujourd’hui, avec le NED. Que ces grands chercheurs aient été manipulés, on peut le penser. Mais il faut le savoir, être capable de faire le tri. Et prendre ses distances avec les aspects les plus dangereux qui sont toujours les mêmes : la religion et la main-mise d’une caste sur un peuple.
On en reparlera….
Ben oui, les Verts, qui se veulent de gauche, vont faire la bise à une Sainteté luttant pour rétablir une théocratie et une domination de caste, voire de classe. Bizarre ? Pas vraiment. Les Verts sont un petit parti. Ils s’affilient donc à tous les lobbys pouvant servir de caisse de résonance. Dans un gros tambour les trottinements de la souris prennent la puissance du pas de l’éléphant. Que ces lobbys soient financés par le NED, bras financier de la CIA, ne les gêne pas une minute. C’est normal. Ces Verts sont des Bruns et, sur le Tibet, le père spirituel de Noël Mamère est Hermann Goering.
Je vous explique.
Dès son arrivée au pouvoir, Hitler cherche à créer un axe Berlin-Tokyo. Pas facile. Au nord, c’est la Sibérie soviétique. Au sud, les Anglais sont les maîtres. Reste le centre, l’Asie centrale. C’est Goering qui imagine une ligne aérienne Berlin-Tokyo passant par l’Asie centrale via la Turquie. Au cœur de l’Asie centrale, le Tibet. Les Allemands ont quelque connaissance des lieux. Le grand géographe prussien Ferdinand von Richthofen a un peu exploré la zone. Il a même créé un concept qui a eu du succès : « Seidenstrasse » (la Route de la Soie). Il suffit de poursuivre.
Pour ce faire, deux voies : la science et le sport. Sous ces déguisements, on peut aller voir ce qui se passe et nouer des liens. Pour la science, ce sera le géographe Sven Hedin, pour le sport, l’alpiniste Heinrich Harrer. Hedin doit repérer les lieux où la Lufthansa peut installer des aérodromes, Harrer doit nouer des contacts. Hedin est un élève de von Richthofen. Suédois, il a soutenu les Nazis dès le départ. Hitler le comble d’honneurs, prévoyant même d’ouvrir à Munich un musée dédié à sa personne et à son œuvre. Harrer est un nazi de la première heure, membre de la SA. On est entre gens du même monde : Harrer épousera la fille d’Alfred Wegener, autre grand géographe de la mouvance Richthofen (tous les détails dans le magnifique livre de Georges Kish, Tibet au Cœur).
Les Italiens, de leur côté, ne sont pas inactifs. Le grand orientaliste du temps, c’est Giuseppe Tucci, assez proche du fascisme, au point d’aller faire des conférences au Japon sur la pureté raciale. Son élève favori, Fosco Maraini (auteur également d’un livre hagiographique, Tibet Secret) enseigne au Japon pendant toute la guerre.
Pour tous ces intellectuels fascisants, le Tibet est une sorte de miracle. Les Tibétains, isolés dans leurs montagnes, sont un peuple pur, un peuple organisé, un peuple porteur des valeurs qui leur conviennent. Bien entendu, ils n’ont de contacts qu’avec la pointe de la pyramide. Harrer devient même l’ami intime du Dalaï-Lama. Ce sont leurs œuvres qui deviennent l’alpha et l’oméga de la pensée actuelle sur la civilisation tibétaine. Ils sont les pères spirituels des zélateurs actuels du Dalaï Lama. De Nuremberg à Dharamsala, la route a été tracée par l’Histoire.
On peut toujours hausser les épaules, les faits sont têtus. Il y a une réelle filiation intellectuelle, sinon idéologique, entre tous ces écrivains fascistes ou fascisants et les défenseurs actuels du Dalaï Lama. Mamère et Ricard sont profondément influencés par Hedin, Harrer, Tucci et leurs élèves.
Comme je suis gentil, je pense que c’est à leur corps défendant. Ils lisent Harrer ou Maraini sans connaître leur parcours. Parfois, ils ne veulent pas le connaître. C’est tellement confortable de fermer les yeux ! Et puis tout est mélangé. Tucci, Hedin, Maraini ont été de grands orientalistes. Ils ont beaucoup travaillé, beaucoup appris, beaucoup cherché. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
Mais, comme toujours, il faut chercher d’où vient l’argent. Quand Hitler finance Hedin ou que Mussolini aide Tucci, il ne faut pas imaginer que c’est gratuit. Sous l’argent qui coule, il y a une pensée politique, il y a une idéologie au travail. Comme aujourd’hui, avec le NED. Que ces grands chercheurs aient été manipulés, on peut le penser. Mais il faut le savoir, être capable de faire le tri. Et prendre ses distances avec les aspects les plus dangereux qui sont toujours les mêmes : la religion et la main-mise d’une caste sur un peuple.
On en reparlera….
jeudi 13 février 2014
CHARLIE ET FLAMBY
Je savais bien que c’était dans les tuyaux, mais je ne pensais pas que ça irait aussi vite. J’imaginais bien que Flamby avait aussi une lourde admiration pour l’Amérique… Quand tu passes d’une petite-fille de banquier à une actrice formatée Hollywood, c’est normal.
Flamby, il est comme tous les autres. Comme JJSS qui était la pensée dominante de Sciences Po quand il était sur les bancs de l’institution. Pour mieux comprendre, regardez ici…
Et donc, il passe plus de temps aux USA qu’il n’en a passé en Chine. Là-bas, il va voir les Français qui se sont barrés pour pas payer d’impôts. En Chine, il a pas fait le déplacement de Shanghaï ou de Wuhan… C’est lourd de sens… Dans la grande partie de go, il a choisi son camp, le camp des perdants.
Parce que faut pas croire, la partie se joue entre la Chine et les USA. Et les USA balisent sec. Ce matin même, Kerry demandait à la Chine d’être claire sur les Diaoyu. Gonflé, le mec !!! La conférence du Caire a réglé le problème en 1943.
La conférence du Caire ? Kesako ? Simple : une conférence tenue par les Alliés, en l’occurrence les USA, la Grande-Bretagne et la Chine. Conférence qui décide que le Japon doit restituer toutes les îles du Pacifique qu’il a occupé depuis 1914 et rendre à la Chine tout ce qu’il lui a pris. C’est clair. Sauf que les USA ont décidé d’interpréter l’accord.
Premier point : la Chine était représentée par le Guomingdang. Et donc, c’est la Chine sans tout à fait être la Chine. Comme si le gouvernement Obama n’était pas tenu par les accords signés par Clinton… Ben voyons !
Second point : les Diaoyu, elles sont pas vraiment dans le Pacifique. Plutôt la Mer de Chine… Comme si le Golfe de Biscaye était pas dans l’Atlantique. Ben voyons !
C’est le fonctionnement américain. T’es allié avec la Chine. Ben non, pas vraiment, ça se discute. Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est discutable. C’est pas vraiment la Chine, c’est le gouvernement de l’époque…
C’est avec ces gens-là que Flamby se compromet. D’ailleurs, le silence de la France sur les Diaoyu est stupéfiant. On attend un communiqué de Fabius sur le sujet. Mais y’en aura pas.
A la place, on a un regroupement anti-communiste comme aux plus beaux jours de la guerre froide. Avec une différence toutefois : l’économie chinoise de 2014 n’est pas l’économie russe de 1960. C’est une chose de réduire à néant le PCF comme l’a fait Mitterrand, c’en est une autre de se colleter au PCC.
On va vite savoir : Xi Jiping doit venir en visite officielle au printemps. Flamby va vouloir lui tenir la dragée haute pour complaire à Barack le magnifique. On va voir éclore les manifs pro-tibétaines, histoire de se mettre en valeur et de justifier le fric investi par la CIA dans toutes les organisations stipendiées à cet effet. Hein ! t’as vu comment je lui causes au Grand Timonier ?
Ouais. A genoux, on est. Déjà qu’on a refusé de lui vendre les Rafales au nom d’un embargo européen datant de Tien An Men. Ça nous aurait pourtant fait du bien au portefeuille. Toutes les conneries, on va les faire. D’ailleurs, on a commencé.
Pas sûr que ce soit une bonne idée de choisir le camp étatsunien. Putain ! La sortie de l’OTAN, ça avait une autre gueule.
On en reparlera…
Flamby, il est comme tous les autres. Comme JJSS qui était la pensée dominante de Sciences Po quand il était sur les bancs de l’institution. Pour mieux comprendre, regardez ici…
Et donc, il passe plus de temps aux USA qu’il n’en a passé en Chine. Là-bas, il va voir les Français qui se sont barrés pour pas payer d’impôts. En Chine, il a pas fait le déplacement de Shanghaï ou de Wuhan… C’est lourd de sens… Dans la grande partie de go, il a choisi son camp, le camp des perdants.
Parce que faut pas croire, la partie se joue entre la Chine et les USA. Et les USA balisent sec. Ce matin même, Kerry demandait à la Chine d’être claire sur les Diaoyu. Gonflé, le mec !!! La conférence du Caire a réglé le problème en 1943.
La conférence du Caire ? Kesako ? Simple : une conférence tenue par les Alliés, en l’occurrence les USA, la Grande-Bretagne et la Chine. Conférence qui décide que le Japon doit restituer toutes les îles du Pacifique qu’il a occupé depuis 1914 et rendre à la Chine tout ce qu’il lui a pris. C’est clair. Sauf que les USA ont décidé d’interpréter l’accord.
Premier point : la Chine était représentée par le Guomingdang. Et donc, c’est la Chine sans tout à fait être la Chine. Comme si le gouvernement Obama n’était pas tenu par les accords signés par Clinton… Ben voyons !
Second point : les Diaoyu, elles sont pas vraiment dans le Pacifique. Plutôt la Mer de Chine… Comme si le Golfe de Biscaye était pas dans l’Atlantique. Ben voyons !
C’est le fonctionnement américain. T’es allié avec la Chine. Ben non, pas vraiment, ça se discute. Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est discutable. C’est pas vraiment la Chine, c’est le gouvernement de l’époque…
C’est avec ces gens-là que Flamby se compromet. D’ailleurs, le silence de la France sur les Diaoyu est stupéfiant. On attend un communiqué de Fabius sur le sujet. Mais y’en aura pas.
A la place, on a un regroupement anti-communiste comme aux plus beaux jours de la guerre froide. Avec une différence toutefois : l’économie chinoise de 2014 n’est pas l’économie russe de 1960. C’est une chose de réduire à néant le PCF comme l’a fait Mitterrand, c’en est une autre de se colleter au PCC.
On va vite savoir : Xi Jiping doit venir en visite officielle au printemps. Flamby va vouloir lui tenir la dragée haute pour complaire à Barack le magnifique. On va voir éclore les manifs pro-tibétaines, histoire de se mettre en valeur et de justifier le fric investi par la CIA dans toutes les organisations stipendiées à cet effet. Hein ! t’as vu comment je lui causes au Grand Timonier ?
Ouais. A genoux, on est. Déjà qu’on a refusé de lui vendre les Rafales au nom d’un embargo européen datant de Tien An Men. Ça nous aurait pourtant fait du bien au portefeuille. Toutes les conneries, on va les faire. D’ailleurs, on a commencé.
Pas sûr que ce soit une bonne idée de choisir le camp étatsunien. Putain ! La sortie de l’OTAN, ça avait une autre gueule.
On en reparlera…
lundi 3 février 2014
LE VENTRIOTE ET LE SIDA
Y’a comme ça des livres qui filent des baffes. Khal Torabully a publié à La Passe du Vent, un délicieux petit Dictionnaire francophone de poche. Il y compile quelques dizaines de mots créés par les diverses populations francophones du monde. Et on y trouve des perles.
Ventriote est de ceux-là. Il vient du Burundi. Doit-on l’expliquer ? Il est tellement sonore, tellement parlant, tellement imagé qu’on doit pouvoir ne pas le définir. Un ventriote est un homme politique qui fait passer ses intérêts avant ceux de la Nation. En prononçant le mot, on voit l’estomac proéminent ceint d’une écharpe tricolore. Bien sûr tout ça vous a, chez nous, un petit air Troisième République avec banquets radicaux et rosières immaculées. Sauf que de nos jours, les ventriotes ne sont plus ventrus. Regardez donc Cahuzac. Et les autres. Dans les détournements, le budget fitness est inclus.
Ce mot devrait avoir un destin national. Il mérite de figurer partout, dans tous les dictionnaires. Ça a une autre gueule que boloss ou kiffer. J’aimerais que le langage populaire s’en empare, que les humoristes l’utilisent, que ventriote devienne une étiquette. Tiens, je l’imagine entre les lèvres d’un Mélenchon. Il se régalerait le Jean-Luc, je suis bien certain qu’il saurait le faire sonner comme une baffe.
Le SIDA, il est centrafricain. Ouah, l’autre ! y’en a partout. Pas celui-là. Celui-là, c’est un acronyme : Salaire Insuffisant Durement Acquis. On m’accordera que l’épidémie en est plus générale et plus dévastatrice que pour son homonyme. Mais voilà : le SIDA centrafricain n’a pas de célèbres avocats comme Pierre Bergé ou Line Renaud. Le SIDA de Montagnier, c’est une maladie qui inquiète les riches, le SIDA du Chari ne leur fait pas bouger une oreille. Déjà qu’ils trouvent que la Centrafrique nous coûte un peu cher en impôts militaires.
Des perles, y’en a d’autres, je vous rassure. A Jersey, un témoin assermenté est appelé un « voyeur ». Normal. Dans un paradis fiscal, contribuer à la justice, c’est un peu pervers. Toujours en Centrafrique, il n’y a pas de cougars, juste des « mères supérieures ». Cougar, si t’es pas zoologue, t’as du mal à comprendre, alors que « mère supérieure », c’est instantané. Des fois, les mots font la valise comme ce « gardinier » nigérien qui désigne un jardinier jouant le rôle d’un gardien ou le « facancier » marocain qui revient passer ses vacances dans sa famille. Au Burkina, on appelle les menteurs des "faux-bilaneurs" et, au Maroc, l’éboueur devient un « ordurier ».
Bref, je me suis régalé. Dieu sait pourtant que j’aime pas tous les couillons qui disent que la langue évolue, preuve qu’elle vit. C’est qu’en général, l’illustration du propos est faible, du niveau du verlan des cités. Ben oui, keuf, keum, pécho, ça manque sinistrement d’inventivité, de jeu sur la langue, de profondeur sémantique.
Tandis que « ventriote »…..
On en reparlera….
Ventriote est de ceux-là. Il vient du Burundi. Doit-on l’expliquer ? Il est tellement sonore, tellement parlant, tellement imagé qu’on doit pouvoir ne pas le définir. Un ventriote est un homme politique qui fait passer ses intérêts avant ceux de la Nation. En prononçant le mot, on voit l’estomac proéminent ceint d’une écharpe tricolore. Bien sûr tout ça vous a, chez nous, un petit air Troisième République avec banquets radicaux et rosières immaculées. Sauf que de nos jours, les ventriotes ne sont plus ventrus. Regardez donc Cahuzac. Et les autres. Dans les détournements, le budget fitness est inclus.
Ce mot devrait avoir un destin national. Il mérite de figurer partout, dans tous les dictionnaires. Ça a une autre gueule que boloss ou kiffer. J’aimerais que le langage populaire s’en empare, que les humoristes l’utilisent, que ventriote devienne une étiquette. Tiens, je l’imagine entre les lèvres d’un Mélenchon. Il se régalerait le Jean-Luc, je suis bien certain qu’il saurait le faire sonner comme une baffe.
Le SIDA, il est centrafricain. Ouah, l’autre ! y’en a partout. Pas celui-là. Celui-là, c’est un acronyme : Salaire Insuffisant Durement Acquis. On m’accordera que l’épidémie en est plus générale et plus dévastatrice que pour son homonyme. Mais voilà : le SIDA centrafricain n’a pas de célèbres avocats comme Pierre Bergé ou Line Renaud. Le SIDA de Montagnier, c’est une maladie qui inquiète les riches, le SIDA du Chari ne leur fait pas bouger une oreille. Déjà qu’ils trouvent que la Centrafrique nous coûte un peu cher en impôts militaires.
Des perles, y’en a d’autres, je vous rassure. A Jersey, un témoin assermenté est appelé un « voyeur ». Normal. Dans un paradis fiscal, contribuer à la justice, c’est un peu pervers. Toujours en Centrafrique, il n’y a pas de cougars, juste des « mères supérieures ». Cougar, si t’es pas zoologue, t’as du mal à comprendre, alors que « mère supérieure », c’est instantané. Des fois, les mots font la valise comme ce « gardinier » nigérien qui désigne un jardinier jouant le rôle d’un gardien ou le « facancier » marocain qui revient passer ses vacances dans sa famille. Au Burkina, on appelle les menteurs des "faux-bilaneurs" et, au Maroc, l’éboueur devient un « ordurier ».
Bref, je me suis régalé. Dieu sait pourtant que j’aime pas tous les couillons qui disent que la langue évolue, preuve qu’elle vit. C’est qu’en général, l’illustration du propos est faible, du niveau du verlan des cités. Ben oui, keuf, keum, pécho, ça manque sinistrement d’inventivité, de jeu sur la langue, de profondeur sémantique.
Tandis que « ventriote »…..
On en reparlera….
Inscription à :
Articles (Atom)