dimanche 14 octobre 2018

PLATON ET LA PRISON

Je sais pas qui conseille notre Garde des Sceaux mais elle devrait faire le ménage. Voilà t’y pas qu’elle demande à Google de flouter les prisons pour limiter les évasions. Plus con c’est impossible.

Le système Google map est bien connu car il est génial : c’est une arnaque majuscule. Je vous explique. Quand on agrandit les images Google, on a l’impression qu’on commande au satellite dont la camera va zoomer à la demande. Rien n’est plus faux. Google Map ne comporte  que des images fixes organisées en tuiles. Tu ouvres Google Map, tu cliques, tu vois s’agrandir l’image. Sauf qu’il ne s’agit pas de la même image. C’est une autre photo, plus détaillée du même endroit.  Chaque image recouvre une série d’images plus détaillées, comme une grande tuile pourrait recouvrir une série de tuiles plus petites mais à une échelle plus détaillée. C’est l’organisation de ces tuiles et l’algorithme d’affichage qui te donnent l’impression de zoom. Sauf que tu n’as pas la date de prise de vues. Ce matin, devant chez mon beau frère, Google Map me montre fièrement sa voiture, voiture qu’il m’a prêtée et qui est garée devant chez moi, à 5 kilomètres de sa position Google.

Pour vérifier, je vais jeter un œil sur Panama Beach City que, selon la télé, l’ouragan Michael vient de dévaster. La petite ville est admirable de propreté. Pas un arbre au sol, pas un terrain de golf à refaire. Tout le monde peut faire ce genre de vérification. Il suffit de déplacer sa voiture.

« Mais alors, c’est faux » ; non. L’image (ce n’est pas une photo mais une image numérique) est juste. C’est le temps qui n’est pas le bon. C’est toi qui la crois en temps réel mais Google ne le dis pas. Google suggère, seulement. Et donc flouter l’image est complètement inutile. Simplement, Madame Flageolet fait une belle annonce, un coup de com’, un coup de con, pour faire croire qu’elle gère le problème, problème totalement inexistant. Fonctionnement macronien pur : je donne des solutions à un problème inexistant que, de surcroit, je ne connais pas.

Ouais, mais si mon cousin est en tôle, je fais quoi ? Simple mon gars, tu achètes la carte IGN du lieu où figure la prison, tu la scannes et tu l’agrandis (le dessin IGN permet d’agrandir trois fois sans perte d’infos). Tu auras donc les infos floutées à la demande de Madame la Ministre. Tu peux aussi demander un extrait cadastral au 1/5 000°, c’est un peu plus cher mais la précision est superbe et comme c’est au trait, tu peux agrandir encore plus. Le hic, c’est qu’on va te demander une pièce d‘identité. Envoies un membre de la famille. Ou un copain.

Tu vois, depuis que ton cousin est en tôle, tu commences à regretter d’avoir séché les cours de géo. La géographie, ça sert à mettre au point des stratégies. Ça sert à faire la guerre. Madame Galoubet te l’a rappelé. Maladroitement, mais on peut corriger.

Tu as aussi appris qu’il ne faut pas faire confiance à Internet. Internet te manipule. Merde ! Ça j’aurais pas cru.

Parce que t’as aussi séché les cours de philo…..

On en reparlera …




mardi 9 octobre 2018

SECTES ET INSECTES

Vous croyez vraiment que les végans ont inventé cette pseudo-égalité ou équivalence entre les hommes et les animaux ? Point du tout. C’est une vieille idée qui remonte au XIIème siècle. Et c’est l’un des fondements philosophiques de ceux que l’on désigne aujourd’hui sous le nom de Cathares.

Cette bande de fadas implantée en Languedoc s’opposait au catholicisme, alors dominant. S’opposait ? Pas vraiment. Les deux sectes croyaient en Dieu, mais les fadas d’oc étaient un poil plus excessifs que les fadas d‘oïl. Ainsi croyaient ils que le sang est le siège de l’âme ce qui les conduisait à considérer que tuer un animal était aussi grave que tuer un homme. Ils imaginaient également une forme de métempsychose où l’âme des hommes passait dans le corps des animaux ce qui confortait leur sentiment d’équivalence.

Leur vision du monde restait toutefois bien particulière. Leroy-Ladurie expose que les longues séances d’épouillage était souvent un moment privilégié pour la conversion. On prêchait le catharisme en éradiquant les insectes. La secte ne protégeait  pas l’insecte. Pardonnons leur : ils ne savaient pas que le pou vit du sang.. Il devait y avoir pas mal d‘accommodements avec le ciel. L’une des têtes cathares de Montaillou était cordonnier et il fallait bien qu’il se procure du cuir.

Les sectes ont toujours une visée morale. Les cathares rejetaient la sexualité pour d’obscures raisons religieuses. Ce qui leur valut l’accusation d’homosexualité car ils vivaient en couples du même sexe pour éloigner la tentation du pêché. Pour l’instant, les végans ne prêchent pas l’abstinence sexuelle. Pour l’instant….

Grosso modo, ça a duré deux siècles. Deux siècles à vivre avec des Aymeric Caron ! T’as intérêt à croire en Dieu pour supporter l’épreuve. Ils sont gentils les Cathares…Pas trop guerriers mais gentils. Et donc, ils vont prendre pâtée sur pâtée, jusqu’à la funeste bataille de Muret. Muret, c’est l’espoir qui revient, l’événement historique qui prouve que les végans peuvent être éradiqués. D’autant que la perspective géographique s’est inversée et que les actions véganes ont lieu au Nord désormais.

Nous, on a donné. Et depuis qu’on s’est remis à faire des boudins, on va beaucoup mieux. Au point qu’on a rajouté la corrida à notre patrimoine immatériel, histoire de se protéger la perfection. Bon, on héberge quand même quelques végans ; j’en ai vu un troupeau à Biarritz, il y a peu. Isolés les animistes spécistes. Faudra se méfier. Le cancer commence toujours par des cellules isolées.


On en reparlera….

jeudi 4 octobre 2018

MON AMI, GEORGE KISH

« Allons au Quartier Latin ». Il n’a plus vingt ans, sec et maigre comme un vieux hareng et ses yeux brillent d‘un éclat amusé.
Evidemment, tout a changé, mais le vieux géographe retrouve sans peine la trace de ses pas, les lieux où il a vécu, les troquets qu’il aimait.
« Où veux tu dîner ? » Nous nous connaissons depuis deux heures et nous nous tutoyons.
« Au Balzar, si c’est possible » .
Il me raconte. A 20 ans, le Balzar lui semblait un paradis. Il arrivait de Budapest pour faire des études de géographie. Son rêve était de travailler avec Emmanuel de Martonne, il lui fallut se rabattre sur André Siegfried. Deux Français, deux spécialistes de cette Europe centrale qui lui colle au cœur.
« je n’ai jamais mangé une aussi bonne raie au beurre noir ». Qu’à cela ne tienne, George, c’est un rêve facile à réaliser.

J’interroge un peu. Il parle. Pourquoi il a quitté la Hongrie. La menace hitlérienne. La France, pays rêvé. 
« Après Munich, j’ai compris, il n’y avait que l’Amérique »
Je m’étonne, mais il secoue la tête.
« Pour les Juifs, nous savions… Et j’étais, non, je suis Juif . C’était une question de vie ou de mort. »
Et il raconte, le bateau, la traversée. New York.
« Nous débarquions en troupe et, sur les quais, les bureaux de recrutement des universités avaient ouvert des comptoirs pour nous engager. C’est ainsi que j’ai rencontré Carl Gans et Lévi-Strauss ».
Il avait fait le tour des recruteurs avant de choisir l’Université du Michigan, Ann Arbor. Le deal était simple : géographie historique et mise en place d‘une collection de cartes historiques.
« Le budget était conséquent. J’imaginais concurrencer la BNF. »
Nous parlons de Sven Hedin, de son engagement nazi. Il utilise un vocabulaire de tendresse. De Hedin, il sait tout, même les petites compromissions et les grandes lâchetés.Il me raconte les plans allemands sur l’Asie centrale. Un immense travail géographique. Je lui indique vouloir utiliser un texte de Martonne qui est un hommage à Hedin. Il approuve, bien entendu. Avant d’être de l’idéologie, c’est de la géographie. Et le bout du nez finit par pointer. Von Richthofen s’invite au dessert. L’homme qui a formé Hedin mais également Wegener et Eriksson,l’un des inventeurs de la paléogéographie. George a une grande admiration.

« Il a eu des disciples. J’ai eu beaucoup d‘élèves. Je n’ai pas eu de disciple. »

Je le savais. J’avais eu l’occasion de rencontrer un de ses élèves, cadre supérieur à la National Geographic Society, qui aurait du lui succéder. George roule de la mie de pain entre ses doigts pour faire des boulettes.
« Le salaire…. Tu sais, j’ai longtemps pensé que l’Amérique devrait élever une statue à Hitler sur chacun de ses campus. Grâce à Hitler, nous, les intellectuels européens, juifs et antifascistes, nous avons construit le système universitaire américain. Nous l’avons mené aussi haut que nous avons pu. Et il va se liquéfier. Nous n’avons pas su créer des universitaires, des gens pour qui la fonction compte plus que le salaire. Et l’université américaine mourra de ce manque d’universitaires. »

Il a l’air bien triste, mon nouvel ami.

« George, un peu de palinka ? de palinka de prune ? »

Il a un joli sourire.

« Je bois peu. Mais oui à la prune. Ce ne sera pas de la palinka mais ce n’est pas grave. Tu es bien un Français. Tu sais que la prune est reine dans toute la vallée du Danube. Tu l’as choisie pour me réchauffer le cœur. Je ne peux pas refuser »

George est mort deux ans plus tard après avoir traduit en français sa biographie de Hedin. Il y tenait. Le français était sa langue maternelle de géographe. Et il aimait Vidal de la Blache.



vendredi 28 septembre 2018

A MES AMIS VEGANS

J’aime bien les antiphrases. Vous n’êtes pas mes amis. Vous êtes trop cons.

Mais j’ai quand même envie de vous aider. Vous voulez créer les conditions de la bagarre. Soit. Mais vous vous plantez de cible. A viser des artisans bouchers et des abattoirs de campagne, vous placez la guerre sur un terrain minuscule où vous allez vous faire détester.

Réfléchissez un peu espèces de spécistes. Qui dézingue quotidiennement des centaines d’innocents bovidés, sur tout le territoire, des bovidés élevés sans soins, abattus sans tendresse, des bêtes dont la vie et la mort auront été une vie de merde et une mort sans qualités ? Qui fait ça et que personne n’aime, tant c’est le symbole de toutes nos dérives, de toutes les turpitudes du capitalisme ?

Bon sang, mais c’est bien sûr. MACDONALD

Le voilà l’ennemi parfait, celui que personne ne peut défendre. Même pas lui. Restaus isolés dans des zones industrielles qu’un seul cocktail Molotov peut réduire en cendres. Attendez que les lieux soient vides, déjà que les mecs sont sous-payés…. Coordonnez vous. Cent MacDo en feu dans la même suit, ça a une autre gueule qu’un abattoir rural, vous croyez pas ?

Surveillez le siège social. Chaque journaliste voudra avoir une interview de cadre. Cadres que vous pourrez entarter devant les caméras pour ajouter le ridicule à la vengeance.

Allez y amis végans. C’est une cible parfaite et sans risques. Une cible dont les établissements sont posés comme pustules sur la face du pays. Moi, je vous donne le truc mais je peux aussi imaginer que d’autres fassent cramer des Macdo et vous utilisent pour revendiquer faussement le feu de joie. Coup double : Des établissements merdiques en moins et votre stigmatisation en prime.

 Bon. Je dis ça, je dis rien. Ce peut être d’autres cibles, moins emblématiques, comme l’autre colonel sudiste qu’aime tant les poulets ou toute autre chaine de sandwichs à la viande.. Mais, dans tous les cas, vous tapez sur des adversaires indéfendables. Tandis que le boucher du quartier ou le patron de  l’abattoir rural, ils vont soulever la compassion du téléspectateur. Personne ne peut compatir avec le patron d‘un MacDo.  Suffit de l’interviewer devant une Porsche dont le téléspectateur pensera que c’est la sienne et le tour est joué.


Réfléchissez spécistes……

jeudi 27 septembre 2018

GYNOCENTRÉ

C’est Benoit qui me communique le mot : gynocentré. Nous vivrions dans une société gynocentrée. Immédiatement, je pense à Leroy-Ladurie qui, à propos des Pyrénées ariégeoises utilise le mot « adamocratique » qu’il préfère au trop connoté « phallocratique ». Par parenthèse, il remplace « esprit de clocher » par « esprit campaniliste », plus chantant, plus goûteux.

Après, je vais chercher. Plein d’auteurs ont parlé de sociétés gynocentrées, mais l’analyse me semble douteuse. Glissements sémantiques… Pour certains, la société basque fait partie des sociétés gynocentrées. Les arguments sont ridicules et se limitent à mettre en évidence des traits matriarcaux. Il est exact qu’en de nombreuses occurrences, les femmes basques savent se saisir du pouvoir. La question est : pour en faire quoi ?

Le matriarcat est tout simplement un changement de mains, pas un glissement social. De la Veuve Cliquot à Marie Brizard, nombreuses furent les femmes qui se saisirent du pouvoir dans les entreprises et, partant, dans les familles. Le matriarcat du XIXème siècle s’accommodait fort bien de l’adamocratie. Le plus souvent, les fonctionnements sociaux et économiques n’étaient pas menacés. Les femmes au pouvoir étaient avant tout des représentantes de leur classe et se comportaient comme des hommes ou, si l‘on préfère, comme leurs maris ou leurs frères. Une société matriarcale n’est pas une société gynocentrée. C’est une société où les femmes se comportent comme des hommes.

Un société gynocentrée est plutôt une société où changent les perspectives et les priorités. Prenons un seul exemple : l’homosexualité. Dans une société gynocentrée, on considère que les pédérastes sont des hommes comme les autres hommes et les lesbiennes des femmes comme les autres femmes, tandis que les sociétés adamocratiques les considèrent comme des êtres à part. On peut en discuter encore que les aventures sexuelles avec des individus du même sexe sont rarement vecteur de procréation. Or, pour les sociétés adamocratiques, une démographie galopante est signe de bonne santé, de puissance. Les sociétés adamocratiques sont généralement des sociétés guerrières, consommatrices d‘individus, des sociétés qui privilégient les actions de mort, la défense dans le meilleur des cas mais aussi l’attaque, la conquête des terres ou des femmes. Rome à ses débuts, enlève les Sabines. Mais c’est un viol ! Institutionnalisé, ce qui relativise.

Soyons clair. Les sociétés adamocratiques acceptent l’homosexualité, surtout chez les militaires. César mais aussi Hadrien ou le grand Condé, pour prendre des exemples connus. Les militaires sont dans le bon camp, le camp de ceux qui donnent la mort. Surtout s’ils donnent aussi le change comme le Grand Condé qui fut marié avec une jouvencelle de 13 ans.

Les sociétés gynocentrées se donnent bonne conscience juridique avec un arsenal législatif le plus souvent axé sur le pardon. Ce sont des sociétés de mères qui ont du mal à punir, à punir vraiment et définitivement, des sociétés de l’excuse et du pardon, des sociétés aussi de la compréhension, voire de la rédemption.

En fait, on n’en sait rien. Les sociétés matriarcales sont mises en doute par de nombreux chercheurs et, souvent, les arguments volent bas. Quant aux sociétés gynocentrées, on n’en connaît aucun exemple, sauf, peut être la société occidentale actuelle qui n’est pas encore aboutie. Bien entendu, il existe des sociétés qui n’obéissent pas aux canons du patriarcat traditionnel, comme les Murias ou les Mossos, mais la différence porte essentiellement sur la vie sexuelle et l’éducation des enfants, éducation souvent avunculaire. Toutefois, les ethnologues prêtent peu d’attention au poids des guerriers et au seul vrai pouvoir qui est le pouvoir d’éliminer l’autre.

Nos sociétés européennes sont structurées selon le triptyque : guerrier-religieux-laboureur. Celui qui travaille, celui qui prie, celui qui tue. Cela ne laisse pas grande place aux femmes, sauf au couvent et à la cuisine, car il est implicitement entendu que la prière de l’homme a une supériorité « naturelle » ; les premiers monastères étaient masculins. Mais ce détail relevé, il est indéniable que le pouvoir (politique, social) est le pouvoir de celui qui tue.

Ce que l’on appelé le Progrès ou la Civilisation n’est rien d‘autre qu’un incessant combat contre le pouvoir de tuer. A  tout le moins, le pouvoir de tuer ouvertement. On peut librement tuer avec de la pollution, des produits chimiques, dès lors qu’il s’agit d‘un massacre collectif. Mais l’assassinat singulier a disparu, y compris au niveau de l’Etat, avec la suppression  de la peine de  mort.

Peut être est ce mieux. La question est : que devient le pouvoir lorsque quelqu’un se saisit à nouveau du droit de tuer ? Change t’il de mains ? Change t’il de nature ? C’est l’une des questions posées par le terrorisme. Or, il me semble que ce rapport à la mort est la pierre de touche de la structuration des sociétés et que ce qu’on appelle une société gynocentrée n’est rien d‘autre qu’une société refusant de donner la mort. Refusant de surveiller et punir. Par définition, refuser la mort de l’Autre revient à accepter que l’Autre puisse se saisir de ce pouvoir. Il est angélique d’imaginer un monde où personne ne se saisira d’un pouvoir tombé en déshérence. Mais l’éducation ? Ouais, si on a le temps. Et si l’Autre l’accepte, c’est à dire s’il a les mêmes structures mentales que toi. Dans le cas contraire, c’est foutu. Tu as perdu.

Même Marx avait accepté l’idée qu’on vivait dans un monde darwinien où le faible est condamné. Le faible, c’est celui qui ne peut pas survivre. Et celui qui ne peut pas changer les règles. La force fonde le droit. Pas la peine de dire que c’est mal, c’est simplement une constatation. Jadis, c’était un grand coup d’épée dans la gueule. Aujourd’hui, c’est un lobbyiste qui glisse une enveloppe. Mais c’est pareil. La loi s’adapte aux puissants. Vas y. Hurle que c’est en train de changer.


C’est ton désir… Le réel est plus solide…

lundi 24 septembre 2018

INTEGRATION

Nous vivons dans un monde d’imbéciles. Tous s’excitent sur les prénoms dont Zemmour a voulu faire simplement un exemple. La question posée n’est pas celle des prénoms, c’est celle de la volonté d’intégration.

Marié deux fois, j’ai eu deux beaux-pères. Le premier avait quitté l’Italie dans les années 1930 pour cause d’incompatibilité avec le Duce. En arrivant en France, il changeât son prénom de Mario pour celui de Maurice, puis pour faire bonne mesure, il remplaçât le I final de son nom par un Y qui sentait, à ses yeux, plus le Sussex que l’Emilie.
Le second était né Français à Sidi Aich, village de la Petite Kabylie. Enseignant de philosophie, ses élèves l’ont toujours connu sous le prénom de Bernard qu’il jugeait plus compatible avec Platon que le Hamid d’origine.

Il faut bien admettre que le prénom est un marqueur culturel fort. Quand je suis arrivé à Paris, le mien avait la signification de benêt. Peut être sous l‘influence des Bidochon, un Raymond désignait un brave con. Remarquons toutefois qu’il y a plus de Raymond au sud de la Garonne qu’entre Sambre et Meuse. Parce que la marque culturelle commence par une marque territoriale. Elle l’a bien compris, la jeune femme qui fait le buzz autour de son prénom. Sans la voir, son prénom la désigne comme africaine. Qu’elle en fasse donc porter la responsabilité à ses parents, Zemmour n’y est pour rien.

En suivant cette querelle d‘une oreille distraite, je pensais au remarquable écrivain qu’est Richard Millet, cloué au pilori pour avoir déclaré : « Quand à la troisième génération, on en est encore à Mohammed, l‘intégration est compromise ».

Car le nœud du problème est là. Le prénom est la première marque d‘intégration. Ici, au Pays basque, la déferlante des prénoms locaux a suivi les revendications éducatives et politiques es années 1970. Dans ce cas précis, il s’agissait d’un refus d’intégration ou d’une volonté d’intégration dans un contexte social et territorial détaché de la République.

Mais, me disent mes copains, tu veux couper les gens de leurs racines. Moi ? Non. En déménageant, ce sont leurs parents qui les ont coupés de leurs racines. Sans pour autant les planter ailleurs. C’est une vision qu’on peut ne pas approuver. Mon pays devient une sorte de prestataire de services. Services sociaux, ça va sans dire, mais aussi employeur, éducateur, que sais-je encore ? Que lui donne t’on en échange ? Comment se marque le rapport entre le territoire et l’individu accueilli ?

Ce bon François Morel développe une litanie bien incomplète de prénoms connotés exogènes. Il aurait du ajouter Algirdas Greimas ou Julia Kristeva voire Pablo Picasso. Tous ces « étrangers » qui ont renforcé la culture française. Pour faire bonne mesure, il cite des chanteurs de raï ou de rap qui n’ont aucunement amélioré mon développement culturel. Mais, quoiqu’il en ait, il ne peut faire que sa liste ne soit anorexique et que mettre tous ces noms face à la marée migratoire ne peut provoquer qu’un haussement d‘épaules et la réponse « C’est tout ? Y’a que ça ? ».

Ben oui. Y’a que ça. Même en rajoutant quelques industriels comme Mohand Altrad, l’apport reste minime. Même en rajoutant ceux qui, comme Ionesco ou Finkielkraut, avaient un prénom quasi-franchouilard, y’a que ça. L’Histoire fera le tri.

A Rome, vis comme les Romains, disait un proverbe bien oublié mais qui avait le mérite d’identifier le lieu et la culture. Et oui, l’accueil, à la base, c‘est de demander à l’accueilli de choisir. Il a choisi la France, qu’il se coule donc dans le moule.

Mais c’est dégueulasse ! Non. Ionesco a choisi d’écrire en français, tout comme Greimas dont le premier travail a été la composition d‘un dictionnaire d’ancien français. Ha ! on est bien loin des rappeurs des cités.

Oui. Je parle de gens qui avaient choisi, en toute connaissance de cause,  qui avaient choisi la France, sa langue, sa culture, de gens qui ont échangé avec nous.

Parce que s’intégrer, c’est échanger, pas imposer.


Même pas un prénom.

jeudi 20 septembre 2018

J’AIME POUTINE (2)

Le premier texte est daté de mars 2014.. J’essayais d‘expliquer.. La presse entière tapait sur Vladimir Vladimirovich… Comme quoi c’était un mal élevé, un pas humaniste, un homme dangereux et quasi infréquentable.

Je disais quoi ? Que Poutine n’obéissait pas aux règles qui lui étaient imposées. A l’époque, le sujet de discorde, c’était l’Ukraine où une immonde propagande étatsunienne fonctionnait à plein pour déconstruire l’ancienne URSS et affaiblir la Russie. On sortait à peine de Maidan où l’Ukraine venait de refuser des accords politiques avec l’Europe. Juste un détail : la région de Rous, d‘où nous vient le mot Russie, désigne la région de Kiev.

En quatre ans, Poutine, il a fait quoi ? Il s’est encore rapproché de la Chine. Normal. Quand t’as deux voisins, si le premier te crache à la gueule, tu fais copain avec l’autre. C’était prévisible. L’OCS existait. Poutine s’est rapproché de ses alliés. Ce n’est pas la marque d’un salaud mais d‘un réaliste.

Aujourd’hui Poutine reprend les outils de communication de l’adversaire en organisant de gigantesques manœuvres avec ses copains. Il nous dit quoi ? Je peux mettre 300 000 hommes sur la table. Avec la logistique qui va avec. Et toi ?

Je ne suis pas un pro. Je suppose que les pros de toutes les armées se sont penchés sur les images, images tournées dans ce but. Les aviateurs ont passé au peigne fin les images des avions pour distinguer les derniers Sukhoi et les derniers Mig et leur parenté avec les récents Chengdu chinois. On n’a vu aucune image de ravitailleurs. Faut dire que le sujet est sensible, les spécialités s’accordant à dire que les chasseurs furtifs chinois sont inutilisables sans ravitailleurs. Il se trouve que les Russes ont des ravitailleurs. Et si la coopération était plus avancée que prévue ?

Bon.  Après on peut discuter. Il est clair que l‘OCS a beaucoup plus de troupes que l’OTAN. Mois après mois, il devient clair également que l’écart technologique se comble et que la Chine aide la Russie à réduire son retard. Pour moi, il est évident que nos stratèges n’ont pas pris en compte la dimension globale de l’OCS. Alors que Poutine, oui. Il est tout aussi clair que l’avenir sourit à Vladimir, copain et voisin de Xi Jiping.

Poutine nous connaît bien. Il sait que nous badons tout ce qui vient des USA. Il connaît sur le bout des doigts notre classe politique, incompétente, veule et stupide. Surtout stupide. Combien de nos députés, maires, sénateurs, responsables locaux, savent ce qu’est l‘OCS ? Aucun. Tiens, chez moi. Les Chinois traitent nos ordures. Combien sont ils à le savoir ? Ils préfèrent s’intéresser à Benalla. Jocrisses !

Bon, avec ces manœuvres, certains réfléchiront peut être. Même pas. Ils vont croire à une opération de com’ et hausseront les épaules. Après quoi, ils répèteront, comme des idiots qu’ils sont, la doxa antirusse, renforcée aujourd’hui par Oleg Sentsov, brillant réalisateur ukrainien dont personne ne peut citer un film, malheureux garçon manipulé par la CIA et qui va en mourir.

En 2002, j’étais en Crimée. Tout était en germe. Je l’ai raconté. Les Criméens regrettaient Staline. Poutine est venu. Je ne fais aucune équivalence. Poutine donne à une partie de l’Ukraine, la protection qu’elle désire. Qui sommes nous pour traiter les Ukrainiens d‘imbéciles ?


Nos angéliques adversaires de Vladimir ont choisi Trump. Ne leur dites pas, vous serez incendiés. Ils ont enfourché toutes les rosses américaines et donc trumpiennes, refusant de voir que le fric de MacDonald a financé Trump. Je dis MacDonald…mettez le nom que vous voulez. Si t’achètes chez Amazon, tu es pour Trump, pour le système qu’il représente, pour le capitalisme libéral qu’il défend. Continue. Tes achats détruisent l’Amérique et c’est ce qui peut nous arriver de mieux.

Je boirais bien une bière avec Vladimir. J’apprendrai des trucs. Et je lui en apprendrai. Celle-ci par exemple : ce sont des samboistes français qui forment (bénévolement) les jeunes juifs qui défendent la synagogue à côté de chez moi. Des samboistes ? Oui. Fédération mondiale que Poutine préside ? Oui. Ce sport issu du KGB ? Oui.

C’est simplement des jeunes mecs qui aident d’autres jeunes mecs à se défendre. Et tu sais quoi ? Y’a des Tchétchènes dans le coup. Maintenant, démerde toi à couler l’info dans tes cases préformatées.


On en reparlera