Bon, ils vont le faire. On en a parlé, y’a pas si longtemps (http://rchabaud.blogspot.fr/2014/04/le-modele-allemand.html), mais ça ne sert à rien. Les gens qui décident arrivent avec leurs certitudes de cons qui osent tout.
Quand j’ai vu la carte du découpage régional, j’ai explosé de rire. Faut dire que leur but, c’est pas de créer un cadre de vie pour les citoyens. Non. Ce qu’ils veulent, c’est faire de la gestion. Et si la gestion va à l’encontre de ce que pensent et ressentent les citoyens, c’est pas grave : on changera les citoyens. Ou on les mettra sous le boisseau. Ils ont déjà fait ça avec le référendum sur l’Europe.
Et donc, on va diminuer le nombre de régions. Sur quels critères ? Mystère. Avec une logique à géométrie variable. Du genre on regroupe la Normandie (rien à dire, c’est culturellement acceptable) mais pas la Bretagne. On colle la Picardie avec la Champagne et pas avec la Flandre alors qu’ils ont la même histoire, la même langue, la même culture. A Amiens, t’es plus près de Lille que de Reims. Mettre la Bourgogne avec la Franche-Comté doit faire plaisir aux mânes de Charles le Téméraire. Et peut se défendre. Par contre, étendre jusqu’au Rhône les terres des comtes de Toulouse semble assez osé. Et tout à l’avenant.
Déjà, refuser de considérer le département comme une pièce du puzzle est tout à fait gonflé. On prend des blocs et on les colle ensemble. Le plus hallucinant est le monstre qui regroupe Centre, Limousin et Poitou-Charentes. Avec son pendant Rhône-Alpes plus Auvergne. A tout prendre, le Limousin avec l’Auvergne pourrait fonctionner, surtout si on enlève l’Allier (le Bourbonnais) de l’Auvergne.
Bon, ça fait des lustres que je râle contre cet abandon de la géographie, la vraie, celle des hommes et de leur histoire. Que je râle contre ces abominations qu’on a dans la tête, du genre des « frontières naturelles », quand on vous dit que les fleuves ou les montagnes séparent les hommes alors que les gens qui vivent des deux côtés d’une rivière, le premier truc qu’ils font, c’est un pont pour être ensemble. Ou que de part et d'autre d'un col, les montagnards se sentent plus près de ceux avec qui ils partagent les pâturages que des zozos de la plaine. Oublier la culture dans la géographie, ça ne marche pas. Et moins ça marche, plus on l’oublie. Mais le département, c’est artificiel !!! Ça l’était. Et puis, deux siècles de fonctionnement départemental et d’idéologie républicaine, ça finit par laisser des traces. Et l’autre zozo, il croit qu’il va gommer deux siècles en quelques minutes. J’avais déjà parlé de ça, y’a deux mois (http://rchabaud.blogspot.fr/2014/04/le-canton-et-la-region.html). Et vlan ! v’là que le FN reprend l’idée. Du coup, on m’assimile. Pas de bol.
Tout ça, c’est l’abandon du réel (le sol) et de la durée (l’Histoire). Ça va bien avec la globalisation. Cet abandon, il va nous revenir en boomerang dans la tronche, c’est certain.
En attendant les hobereaux de province, ils hurlent. Vu que ceux qui hurlent, c’est les opposants, on va réduire leurs arguments à néant. Il n’y aura aucun débat, je veux dire aucun débat sérieux avec des historiens, une consultation des citoyens. On pourrait utiliser des sondeurs, qui diraient aux gens de Pau (c’est un exemple) : « Vous vous sentez plus proche de Bordeaux ou de Toulouse ? ». Tu fais ça sur l’ensemble du territoire, t’es sûr d’avoir des surprises. Peut être bien qu’à Briançon on se sent plus proche de Grenoble que de Marseille. Ou que les Brivistes préfèrent Clermont-Ferrand à Tours. Va savoir.
Encore une fois, les citoyens sont pris pour des cons par les politiques. Encore une fois les provinciaux sont pris pour des cons par les jacobins. Pendant ce temps, la marmite bouillonne. Ça sent pas bon,je vous le dis.
On en reparlera…
On y parle peu de géographie. Rarement de politique. Encore que... On parle juste de la vie des hommes. C'est pareil.
jeudi 5 juin 2014
lundi 19 mai 2014
LES CONS MEMORENT
Ça, c'est un cadeau pour Christiane Taubira. Ce petit garçon est comme elle, ce qu'on appelle pompeusement un Afro-descendant. Ça signifie tout simplement qu'un de ses ancêtres était esclave africain aux Antilles. A la Martinique pour être précis. C'était au milieu du XVIII° siècle. Pour le petit garçon, ça fait très précisément huit générations.
Le petit garçon, Schoelcher, il s'en tamponne le coquillard. Pour une simple raison : son ancêtre direct, petit-fils d'esclave, a été le premier à proclamer l'abolition de l'esclavage aux Antilles. C'était à Pointe-à-Pitre, un matin de décembre 1792. Certes, il n'était pas tout seul. Il était accompagné de son copain Louis Delgrès. Quand il regarde l'Histoire, le petit garçon, il est fier que Delgrès ait été un ami de la famille. Ce fut tout simple : Lacrosse venait d'annoncer la proclamation de la République et l'adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et donc, Delgrès et Serrant en ont tiré les conclusions et ont aboli l'esclavage. J'admets que ça n'a pas duré très longtemps. Mais il fallait le faire.
Dans la famille (car le petit garçon est mon fils), on aime pas trop Schoelcher vu qu'on lui colle une paternité abolitioniste qui nous défrise. C'est pas pour autant qu'on commémore l'abolition par l'aïeul. En fait, on s'en fout. Y'a plus d'esclaves et c'est bien comme ça. On se tresse pas non plus les couronnes de la négritude. Valoriser une couleur, c'est mépriser l'autre. Tu peux le tourner dans tous les sens, c'est comme ça.
On chante la Marseillaise. Comme le fit l'aïeul. A Raguse, à Murazzo, à Gospich, à Maloyaroslavets, à Ostrovno. L'aïeul, il s'est battu pendant trente ans pour la République et pour la France et la Marseillaise, c'est pas mal pour galvaniser les troupes. C'est comme ça que le petit cordonnier libre de couleur de Saint Pierre de la Martinique s'est retrouvé officier de la Légion d'Honneur et général de brigade. Ben oui, quand tu connais ton métier, la couleur n'est pas un handicap.
Tout ça pour dire que les commémorations ridicules, les postures idéologiques qu'affectionnent particulièrement ceux qui ne savent pas grand chose de l'histoire de l'abolition et quasiment rien de l'histoire de la République, ceux qui marchent droit dans les bottes de leurs certitudes me font gentiment marrer.
Quant à ceux qui manient l'anathème.... Tiens, l'aïeul abolitionniste, il en raconte une bien bonne. Après la proclamation de la République, les planteurs quittent en masse la Martinique pour filer chez les Anglais. La République récupère donc les plantations qui deviennent biens nationaux. Avec un bémol : les esclaves de ces plantations font partie des biens nationaux. Sans eux, les plantations perdent de leur valeur car elles deviennent incultivables. Et donc peut-on appauvrir la République au nom de l'abolition ? Peut-il, alors qu'il est militaire, disposer des biens de l'Etat ? Un vrai cas de conscience, la République contre le Républicain.
C'est compliqué la vie....
L'aïeul, on en a déjà parlé ici
samedi 10 mai 2014
LE VAISSEAU AMIRAL
Semaine de sémantique sur les « réseaux sociaux ». Ici, une dame au profil très correct s’extasie sur le « courage » de Hollande sur BFM.
Courage ! La première définition que je trouve stipule que cela consiste « à surmonter sa peur pour affronter un danger ». OK. Regardons « danger ». Il s’agit d’une « situation où un personne est menacée dans sa sécurité ou son existence ».
Bon. Si les mots ont un sens, être courageux consiste donc à se battre pour sa vie. Admettons au fil du temps, des utilisations littéraires et un affaiblissement du sens initial. Ce ne serait pas la première fois. Admettons (c’est le jour) que le courage consiste à prendre un risque, sans pour autant caresser les quatre planches.
Mais, bon Dieu, quel risque Hollande prend-il à aller raconter ses salades sur BFM ? Ne pas être réélu ? Virtuellement, c’est fait, mais je ne vois pas ça comme un « risque ». Baisser dans les sondages ? Il est à l’étiage, tellement qu’on a envie de parler de l’étiage du dessous. Où est son risque ? Il n’y en a aucun. On n’assassine plus les chefs d’Etat ce qui pimentait les infos et offrait au peuple de bien belles cérémonies. On ne les emprisonne même plus. Il est arrivé au lieu parfait du risque zéro. Où est donc le courage ? Indiquez moi, dis-je à la belle dame une action courageuse de notre Président. A part faire du scooter dans Paris, bien entendu. Je ne veux pas m‘en faire une ennemie, mais ses réponses m’ont fait hurler de rire. Elles relevaient toutes de l’exercice normal du pouvoir, de l’application de principes politiques. Le mariage homosexuel ne relève pas du courage, il ne s’est pas trouvé un skinhead pour brandir un fusil à plombs.
La dame me reproche aussi d’avoir utiliser le terme « rodomontades ». Mais quand je l’entends proférer sur un ton de chanoine agressif « nous avons mis Poutine sous pression », si ce n’est pas une rodomontade, qu’est-ce ? Ajoutons les fausses surprises : si j’échoue, je ne me représenterais pas…. Ben oui, mon grand. Si t’échoues, t’auras plus un électeur. Comme tout le monde.
Sur un autre réseau, une jeune femme se plaint de l’insécurité dans Paris. « Ce matin, encore une attaque à la voiture-bélier près de notre flagship ». Là, je tique. « Pourquoi de pas dire vaisseau-amiral ? » La réponse fuse : « On parle comme ça dans nos métiers du retail ». Vlan ! comment je te l’ai allumé le mec ! Les métiers du retail ! Faut pas avoir peur !!! En anglais, un retailer, c’est un détaillant, un boutiquier. Ce qu’elle est en fait, même si elle a un service de sécurité pour lever le rideau de fer. Elle peut changer le vocabulaire et se la péter, elle est juste la dernière variante des commises du Bonheur des Dames. Avec les mêmes contraintes d’horaire, le même sourire obligatoire et les mêmes clients, chiants ou adorables. Fondamentalement, les « métiers du retail » n’ont pas changé en un siècle.
Ça m’a rajeuni. J’ai pensé à Bertrand Maus, qui était alors propriétaire du Printemps. Cet homme délicieux possédait une fort belle goélette qu’il retrouvait deux fois l’an dans un port du Pacifique. Il venait dans ma librairie commander et chercher les cartes et Instructions nautiques indispensables en ces époques sans GPS. A chaque fois, nous parlions et il me dit un jour « Je me suis fait une règle de faire mes achats dans mon quartier. Avant, j’allais avenue de la Grande Armée ». Je fis remarquer que malgré notre voisinage géographique, il n’y avait pas de commune mesure entre son vaisseau-amiral et ses 3000 employés et mon bouclard avec cinq vendeuses. « Vous vous trompez, nous faisons le même métier, ce n’est qu’une question d’échelle ». Et il eut la courtoisie d’ajouter qu’il était moins performant que nous puisque son rayon librairie était incapable de l’approvisionner en documents nautiques.
Le tout, dans un français parfait, avec un vocabulaire choisi et une imperceptible pointe d’accent genevois.
Ce souvenir m’emplit de nostalgie et de fureur. Où sommes nous tombés pour en être arrivés à une telle sottise linguistique ? Cet immonde mélange de mots anglais et français qui n’apportent rien que confusion et déshérence. Pour exprimer quoi ? quelle singularité exceptionnelle ? Je sais aujourd’hui avoir vécu la dernière époque où les responsables d’entreprises faisaient preuve de culture et de courtoisie en parlant une langue de belle facture. Où on était servi par des commises qui connaissaient les produits dont elles parlaient et en parlaient bien alors que les conseillères de vente d’aujourd’hui ne peuvent apprécier un tissu sans regarder l’étiquette.
Le vocabulaire est le parfait reflet d’une société. Boursouflé, abâtardi, maquillé d’anglais comme une péripatéticienne vieillissante, le nôtre suinte la paresse et l’oubli de tous les savoirs.
« Le français est la plus langue du monde » me disent mes amis chinois. Phrase qu’ils ont apprise en lisant Alphonse Daudet (La dernière classe in Contes du lundi). Alphonse qui ? On ne l’enseigne plus dans les écoles. Sauf en Chine.
Peut être que c’est pour ça qu’ils caracolent en tête de l’économie mondiale. Va savoir.
On en reparlera…
Courage ! La première définition que je trouve stipule que cela consiste « à surmonter sa peur pour affronter un danger ». OK. Regardons « danger ». Il s’agit d’une « situation où un personne est menacée dans sa sécurité ou son existence ».
Bon. Si les mots ont un sens, être courageux consiste donc à se battre pour sa vie. Admettons au fil du temps, des utilisations littéraires et un affaiblissement du sens initial. Ce ne serait pas la première fois. Admettons (c’est le jour) que le courage consiste à prendre un risque, sans pour autant caresser les quatre planches.
Mais, bon Dieu, quel risque Hollande prend-il à aller raconter ses salades sur BFM ? Ne pas être réélu ? Virtuellement, c’est fait, mais je ne vois pas ça comme un « risque ». Baisser dans les sondages ? Il est à l’étiage, tellement qu’on a envie de parler de l’étiage du dessous. Où est son risque ? Il n’y en a aucun. On n’assassine plus les chefs d’Etat ce qui pimentait les infos et offrait au peuple de bien belles cérémonies. On ne les emprisonne même plus. Il est arrivé au lieu parfait du risque zéro. Où est donc le courage ? Indiquez moi, dis-je à la belle dame une action courageuse de notre Président. A part faire du scooter dans Paris, bien entendu. Je ne veux pas m‘en faire une ennemie, mais ses réponses m’ont fait hurler de rire. Elles relevaient toutes de l’exercice normal du pouvoir, de l’application de principes politiques. Le mariage homosexuel ne relève pas du courage, il ne s’est pas trouvé un skinhead pour brandir un fusil à plombs.
La dame me reproche aussi d’avoir utiliser le terme « rodomontades ». Mais quand je l’entends proférer sur un ton de chanoine agressif « nous avons mis Poutine sous pression », si ce n’est pas une rodomontade, qu’est-ce ? Ajoutons les fausses surprises : si j’échoue, je ne me représenterais pas…. Ben oui, mon grand. Si t’échoues, t’auras plus un électeur. Comme tout le monde.
Sur un autre réseau, une jeune femme se plaint de l’insécurité dans Paris. « Ce matin, encore une attaque à la voiture-bélier près de notre flagship ». Là, je tique. « Pourquoi de pas dire vaisseau-amiral ? » La réponse fuse : « On parle comme ça dans nos métiers du retail ». Vlan ! comment je te l’ai allumé le mec ! Les métiers du retail ! Faut pas avoir peur !!! En anglais, un retailer, c’est un détaillant, un boutiquier. Ce qu’elle est en fait, même si elle a un service de sécurité pour lever le rideau de fer. Elle peut changer le vocabulaire et se la péter, elle est juste la dernière variante des commises du Bonheur des Dames. Avec les mêmes contraintes d’horaire, le même sourire obligatoire et les mêmes clients, chiants ou adorables. Fondamentalement, les « métiers du retail » n’ont pas changé en un siècle.
Ça m’a rajeuni. J’ai pensé à Bertrand Maus, qui était alors propriétaire du Printemps. Cet homme délicieux possédait une fort belle goélette qu’il retrouvait deux fois l’an dans un port du Pacifique. Il venait dans ma librairie commander et chercher les cartes et Instructions nautiques indispensables en ces époques sans GPS. A chaque fois, nous parlions et il me dit un jour « Je me suis fait une règle de faire mes achats dans mon quartier. Avant, j’allais avenue de la Grande Armée ». Je fis remarquer que malgré notre voisinage géographique, il n’y avait pas de commune mesure entre son vaisseau-amiral et ses 3000 employés et mon bouclard avec cinq vendeuses. « Vous vous trompez, nous faisons le même métier, ce n’est qu’une question d’échelle ». Et il eut la courtoisie d’ajouter qu’il était moins performant que nous puisque son rayon librairie était incapable de l’approvisionner en documents nautiques.
Le tout, dans un français parfait, avec un vocabulaire choisi et une imperceptible pointe d’accent genevois.
Ce souvenir m’emplit de nostalgie et de fureur. Où sommes nous tombés pour en être arrivés à une telle sottise linguistique ? Cet immonde mélange de mots anglais et français qui n’apportent rien que confusion et déshérence. Pour exprimer quoi ? quelle singularité exceptionnelle ? Je sais aujourd’hui avoir vécu la dernière époque où les responsables d’entreprises faisaient preuve de culture et de courtoisie en parlant une langue de belle facture. Où on était servi par des commises qui connaissaient les produits dont elles parlaient et en parlaient bien alors que les conseillères de vente d’aujourd’hui ne peuvent apprécier un tissu sans regarder l’étiquette.
Le vocabulaire est le parfait reflet d’une société. Boursouflé, abâtardi, maquillé d’anglais comme une péripatéticienne vieillissante, le nôtre suinte la paresse et l’oubli de tous les savoirs.
« Le français est la plus langue du monde » me disent mes amis chinois. Phrase qu’ils ont apprise en lisant Alphonse Daudet (La dernière classe in Contes du lundi). Alphonse qui ? On ne l’enseigne plus dans les écoles. Sauf en Chine.
Peut être que c’est pour ça qu’ils caracolent en tête de l’économie mondiale. Va savoir.
On en reparlera…
lundi 28 avril 2014
LE CANTON ET LA RÉGION
Les réformes régionales ne marchent pas. Les Français restent attachés à leurs départements. On l’a vu quand il s’est agi de modifier les plaques minéralogiques.
Alors, faisons simple. Gardons les conseils généraux. Et que chaque Conseil général délègue à la Région une partie de ses membres qui auront la double casquette de conseillers généraux et de conseillers régionaux. On peut les augmenter un peu, vu la surcharge de travail, mais ça fera de toutes façons des économies. On sera sûrs que les petits territoires seront défendus. Et on supprimera cette abomination qui est le scrutin de liste où l’on colle toujours les losers des autres scrutins. Exemple : Lamassoure, toujours battu quand il se présente….Mais député européen malgré tout. C'est pas un siège qu'on lui a offert, c'est une bouée... Y'en a d'autres...
Réfléchissez : c’est la solution la plus simple et la plus élégante. Mais c’est du cumul de mandats !!!! Peut-être. Le cumul des mandats a de beaux jours devant lui. T’es plus député-maire, t’es député-adjoint au maire, avec un maire de paille et rien ne change.. C’est juste formel. De la poudre aux yeux… Ne pas cumuler, c’est juste ouvrir des postes aux copains…
On en reparlera…
Alors, faisons simple. Gardons les conseils généraux. Et que chaque Conseil général délègue à la Région une partie de ses membres qui auront la double casquette de conseillers généraux et de conseillers régionaux. On peut les augmenter un peu, vu la surcharge de travail, mais ça fera de toutes façons des économies. On sera sûrs que les petits territoires seront défendus. Et on supprimera cette abomination qui est le scrutin de liste où l’on colle toujours les losers des autres scrutins. Exemple : Lamassoure, toujours battu quand il se présente….Mais député européen malgré tout. C'est pas un siège qu'on lui a offert, c'est une bouée... Y'en a d'autres...
Réfléchissez : c’est la solution la plus simple et la plus élégante. Mais c’est du cumul de mandats !!!! Peut-être. Le cumul des mandats a de beaux jours devant lui. T’es plus député-maire, t’es député-adjoint au maire, avec un maire de paille et rien ne change.. C’est juste formel. De la poudre aux yeux… Ne pas cumuler, c’est juste ouvrir des postes aux copains…
On en reparlera…
vendredi 11 avril 2014
LE MODELE ALLEMAND
Ha ! ça, pour les conneries, on nous en bassine du modèle allemand : la gestion allemande, le dialogue social allemand, les ingénieurs allemands…A chaque fois, y’a un ministricule, un députaillon ou un journaleux qui se répand pour nous expliquer comment qu’ils sont bons, et efficaces et pragmatiques les Teutons.
Sauf que là, on est dans leur domaine : la géographie appliquée. Sont bons sur le sujet, rien à dire. Nous aussi, on était bons avant Giscard. Quand il faut organiser le territoire allemand, problème d’aménagement géographique, ils créent les Länder. Mais ils créent comme de vrais géographes qu’ils sont. En utilisant une géographie physique mais également culturelle. Du coup, tu te retrouves avec une bonne grosse Bavière et une ville-Land comme Hambourg. Entre les deux, ça dépend, ça dépend du terrain, de l’Histoire, des relations entre les hommes. Ça te donne trois Saxes, la Basse-Saxe, la Saxe, le Saxe-Anhalt. Cherchez pas, c’est historique. T’as la grosse Bavière avec ses 13 millions d’habitants et la Thuringe avec 2 petits millions. Tu fais voisiner les villes-états comme Brême (400 kilomètres carrés) et la Bavière (70 000 kilomètres carrés). Ça date de l’immédiat-après-guerre et ça dure encore, sans aucun changement. Ça donne des surpeuplés (Berlin 4000 habitants au km2) et des déserts (Mecklembourg densité 70).
Le haut-fonctionnaire français qui voit ces chiffres, il explose, il vocifère, il vitupère. C’est pas cohérent. C’est déséquilibré. Le con de député de base, il approuve gravement. Le con de haut-fonctionnaire et le député décérébré, ils se posent pas la seule question valable. On a fait un découpage vachement homogène voilà cinquante ans, en découpant la Normandie ou en faisant vivre ensemble les Basques et les Agenais et v’là qu’il faut recommencer. Or, le découpage à refaire, il a été fait avec ces mêmes critères : la démographie, la taille, le désir de fortifier l’arrière-pays de 22 villes. Que des critères d’épicier. Et que donc, le découpage qu’ils vont refaire, il faudra encore le refaire dans dix ou vingt ans. En général, quand on a fait une connerie, on évite de recommencer. Pas eux...
Pour faire vivre des gens ensemble, faut qu’ils en aient l’habitude et qu’ils en aient envie. L’habitant de Bayonne, il a jamais vécu avec les gens de Marmande, et il n’en a pas envie. Remarque, où qu’on irait si on tenait compte des envies des citoyens ? Chez moi, dans les Basses-Pyrénées (j’ai pas honte qu’elles soient basses, j’aime pas l’alpinisme),on a du mal à faire vivre ensemble (depuis deux siècles) Basques et Béarnais qui n’ont jamais vécu ensemble et n’en ont pas vraiment envie. A Bayonne, tu regardes vers Bordeaux, à Pau vers Toulouse. Naturellement, historiquement, culturellement. C’est comme ça et c’est pas un énarque qui changera 15 siècles d’histoire. L’énarque, il te colle le Bourbonnais en Auvergne et il en est fier, ce con ! Quand j’ai dit à Saint-Pourçain que j’étais en Auvergne, ils ont failli me faire boire de l’eau. C’eut été dommage, faut dire.
Les géographes-aménageurs ne sont pas des géographes. Tout ce qui fait l’identité d’une région leur échappe complètement. C’est subtil, c’est des siècles de relations commerciales, matrimoniales, festives, religieuses (les Béarnais, c’est des huguenots, les Basques des catholiques). Ça fait des siècles que chaque ragoût mitonne dans sa marmite. Et le jacobinisme n’en est jamais venu à bout. Jamais. Même qu’il a cédé parfois. En Corse, par exemple. C’est comme ça et tu pourrais imaginer une Normandie complète et une région Pays basque toute seule. Pourquoi pas ? En Espagne, l’Andalousie fait le tiers du territoire et la Rioja, l’équivalent d’un département français. Mais c’est pas viable ! Si. Avec le jacobinisme bien compris, l’Etat qui compense, qui prend aux riches pour donner aux pauvres mais laisse à chacun le droit de vivre dans sa culture d’origine. L’Etat centralisateur, il est pas là pour faire de chacun le clone de l’autre. Il est là pour instaurer l’égalité qui n’est pas l’uniformité.
Sauf que l’Etat centralisateur, pendant deux siècles, l’uniformité lui convenait car elle supposait l’uniforme. Quand je pense à tous les bons géographes mort en 14-18….
On en reparlera…
PS : dans mon encyclopédie Quillet offerte pour mes quatorze ans, la dérive des continents était niée. Faut dire que le géographe qui l’avait inventée s’appelait Wegener. C’était le temps où rien de bon ne pouvait venir d’Outre-Rhin. Comme quoi les temps ne changent pas. On prend le pire de l’Allemagne. Merkel et pas Wegener…
Sauf que là, on est dans leur domaine : la géographie appliquée. Sont bons sur le sujet, rien à dire. Nous aussi, on était bons avant Giscard. Quand il faut organiser le territoire allemand, problème d’aménagement géographique, ils créent les Länder. Mais ils créent comme de vrais géographes qu’ils sont. En utilisant une géographie physique mais également culturelle. Du coup, tu te retrouves avec une bonne grosse Bavière et une ville-Land comme Hambourg. Entre les deux, ça dépend, ça dépend du terrain, de l’Histoire, des relations entre les hommes. Ça te donne trois Saxes, la Basse-Saxe, la Saxe, le Saxe-Anhalt. Cherchez pas, c’est historique. T’as la grosse Bavière avec ses 13 millions d’habitants et la Thuringe avec 2 petits millions. Tu fais voisiner les villes-états comme Brême (400 kilomètres carrés) et la Bavière (70 000 kilomètres carrés). Ça date de l’immédiat-après-guerre et ça dure encore, sans aucun changement. Ça donne des surpeuplés (Berlin 4000 habitants au km2) et des déserts (Mecklembourg densité 70).
Le haut-fonctionnaire français qui voit ces chiffres, il explose, il vocifère, il vitupère. C’est pas cohérent. C’est déséquilibré. Le con de député de base, il approuve gravement. Le con de haut-fonctionnaire et le député décérébré, ils se posent pas la seule question valable. On a fait un découpage vachement homogène voilà cinquante ans, en découpant la Normandie ou en faisant vivre ensemble les Basques et les Agenais et v’là qu’il faut recommencer. Or, le découpage à refaire, il a été fait avec ces mêmes critères : la démographie, la taille, le désir de fortifier l’arrière-pays de 22 villes. Que des critères d’épicier. Et que donc, le découpage qu’ils vont refaire, il faudra encore le refaire dans dix ou vingt ans. En général, quand on a fait une connerie, on évite de recommencer. Pas eux...
Pour faire vivre des gens ensemble, faut qu’ils en aient l’habitude et qu’ils en aient envie. L’habitant de Bayonne, il a jamais vécu avec les gens de Marmande, et il n’en a pas envie. Remarque, où qu’on irait si on tenait compte des envies des citoyens ? Chez moi, dans les Basses-Pyrénées (j’ai pas honte qu’elles soient basses, j’aime pas l’alpinisme),on a du mal à faire vivre ensemble (depuis deux siècles) Basques et Béarnais qui n’ont jamais vécu ensemble et n’en ont pas vraiment envie. A Bayonne, tu regardes vers Bordeaux, à Pau vers Toulouse. Naturellement, historiquement, culturellement. C’est comme ça et c’est pas un énarque qui changera 15 siècles d’histoire. L’énarque, il te colle le Bourbonnais en Auvergne et il en est fier, ce con ! Quand j’ai dit à Saint-Pourçain que j’étais en Auvergne, ils ont failli me faire boire de l’eau. C’eut été dommage, faut dire.
Les géographes-aménageurs ne sont pas des géographes. Tout ce qui fait l’identité d’une région leur échappe complètement. C’est subtil, c’est des siècles de relations commerciales, matrimoniales, festives, religieuses (les Béarnais, c’est des huguenots, les Basques des catholiques). Ça fait des siècles que chaque ragoût mitonne dans sa marmite. Et le jacobinisme n’en est jamais venu à bout. Jamais. Même qu’il a cédé parfois. En Corse, par exemple. C’est comme ça et tu pourrais imaginer une Normandie complète et une région Pays basque toute seule. Pourquoi pas ? En Espagne, l’Andalousie fait le tiers du territoire et la Rioja, l’équivalent d’un département français. Mais c’est pas viable ! Si. Avec le jacobinisme bien compris, l’Etat qui compense, qui prend aux riches pour donner aux pauvres mais laisse à chacun le droit de vivre dans sa culture d’origine. L’Etat centralisateur, il est pas là pour faire de chacun le clone de l’autre. Il est là pour instaurer l’égalité qui n’est pas l’uniformité.
Sauf que l’Etat centralisateur, pendant deux siècles, l’uniformité lui convenait car elle supposait l’uniforme. Quand je pense à tous les bons géographes mort en 14-18….
On en reparlera…
PS : dans mon encyclopédie Quillet offerte pour mes quatorze ans, la dérive des continents était niée. Faut dire que le géographe qui l’avait inventée s’appelait Wegener. C’était le temps où rien de bon ne pouvait venir d’Outre-Rhin. Comme quoi les temps ne changent pas. On prend le pire de l’Allemagne. Merkel et pas Wegener…
mardi 8 avril 2014
LES DEUX MAINS DE MONTEBOURG
Montebourg a deux mains : une main gauche et une main droite.
La main gauche, c’est le PS. La main droite, les Croix de Feu. Expliquons.
Brillant avocat, Montebourg a milité jeune à l’UNEF avant de s’inscrire au PS. Il a plaisir à évoquer ses origines kabyles (ça fait bien dans les biographies pour bobos) en omettant de préciser que son grand-père était un haut dignitaire, grand-officier de la Légion d’Honneur et collaborateur avec le gouvernement français. C’est la main gauche.
La veille de son élection comme député PS de Saône-et-Loire, il épouse Hortense de Labriffe, petite-fille de Jacques de Lacretelle, ce dernier ayant été successivement cadre des Croix de Feu, directeur du Figaro et académicien français. C’est la main droite.
Voilà comment va une carrière. Quand il est élu comme député socialiste, sa jeune épouse est une collaboratrice d’Edouard Balladur. Admettons que l’amour se moque de la politique mais, ceci ne plaide pas pour une parfaite harmonie conjugale. A moins que les conjoints s’en moquent. Mettre sa vie en harmonie avec ses idées, c’est pour les cons, chacun sait ça.
En fait, ceci compose un fort joli réseau. Avec un papa haut-fonctionnaire des Finances et belle-maman cadre dirigeant dans une banque, les copains du PS et ceux du Figaro, ça aide. Et puis chacun le sait depuis les Grandes Compagnies, pour remplir son escarcelle, deux mains valent mieux qu’une.
J’aime bien le discours de Montebourg. Je me demande toujours jusqu’où il ira et je ne suis jamais déçu. Il maîtrise admirablement sa communication, se peaufine une image de révolutionnaire soft. Montebourg, je m’y étais déjà intéressé vu que je le sentais pas très proche des préoccupations de ses électeurs (http://rchabaud.blogspot.fr/2012/09/monte-bourre-le-mou.html)
Plus ça va, plus il me fait regretter l’époque des grands pamphlétaires. Je me demande avec gourmandise ce qu’un Daudet ou un Bloy auraient pu fignoler comme textes pour le clouer au pilori. Parce que, honnêtement, c’est un parcours aussi sinueux que la colonne vertébrale d’un lombric. Mon ami Michel me fait remarquer que les lombrics n’ont pas de colonne vertébrale. Montebourg non plus, ce qui justifie la métaphore. J’aimerais avoir le talent de ces grandes plumes qui savaient pousser les hommes à la démission dans le meilleur des cas. Le suicide, c’est terminé, il y faut de l’honneur.
Il a sa place dans ce gouvernement où le ministre des Affaires étrangères est également chargé du Commerce extérieur, gouvernement de commis-placiers qui nous concocte, à bas bruit, un traité qui va nous mettre dans la main de Wall Street. Main droite, ça va de soi. La main gauche, c’est celle qu’on montre aux électeurs désinformés.
Nous avons donc appris qu’un parti se réclamant du socialisme va apurer les comptes en dézinguant les acquis sociaux. C’est dans la logique des choses. La logique communicante, la logique de la vaseline.
Tout ceci trace une autoroute à Marine… Encore que là aussi, y’ait à dire. Elle a eu une enfance bercée par les disques de la SERP. Vous connaissez pas ? Cherchez un peu…
On en reparlera…
La main gauche, c’est le PS. La main droite, les Croix de Feu. Expliquons.
Brillant avocat, Montebourg a milité jeune à l’UNEF avant de s’inscrire au PS. Il a plaisir à évoquer ses origines kabyles (ça fait bien dans les biographies pour bobos) en omettant de préciser que son grand-père était un haut dignitaire, grand-officier de la Légion d’Honneur et collaborateur avec le gouvernement français. C’est la main gauche.
La veille de son élection comme député PS de Saône-et-Loire, il épouse Hortense de Labriffe, petite-fille de Jacques de Lacretelle, ce dernier ayant été successivement cadre des Croix de Feu, directeur du Figaro et académicien français. C’est la main droite.
Voilà comment va une carrière. Quand il est élu comme député socialiste, sa jeune épouse est une collaboratrice d’Edouard Balladur. Admettons que l’amour se moque de la politique mais, ceci ne plaide pas pour une parfaite harmonie conjugale. A moins que les conjoints s’en moquent. Mettre sa vie en harmonie avec ses idées, c’est pour les cons, chacun sait ça.
En fait, ceci compose un fort joli réseau. Avec un papa haut-fonctionnaire des Finances et belle-maman cadre dirigeant dans une banque, les copains du PS et ceux du Figaro, ça aide. Et puis chacun le sait depuis les Grandes Compagnies, pour remplir son escarcelle, deux mains valent mieux qu’une.
J’aime bien le discours de Montebourg. Je me demande toujours jusqu’où il ira et je ne suis jamais déçu. Il maîtrise admirablement sa communication, se peaufine une image de révolutionnaire soft. Montebourg, je m’y étais déjà intéressé vu que je le sentais pas très proche des préoccupations de ses électeurs (http://rchabaud.blogspot.fr/2012/09/monte-bourre-le-mou.html)
Plus ça va, plus il me fait regretter l’époque des grands pamphlétaires. Je me demande avec gourmandise ce qu’un Daudet ou un Bloy auraient pu fignoler comme textes pour le clouer au pilori. Parce que, honnêtement, c’est un parcours aussi sinueux que la colonne vertébrale d’un lombric. Mon ami Michel me fait remarquer que les lombrics n’ont pas de colonne vertébrale. Montebourg non plus, ce qui justifie la métaphore. J’aimerais avoir le talent de ces grandes plumes qui savaient pousser les hommes à la démission dans le meilleur des cas. Le suicide, c’est terminé, il y faut de l’honneur.
Il a sa place dans ce gouvernement où le ministre des Affaires étrangères est également chargé du Commerce extérieur, gouvernement de commis-placiers qui nous concocte, à bas bruit, un traité qui va nous mettre dans la main de Wall Street. Main droite, ça va de soi. La main gauche, c’est celle qu’on montre aux électeurs désinformés.
Nous avons donc appris qu’un parti se réclamant du socialisme va apurer les comptes en dézinguant les acquis sociaux. C’est dans la logique des choses. La logique communicante, la logique de la vaseline.
Tout ceci trace une autoroute à Marine… Encore que là aussi, y’ait à dire. Elle a eu une enfance bercée par les disques de la SERP. Vous connaissez pas ? Cherchez un peu…
On en reparlera…
samedi 5 avril 2014
LE STADE ULTIME DU FÉMINISME
Mes copines brûlaient leur soutien-gorge. Il fallait un symbole et la liberté de danser des seins en était un. Moi, ça m’allait : on distinguait tout de suite l’érection mammaire de la flaccidité nichonale. Le symbole des unes devenait promesse des autres.
C’était le temps où la femme était désignée comme le prolétaire de l’homme. Prolétaires de tous les pays, unissez vous. Et l’union devint libre. Pour les unes, l’émancipation, pour les autres, la copulation. On était ravis, on abondait, on poussait vers la libération car la voie de la libération était le chemin de la couche.
Libre ou pas, l’union conduisait vers le couple. Et là, ça a commencé à merder. Les mecs étaient de petits princes. Ils se sont vite aperçus que la libération de la femme conduisait à la répartition des tâches. Leurs pères ne faisaient qu’une chose à deux : baiser. Et voilà t-y pas qu’il fallait désormais faire plein de trucs à deux : la vaisselle, les courses, langer le petit, faire chauffer les biberons à deux heures du mat’… Holà ! ça allait plus vraiment.
On a surfé un temps sur quelques vieilles rengaines. La force physique. Y’a des trucs que tu peux pas faire, ma cocotte. Sur la technologie : le bricolage, c’est un truc de mecs. Moi, j’avais des copines qui laissaient leur perceuse bien en évidence, histoire de me dire « J’ai pas besoin de toi ».
La loi suivait. Pas très vite, pas toujours très bien, mais elle suivait. Elle ouvrait aux femmes des pans entiers de la vie professionnelle. L’armée, par exemple. Quand t’as une gonzesse qui se met en treillis le matin, ça te relativise la libido.
Le féminisme a donné aux femmes la liberté de dire non. Notamment sur le plan sexuel. Théoriquement, on était d’accord. Pratiquement, on s’est vite aperçus qu’elles pouvaient aussi nous dire non à nous. Bon, c’était pas exactement ce qu’on avait prévu.
Et donc, de glissement en évolution, la femme (je devrais écrire la Femme) a expliqué à l’homme qu’elle pouvait se passer de lui. J’ai pas besoin de toi pour payer le loyer. Ni pour planter un clou.
Nous sommes face à un bel exemple d’effet pervers. La libération de la femme a supprimé l’un des ciments de la relation : le besoin. Besoin économique d’un côté, besoin sexuel de l’autre. Le mâle a désormais toutes les femelles à sa portée. La contraception enlève un frein, la peur de se retrouver face à une obligation non désirée. Le salaire féminin en détruit un autre, la peur de se retrouver sans ressources. Certes, ceci impliquait un fonctionnement brinquebalant, des situations tordues, on était loin de la perfection d’un monde rêvé.
Toutes barrières levées, le fonctionnement du couple a explosé et on arrive désormais au stade ultime du féminisme : la famille monoparentale. Le mec ne se sent plus aucun devoir (hou ! le vilain mot), il n’a plus aucun avantage à rester. Donc, il se barre. Tu veux plus de moi ? T’as plus besoin de moi ? Salut !
Certes, c’est une analyse à l’arrache. Il faudrait affiner. Mais, grosso modo, c’est comme ça que ça fonctionne dans les têtes.
Pour la nana, ça ne change rien, sauf le patron. Elle était le prolétariat de l’homme, elle devient le prolétariat de l’employeur. Sous-payée (c’est ça ou rien), avec plus d’obligations (elle garde le ménage, la vaisselle, l’aspirateur et les mômes à torcher mais elle reçoit en plus l’obligation d’aller au boulot, le plus souvent loin de chez elle). Elle a perdu au change.
Je pensais à ça en apprenant la mort de Régine Desforges. Par parenthèse, on n’a pas beaucoup entendu citer sa maison d’éditions, L’Or du Temps. Comme beaucoup, l’icône du féminisme était une grande bourgeoise cultivée. Les femmes ont suivi celles qui parlaient bien, les avocates, les artistes, les écrivains, toutes celles qui s’emmerdaient pas avec le quotidien parce qu’elles avaient des revenus. Et donc des employées de maison. Toutes celles qui savaient que la libération de la femme améliorerait leur sort personnel.L'Or du Temps, c'était du porno soft, avec orgasme au lit, pas dans la cuisine.
Elles ont gentiment mêlé la lutte des sexes et la lutte des classes. Forcément, elles appartenaient à la classe dominante et donc, la lutte des classes, ça leur allait pas trop. Glisser de l’économique au sociétal leur permettait de faire joujou avec la politique sans mettre les mains dans l’eau de vaisselle. Pour ça, il y avait des bonnes, sous-payées : si la Berrichonne augmentait ses tarifs, il y avait l’Equatorienne ou la Philippine. Des fois, on voit sortir une affaire croustillante comme l’Africaine qui attaque Noah pour « esclavage ». Saga Africa. C’est un peu anecdotique, même la famille du fondateur des Editions du Seuil y a eu droit. Ça signifie juste qu’il y a deux camps : ceux qui ont des domestiques et les autres.
C’est avec des glissements comme ça que le sens politique pointe le bout du nez. Quand on confond, on sème la confusion.Les femmes seules peuvent dire merci à la dame.
On en reparlera….
C’était le temps où la femme était désignée comme le prolétaire de l’homme. Prolétaires de tous les pays, unissez vous. Et l’union devint libre. Pour les unes, l’émancipation, pour les autres, la copulation. On était ravis, on abondait, on poussait vers la libération car la voie de la libération était le chemin de la couche.
Libre ou pas, l’union conduisait vers le couple. Et là, ça a commencé à merder. Les mecs étaient de petits princes. Ils se sont vite aperçus que la libération de la femme conduisait à la répartition des tâches. Leurs pères ne faisaient qu’une chose à deux : baiser. Et voilà t-y pas qu’il fallait désormais faire plein de trucs à deux : la vaisselle, les courses, langer le petit, faire chauffer les biberons à deux heures du mat’… Holà ! ça allait plus vraiment.
On a surfé un temps sur quelques vieilles rengaines. La force physique. Y’a des trucs que tu peux pas faire, ma cocotte. Sur la technologie : le bricolage, c’est un truc de mecs. Moi, j’avais des copines qui laissaient leur perceuse bien en évidence, histoire de me dire « J’ai pas besoin de toi ».
La loi suivait. Pas très vite, pas toujours très bien, mais elle suivait. Elle ouvrait aux femmes des pans entiers de la vie professionnelle. L’armée, par exemple. Quand t’as une gonzesse qui se met en treillis le matin, ça te relativise la libido.
Le féminisme a donné aux femmes la liberté de dire non. Notamment sur le plan sexuel. Théoriquement, on était d’accord. Pratiquement, on s’est vite aperçus qu’elles pouvaient aussi nous dire non à nous. Bon, c’était pas exactement ce qu’on avait prévu.
Et donc, de glissement en évolution, la femme (je devrais écrire la Femme) a expliqué à l’homme qu’elle pouvait se passer de lui. J’ai pas besoin de toi pour payer le loyer. Ni pour planter un clou.
Nous sommes face à un bel exemple d’effet pervers. La libération de la femme a supprimé l’un des ciments de la relation : le besoin. Besoin économique d’un côté, besoin sexuel de l’autre. Le mâle a désormais toutes les femelles à sa portée. La contraception enlève un frein, la peur de se retrouver face à une obligation non désirée. Le salaire féminin en détruit un autre, la peur de se retrouver sans ressources. Certes, ceci impliquait un fonctionnement brinquebalant, des situations tordues, on était loin de la perfection d’un monde rêvé.
Toutes barrières levées, le fonctionnement du couple a explosé et on arrive désormais au stade ultime du féminisme : la famille monoparentale. Le mec ne se sent plus aucun devoir (hou ! le vilain mot), il n’a plus aucun avantage à rester. Donc, il se barre. Tu veux plus de moi ? T’as plus besoin de moi ? Salut !
Certes, c’est une analyse à l’arrache. Il faudrait affiner. Mais, grosso modo, c’est comme ça que ça fonctionne dans les têtes.
Pour la nana, ça ne change rien, sauf le patron. Elle était le prolétariat de l’homme, elle devient le prolétariat de l’employeur. Sous-payée (c’est ça ou rien), avec plus d’obligations (elle garde le ménage, la vaisselle, l’aspirateur et les mômes à torcher mais elle reçoit en plus l’obligation d’aller au boulot, le plus souvent loin de chez elle). Elle a perdu au change.
Je pensais à ça en apprenant la mort de Régine Desforges. Par parenthèse, on n’a pas beaucoup entendu citer sa maison d’éditions, L’Or du Temps. Comme beaucoup, l’icône du féminisme était une grande bourgeoise cultivée. Les femmes ont suivi celles qui parlaient bien, les avocates, les artistes, les écrivains, toutes celles qui s’emmerdaient pas avec le quotidien parce qu’elles avaient des revenus. Et donc des employées de maison. Toutes celles qui savaient que la libération de la femme améliorerait leur sort personnel.L'Or du Temps, c'était du porno soft, avec orgasme au lit, pas dans la cuisine.
Elles ont gentiment mêlé la lutte des sexes et la lutte des classes. Forcément, elles appartenaient à la classe dominante et donc, la lutte des classes, ça leur allait pas trop. Glisser de l’économique au sociétal leur permettait de faire joujou avec la politique sans mettre les mains dans l’eau de vaisselle. Pour ça, il y avait des bonnes, sous-payées : si la Berrichonne augmentait ses tarifs, il y avait l’Equatorienne ou la Philippine. Des fois, on voit sortir une affaire croustillante comme l’Africaine qui attaque Noah pour « esclavage ». Saga Africa. C’est un peu anecdotique, même la famille du fondateur des Editions du Seuil y a eu droit. Ça signifie juste qu’il y a deux camps : ceux qui ont des domestiques et les autres.
C’est avec des glissements comme ça que le sens politique pointe le bout du nez. Quand on confond, on sème la confusion.Les femmes seules peuvent dire merci à la dame.
On en reparlera….
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