jeudi 3 mars 2016

MAL TOURNÉ

Dans la grande famille des conneries qui tournent en boucle dans toutes les télés, en ce moment, y’a celle là :

La jeune policière qui a été flinguée par des malfrats récidivistes a été victime d’un braquage « qui a mal tourné ».

C’est un tic de langage commun à tous ceux qui font profession de langage mais ne réfléchissent pas à ce qu’ils disent.

Car, enfin, bordel, c’est quoi un braquage qui a « bien tourné » ? Un braquage où il n’y a que des blessés ? Un braquage où les mecs se tirent avec le butin ? Moi, faut m’expliquer, je suis un peu demeuré.

Une opération qui a « mal tourné », c’est une opération qui a déçu les espoirs mis en elle. Les espoirs mis pas qui ? Par les hors-la-loi ? Cette expression signifie t’elle que les journalistes approuvent les braquages qui ont bien tourné ? A priori oui.

Ouah, me dit un copain, tu vois bien ce que ça veut dire !!

Non. D’abord quand on me parle, je ne « vois » pas, j’entends. Ensuite, je sais ce que disent les mots. Et là, l’expression « braquage qui a mal tourné », elle sonne comme une approbation. Voilà des braves mecs qui étaient partis pour un tranquille braquage où tout devait bien se passer, « bien tourner »et, pas de bol voilà que leur chemin croise celui de la police. La responsabilité des mecs est gommée. C’est la faute à pas de bol. Ou plutôt, dans ce cas précis, à la chkoumoun. Conservons la multiculturalité.

C’est à force de glissements de ce type que la société se délite. La responsabilité est atténuée, puis gommée alors qu’elle est à la base de la dignité de l’Homme. On finit par vivre dans un monde d’irresponsables non pénalisables. Pas de bol pour le môme qui agresse son prof, pas de bol pour le dealer qui a pas eu la chance d'avoir une famille qui l'aurait protégé. Le catalogue des excuses est sans fin.

Attention !!! ça ne va que dans un sens. Un braqueur qui tue un flic n’a pas eu de chance. Un flic qui tue un manifestant est un salopard.

Bon, on en reparlera…ou pas

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