lundi 18 février 2019

CHARIA RUE DE RENNES

Ça dégouline sur les plateaux à propos de l’incident Finkielkraut. Comme les participants, j’ai regardé et écouté. Qu’ai je vu et entendu ? Essentiellement un mec, vêtu d‘un gilet jaune, éructer deux choses : « La France est à  nous » et « Dieu te punira ». Aucun des brillants journalistes n’a souligné ce fait qui est plutôt éclairant.
Ce mec, il est certain que Dieu a à voir avec la France. A priori, personne ne lui a dit que notre pays étant profondément laïque, Dieu ne pouvait intervenir pour y punir qui que ce soit. Vulgairement, les Français emmerdent Dieu. Ce mec, il faut lui dire calmement qu’on a, depuis deux siècles, évacué Dieu de notre territoire et qu'il n'y reviendra pas.

Je fais semblant, mais en le regardant, en regardant et écoutant ses petits copains scander « Palestine !! Palestine !! », ce que je voyais c’était une bande de musulmans essayant de tester notre résistance à la charia. Je sais : il ne faut pas écrire « musulman » mais islamistes ou islamo gauchistes ou radicalisés ou tout autre qualificatif de la novlangue. Il n’en reste pas moins que ce sont des musulmans, croyants en Dieu et qui disent « La France est à nous ». Même pas en rêve : ce pays n’est à aucune religion officielle et s’il en faut une, ce ne sera pas l’Islam.

L’Islam n’est pas respectable car c’est une religion prosélyte, une religion qui ne respecte pas mon athéisme.  La plupart des musulmans fréquentables acceptent l’idée que la charia conviendrait à la société française. La plupart des musulmans fréquentables acceptent l’idée que le créationnisme est juste et que la pensée darwinienne ne doit pas avoir droit de cité. La plupart des musulmans fréquentables m’envoient dans les dents les horreurs des Croisades, oubliant que Tarik a envahi l’Espagne en 711, trois siècles avant que Gaston de Béarn ne prenne Jérusalem.

Sous l’influence de débiles socialistes façon Harlem Désir, nous avons été convaincus qu’il ne fallait pas « toucher à mon pote ». Aujourd’hui, c’est mon pote qui touche à moi mais, a priori, lui a le droit. Ho ! Harlem, t’es où ? Tu as une responsabilité mon pote. Ta petite main si jolie, elle a protégé les mecs de Daesh, tu crois pas ?. Comme elle protège aujourd’hui les agresseurs de Finkielkraut. Elle protège même les agresseurs de mon vrai pote, Abdel, qui ouvre une bouteille de jaune le premier soir du Ramadan sous les injures de quelques morpions décérébrés qui nous menacent des foudres divines. Abdel, la charia, il en veut pas et là où il habite,  c‘est plutôt courageux.

Le vrai problème, il est là. Sur le poids indécent  que la doxa fait peser sur les musulmans intégrés. Abdel, il a jamais dit que la France était à lui tant il sait que c’est lui qui est à la France. Lui, bosseur, non prosélyte et buveur de Ricard surtout quand une assiette de jambon fait le fonds d’estomac. La doxa le voudrait conforme à une image mythique ce qu’il n’est pas. La doxa préfère prendre le Ricard comme symbole d’une quelconque beaufitude qui va dévaloriser Abdel. Vous n'y arriverez pas.

Et donc, je livre cette information aux cons de la doxa. Chez nous, il y a une synagogue. Les jeunes Juifs ont la trouille et veulent se défendre  en cas de baston. Ils ont voulu apprendre le krav-maga, le poids de Tsahal est lourd, même loin de Tel-Aviv. Sauf que sans entraineurs et sans lieu d’entrainement, c’est pas gagné. Alors, les petits feujs, on les a accueillis dans notre club dont les sports de combat sont la spécialité : kung fu, sambo et full contact. Une fois par semaine, on les forme pour qu’ils protègent leur lieu de culte. Même Abdel. Sans problèmes.

Alors, oui, les cons de la doxa. On est dans la France des gilets jaunes, le pays du pastis et des fins de mois difficiles, le pays où des musulmans s’impliquent pour protéger des synagogues. C’est la norme. Quand on voit des zozos injurier Finkielkraut, on monte pas sur nos grands chevaux, aucun con ne mérite notre indignation. Et vous, les journalistes décérébrés, cessez de filmer des boites à lettres taguées. Faites votre boulot. Venez dans la France profonde filmer Abdel le musulman et Marc le feuj, bosser ensemble pour protéger une synagogue.

C’est ça la France. Avec des hommes libres et égaux qui fraternisent pour défendre ses valeurs.

Et pour faire bonne mesure, je dédie ces lignes à ma copine Lise, sœur d’Antoine et belle sœur de Simone, en souvenir de nos discussions enflammées et des provocations de Jean.



dimanche 10 février 2019

LETTRE OUVERTE A NOTRE INUTILE PROTECTEUR

Monsieur le Président, je vous fais une lettre…que vous ne lirez pas.

Vous êtes le Président de la République française. Nous avons donc une histoire commune…que vous méprisez avec une arrogance coupable. Une histoire qui a ses racines dans notre grande révolution de 1789, laquelle s’est poursuivie en 1830, 1848, 1871 et jusqu’en 1945 quand le peuple de Paris s’est levé pour libérer le pays. Je doute, Monsieur le Président, que nous ayons eu les mêmes enseignants. Vous devriez savoir que le peuple français ne descend pas dans la rue pour jouer aux cubes. Notre peuple se révolte pour changer les choses, fut-ce au prix du sang.

Tout ce que vous faites, c’est d’appeler au calme et à la structuration de la révolte. Vous me faites penser à Louis XV ; il n’a jamais demandé à Camille Desmoulins de structurer la manifestation qui a pris la Bastille. Une manifestation, c’est violent quand les citoyens ne sont pas écoutés et quand les paroles ne remplacent pas les actes.

Vous croyez que la communication est l’alpha et l’oméga de la gouvernance. Chez moi, quand on vous écoute, la réaction est unanime : « Que de la gueule !! ». Comme votre débat que vous entamez en affirmant que rien ne changera, alors même que la demande est là : Changez !!

Face à votre immobilité, la violence se poursuivra. Au prix du sang. Ce sang qui tâchera vos mains et qui pourrait bien être le vôtre, si vous ne cédez pas. J’ignore ce que sont vos accords avec ceux qui vous ont aidé à accéder au poste suprême. Vous aurez, plus tôt que vous croyez, à comprendre qu’un dirigeant qui suit son peuple ne cède rien. Bien au contraire. On vous demande d‘être en accord, en symbiose, avec votre peuple. Ce peuple qui se contente de réclamer votre démission. Il le fera jusqu’au jour où il finira par comprendre que la guillotine purifie et met d’accord.

Votre peuple va réussir à se structurer et à parler. Il parlera à vos CRS qui sont simplement les Suisses qui protégeaient Louis XVI. Il leur expliquera qu’ils sont des citoyens comme eux, méprisés comme eux et que leur meilleure défense est de mettre les crosses en l’air. Ne doutons pas, ne doutez pas. Votre défense craquera. Vous finirez par avoir le mot de trop, vos séides auront le geste de trop et le peuple envahira les lieux qui vous protègent sans que personne ne s’y oppose.

Trois mois de manifestations et vous êtes encore à votre place. Ce qui vous rassure. Soyons sérieux. De la Bastille à la mise en cause de Louis XVI, il fallut trois ans, de juillet 1789 à août 1792. Le peuple a le temps, même s’il a faim. Vos amis vivent au rythme de l’économie financière, le trimestre pour faire simple. Votre peuple veut des décisions inscrites dans le temps. Pas dans votre temps, dans le sien. Des décisions qui vous obligent à imaginer une politique planifiée. Votre peuple ne veut pas dépendre des décisions de Wall Street dont la versatilité a pour but de le détruire.

N'oubliez pas l'Histoire : les actes forts de la Révolution ont été accomplis par ces minorités actives que vos stipendiés appellent "casseurs". Oui, monsieur le Président, une révolution, ça casse. Ne pleurez pas sur l'Arc de Triomphe, la Commune a brûlé les Tuileries. Vos croyances sont ridicules : vous pensez qu'une crise sociale"se gère" et que cette gestion passe par votre parole dont vous nous abreuvez au point de nous en dégouter.

Le plus grand économiste basque avait dit à Louis XV : « Dans un pays bien conduit, Sire, le fort protège le faible ». Méditez cette phrase. Dans le pays que vous conduisez, le fort écrase le faible. Il lui semble pouvoir le faire sans danger, sans risque, car sa force l’y autorise et vous laissez faire. Vous avez été élu pour protéger votre peuple. Vous refusez cette tâche. Il se protégera donc seul et constatera votre inutilité. Et vous finirez au rebut, comme tout ce qui est inutile.


Monsieur le Président, croyez vous être recyclable ?

mardi 5 février 2019

DEFORMATION PROFESSIONNELLE

Depuis les débuts du Grand Débat, le terme de « formation professionnelle » est devenu omniprésent, une sorte de mantra qui doit régler tous les problèmes. Pour être franc, je n’ai quelque savoir que pour ce qui concerne mon métier, la librairie et ça ne me rend pas optimiste.

Lors de mes études, il n’existait aucune formation de libraire. Munis de quelques connaissances en littérature, nous nous faisions embaucher dans une librairie compatible avec nos goûts et là, sous la férule de libraires nous apprenions notre métier dont la base était le catalogage. J’ai eu de la chance : Steve était très dur, très exigeant et il présidait le SLAM (le Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne), le seul syndicat de libraires qui mettait sur un pied d’égalité tous les livres de toutes les époques. Il nous fallait connaître Zola, depuis les premières éditions de Charpentier jusqu’au Pleïade. C’était une formation complète et difficile. Nous apprenions à juger du papier, de la qualité d’impression, de la reliure (le skaï remplaçait le cuir). Nous manipulions des centaines de livres, tous différents et nous devions les valoriser. Pour nous, les formats n’étaient pas des centimètres mais des règles de pliage (in-4°, 4 pages à la feuille, in-8°, 8 pages à la feuille, etc…). Nous apprenions, chaque jour. Nous passions nos dimanches chez les bouquinistes et nous allions voir les expositions de ventes aux enchères pour connaitre encore plus de livres. On se faisait engueuler tous les jours. Pour moi, le matin, c’était la boule au ventre. Mais j’apprenais.

Depuis ce temps, la société s’est modernisée. Il existe désormais un institut de formation des libraires et même des filières universitaires dédiées aux métiers du livre. J’y ai embauché quelques collaborateurs : aucun n’était bon. Leurs connaissances étaient anorexiques mais surtout leur désir de savoir était inexistant et leurs compétences techniques plus que floues.

Alors, j’ai enquêté. Ma première constatation aurait suffi à les dévaloriser : aucun enseignant n’avait un cursus professionnel correct. Souvent, il s’agissait d’anciens employés de librairie, voire des représentants de commerce reconvertis. J’ai même rencontré des « formateurs » qui n’avaient jamais vendu un livre et l’un d’eux m’a dit : « Je suis un spécialiste de la vente, les livres sont des biens comme les autres ». Connard !!!!

Je me suis déplacé pour rencontrer le responsable d’une structure qui avait voulu dégouter une gamine de venir bosser avec moi en lui affirmant qu’elle allait en baver. Il ne me connaissait pas, sauf de réputation. Il a eu cette phrase hallucinante : « Je suis là pour les former pour Auchan ou Leclerc, ce sont eux qui embauchent ». J’ai essayé d’argumenter mais c’était perdu d‘avance. Il ne formait pas les gosses à un métier, il les formait à une filière, n’ayant pas compris que le métier était intangible et les filières obsolescentes. N’ayant pas compris surtout qu’il existait des postes ailleurs que chez Leclerc. J’en ai parlé ensuite à des copains profs de cuisine qui étaient confrontés  au même choix car il y avait plus de jobs dans les chaines de restaurants d’assemblage que dans les trois étoiles. Et donc, par voie de conséquence, on choisit la facilité. Je ne sais pas comment sont évalués les formateurs des centaines d‘organismes de formation et j’ai même rencontré une nana qui, munie d’un CAP d‘esthéticienne, formait des impétrants aux concours de base de la fonction publique.

La pierre de touche de ces formations n'est pas le savoir acquis par les élèves mais le nombre d'embauches enregistrées par l'organisme formateur. Ici et maintenant.


Ma religion est faite : la formation est un marché et il importe de le couvrir avec des formateurs au rabais qui permettent de se gaver des prébendes de l’Etat. La destruction des métiers est en cours et elle est bien avancée. Il peut se glorifier le Président, il va nous balancer dans les dents les millions dépensés pour des pseudo-formations qui ne déboucheront sur rien d’autre qu’une baisse constante des salaires au profit du commerce « moderne ». De toutes façons, la tenaille est bien installée : ceux qui embauchent n’ont pas besoin de compétences dont se moquent ceux qui forment. C’est le monde des grandes écoles où seul compte le savoir dispensé par l’école. Les autres peuvent crever… Ce qu’ils feront d’ailleurs.

Je finis sur une anecdote personnelle. J'avais conçu avec ce vieux Fred un site de librairie en ligne qui avait été élu meilleur site de l'année par un jury de libraires internationaux. Après mon départ, le site a été fermé, mes successeurs trouvant que sa maintenance demandait trop de travail. Tout est dit : les faineants sont au pouvoir.

mardi 22 janvier 2019

ARLEQUIN OU SGANARELLE ?

J’ai envie de défendre Eric Drouhet, attaqué par Marlène Schiappa, la Morano des temps nouveaux. Qu’entends je ce soir dans la bouche de Marlen pas Lily.

« Monsieur Drouhet n’a pas saisi la chance de débattre avec le Premier Ministre »

Il faut donc remettre les pendules à l’heure. Payés par le budget national, les ministres mais plus généralement toute la classe politique et administrative, doivent leur salaire aux citoyens. Ce qui permet d’affirmer sans risque de contradiction que les politiques sont payés par les citoyens pour être à leur service. Il ne faut donc pas inverser les rôles. Eric Drouhet n’a pas eu envie de parler à son valet. C’est aussi simple que ça.

J’ai choisi « valet » malgré mon amour pour Sgnanarelle parce que « domestique » n’allait pas. Le domestique est chargé de veiller sur la maison (domus) et, vu l’état de la maison France, la qualité de la domesticité que nous avons choisie laisse beaucoup à désirer.

Soyons justes :voilà des années que nous laissons trop de liberté à nos employés en leur donnant trop de gages. Trop d‘années que nous avons oublié qu’ils étaient à notre service et non nous au leur. Nous avions oublié ce fameux proverbe médiéval : « Oignez vilain, il vous poindra, poignez vilain il vous oindra ». L’onction dont ils se parent est celle du suffrage universel, c’est l’onction que nous leur avons donnée.

Exemple suivant, même émission, un pontifiant imbécile, député de surcroît et répondant au doux nom de Garot (serrons lui le kiki, ça changera de la guillotine) déclare : « Ce n’est pas mépriser les gens que de leur faire de la pédagogie ». Ecoute moi bien, tour de cou. Je ne suis pas un gens. Je suis un citoyen. J’ai appris avec des pédagogues, depuis mon instituteur né à Béguios, jusqu’à mon directeur de thèse au Collège de France. Pour apprendre, j’ai toujours eu ce qu’il fallait, merci la République, et ce que j’ai appris surtout, c’est à reconnaître les discours du mépris, les geais parés et les grenouilles qui gonflent. Ta suffisance, collier franquiste, était insupportable et je te conseille gentiment et pédagogiquement : ce que tu as à m’apprendre peut prendre place dans ta raie culière, je n’en ai pas besoin. Tout ce que je te souhaite c’est une greffe de sphincter au niveau du larynx pour que tu puisses contrôler tes paroles aussi bien que tes défécations

Nous avons été mal habitués : l’Etat et les citoyens étaient servis par des serviteurs de haute qualité, des Vatels et non des valets. Nous sommes au temps du fast food qui se pare du pourpoint de Vatel sans avoir ses compétences. Et nous avons accepté cette dégradation, oubliant que la dignité d’un serviteur reflète la dignité de celui qu’il sert.

Ce sont les prémices du Grand Débat et il est déjà pipé. De diverses manières, le gouvernement montre dans quel mépris il tient ses interlocuteurs. Le choix d’Hanouna en est une preuve supplémentaire. Il ne manquait pas de gens de talent et je vais encore citer Pascal Praud qui sait mener des débats à la portée de tout un chacun.. Sauf que Hanouna a été choisi pour « faire le show ». On ne saurait mieux dire « aux gens » qu’ils ne peuvent rien comprendre aux sujets sérieux si on n’y met pas une rasade de divertissement. En voulant faire « peuple », Schiappa a mis la barre du mépris à belle hauteur, sous les conseils avisés du Président lequel ne peut parler sans laisser entrevoir son sentiment de supériorité. Je l’imagine apostrophant ses ministres ; « Qui t’a fait comte ? » sans que quiconque renvoie « Qui t’a fait Roi ? ».

Moquant De Gaulle, André Ribaud a tenu pendant des années une chronique de la Cour. C’est impossible aujourd’hui : on ne chronique pas les basses-cours.

lundi 21 janvier 2019

L'EUROPE EST UNE PRISON

Ça y est, c’est clair… Moi je croyais, comme la plupart des gens, que l’Europe était un choix, pas une prison.  J’y suis allé à reculons malgré tout. J’ai voté NON en 2005 et puis on me l’a mis bien profond en transformant mon NON en OUI. J’ai pas trop râlé en me disant qu’on pouvait toujours sortir.

T’AS QU’A CROIRE.. Les Anglais aussi, ils pensaient ça et ils l’ont exprimé dans un référendum historique. Un an après, on nous explique que, vu la complexité de la construction européenne, vu les couts, vu tout un tas de bonnes et mauvaises raisons, ils doivent rester dans l’Europe et qu’il convient de refaire le référendum.

Voilà, c’est dit : L’EUROPE EST UNE PRISON d‘où on ne peut pas sortir.

Où est la souveraineté nationale ? Où est la démocratie ? La volonté du peuple ? Ce peuple que notre Président veut consulter tout en prévenant que rien ne changera. Ce Président qui propose des référendums tout en sachant qu’on peut s’asseoir dessus.
Quand je mets en évidence cet empêchement qu’à  Madame May de faire respecter la volonté de son peuple, que n’entends je pas ?

Que ce sont les institutions anglaises qui…. Que c’est Barnier qui…. Que si la France voulait…. On m’a même dit que si les Anglais avaient adopté l’Euro, ce serait plus simple…Le Premier Ministre se prépare à un Brexit « dur ». C’est donc que ce n’est pas aussi simple que ça..

Tous ces discours m’inquiètent. J’ai de plus en plus le sentiment qu’on nous a vendu un énorme pipeau. Qu’un principe simple a été largement dévoyé. Tiens déjà, le Parlement européen, pour lequel on va voter dans six mois. Il ne peut voter que des textes proposés par la Commission. Quoi ? Il ne peut pas se saisir lui même ? Non. Ce serait une entorse à la démocratie. On déconne ou pas ? Et puis ce qu’il vote doit être validé par le conseil des ministres. A l’unanimité. En clair, la Lettonie peut bloquer un texte adopté par la majorité.

On nous a vendu ça comme un parangon de démocratie !!! Un Parlement qui ne peut voter que des textes qu’on lui propose et qui doivent ensuite être validés, on appelle ça une chambre d’enregistrement.

Dans les faits, depuis Delors et peut être avant, le discours sur l’Europe est un discours lénifiant, un discours d‘escrocs que le Brexit fait sauter en éclats. La publicité mensongère est interdite dans le commerce mais autorisée en politique.

Alors, il ne nous reste qu’une chose à faire pour éclaircir les choses. Voter pour un parti souverainiste. Même le… ? Même.

Tout d’abord, il faudra que le parti souverainiste lance le Frexit. Et au pîed du mur, il sera nécessaire d‘expliquer que ce n’est pas possible. L’abcès sera crevé. On aura compris qu’on ne peut pas sortir de l’Europe ce qui relativisera nos choix politiques et qui casera les discours dominants.

Et donc, on restera dans l’Europe. Non. Quand les Français auront enfin compris, ils ne supporteront pas de rester en cellule, et ça risque de faire vilain.


On en reparlera…

mercredi 9 janvier 2019

SCIENCES PO ET LE BISTRO

Pour moi, le meilleur institut de sondage, c’est le bistro. Questions simples, réponses simples. Pas de langue de bois, même si, avec les heures, l’élocution devient pâteuse.

Après un long apéro, t’écoutes les débats entre spécialistes et tu rigoles. Parce que les réalités, tu les connais.

1/ Les Français sont racistes, antisémites, etc… Oui. Majoritairement. C’est pas bien, mais c’est comme ça. Trente ans de « pédagogie », d’indignations, de Licra, de touche pas à mon pote, n’ont rien changé. Personne n’a jamais gommé le temps où les lettres de dénonciation arrivaient par sacs à la Gestapo. Marine est la petite fille spirituelle de Pétain et elle séduit un électeur sur trois.
C’est que l’étranger, le pas pareil, c’est toujours un danger. On a amélioré le panel en stigmatisant les Asiatiques, en ajoutant le niaque au melon, au youpin et au mal blanchi.

Au bistro, ça se rassemble et les qualités admises deviennent des défauts. Sont pas fainéants, c’est bien vrai, mais c’est pour mieux nous manger. Les mots flottent dans le discours et tel chroniqueur préférant les amours orientales parle « d‘asiats ».

Personne ne veut dire que le « china bashing » si commode pour parler d’économie retombait sur toutes les minorités et pas seulement la communauté asiatique. Parce que le bistro est le lieu du « ouais, c’est comme… ». A Sciences Po, on discrimine, au bistro, on agglutine.

2/ Les Français ne font plus confiance à leurs représentants politiques. Oui. Majoritairement. Evidemment, l’exemple emblématique est le référendum de 2005. Tu votes contre, ça devient pour. Après un coup comme ça, tu peux ranger  toute la panoplie linguistique avec démocratie, choix électoral, etc… En un geste Sarko a dévalué toute une discursivité, il a gommé un gros bout du lexique politique traditionnel.

3/ Les Français sont sexistes, homophobes.. Oui. Majoritairement. C’est pas bien mais ça va avec le reste. Encore un peu de vocabulaire. A la télé, le mot qui tourne le plus c’est « enfumage » avec des déclinaisons comme « enfumé ». Au bistro, je ne l’entends jamais à l’opposé de son cousin moins flaccide « enculé ». Lui, c’est toutes les trois phrases. Il est devenu une bannière, un gonfanon, totalement décroché du réel car le plus souvent l’enculé est celui qui trompe. Clairement, l’enculeur est un enculé. Avec une telle récurrence linguistique, on ne peut pas attendre que l’homophobie recule. Mais on ne peut interdire les mots.

Jeune étudiant en sciences politiques, si, au cours d’un exposé, tu préfères « enfumé » à « enculé », change de voie : tu apprends à parler comme tes professeurs, pas comme tes électeurs. Tu aras ton diplôme, mais pas leurs voix.

Il nous manque une étude linguistique sérieuse. Entendu au bistro : « Par contre, X…, quand il fait rentrer Y…, c’est une énorme connerie ». Ce que nous traduirons par : « En revanche, le dernier changement de première ligne, fut une erreur de coaching. »

Il y a là un marqueur linguistique fort : « par contre » au zinc devient « en revanche » devant la caméra. Celui là est simple. Il y en a d‘autres : « pareil » devient « équivalent » ou « les sondés » se changent en « l’opinion ». Exemple : « Les sondés soutiennent le Président à 28% ». « Oui, l’opinion est en train de basculer ».

Quand on ne parle pas la même langue, la communication devient chaotique, d‘autant plus qu’elle sera chargée de connotations perçues négativement. Le phénomène est ancien. « Traverser la rue » répond à « manger de la brioche ».

Le peuple est très sensible aux écarts linguistiques. Johnny Halliday devait avoir quantité de surnoms Celui qui surnage, c’est « le taulier », fort peu artistique : le taulier, c’est l’homme qui tient les clefs du fonds de commerce, celui qui a le pouvoir. Ses fans préfèrent « taulier » à « boss » alors que le second sent plus les santiags et la route 66. Ils remettent Johnny à sa place de chef de clan prolo et bien français. Sa vraie place certainement, à leurs yeux, plus que Memphis.

Et je suppose que les conseillers du Président ont fait le choix inverse. Ils ont un boss pas un taulier.


Le grand débat, c’est pas gagné.

lundi 7 janvier 2019

Jean-François ARMINGAUD

Je ne le connais pas. Il est vrai qu’il est mort. Mais il soulève en moi des questions.

Il est franc-maçon affilié à la loge bayonnaise La Zélée où il est chargé de la Colonne d‘Harmonie. Il est vrai qu’il enseigne le violon, au 25 rue Majour (aujourd’hui rue d‘Espagne). On le dit originaire de Montauban, comme Ingres, autre violoniste connu. Je ne suis pas allé plus loin : il est une recherche collatérale dans mes priorités.

C’est à lui que le père Alard confie l’éducation musicale de son fils Delphin. Nous sommes au début des années 1820. Et voilà qu’à douze ans, le jeune Delphin Alard exécute à merveille une sonate de Viotti devant un public mélomane et médusé. Jusque là, rien d’admirable : un gosse doué confié à un bon professeur. Delphin Alard rejoindra la classe d’Habeneck, obtiendra un Premier Prix du Conservatoire national où il deviendra professeur de violon avant de devenir le prof de Sarasate. La filiation est intéressante.

Mais voilà que notre prof conçoit un fils, Jules, né en 1820, et auquel il va enseigner le violon. Naturellement, Alard le prend sous son aile, mais pas très longtemps : les deux jeunes gens sont trop différents. Alard crée avec Franchomme un quatuor de musique de chambre romantique qui devient un élément important de la musique du Second Empire. Les concerts d’Alard-Franchomme (deux profs au Conservatoire) sont prisés de la bourgeoisie parisienne. Jules Armingaud, pour sa part, ne mange pas dans l’écuelle du pouvoir. Il a participé aux journées de 1848 avant de créer avec Edouard Lalo, le quatuor Armingaud-Lalo, politiquement progressiste. Jules est le violoniste préféré de George Sand qui l’invite souvent à Nohant.

Les deux quatuors sont souvent en rivalité. Non sur le plan musical qui suscite peu de critiques, mais essentiellement sur le terrain de l’idéologie. Les conservateurs du Conservatoires sont défiés. par les musiciens libres. Ils cherchent les meilleurs musiciens du temps : Alard travaille avec Francis Planté quand Armingaud embauche Madame Français, lilloise et amie de Lalo.

On peut gloser sur cette rivalité à condition de se souvenir qu’un même arbre a porté ces deux fruits. Les deux quatuors ont surtout suscité des émules, des dizaines de formations vouées au quatuor romantique.

D’où cette évidence : Bayonne a été le berceau du quatuor romantique français et Armingaud en est le père.

Sur la Côte basque, toutes les sociétés de mélomanes organisent des concerts où le quatuor se taille la part belle. Il existe une jolie section de musique de chambre au Conservatoire de Bayonne. Rien, ni personne, n’évoque jamais Jean-François Armingaud.

Il faut toujours un vieux ronchon pour parler des racines. On nous bassine avec Sarasate. Le gamin Sarasate est né en Navarre. Le berceau du musicien est posé aux rives de l’Adour


Il fallait que ce fut dit : au moins une fois