dimanche 2 octobre 2022

LA FRANCE A POIL


 Je relis un texte trouvé sur le site de France-info (https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/enquete-pourquoi-la-france-ne-serait-pas-capable-de-faire-face-a-une-guerre_5389480.html).

 

Je vous la fais courte : en cas de guerre de haute intensité, notre cher pays tiendrait un petit mois. Les raisons, on les connaît, la première  étant qu’on ne construit pas des armes comme des voitures électriques. Il y faut des usines dédiées, des ingénieurs compétents, des ouvriers spécialisés, des processus plus complexes, bref des investissents inscrits dans le temps. Les chiffres font froid dans le dos. Nous avions 3150 chars de bataille en 1991, et 220 aujourd’hui, 700 avions de chasse en 1991 et 250 aujourd’hui. Au point que l’aviation française serait détruite en cinq jours. « On est à l’os » dit le rapporteur du Senat, trop poli pour dire qu’on est à poil.

 

Le rapport du Senat contient quelques évidences . Notre sidérurgie est insuffisante et le marché dont on attendait qu’il remplace Usinor et Arcelor ne le pourra pas.. Prix trop élevés et quantités insuffisantes, on ne pourra rien construire, ou même remplacer. On est mal, patron !!

Il y a quelques généraux pour conseiller les politiques Tous ont failli et conseillent désormais les chaines télé, comme le général Palomeros, ancien Chef d’Etat Major de l’Armée de l’Air et conseiller de Macron. Il se moque de l’aviation russe après avoir conduit la notre au désastre. Sans combattre. Le seul à avoir tiré la sonnette d’alarme est le général de Villiers qui a eu le courage de démissionner. Pour qualifier les autres, il y a un mot : félons.

Tous ont obéi à l’Europe plutôt qu’à la France, certains ont cherché à l’OTAN des prébendes., nos militaires regardent Bazaine ou Gamelin et font semblant de croire que les miettes qu’on leur offre ont une valeur.

 

Leur seul credo est de faire des économies ce qui plait aux politiques et aux administrateurs sans que personne ne comprenne qu’on n’économise pas sur le régalien. Le Covid l’a montré pour la santé, l’Ukraine met la lumière sur l’armée. Personne n’a pensé à l’armée même pas cet imbécile de Fabius qui parlait de « dividendes de la paix » sans noter que les dividendes de la paix sont les investissements de la prochaine guerre. Quand on refuse la guerre, on ne la prépare pas. Nos militaires n’ont pas préparé la guerre. Félons !

 

On peut gloser sur les raisons. La principale semble être d’ordre mental. C’est la soumission aux choix de l’OTAN (i ;e. des USA) d’une part, aux choix de l’Europe d‘autre part sans poser jamais la seule question, celle de la France. Comme tout citoyen, les militaires baignent dans la doxa. Leur formation, leurs responsabilités devraient leur permettre de penser autrement,de dire que le couple franco-allemand conduit à un désastre militaire comme l’intégration à l’OTAN.

 

J’avais, en d’autres temps fustigé l‘Europe qui nous forçait à acheter en Tunisie les chaussures militaires jadis fabriquées en Soule, chez Pataugas. Il me manquait des informations.

 

 

dimanche 18 septembre 2022

LE CASSE-NOIX MOUCHETE

 C’est quoi, ça ? Un piaf. Un corvidé du Dauphiné, gros comme un geai au plumage ponctué de taches en forme de larmes. D’où l’adjectif. Le volatile se nourrit exclusivement des graines du pin arolle. Des graines, sur le pin, y’en a surtout en été et donc notre sympathique piaf se fait en été des provisions pour l’hiver. Tout l’été, il planque les graines dans la terre. Quand il a une petite faim, il va à la cachette. Il a donc une sacrée mémoire. Certainement, mais ce n’est pas le sujet. Plein d’oiseaux ont de la mémoire. Rien que les migrateurs, tiens.

Dans les montagnes dauphinoises où il vit, l’hiver, y’a de la neige. Le paysage change. Alors l’oiseau se branche, examine le paysage, et plonge dans la neige où il creuse un tunnel avec ses ailes. Et il retrouve sa cachette. En clair, il recompose le paysage pour prendre ses repères et il calcule une trajectoire en fonction de l’épaisseur de la couverture nivale.

 

D’où la question qui me taraude en ce moment :

Un général américain est il plus ou moins con qu’un corvidé alpestre ?

Question de géopolitique.

 

Tout le monde est d’accord : les Ukrainiens ont l’avantage grâce aux renseignements américains.. Or, arrive le général Hiver, poncif qui va tourner en boucle sur les télés. C’est la situation du  casse-noix moucheté. Le paysage va changer dans la vallée du Dniepr . Je sais, c’est pas des images, c’est de la télédétection. J’ai un peu perdu le contact et je ne sais pas si des progrès significatifs ont été faits. Avec des archives, on doit pouvoir calculer l’épaisseur de la neige. Vu que les couches de neige sont tout, sauf régulières, ça va être un sacré boulot, mais faisable. A condition d’avoir été préparé. Et là, rien n’est moins sur.

 

On saura vite. Si les Ukrainiens reculent ou se plantent,  le général qui gère les renseignements sera plus con qu’un casse-noix. C’est possible. Vous trouverez dans Wikipedia les references d’une publication de l’Etat-Major américain expliquant que l’hiver n’a eu aucune influence sur les défaites de Napoléon et d’Hitler et que c’était juste une excuse pour des troupes mal préparées et de calamiteux stratèges.

 

On va savoir. Ainsi avance la science.

mercredi 14 septembre 2022

FRANCOCIDE

 J’aime bien le mot :  francocide, même si je suis farouchement opposé à sa définition. Mais Zemmour a une courte vue.

Francocide ne désigne pas l’assassinat d’un Français, mais plus généralement l’assassinat de la France et de sa civilisation. Des Français, il en meurt tous les jours depuis Clovis, ça ne change rien. La France, il n’y en a qu’une et la curée devient générale. Quand j’y pense, l’injure me vient facilement aux lèvres. Oreilles sensibles s‘abstenir.

 

Le francocide a commencé avec la Libération quand il a fallu que le CNR fasse l’union nationale pour s’opposer à la colonisation américaine que De Gaulle pressentait. L’opposition était flagrante, fondée sur une confusion qui existe encore : croire qu’un mode de vie est une civilisation ce qui revient à vider la civilisation de sa dimension historique pour lui préférer une immédiateté simplificatrice. On se ruait sur l’immonde boisson gazéifiée marronnasse avant de mâchouiller des trucs dont on ne savait rien sauf qu’ils ne fondaient pas dans la bouche. Mon grand père disait : « Si ça résiste à la salive, c’est qu’il y a un loup ».

 

Une bonne colonisation commence par l’éradication de la langue du colonisé et par le remplacement des objets du quotidien. Ainsi procédèrent les Romains avec nos ancetres les Gaulois. Tuer le français, c’est tuer la France. Le francocide git dans l’écriture inclusive mais plus encore dans les innombrables modifications que l’on impose à la langue au quotidien comme ce « coach » qui a remplacé le bon vieil « entraineur », sans nécessité aucune. Parler la langue du colonisateur, c’est se mettre entre ses mains mais c’est aussi accepter son monde et son mode de pensée. Les Américains le savent bien, leurs linguistes l’ont théorisé.

Les vêtements font partie des objets du quotidien. Quand les Gaulois ont abandonné leurs braies pour la toge, leur destin était scellé. La France a laissé le tricot de corps pour le T-shirt, compagnon de route du blue-jeans lequel a même abandonné sa francité. Sa couleur, le bleu de Nimes, est devenue denim sans la moindre réticence.

 

Le plus grave, à mes yeux, est l’abandon de la qualité pour la quantité. L’économie fançaise était connue pour son appétence pour le luxe. Il ne s’agissait pas de valeur mais de rareté.La société française traditionnelle valorisait le produit et chacun, même pauvre, avait ses fournisseurs favoris où trouver ce qu’on ne trouvait pas partout et dans les limites d’un budget parfois restreint. Le luxe n’est pas ce qui est cher mais ce qui est rare. Nous vivions dans une société à l’opposé de la société du colonisateur. Dans les plaines du Midwest, les commerces sont aussi rares que les agglomérations et les distances conséquentes. On y a donc inventé le drugstore puis le centre commercial afin d’y organiser l’abondance. Le modèle était inutile en Europe où il y a des épiceries tous les vingt kilomètres. Comme était inutile l’agriculture extensive et mécanisée. Année après année, le modèle américain s’est imposé avec d’inutiles outils statistiques.

 

La pensée quantificatrice a envahi tous les domaines, y compris la biologie et la médecine où la quantité pertinente est UN. Avec UN patient, Broca a découvert l’aire qui porte son nom, Pasteur a vérifié la justesse de son sérum anti-rabbique et une boite de Pietri a suffit à Fleming pour découvrir les antibiotiques. Tous les prétendus systèmes de contrôle et de vérifications ont été inventés pour déceler les fraudes, inévitables quand la quantité s’invite à la table de la pensée.Tous les problèmes que l’on découvre aujourd’hui découlent de cette pensée qui est inhumaine, au sens étymologique du terme. Le costume géographique des USA est trop grand pour la vie européenne.

 

Trop grand aussi le public. Les médias n’existent que par la quantité de leur auditoire ce qui entraine inéluctablement la paupérisation du vocabulaire et de l’information qui en découle. A vouloir parler a tous, on ne parle plus à personne, sauf à simplifier à l’excès. La simplification est devenue une règle et avec elle l’inévitable destruction culturelle. C’est sans conséquence car le dollar est devenu l’unique mesure, l’instrument universel de réification puisque, in fine, tout n’existe que par les bilans. Meme s’ils sont truqués.

 

Zemmour n’ira jamais jusqu’au bout d’une réflexion. Issu d’une école d’administrateurs, il pense administrer sans réfléchir puisqu’il décide seul des objets de l’administration, et donc de la réflexion. Il a choisi pour boussole l’immigration assimilée à un remplacement en évitant soigneusement d’imaginer que le remplacement pouvait venir des amis ou prétendus tels. Il a besoin d’ennemis, simplement identifiables et acceptables. Et donc, il se trompe d’ennemis. L’empathie a toujours été la marque des escrocs.

 

 

mardi 13 septembre 2022

LA COURSE A LA LUNE

 Ce sont deux informations qui se télescopent. Après l’échec du lancement d’Artemis, voici qu’explose la fusée Blue Origin. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les Chinois se marrent.

 Après Appolo, le Congrès américain a réduit les subsides à la NASA. L’espace coute et donc l’Agence a cherché des revenus et a imaginé une coopération public/privé. Il y a eu des milliardaires pour mettre la main au portefeuille en protestant de leur désir de maintenir la grandeur de l’Amérique. Je ne sais rien de la répartition budgétaire, mais je sais que les philosophies étaient opposées. La NASA recherchait la perfection quoi qu’il en coute, les cadres délégués par Elon Musk ou Jeff Bezos étaient majoritairement des cost killers pour lesquels quoiqu’il en coute semblait une injure. Or, on ne va pas sur la Lune au rabais.

 

L’espace est devenu enjeu géopolitique, un enjeu dont seuls les Etats peuvent se saisir. Il réclame des moyens, mais surtout de la volonté et le gout de la compétition qui est le gout de la différence. La France a été une puissance spatiale parce que De Gaulle l’a voulu. Jeff Bezos pense à la grandeur d’Amazon avant celle des USA.

 

On n’a pas fini de voir les retards et les explosions.Le Diable se niche dans les détails, souvent triviaux. Lockheed arrete la production des F-35 car un aimant est d’origine chinoise. Les ingénieurs de Lockheed ont favorisé le cout sur l’indépendance. Artemis souffrira des mêmes maux. Le privé approxime. Il faut tenir les budgets.

 

Je l’ai déjà dit : le privé n’est pas le public et c’est même le contraire car le rapport au temps n’est pas le même, non plus que le rapport à l’argent. Le partenariat public/privé ouvre un boulevard à la Chine.

 

L’Europe prend le même chemin. Le projet de missile hypersonique échappe à Dassault au profit d’une société espagnole alliée à un Allemand qui excipe de son savoir dans l’Agence spatiale européenne. Rappelons donc que sans la France l’ESA n’existerait pas et que le savoir de Dassault en la matière est largement supérieur au savoir espagnol dont les compétences aéronautiques remontent à la grandeur d’Hispano-Suiza. L’Europe assassine l’industrie de défense française.

 

Ça finira par se savoir.

dimanche 11 septembre 2022

MARC BLOCH, COLLABO ?


 

Ignominie !! Résistant, dénoncé, fusillé, toucher à Marc Bloch, c’est toucher à l’icône de l’Histoire. Je relis La Société Féodale et m’apparaît une absence inexcusable : l’Aquitaine en est gommée. Comme s’il n’y avait pas eu de féodalité en Aquitaine. Bloch le dit souvent : son objet d’études est entre Loire et Meuse. Une féodalité restreinte.

 

En cela, il est l’héritier d’une tradition collaborationniste qui remonte au XIXème siècle quand les Paris père et fils s’évertuaient à tracer les voies entre le français, langue romane, et les dialectes germaniques. Au point que les auteurs de la somme étymologique de l‘ancien français s’appelaient Bloch et Warburg, encore au temps de mes études. Du vieux français roman, on parlait sous l’étiquette de « provençal », un poil réductrice. La France naissait sous les Carolingiens, c’est à dire sous Charlemagne, grand père qu’il fallait partager avec les Boches. Aachen était notre capitale.

 

Marc Bloch ne parle des Plantagenets que comme comtes d’Anjou et ducs de Normandie avant d’intégrer l’Angleterre dans la société féodale. Exeunt Aliénor et Richard Cœur de Lion et leurs terres, soit la plus grande partie de l’ancienne Neustrie, la Gascogne. Il existe pourtant de grandes familles féodales en Gascogne : les Armagnac, les Albret, le captal de Buch, les Gramont, les Foix. Bloch n’en souffle mot.

 

J’en ai déjà parlé. La défaite de Muret a été la cause de la disparition des archives de la plupart des fiefs d’oc. Point d’archives, point d’histoire.Ceci ne fait pas disparaitre les fiefs. A la fin de la période féodale, les Armagnac sont assez puissants pour s’opposer aux ducs de Bourgogne et les Albret s’allient aux Bourbon. La féodalité a fondé leur puissance.

 

Dans les faits, Marc Bloch est obsédé par la défaite de 40 et cherche à en trouver la raison par l’Histoire. Ses féodalités sont celles des belligérants, Churchill devient un Plantagenet et Hitler l’héritier de Barberousse. La Gascogne n’a plus de place dans ce schéma. Mais Bloch conforte la vision des Paris : la linguistique montre les racines teutonnes du français. Qu’il y ait une dose de germanique dans notre langue ne peut être nié. Il y a aussi de l’arabe ce qui ne fait pas du français une langue  sémitique.

 

Il est temps de nous débarrasser de cette vieille lune et d’affirmer avec force que le français est une langue romane avec des traces de dialectes germaniques souvent imposées par la force. Cesser enfin de valoriser un peuple qui n’a eu de cesse que de nous conquérir.

dimanche 6 mars 2022

LA LETTRE DE DIOGENE : L'UKRAINE :

 Pourquoi Diogène ? Lao Pierre avait pris Cassandre…..Il restait peu de personnages historiques….désormais…Je veux dire détestables par la foule. Aujourd’hui la foule bêle devant les Ukrainiens. La foule bêle toujours devant les moutons sacrifiés. Et la télé qui a besoin de la foule pour facturer les spots, suit la foule… N’oubliez jamais ça :les médias ne vous donnent pas raison parce que vous avez raison, mais parce que vous etes nombreux. Regardons la crise ukrainienne.

 

L’Ukraine résiste. Elle résiste tellement que 5% de sa population s’est tirée en moins d‘une semaine. Les journalistes stipendiés relativisent : les réfugiés sont les femmes. Les hommes combattent. J’attends les réactions des féministes. Les hommes sont courageux, les femmes sont lâches…

 

Kharkiv est est en cours de destruction. Tous les jours, j’appelle des copains à Kharkiv. Par Skype ce qui ne permet pas de plaider pour un blocus. Quand t’as Skype, t’es pas isolé du monde. Rues vides, même en centre ville, bande son vierge. Où sont les agresseurs russes ? Je connais mes copains. Russophones et russophiles, ils peuvent trier les images, mais on parle et les sons demeurent : pas un avion, pas une arme automatique, pas un obus.

A la gare de Kharkiv, les autorités ukrainiennes organisent le tri et l’embarquement des fuyards. On me raconte plein d‘anecdotes sans intérêt.Plus intéressant : Denis Kireen, l’un des négociateurs ukrainiens, a été abattu par les services secrets de son pays, convaincus qu’il était un traitre. Le procès sera pour plus tard.

 

Zelensky a tout compris. Quand il entre en scène,le démon Poutine occupe l’espace et il ne lui reste qu’un rôle, celui d’ange salvateur.C’est un pro : il endosse la défroque. Quoiqu’il fasse, quoi qu’il dise, il sera encensé. La réalité, retournée comme un gant, sera toujours de son coté. Chaque cadavre est une pierre renforçant les murs de sa forteresse. Il est entouré d‘oligarques corrompus et de fonctionnaires incompétents.

La presse occidentale l’aide, par exemple en déformant son prénom, prononcé à la française, Volodymir, alors que le second O, accentué, se prononce A ce qui donne……Vladimir. On ne peut pas donner le même prénom à l’ange et au démon.

 

Sur ce sujet, les journalistes sont calamiteux, par exemple en parlant de républiques autoproclamées. Où a t’on vu qu’une république soit proclamée par une puissance étrangère ? A part quelques éphémères républiques italiennes créées par Napoléon. Par définition, ce sont les citoyens qui proclament la république et toute république est autoproclamée. Y compris la notre.

 

La dénazification n’est pas une vue de l’esprit. Quand les Nazis sont entrés en Ukraine en 42, une large partie de la population a collaboré avec les troupes allemandes, notamment les Tatars. Des vétérans du second siège m’ont affirmé que Staline avait été trop gentil d‘envoyer au goulag des gens qui méritaient d‘être fusillés. Avec l’indépendance de nombreux exilés sont revenus.Les plaies sont encore béantes

 

Tout ceci. je l’ai recueilli en 2002, puis publié dans un livre (épuisé). J’expliquais  que la population de la Crimée voulait revenir à la Russie. J’ai fait rire tout le monde. On a  vu. En 2002, l’Ukraine était en campagne présidentielle . Le programme d’un candidat tenait en une proposition : que l’Ukraine devienne le 51eme état des U.S.A. Quand un pays est ainsi travaillé par la propagande, ne vous étonnez pas de l’inquiétude de Poutine : il n‘est pas fou, il est informé.

 

Bon,  alors, la guerre ? je vous ai expliqué. Poutine veut le Donbass, de Kharkiv à Mariupol. Ce matin, il l’a. Il peut donc renoncer à Kiev. Les Occidentaux pourront garder la tete haute en expliquant qu‘il a reculé et Zelensky aura seulement perdu un quart de son pays.

dimanche 20 février 2022

POUTINE A GAGNÉ

 Je vous renvoie à mon billet du 23 janvier. Poutine renvoie dans leurs casernes,les militaires désormais inutiles.Les commentateurs braillent au retrait de la Russie. Tu parles !!

 

Vladimir a eéussi son coup. Il a transformé le risque d‘une conflagration internationale en guerre civile. Et donc le monde va regarder ailleurs. Une guerre civile,c’est une sous-guerre, une guerre au rabais. Sauf pour les civils qui dérouillent, mais c’est juste des dommages collatéraux. Désormais, le Donbass va devenir le théâtre d’une guerre civile entre Ukrainiens pro ou anti russes. On va compter les attentats, les tueries, les non-respect des lignes…. C’est de la matière pour la presse….Comme toujours, le réel sera soigneusement caché.

 

La machine de la propagande américaine va se mettre en route. Trop tard, bien entendu, ils ont toujours un coup de retard. Poutine va disparaître avec les soldats russes. Régulièrement, un petit malin le mettra en cause et, tout aussi régulièrement, il prouvera son innocence..Les chancelleries seront en ordre.

 

Ce qui se passe est une leçon. Nos intellectuels sont inutiles. Comme les Américains, ils valorisent le virtuel et méprisent le réel, surtout géographique. Au sud du Donbass, il y a la mer d‘Azov. Regardez une carte.

 

La mer d‘Azov est déjà controlée par les Russes par le biais du pont de Kerch.. Les ports ukrainiens de la mer d’Azov comptent pour un quart des exportations ukrainiennes. Controler la vallée du Don, de Kharkiv a Mariupol, c’est contrôler l’économie de l’Ukraine. L’ouest tombera comme un fruit mur.

 

Poutine sort renforcé de cette non-guerre. L’Occident va lui fiche la paix dans la vallée du Don. Il aura un meilleur accès aux mers chaudes, obsession tsariste, et, de la Crimée à la Caspienne, il bâtit une ceinture de fer sur son flanc sud où l’OTAN n’a pas accès.

 

La politique c’est l’art de gérer le temps. Pas pour soi. Pour son peuple.