Alors, là, j’en reviens pas. Mon quotidien consacre une double page à mes deux sujets favoris : le tourisme et le territoire. Deux sujets auxquels j’ai consacré trente ans de ma vie et pas mal de travaux.
Je suis pas déçu : cette double page est un ramassis de poncifs pseudo-modernes, d’à-peu-près et de stupidités endoxales, sous couvert d’interviews pontifiantes des communicants impliqués.
Posons le problème : Atout-France, ramassis de sciencepotards chargés de faire la promotion de notre pays a choisi pour chez moi la marque Biarritz Pays basque, comme « marque-ombrelle » pour attirer, chez moi (j’y insiste) les flux touristiques du monde entier. Ce que décide Atout-France, tout le monde s’en fout. Quoiqu’ils fassent, la France est et restera la première destination touristique du monde. On peut avoir un gouvernement qui déconne, des terroristes qui terrorisent et des serveurs qui crachent à la gueule du client, c’est comme ça. Le monde entier veut venir en France. Donc, Atout-France n’est pas un argument.
Il faut donc que l’inutile promotion passe par une marque (ombrelle mais le mot est tellement con…) et les sciencepotards d’Atout-France ont décrété que seule la marque Biarritz avait un pouvoir fédérateur !! C’est logique : le choix a été fait depuis Paris par des gens qui ne savent rien du territoire Pays basque.
Toutes les études montrent que le tourisme en Europe sera, dans les années qui viennent, un tourisme patrimonial et culturel. D’ailleurs le communicant en chef l’exprime : la destination doit avoir un totem, le plus souvent architectural. Après avoir évoqué le Guggenheim et la Tour Eiffel, les connaisseurs autoproclamés arrêtent leur choix « totémique » sur l’Hôtel du Palais, pastiche Second Empire d’un bâtiment Renaissance. Alors qu’à côté, là où il y a un vrai patrimoine, à Bayonne, ils avaient le choix entre un château médiéval, celui du Prince Noir et une cathédrale gothique inscrite au Patrimoine de l’Unesco. On ne joue pas dans la même catégorie !!
Il est vrai que culturellement et patrimonialement, Biarritz est d’une immense vacuité, un simple discours mis en scène par des édiles sympathiques et arrogants. Je vais vous raconter, depuis le début : quand Napoléon III arrive s’installer à Biarritz, c’est un minable village et l’Empereur est persuadé que, comme le lui a dit Jules Labat, Biarritz est « un quartier excentré de Bayonne ». Napoléon a amené avec lui son cartographe privé qui va lever les plans dont auront besoin les architectes. Bien entendu, c’est un Bayonnais, mon trisaïeul. Les Bayonnais sont légion autour de l’Empereur : ses banquiers, Pereire et Henriques, son confesseur, Lacroix de Ravignan, son violoniste Delphin Alard,. La cour va faire ses achats à Bayonne où se trouvent pâtissiers et chocolatiers. Biarritz fournit les cochers et les chambrières.
La fiction de Biarritz ville impériale va naître après la guerre de 14-18 quand la bourgeoisie parisienne s’emparera des débris du Second Empire pour se mettre en valeur. Relire Irène Némirowsky.
Mais le patrimoine reste à Bayonne, tout comme la vie culturelle autour du Conservatoire et de l’Ecole de Dessin. C’est à Bayonne que se rendent les quelques Biarrots désireux d’acquérir des bases culturelles.
Nous sommes au cœur de la problématique des territoires qui ne sont pas des morceaux de sol analysés hors sol, mais de complexes entrelacs de données géologiques, de relations humaines et d’informations historiques. Enlever du territoire cette dimension humaine diachronique, c’est le vider de son sens. C’est le nier.
Les communicants des maires de Biarritz assènent le dernier argument, le plus récent et le plus stupide. Il parait que Biarritz viendrait spontanément sous les doigts des pianotants internautes. Sur quelle base ? Qu’en dit Gougle ? Les fêtes de Bayonne attirent chaque année plus d’un million de personnes, les Chinois se goinfrent de jambon de Bayonne et Bayonne serait une occurrence inférieure à Biarritz ? De qui se moque t’on ? Est-ce que quelqu’un a fait une recherche sérieuse ? Je suis prêt à parier que Bayonne arrive avant Biarritz dans les recherches sur Internet.
Ce qui me désole, c’est qu’on va coller le syntagme Pays basque à Biarritz alors même que les plus effrénés des indépendantistes s’évertuent depuis des années à faire de Bayonne la capitale du Pays basque. On va mettre mes copains souletins sous le bonnet des bobos surfeurs.
Ce qui me désole, c’est que le processus est en marche depuis vingt ans et qu’aucun des responsables de l’OT de Bayonne n’ait vu venir le coup. Ho ! les mecs ! on vous dépouille et vous fermez vos gueules ? Où êtes vous, Lauquet, Cazaban, Arandia ? Votre silence me vrille les tympans !!
En plus le con-municant en chef expose avec componction que le territoire est le dernier avatar de la mondialisation. Ben non. Le territoire est au cœur de la réflexion géographique depuis des siècles, celle qui se construit sur les bassins versants et les données géologiques, mais aussi sur les rapports commerciaux et les stratégies matrimoniales. On est loin du sens de la synthèse des sciencepotards qui éliminent ce qui les gêne et ce qu’ils ignorent.
On va voir. Moi j’attends que le maire et la députée, main dans la main, aillent voir Atout France pour lui dire que leur marque, on va la refuser. Que leur ombrelle, ils peuvent la replier. A Biarritz, on déploie des ombrelles, à Bayonne et au Pays basque on ouvre des parapluies.
J’engage tous ceux qui approuvent ce texte à m’écrire. Il faut remettre l’histoire au cœur de notre tourisme. Le balnéaire, c’est du sable et on ne construit pas sur le sable.
On en reparlera...
On y parle peu de géographie. Rarement de politique. Encore que... On parle juste de la vie des hommes. C'est pareil.
mercredi 13 avril 2016
jeudi 10 mars 2016
TROC PARTICIPATIF
On n’y coupe plus. La marée monte. L’activité contemporaine doit être « participative » ou « collaborative ». C’est quoi ? Faisons la courte : c’est un moyen de faire des économies en baisant la collectivité.
Quoi ? Qu’est ce ? Encore un vieux con qui ne comprend rien au monde moderne. Ben voyons !! Le vieux con, il a regardé les jobs collaboratifs et participatifs et il les a classés en deux catégories :
1/ le travail au black
2/le retour du troc
Tu prends un taxi. Le mec, il a une plaque, une licence, il a passé un exam (payant), lui et sa voiture sont contrôlés. Ouais, mais Hubert c’est moins cher. Evidemment. Le chauffeur d’Hubert, il est autoproclamé, il a pas payé son exam ou sa plaque, il est le plus souvent auto-entrepreneur et donc, il paye pas les mêmes charges qu’un artisan. Quand tu prends Hubert, tu payes moins cher parce que tu te sers sur les rentrées de l’Etat. Tes économies, c’est moi qui vais les payer. Moi et tous les autres cochons de payants. Parce que je rêve pas : tu vas pas cesser de te soigner et soigner tes mômes, tu vas pas renoncer à tous ces services de l’Etat qui te font la vie plus facile. Non, tu veux le beurre et l’argent du beurre, payer moins cher ET bénéficier de la Sécu. OK, c’est pas vraiment du black.Encore que quand tu baises l'Etat...
T’as besoin de déménager. Sur le net, tu trouves des déménageurs participatifs. Si, si ça existe, c’est moins cher. Là, c’est du black complet.
Tu loues ton appart par RBINBI. Tu vas le déclarer ? Bof, pour une fois.. Et si c’est un échange, je suis sûr que tu déclareras pas plus.
Suffit de faire le tour de l’économie numérique, d’aller voir tous ces sites où on te propose un mec pour faire ton jardin et que toi, tu fasses son courrier. C’est du troc, ni plus ni moins. Des ruses pour gruger l’Etat.
Attention : j’en ai rien à foutre. Ce qui me gonfle, c’est de voir des trucs anciens repeints avec du vocabulaire moderne et qu’à cause du vocabulaire, ces vieux trucs semblent neufs. Comme l’autre rital avec Meetic. Un inventeur !! un moderne !!! Tu parles !! Simoncini, c’est rien de plus que Madame Desachy, une agence matrimoniale qui file des coordonnées de gonzesses à des mecs en mal d’amour (et vice-versa). Certes, l’instrument est moderne, mais l’activité est bien vieille. Les sites de vente, c’est Manufrance (en moins bien), ni plus ni moins vu que l’e-business, c’est jamais que de la VPC. Et le participatif, c'est du troc. J'avoue, c'est moins chic.
Mais avec le côté déterritorialisé qui fait que tu niques plus facilement le contrôleur qui a du mal à contrôler les ventes d’un site installé en Patagonie au profit d’une société immatriculée aux Bahamas. Parce que faut pas croire, y’a pas que les gros qui cassent la transparence.
Tout ça, le participatif, le collaboratif et le numérique en général, c’est rien que de la poudre aux yeux. Ça crée moins d’emplois que ça n’en détruit ça produit moins de richesse qu’on peut le croire.
La seule question qui vaille est : quand verra t-on que le roi est nu ? Que la seule différence est la rapidité ? Les lettres, ça va plus vite que quand on allait à la poste. Et alors ? J’ai préparé (plutôt pas mal) et réalisé quelques dizaines de voyages dans le monde entier avec des lettres « spécial avion » et un téléphone fixe. C’était pas très compliqué à la seule condition d’avoir des partenaires fiables et de prendre le temps nécessaire. A la condition de déguster le voyage comme on déguste un grand vin ou un plat longuement préparé.
On en reparlera pas.
PS ; c'est pas d'hier..Rendons hommage à Jacques Maillot qui vendait dès les années 1970 des "voyages autogérés". Tu enlevais l'accompagnateur ou le guide et donc tu diminuais les coûts pour vendre plus cher vu qu'il y avait moins de contraintes. C'est beau le pouvoir des mots.
Quoi ? Qu’est ce ? Encore un vieux con qui ne comprend rien au monde moderne. Ben voyons !! Le vieux con, il a regardé les jobs collaboratifs et participatifs et il les a classés en deux catégories :
1/ le travail au black
2/le retour du troc
Tu prends un taxi. Le mec, il a une plaque, une licence, il a passé un exam (payant), lui et sa voiture sont contrôlés. Ouais, mais Hubert c’est moins cher. Evidemment. Le chauffeur d’Hubert, il est autoproclamé, il a pas payé son exam ou sa plaque, il est le plus souvent auto-entrepreneur et donc, il paye pas les mêmes charges qu’un artisan. Quand tu prends Hubert, tu payes moins cher parce que tu te sers sur les rentrées de l’Etat. Tes économies, c’est moi qui vais les payer. Moi et tous les autres cochons de payants. Parce que je rêve pas : tu vas pas cesser de te soigner et soigner tes mômes, tu vas pas renoncer à tous ces services de l’Etat qui te font la vie plus facile. Non, tu veux le beurre et l’argent du beurre, payer moins cher ET bénéficier de la Sécu. OK, c’est pas vraiment du black.Encore que quand tu baises l'Etat...
T’as besoin de déménager. Sur le net, tu trouves des déménageurs participatifs. Si, si ça existe, c’est moins cher. Là, c’est du black complet.
Tu loues ton appart par RBINBI. Tu vas le déclarer ? Bof, pour une fois.. Et si c’est un échange, je suis sûr que tu déclareras pas plus.
Suffit de faire le tour de l’économie numérique, d’aller voir tous ces sites où on te propose un mec pour faire ton jardin et que toi, tu fasses son courrier. C’est du troc, ni plus ni moins. Des ruses pour gruger l’Etat.
Attention : j’en ai rien à foutre. Ce qui me gonfle, c’est de voir des trucs anciens repeints avec du vocabulaire moderne et qu’à cause du vocabulaire, ces vieux trucs semblent neufs. Comme l’autre rital avec Meetic. Un inventeur !! un moderne !!! Tu parles !! Simoncini, c’est rien de plus que Madame Desachy, une agence matrimoniale qui file des coordonnées de gonzesses à des mecs en mal d’amour (et vice-versa). Certes, l’instrument est moderne, mais l’activité est bien vieille. Les sites de vente, c’est Manufrance (en moins bien), ni plus ni moins vu que l’e-business, c’est jamais que de la VPC. Et le participatif, c'est du troc. J'avoue, c'est moins chic.
Mais avec le côté déterritorialisé qui fait que tu niques plus facilement le contrôleur qui a du mal à contrôler les ventes d’un site installé en Patagonie au profit d’une société immatriculée aux Bahamas. Parce que faut pas croire, y’a pas que les gros qui cassent la transparence.
Tout ça, le participatif, le collaboratif et le numérique en général, c’est rien que de la poudre aux yeux. Ça crée moins d’emplois que ça n’en détruit ça produit moins de richesse qu’on peut le croire.
La seule question qui vaille est : quand verra t-on que le roi est nu ? Que la seule différence est la rapidité ? Les lettres, ça va plus vite que quand on allait à la poste. Et alors ? J’ai préparé (plutôt pas mal) et réalisé quelques dizaines de voyages dans le monde entier avec des lettres « spécial avion » et un téléphone fixe. C’était pas très compliqué à la seule condition d’avoir des partenaires fiables et de prendre le temps nécessaire. A la condition de déguster le voyage comme on déguste un grand vin ou un plat longuement préparé.
On en reparlera pas.
PS ; c'est pas d'hier..Rendons hommage à Jacques Maillot qui vendait dès les années 1970 des "voyages autogérés". Tu enlevais l'accompagnateur ou le guide et donc tu diminuais les coûts pour vendre plus cher vu qu'il y avait moins de contraintes. C'est beau le pouvoir des mots.
jeudi 3 mars 2016
MAL TOURNÉ
Dans la grande famille des conneries qui tournent en boucle dans toutes les télés, en ce moment, y’a celle là :
La jeune policière qui a été flinguée par des malfrats récidivistes a été victime d’un braquage « qui a mal tourné ».
C’est un tic de langage commun à tous ceux qui font profession de langage mais ne réfléchissent pas à ce qu’ils disent.
Car, enfin, bordel, c’est quoi un braquage qui a « bien tourné » ? Un braquage où il n’y a que des blessés ? Un braquage où les mecs se tirent avec le butin ? Moi, faut m’expliquer, je suis un peu demeuré.
Une opération qui a « mal tourné », c’est une opération qui a déçu les espoirs mis en elle. Les espoirs mis pas qui ? Par les hors-la-loi ? Cette expression signifie t’elle que les journalistes approuvent les braquages qui ont bien tourné ? A priori oui.
Ouah, me dit un copain, tu vois bien ce que ça veut dire !!
Non. D’abord quand on me parle, je ne « vois » pas, j’entends. Ensuite, je sais ce que disent les mots. Et là, l’expression « braquage qui a mal tourné », elle sonne comme une approbation. Voilà des braves mecs qui étaient partis pour un tranquille braquage où tout devait bien se passer, « bien tourner »et, pas de bol voilà que leur chemin croise celui de la police. La responsabilité des mecs est gommée. C’est la faute à pas de bol. Ou plutôt, dans ce cas précis, à la chkoumoun. Conservons la multiculturalité.
C’est à force de glissements de ce type que la société se délite. La responsabilité est atténuée, puis gommée alors qu’elle est à la base de la dignité de l’Homme. On finit par vivre dans un monde d’irresponsables non pénalisables. Pas de bol pour le môme qui agresse son prof, pas de bol pour le dealer qui a pas eu la chance d'avoir une famille qui l'aurait protégé. Le catalogue des excuses est sans fin.
Attention !!! ça ne va que dans un sens. Un braqueur qui tue un flic n’a pas eu de chance. Un flic qui tue un manifestant est un salopard.
Bon, on en reparlera…ou pas
La jeune policière qui a été flinguée par des malfrats récidivistes a été victime d’un braquage « qui a mal tourné ».
C’est un tic de langage commun à tous ceux qui font profession de langage mais ne réfléchissent pas à ce qu’ils disent.
Car, enfin, bordel, c’est quoi un braquage qui a « bien tourné » ? Un braquage où il n’y a que des blessés ? Un braquage où les mecs se tirent avec le butin ? Moi, faut m’expliquer, je suis un peu demeuré.
Une opération qui a « mal tourné », c’est une opération qui a déçu les espoirs mis en elle. Les espoirs mis pas qui ? Par les hors-la-loi ? Cette expression signifie t’elle que les journalistes approuvent les braquages qui ont bien tourné ? A priori oui.
Ouah, me dit un copain, tu vois bien ce que ça veut dire !!
Non. D’abord quand on me parle, je ne « vois » pas, j’entends. Ensuite, je sais ce que disent les mots. Et là, l’expression « braquage qui a mal tourné », elle sonne comme une approbation. Voilà des braves mecs qui étaient partis pour un tranquille braquage où tout devait bien se passer, « bien tourner »et, pas de bol voilà que leur chemin croise celui de la police. La responsabilité des mecs est gommée. C’est la faute à pas de bol. Ou plutôt, dans ce cas précis, à la chkoumoun. Conservons la multiculturalité.
C’est à force de glissements de ce type que la société se délite. La responsabilité est atténuée, puis gommée alors qu’elle est à la base de la dignité de l’Homme. On finit par vivre dans un monde d’irresponsables non pénalisables. Pas de bol pour le môme qui agresse son prof, pas de bol pour le dealer qui a pas eu la chance d'avoir une famille qui l'aurait protégé. Le catalogue des excuses est sans fin.
Attention !!! ça ne va que dans un sens. Un braqueur qui tue un flic n’a pas eu de chance. Un flic qui tue un manifestant est un salopard.
Bon, on en reparlera…ou pas
jeudi 11 février 2016
HUGO ET LE CORBILLARD
C’est pas pour dire, mais il faut arrêter avec l’avalanche de sottises qu’on entend sur les transports scolaires depuis deux jours. C’est pourtant simple, il suffit d’ouvrir les yeux.
Jadis, quand j’étais petit, il n’y avait aucun accident de bus scolaires. Tout simplement parce qu’il n’y avait pas de bus scolaire. C’était mieux. Il y avait des écoles. Des écoles partout, des écoles où on pouvait aller à pied, même quand il neigeait.
Or donc, depuis trente ans, au moins, au motif de faire des économies, des écoles ont été fermées partout. Il était moins onéreux d’organiser des transports scolaires. Ils étaient tous d’accord les ministres, Chevènement, Jospin, Lang, Bayrou, Allègre, Ferry, Peillon, Hamon et leurs conseillers.
Je passe sur les heures de sommeil enlevées à nos gosses. Forcément, quand t’as une heure de bus au lieu de cinq minutes de marche, tu dors moins. Pas grave, les parents sont certains que la faute en est aux rythmes biologiques déglingués par l’heure d’hiver (ou d’été, c’est selon).
Aucun de ces gros nazes n’a vu que, mettre des gosses sur la route pouvait représenter un danger. Au contraire, ça montrait qu’on savait gérer et organiser. Tuer aussi, parce que la route tue. Tout homme public qui a fermé une école a mis en danger la vie des enfants. Je crois que la mise en danger de la vie d’autrui est punissable.
Mais, meeeh, vont bêler les cuistres, on peut pas garder une école et un instituteur dans un village pour cinq mômes ! C’est trop cher !
Bon, ben c’est simple. Tu fais le total des économies, tu divises par le nombre d’enfants tués et tu obtiens le prix d’un enfant. Après quoi, je te laisse aller annoncer aux parents que le petit qu’ils vont enterrer il coûtait tant.
Surtout que le coût des transports scolaires étant pris en charge par la collectivité, je suis pas sûr que le prix soit si élevé. Faut voir.
C’est ça la gestion à courte vue, celle qu’on subit depuis que les polytechniciens ont remplacé les normaliens dans les ministères. Vous voyez pas la différence ? Un polytechnicien c’est un mec pour qui « il neigeait » est une explication climatique à un problème. Pour un normalien, c’est le début d’un poème de Hugo.
Remarque la suite du vers, c’est « on était vaincu par sa conquête ». Je trouve que ça va bien avec la circulation routière.
On en reparlera…
Jadis, quand j’étais petit, il n’y avait aucun accident de bus scolaires. Tout simplement parce qu’il n’y avait pas de bus scolaire. C’était mieux. Il y avait des écoles. Des écoles partout, des écoles où on pouvait aller à pied, même quand il neigeait.
Or donc, depuis trente ans, au moins, au motif de faire des économies, des écoles ont été fermées partout. Il était moins onéreux d’organiser des transports scolaires. Ils étaient tous d’accord les ministres, Chevènement, Jospin, Lang, Bayrou, Allègre, Ferry, Peillon, Hamon et leurs conseillers.
Je passe sur les heures de sommeil enlevées à nos gosses. Forcément, quand t’as une heure de bus au lieu de cinq minutes de marche, tu dors moins. Pas grave, les parents sont certains que la faute en est aux rythmes biologiques déglingués par l’heure d’hiver (ou d’été, c’est selon).
Aucun de ces gros nazes n’a vu que, mettre des gosses sur la route pouvait représenter un danger. Au contraire, ça montrait qu’on savait gérer et organiser. Tuer aussi, parce que la route tue. Tout homme public qui a fermé une école a mis en danger la vie des enfants. Je crois que la mise en danger de la vie d’autrui est punissable.
Mais, meeeh, vont bêler les cuistres, on peut pas garder une école et un instituteur dans un village pour cinq mômes ! C’est trop cher !
Bon, ben c’est simple. Tu fais le total des économies, tu divises par le nombre d’enfants tués et tu obtiens le prix d’un enfant. Après quoi, je te laisse aller annoncer aux parents que le petit qu’ils vont enterrer il coûtait tant.
Surtout que le coût des transports scolaires étant pris en charge par la collectivité, je suis pas sûr que le prix soit si élevé. Faut voir.
C’est ça la gestion à courte vue, celle qu’on subit depuis que les polytechniciens ont remplacé les normaliens dans les ministères. Vous voyez pas la différence ? Un polytechnicien c’est un mec pour qui « il neigeait » est une explication climatique à un problème. Pour un normalien, c’est le début d’un poème de Hugo.
Remarque la suite du vers, c’est « on était vaincu par sa conquête ». Je trouve que ça va bien avec la circulation routière.
On en reparlera…
jeudi 4 février 2016
APATRIDE
On dirait une maladie honteuse. Pourtant, celui qui m’en a parlé le mieux, c’est Adrian, mon vieil Adrian à qui je rapportais du lomo chaque fois que mes pas m’amenaient sur les routes du Sud. Pas que du lomo d’ailleurs, mais ça nous entrainerait trop loin, du côté de Sanlucar de Barrameda et de l’usine Barbadillo.
Adrian avait été apatride. Il en était fier. Tout comme sa femme. Ils avaient fui l’Espagne franquiste. Le Caudillo, c’était pas trop leur verre de fino. Arrivés en France, ils demandent l’asile. Pas de problèmes. Sauf que l’Espagne les rejette. Sont pas à nous. Quelque chose comme ça. Des fois, il suffit de pas répondre.
Nous, on accueillait les Espagnols mais eux, ils étaient plus Espagnols. Et donc vu qu’on pouvait pas les accueillir, ils ont eu leurs belles cartes d’apatrides. Parce que apatride, c’est un statut. Ils ont pu bosser, ouvrir leur cours de danse, avoir la Sécu, cotiser pour la retraite et même acheter leur appartement. Vu qu’on est un grand pays, on leur a même accordé le privilège de payer des impôts.
Le hic, c’était pour voyager. Parce qu’une carte d’apatride, c’est pas un passeport. Pour ce qu’on appelait alors le Marché Commun, pas de problèmes. C’était bien, vu qu’ils avaient des engagements dans les pays où il y avait des théâtres : Allemagne, Italie, Belgique…Le Zimbabwe leur manquait pas.
L’apatridie a duré un peu plus de dix ans. Ils ont fini par accéder à la nationalité française. Adrian s’en foutait. Il se sentait international. Si la danse avait été un pays, ç’aurait été le sien. Après la mort de Francisco, il aurait pu revenir. Mais voilà, comme il me disait : la mort ne change rien. Sous Franco, y’avait Fraga Iribarne et Aznar. Après aussi. Maintenant ma vie est ici.
En ces temps de discussions excessives, je pense beaucoup à Adrian. Forcément. A son séjour chez les privés de nation. Comment aurait il réagi ? Je suis bien obligé de constater que ceux qui hurlent après l’apatridie se retrouvent souvent dans les rangs des conchieurs de nations. Ho ! les mecs ! si la nation est insupportable, l’apatridie est un soulagement, non ?
Ou alors, c’est qu’on ne peut pas priver quelqu’un de nationalité parce que la nationalité est consubstantielle aux groupes humains.
Bref, j’ai le sentiment qu’on est, encore et toujours, dans le plus grand bordel intellectuel qui soit.
C’est pas vrai. Intellectuel suppose qu’on réfléchisse.
On en reparlera…
Adrian avait été apatride. Il en était fier. Tout comme sa femme. Ils avaient fui l’Espagne franquiste. Le Caudillo, c’était pas trop leur verre de fino. Arrivés en France, ils demandent l’asile. Pas de problèmes. Sauf que l’Espagne les rejette. Sont pas à nous. Quelque chose comme ça. Des fois, il suffit de pas répondre.
Nous, on accueillait les Espagnols mais eux, ils étaient plus Espagnols. Et donc vu qu’on pouvait pas les accueillir, ils ont eu leurs belles cartes d’apatrides. Parce que apatride, c’est un statut. Ils ont pu bosser, ouvrir leur cours de danse, avoir la Sécu, cotiser pour la retraite et même acheter leur appartement. Vu qu’on est un grand pays, on leur a même accordé le privilège de payer des impôts.
Le hic, c’était pour voyager. Parce qu’une carte d’apatride, c’est pas un passeport. Pour ce qu’on appelait alors le Marché Commun, pas de problèmes. C’était bien, vu qu’ils avaient des engagements dans les pays où il y avait des théâtres : Allemagne, Italie, Belgique…Le Zimbabwe leur manquait pas.
L’apatridie a duré un peu plus de dix ans. Ils ont fini par accéder à la nationalité française. Adrian s’en foutait. Il se sentait international. Si la danse avait été un pays, ç’aurait été le sien. Après la mort de Francisco, il aurait pu revenir. Mais voilà, comme il me disait : la mort ne change rien. Sous Franco, y’avait Fraga Iribarne et Aznar. Après aussi. Maintenant ma vie est ici.
En ces temps de discussions excessives, je pense beaucoup à Adrian. Forcément. A son séjour chez les privés de nation. Comment aurait il réagi ? Je suis bien obligé de constater que ceux qui hurlent après l’apatridie se retrouvent souvent dans les rangs des conchieurs de nations. Ho ! les mecs ! si la nation est insupportable, l’apatridie est un soulagement, non ?
Ou alors, c’est qu’on ne peut pas priver quelqu’un de nationalité parce que la nationalité est consubstantielle aux groupes humains.
Bref, j’ai le sentiment qu’on est, encore et toujours, dans le plus grand bordel intellectuel qui soit.
C’est pas vrai. Intellectuel suppose qu’on réfléchisse.
On en reparlera…
lundi 7 décembre 2015
LA BOITE A CONNERIES
Ça y est….la boîte à conneries est encore ouverte… Chaque fois que le FN fait un gros score, plouf ! la boîte s’ouvre à nouveau.
C’est qu’il y en a du monde pour analyser les raisons qui, le pourquoi du comment. Scrutin après scrutin, les neurones fonctionnent à fond, surtout chez ceux qui sont pas d’accord avec la Le Pen family. Personne ne sait mieux qu’un opposant au FN comment lutter contre le FN. Et ils sont tellement bons que scrutin après scrutin, la marée monte.
Pourtant c’est simple. A condition d’ouvrir les yeux et les oreilles et de ne pas se mettre un pavé sur la langue.
Les électeurs du FN ne veulent plus être emmerdés par les immigrés. Pas la peine de leur dire que c’est pas bien ou pas ceci ou pas cela. Ils s’en foutent que ce soit pas bien. Ils votent pas sur des critères moraux… Encore que…. Sur Facebook, ce matin, y’en a un qui causait sérieux. Il disait : « Ce pays est assez riche… » Exact, le pays est riche mais les habitants sont de plus en plus pauvres. Et ils voient bien que la répartition est inégale.
Vous avez du bol, les riches…. Pour l’instant, ils croient encore que c’est les Arabes qui les saignent…Quand ils vont comprendre que c’est vous….
Le discours est hallucinant de stupidité. Mâme Camels qui affirme qu’elle se présente par souci du peuple parce que c’est pas les 5000 euro d’indemnités qui peuvent la motiver vu qu’elle est habitué à mieux. Elle a songé Mâme Calmels que 90% des électeurs ne gagnent pas 5000 euro et trouvent un tel salaire somptueux ? voire indécent ? Virginie Calmels, c’est la droite Cahuzac…
Le sol tremble sous les escarpins des Marie Antoinette de gauche comme de droite. En fait, les grandes idées, ils s’en branlent. Que nous disaient les caciques du PS ce matin ? Qu’ils faisaient l‘ultime sacrifice, le sacrifice de leurs postes pour six ans. Argument qui va renforcer les électeurs dans leur choix : dégagez, vous n’êtes là que pour partager le fromage…
Mauvais, tous les pseudo socialistes qui font passer les réformes de société avant les réformes économiques et qui n’ont pas compris que le Français moyen préférait un SMIC honorable au mariage homosexuel. Mauvais tous les soutiens de Sarkozy qui imaginent que les électeurs ont oublié que Ministre, puis Président, le petit Nicolas a ponctionné l’Armée et la Police. Mauvais, les uns et les autres qui ont regardé monter les chiffres du chômage en croyant qu’il suffit de réciter les mantras appris à Sciences Po pour juguler une énorme catastrophe humaine.
Tous ces démocrates en peau de lapin râlent contre le peuple. Comme à chaque fois que le peuple vote comme il ne devrait pas. Il est pas con, le peuple. Il vote contre l’Europe, on lui colle à l’envers et année après année, il s’aperçoit que c’est lui qui avait raison et qu’on lui fait avaler les volontés de Juncker et Merkel à l’encontre de ses intérêts.
Alors, après, quand tu lui dis qu’il faut pas voter Marine, il se marre. Si c’est comme l’Europe…
Le pire, à mes yeux, c’est que tous ces gens qui « ont la nausée » et rejettent le peuple se croient à gauche alors que c’est à gauche qu’on devrait trouver la croyance en un peuple omniscient.
Alors, oui, le peuple n’est pas humaniste. Il aime les paniers de son où roulent les têtes de ses ennemis. Alors oui, le peuple est égoïste : il ne veut pas partager ce qu’il a mis tant de temps à acquérir. Alors oui, le peuple n’aime pas les minorités parce qu’il sait confusément qu’elles sont un danger. Alors oui, le peuple a fait des erreurs d’appréciation mais il a su changer d’avis (ce qui le différencie des politiques).
Et oui, le peuple n’aime pas qu’on se foute de sa gueule et il peut être prompt à déboulonner les statues, même celles qu’il a érigées. Et oui, il peut être mal élevé....
Alors oui, le peuple a conscience de son individualité, et il sait bien qu’être Français, ce n’est pas être Allemand. Et que c’est très bien comme ça.(J'ai mis Français/Allemand pour pas encourir de foudres).
Heureusement qu’il y a Facebook pour recevoir les belles indignations de tous ceux dont l’indignation indiffère. Ce qui leur permet de se croire nombreux.
Alors que les plus nombreux sont ceux qui n’ont pas les moyens de payer un abonnement Internet.
Mais ça, ça n’effleure personne.
On en reparlera….
C’est qu’il y en a du monde pour analyser les raisons qui, le pourquoi du comment. Scrutin après scrutin, les neurones fonctionnent à fond, surtout chez ceux qui sont pas d’accord avec la Le Pen family. Personne ne sait mieux qu’un opposant au FN comment lutter contre le FN. Et ils sont tellement bons que scrutin après scrutin, la marée monte.
Pourtant c’est simple. A condition d’ouvrir les yeux et les oreilles et de ne pas se mettre un pavé sur la langue.
Les électeurs du FN ne veulent plus être emmerdés par les immigrés. Pas la peine de leur dire que c’est pas bien ou pas ceci ou pas cela. Ils s’en foutent que ce soit pas bien. Ils votent pas sur des critères moraux… Encore que…. Sur Facebook, ce matin, y’en a un qui causait sérieux. Il disait : « Ce pays est assez riche… » Exact, le pays est riche mais les habitants sont de plus en plus pauvres. Et ils voient bien que la répartition est inégale.
Vous avez du bol, les riches…. Pour l’instant, ils croient encore que c’est les Arabes qui les saignent…Quand ils vont comprendre que c’est vous….
Le discours est hallucinant de stupidité. Mâme Camels qui affirme qu’elle se présente par souci du peuple parce que c’est pas les 5000 euro d’indemnités qui peuvent la motiver vu qu’elle est habitué à mieux. Elle a songé Mâme Calmels que 90% des électeurs ne gagnent pas 5000 euro et trouvent un tel salaire somptueux ? voire indécent ? Virginie Calmels, c’est la droite Cahuzac…
Le sol tremble sous les escarpins des Marie Antoinette de gauche comme de droite. En fait, les grandes idées, ils s’en branlent. Que nous disaient les caciques du PS ce matin ? Qu’ils faisaient l‘ultime sacrifice, le sacrifice de leurs postes pour six ans. Argument qui va renforcer les électeurs dans leur choix : dégagez, vous n’êtes là que pour partager le fromage…
Mauvais, tous les pseudo socialistes qui font passer les réformes de société avant les réformes économiques et qui n’ont pas compris que le Français moyen préférait un SMIC honorable au mariage homosexuel. Mauvais tous les soutiens de Sarkozy qui imaginent que les électeurs ont oublié que Ministre, puis Président, le petit Nicolas a ponctionné l’Armée et la Police. Mauvais, les uns et les autres qui ont regardé monter les chiffres du chômage en croyant qu’il suffit de réciter les mantras appris à Sciences Po pour juguler une énorme catastrophe humaine.
Tous ces démocrates en peau de lapin râlent contre le peuple. Comme à chaque fois que le peuple vote comme il ne devrait pas. Il est pas con, le peuple. Il vote contre l’Europe, on lui colle à l’envers et année après année, il s’aperçoit que c’est lui qui avait raison et qu’on lui fait avaler les volontés de Juncker et Merkel à l’encontre de ses intérêts.
Alors, après, quand tu lui dis qu’il faut pas voter Marine, il se marre. Si c’est comme l’Europe…
Le pire, à mes yeux, c’est que tous ces gens qui « ont la nausée » et rejettent le peuple se croient à gauche alors que c’est à gauche qu’on devrait trouver la croyance en un peuple omniscient.
Alors, oui, le peuple n’est pas humaniste. Il aime les paniers de son où roulent les têtes de ses ennemis. Alors oui, le peuple est égoïste : il ne veut pas partager ce qu’il a mis tant de temps à acquérir. Alors oui, le peuple n’aime pas les minorités parce qu’il sait confusément qu’elles sont un danger. Alors oui, le peuple a fait des erreurs d’appréciation mais il a su changer d’avis (ce qui le différencie des politiques).
Et oui, le peuple n’aime pas qu’on se foute de sa gueule et il peut être prompt à déboulonner les statues, même celles qu’il a érigées. Et oui, il peut être mal élevé....
Alors oui, le peuple a conscience de son individualité, et il sait bien qu’être Français, ce n’est pas être Allemand. Et que c’est très bien comme ça.(J'ai mis Français/Allemand pour pas encourir de foudres).
Heureusement qu’il y a Facebook pour recevoir les belles indignations de tous ceux dont l’indignation indiffère. Ce qui leur permet de se croire nombreux.
Alors que les plus nombreux sont ceux qui n’ont pas les moyens de payer un abonnement Internet.
Mais ça, ça n’effleure personne.
On en reparlera….
mercredi 2 décembre 2015
SADE A GAGNÉ !!!!!
Bon, lui, il m’avait échappé. Heureusement, j’ai corrigé le tir. On n’en parle jamais de ce philosophe là. Peut être que Lévy ou Onfray occupent toute la place. Va savoir comment fonctionne la pensée aux temps des écrans.
Donc, je vous livre le nom : Dany-Robert Dufour. Je vous concède que c’est moins exotique que la plupart des noms de philosophes. Pour causer philo, le blaze teutonique ou ashkénaze, ça le fait mieux. A l’exception de maître Kong, ça va de soi.
Alors, il nous dit quoi le philosophe au nom trop autochtone ? Beaucoup de choses organisées autour d’une idée-force : Sade a gagné. Il va pas aussi vite : il lui faut 400 pages par livre, des notes, un appareil critique (pas trop de biblio cependant), ce sont de vrais livres, construits pas torchés, avec un vrai vocabulaire, des choses qui se méritent.
Son idée est assez simple : sous l’impulsion de l’ultralibéralisme, nous sommes passés d’un monde de la névrose à un monde de la perversion. D’un monde dominé par la culpabilité à un monde de jouissance effrénée. En fait, une seule chose ne peut pas être achetée : les valeurs morales et il fallait les ôter des échanges pour que triomphe la main du marché. Dufour remonte à un médecin inconnu (de moi tout au moins), Bernard de Mandeville qui affirmait « les vices privés font la vertu publique » ce qui n’est possible que grâce au marché devenu religion à part entière.
Résumé comme ça, à l’arrache, ça peut même paraître banal. Mais lisez d’abord.. Ça vous changera du brouet habituel.
En plus, ce qui caractérise les bons philosophes c’est qu’ils décryptent parfaitement l’air du temps.
Or donc, les quelques cent morts du 13 janvier n’étaient pas enterrés que tout le monde entonnait la même chanson. On va gagner parce qu’on va envahir les bistros. Traduction : On va gagner parce qu’on va jouir. La jouissance comme arme de guerre. Si c’est pas la victoire de Sade qu’est ce ?
Le problème, c’est que la jouissance n’est pas une kalashnikov. La jouissance sadienne est un acte de vie, pas un acte de mort, même symbolique. Et on peut penser que jouir comme des fous ne changera rien.
Lisez… On en reparlera….
PS : ça s’appelle La Cité Perverse et c’est publié par Denoël… L’éditeur de Céline ? C’est ça même.
Donc, je vous livre le nom : Dany-Robert Dufour. Je vous concède que c’est moins exotique que la plupart des noms de philosophes. Pour causer philo, le blaze teutonique ou ashkénaze, ça le fait mieux. A l’exception de maître Kong, ça va de soi.
Alors, il nous dit quoi le philosophe au nom trop autochtone ? Beaucoup de choses organisées autour d’une idée-force : Sade a gagné. Il va pas aussi vite : il lui faut 400 pages par livre, des notes, un appareil critique (pas trop de biblio cependant), ce sont de vrais livres, construits pas torchés, avec un vrai vocabulaire, des choses qui se méritent.
Son idée est assez simple : sous l’impulsion de l’ultralibéralisme, nous sommes passés d’un monde de la névrose à un monde de la perversion. D’un monde dominé par la culpabilité à un monde de jouissance effrénée. En fait, une seule chose ne peut pas être achetée : les valeurs morales et il fallait les ôter des échanges pour que triomphe la main du marché. Dufour remonte à un médecin inconnu (de moi tout au moins), Bernard de Mandeville qui affirmait « les vices privés font la vertu publique » ce qui n’est possible que grâce au marché devenu religion à part entière.
Résumé comme ça, à l’arrache, ça peut même paraître banal. Mais lisez d’abord.. Ça vous changera du brouet habituel.
En plus, ce qui caractérise les bons philosophes c’est qu’ils décryptent parfaitement l’air du temps.
Or donc, les quelques cent morts du 13 janvier n’étaient pas enterrés que tout le monde entonnait la même chanson. On va gagner parce qu’on va envahir les bistros. Traduction : On va gagner parce qu’on va jouir. La jouissance comme arme de guerre. Si c’est pas la victoire de Sade qu’est ce ?
Le problème, c’est que la jouissance n’est pas une kalashnikov. La jouissance sadienne est un acte de vie, pas un acte de mort, même symbolique. Et on peut penser que jouir comme des fous ne changera rien.
Lisez… On en reparlera….
PS : ça s’appelle La Cité Perverse et c’est publié par Denoël… L’éditeur de Céline ? C’est ça même.
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