jeudi 20 juillet 2017

LE RETOUR DE L’ARMÉE

De Gaulle, après le putsch avait réussi  se débarrasser de l’armée comme force politique. Ça a duré une cinquantaine d’années qui nous ont fait oublier cette vérité première : les militaires sont des citoyens comme les autres. Et, comme tels, ils peuvent juger de l’action du gouvernement. Voire s’y opposer comme n’importe quel syndicaliste ou zadiste nantais.

Ha ! mais non ! ils doivent obéir au chef des armées…..En principe, oui. Mais on obéit mieux à qui sait le sujet. Autour de De Gaulle qui avait quelques lumières, il y avait des pros : Chaban, Billotte, Messmer pouvaient montrer leurs états de service. On était entre pairs. Voilà quelques années que les gouvernements sont désespérément civils. Il n’existe aucune passerelle de communication. En écoutant Macron aujourd’hui, je pensais que la plupart des militaires que je connais devaient se sentir pris pour des cons. Et ça, c’est pas bon. Surtout que les militaires savent que les économies ne sont pas économes de l’essentiel : leurs vies.

Ce sujet, le retour de l’armée en politique, voilà longtemps qu’il est perceptible. J’avais commis un roman sur le sujet, refusé par de nombreux éditeurs, où je suggérais que le cursus de l’ENA ne puisse pas être complété sans une année de service militaire dans un régiment « action ». Je me suis fait accuser de sexisme. Il me paraissait pourtant évident qu’on ne peut pas gouverner sans connaître le poids de la chose militaire et que seuls ces régiments connaissent la guerre.

Quand on parle de militaires, il faut, bien entendu, compter les anciens militaires. Tous ceux, surtout sous-officiers, qui ont passé cinq dix, quinze ans sous les drapeaux, ont connu les théâtres d’opérations extérieures et sont revenus à la vie civile. Je n’ai trouvé aucune statistique sur leur nombre mais ils sont quelques milliers et eux ne sont tenus à aucune réserve ni à une quelconque obéissance.

Peu sont politiquement corrects. Certains ne sont franchement pas présentables. Mais ils sont là, plus nombreux que beaucoup qui tiennent le haut du pavé. Je pense souvent à mon copain Loulou qui me parlait de ses copains morts dans l’attentat du Drakkar. En 1983. Morts et jamais vengés. Peut être que c’est pas bien mais la vengeance est l’ADN des guerriers. Loulou, il estimaait que ses copains étaient morts pour rien. Pas pour la France. Pour rien. Et pour Loulou, la France, c’était pas rien.

Macron et ses copains énarques sont incapables de comprendre. Pour eux, l’armée est un simple poste budgétaire. Et ça, les militaires supportent pas. Bien entendu, les gradés de haut niveau peuvent donner le change.. Mais dès qu’on descend dans la hiérarchie, dans les rangs de ceux qui vont mourir, ça ne passe plus.

C’est qu’il existe un mental militaire. Un truc bizarre fait de nationalisme, de haine de l’ennemi, d’un zeste de racisme (c’est qui l’ennemi ? celui qui tue mes copains), d’un poil de rejet. Ce mental, on l’aime ou pas. Mais ça, on s’en fout. En avons nous besoin ? Avons nous besoin d’un groupe de citoyens prêt à mourir pour nous défendre ?

Mais ceci suppose que nous acceptions l’idée d’une menace. Si nous évacuons la menace, la réponse va de soi. Ce que nous n’aimons pas chez les militaires, c’est qu’ils nous voient menacés. Ils nous voient avec des ennemis alors que nous voulons que tout le monde nous aime.

On peut y croire….C’est vrai que quelques plaques de marbre ne grèveront pas le budget de la Défense..


On en reparlera….

jeudi 6 juillet 2017

JOURNALISTES AU RABAIS



J’y ai encore eu droit et ça me rend sauvage…Parce que la langue française est respectable et qu’elle est violée quotidiennement par des branlotins incapables. L’un de ces branlotins, ce matin, me fait un plan de merde sur je ne sais quel peuple décimé.
 Décimé !  en français, la décimation est un acte consistant à prendre un bonhomme sur dix et à l’executer..Décimer..un sur dix…L’étymologie éclaire.. C’est du latin… Et donc, moi, 10% de morts, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre.

Le mec (ou la gonzesse, chipotons pas) qui te parle ou écrit sur un peuple décimé, c’et pas un journaliste, c’est un (ou une) sinistre imbécile, un connard mal sorti d’une mauvaise école. En fait, il veut dire exterminé, mais, dans sa tête, décimé, c’est plus chic. C’est vrai, exterminer, ça sent l’artisan éradicateur de cafards. Sauf que le sens des deux mots n’est pas équivalent et que tu peux pas mettre l’un à la place de l‘autre.

Les journalistes au rabais, ça les gène pas. Les mots, ils s’en foutent, ils les connaissent pas. Y compris ceux de Cicéron…. Que n’a t’on pas lu sur la mélenchonienne citation de l’exorde des Catilinaires.. Jusqu’où, Catilina, abuseras tu de notre patience ? Pour plein de mecs, cette citation, banale, était une exceptionnelle découverte. On est loin de Jean-Hérold Paquis qui terminait ses discours par « l’Angleterre, comme Carthage, sera détruite » en référence au Delenda est, Carthago, du vieux Caton. C’était sur Radio-Paris entre 1941 et 1944.

Oserais je le dire ? Je préfère le vieux fasciste qui se réfère à Caton sans le dire, mais en assumant que son auditeur le sait, au branlotin qui a besoin de Mélenchon pour découvrir Cicéron. Parce que le vieux fasciste, il respecte ses auditeurs, il me respecte, il respecte ma culture, notre culture.. Le branlotin ne respecte rien et surtout pas moi qu’il prend pour un vieux con. C’est vrai, je connais mieux Caton qu’Instagram. Et Pandore m’évoque Hésiode, pas la maréchaussée. Mais quand vivras tu avec ton temps et jusqu’où abuseras tu de notre patience ?

Bande de cons, c’est mon temps… Un temps commencé il y a  trente siècles avec Hésiode et qui se poursuit.. Un temps où il y a de la place pour tous ceux qui veulent la prendre. Même Joey Starr ? Même. J’ai écrit ceux qui veulent la prendre..Il a le droit de pas vouloir. C’est vrai que c’est pas le temps des wesh-wesh de banlieue. Encore que…

Les branlotins, ils se décarcassent et me font chier, sur nos rapports avec l’Islam. Aucun ne me parle jamais de Rodrigue Diaz de Bivar.  C’est plus facile d’aller interviewer Tareq Oubrou.. En fait, c’est ça la question.. C’est plus facile.

Bande de merdeux…Si vous allez toujours au plus facile, votre marge de progression va flirter avec zéro.. Vous chiez sur Hésiode et vous jetez son contemporain Zénon aux orties.

Peut on vivre sans Zénon d’Elée ?


On en reparlera…

PS : tout journaliste affirmant qu'un peuple est décimé (et non exterminé) est une merde que son rédac chef doit virer sur l'heure

PS 2/ j'assume un total mépris pour ceux qui n'ont pas un minimum de culture latine

mardi 4 juillet 2017

COUSIN EDMOND

C’était le cousin de Maman. Le dernier représentant d’une lignée de pépiniéristes, paysagistes, jardiniers. Jardinier à l’ancienne qui refusait la mécanisation car elle mettait une distance entre la plante et son regard, mais qui devait l’accepter au nom des impératifs économiques. Les clients n’étaient plus prêts à payer de longues heures de travail. Il souriait : « Je propose toujours deux devis, un manuel et un avec le rotovator. Les clients prennent toujours le rotovator, il est moins cher. Et quand je leur explique que la machine est le meilleur moyen de multiplier les pissenlits et les chardons, ils ne me croient pas. Alors, je fais de la merde et je m’assure le chantier pour l’an prochain ». Avec lui, j’ai beaucoup appris. Avec lui, mais aussi Paul Maymou et Yves Delange. Trois fous de jardins.

« Ecoute moi bien. Si la plus belle plante du monde se naturalise dans ton jardin, tu l’arraches. Ou tu la déplaces. Un jardin n’est que le savoir et la volonté du jardinier. C’est toi qui décides, pas le vent ou un oiseau qui chie. »

Je ne garantis pas les mots, mais c’était le sens. Cette conversation dans la grande cuisine fraiche, je ne l’ai jamais oubliée. Et, à force d’y penser, je suis arrivé à la conclusion que l’art des jardins est le plus complet, le plus difficile, le plus exigeant. Le plus décevant et le plus gratifiant. Ne fut ce qu’à cause de sa dimension temporelle. Le petit truc que tu mets en terre à l’automne aura développé un mètre de végétation à la fin du printemps et sera couvert de fleurs. Cette évolution, tu dois l’intégrer à ton boulot. Mais aussi, celle des années à venir. Il n’y a pas de hasard. Et quand tu as la chance de voir les dessins des grands jardiniers du XVIIème siècle, les tracés de perspective qui n’ont atteint leur maturité qu’au bout d’un siècle, tu comprends que le hasard n’est qu’un emmerdeur. Un jardin n’est que la volonté du jardinier.

Surtout un jardin à l’anglaise. Plus que tout autre, il est fils du savoir. Rien n’y est laissé au hasard. Il offre cette apogée de la pensée, une image de la nature conçue par la culture. Car rien n’y est naturel, tout y est pensé, réfléchi, pesé. Cousin Edmond détestait qu’on touche au terrain, qu’on envoie des bulldozers corriger une éminence ou améliorer une perspective. Il croyait que c’était le boulot du jardinier. Il tolérait pourtant qu’on prépare des fosses pour les plantes acidophiles dont il était un spécialiste, mais c’était encore et toujours la volonté du jardinier. Le désir d’avoir des rhodos en fleur à l’entrée du printemps.. J’ai pensé à lui en Irlande. J’ai oublié le nom de la propriété où Barry Maybury m’avait emmené. Les couleurs de la famille étant le rouge et le blanc, les jardiniers avaient orné l’allée principale de deux rangées de rhododendrons, les rouges à gauche, les blancs à droite. Et à la floraison, les arbres étaient protégés par une fine gaze pour éviter toute pollinisation croisée. Une gaze assez fine pour que le but reste visible. Cousin Edmond aurait adoré bien qu’on soit chez des catholiques. Cousin Edmond était protestant et il avait pour le libre-arbitre une méfiance instinctive. Même le libre arbitre des plantes.

Naturellement, ceci exclut de l’art des jardins les jardins potagers et leurs alignements sinistres de plantes identiques. Ceux là sont des utilitaires auxquels manque la dimension esthétique. Il faut que Cyrano soit présent dans un jardin bien conçu. Une rose, à tout prendre, qu’est ce que c’est ? Un point rose sur l’i du verbe aimer. Tu te promènes dans un jardin avec la femme que tu aimes et, au moment où tu vas déclarer ta flamme, le jardinier a prévu un rosier dont les boutons sont parfaits de maturité. Ça marche pas avec les citrouilles, que Cendrillon le veuille ou pas.

Je suis chiant. Dans un jardin, je ne me laisse pas aller. Je compare, j’analyse. Putain ! il est bon le mec, il me fait une haie de potentilles, juste là, à l’endroit exact où leur abondance de jaune va me faire craquer. Ça ne m’empêche pas de faire des conneries, souvent par flemme. Les bougainvillées qui étaient si beaux ont crevé cet hiver faute de protection. Pas grave ! Je vais les remplacer par des plantes non gélives. Trachelospermum devrait convenir et j’aurais le bénéfice de l’odeur. C’est moi qui décide. Je suis jardinier et donc je suis Dieu.

Pour une fois….


On en reparlera

lundi 3 juillet 2017

LES PARACELS OU COMMENT REPRENDRE SA PAROLE.



Ça bouge en Mer de Chine. Tout ce que je lis est tiré du même tonneau où se mélangent avec bonheur les cépages de l’incompétence et les millésimes de la mauvaise foi. En gros, la Chine est accusée de s’approprier indument les îles Paracels

Aux Archives fort bien tenues du Ministère Français des Affaires Etrangères, tout un chacun pourra consulter et obtenir une copie du traité signé le 26 juin 1887 entre la Chine et la France représentant l’Empereur d’Annam afin de fixer les frontières maritimes et terrestres entre les deux pays.. Or, ce traité, en français et en chinois est très clair et stipule :

LES ILES QUI SONT A L’EST DU MÉRIDIEN DE PARIS 105°43 DE LONGITUDE EST SONT ATTRIBUÉES A LA CHINE ; LES AUTRES ILES QUI SONT A L’OUEST DE CE MÉRIDIEN APPARTIENNENT A L’ANNAM.

Le méridien de Paris étant à 2°20 à l’est de Greenwich, la limite fixée est donc aujourd’hui le méridien 108,03° est de Greenwich. Tracez la ligne : les Paracels appartiennent à la Chine avec l’accord des autorités françaises. C’est indiscutable.

Comment en est on arrivé à la situation actuelle ?

La politique a horreur du vide. Les Chinois ne s’étant pas installés sur les îles, la France y maintient une présence, allant jusqu’à y construire une station météo en1932. C’est que la guerre de 14 est passée par là et on a inventé le sous-marin qui change les paramètres stratégiques. Une note du Résident Supérieur en Annam l’exprime crûment en 1920 :

Ces iles constituent le prolongement naturel d’Hainan… une flottille de submersibles s’appuyant sur cette base pourrait isoler le Tonkin 
et l’attaché naval à Pékin enfonce le clou un an plus tard :
Bien qu’elles ne puissent être sans doute d’une grande utilité, elles gêneraient les communications si elles venaient à passer entre les mains d’une puissance maritime qui les utiliserait comme base

Bon. On a filé à la Chine un truc qu’on croyait inutile mais qui ne l’était pas. Faut revenir sur sa signature. Le Quai d’Orsay va s ‘y employer…

On commence donc par infléchir la position française et affirmer que le traité de 1887 concernait essentiellement la frontière terrestre et que la frontière maritime n’en était qu’un accessoire.

En 1937, une note au Ministre des Colonies indique

"Les dispositions du traité de 1887... n'avaient d'autre objet que de fixer la
frontière maritime entre la Chine et le Tonkin dans la région de Monkay,
en rattachant à la Chine quelques territoires et îles situés à l'Est de
l'embouchure de la rivière de Monkay et qui dépendaient autrefois de
l'Annam.
Il n’y a pas lieu de donner à la clause de 1887 une portée autre que locale.

Forcément les Chinois ne sont pas d’accord. Ils ne sont même pas d’accord pour un arbitrage. C’est signé, point barre. On cherche des solutions. Un certain Boissonnas suggère que la Chine pourrait nous les rendre en paiement de l’indemnité sur le chemin de fer du Yunnan. On tergiverse. Le Gouverneur d’Indochine écrit au Ministre :

Le gouvernement français n’a jamais renoncé à faire valoir des droits historiques et géographiques..seules des raisons d’opportunité se sont opposées à ce que ces droits fussent affirmés officiellement…
 Notre intérêt bien compris était de ne pas nous aliéner l’opinion chinoise..

Traduction : c’est le bordel en Chine, attendons de voir l’avenir. Et après la Seconde Guerre Mondiale, ça va donner une note au Ministère des Colonies :

Il parait préférable de différer le règlement du litige par voie juridictionnelle jusqu’à l’établissement d’une autorité gouvernementale unique et incontestée tant en Chine qu’au VietNam.

Normal. Le PCC a pris le pouvoir à Pékin et nous reconnaissons Taiwan tandis que Ho Chi Minh s’apprête à nous mettre à la porte.

1954, Accords de Genève. Les Paracels sont attribuées au Viet-Nam du sud par la même République française qui les avait reconnues chinoises.

Moi, j’attends de mon gouvernement qu’il respecte sa signature parce que c’est aussi un peu la mienne. La Mer de Chine devient une poudrière. J’attends de mon gouvernement qu’il calme le jeu et qu’il rappelle au gouvernement américain que, depuis 1975 et la chute de Saïgon, il doit rester sur l’autre rive du Pacifique et que la parole de la France, ce n’est pas du pipi de chat. J’attends de la presse qu’elle cesse de servir de porte-voix à la CIA et qu’elle donne à ses lecteurs des informations vérifiables.

Et la seule chose qu’on puisse vérifier,  c’est que les Paracels sont chinoises depuis 1887. Grâce à la France


vendredi 30 juin 2017

PEPY, LE PIRE

La petite grosse, elle est contente d’elle. Trois heures qu’elle nous cause. « Mesdames, Messieurs, ici Laurence, votre chef de bord, notre train est arrêté au milieu des voies, veuillez ne pas descendre… » Chef de bord !!! variation pepyenne du commandant de bord, ils n’ont peur de rien à la SNCF, et surtout pas du ridicule. Manque plus que l‘uniforme à galons, mais ça ne saurait tarder.

Après quoi, elle passe dans les wagons. « Etes vous satisfait de l’information qui vous a été donnée ? » Tous approuvent, désarmés par autant d’inconséquence. Tous, sauf le vieux con de service. Moi.

« NON..Mademoiselle, je n’ai pas payé un billet pour entendre vos fadaises et vos erreurs grammaticales. J’ai payé pour arriver à l’heure. Et nous avons trois heures de retard. Alors, vos conneries vous les gardez pour vous. » Quelques applaudissements. Ceux qui m’approuvent mais n’osaient pas…. La petite grosse, elle se démonte pas. « Mais Monsieur, il y a eu des incidents qui ne sont pas de notre fait.. »

Connasse !! Sur son uniforme, il y a marqué en gros SNCF. Alors analysons.

1/ un train en panne après Dax qui bloquait le trafic. Ce train, c’est bien la SNCF qui le fait rouler et s’il est en panne, c’est bien la responsabilité de la SNCF. Mauvais entretien ou que sais-je ? que je n’ai pas à savoir.

2/ un caténaire cassé entre Bordeaux et Libourne. Ce caténaire, il a été calculé par un ingénieur de la SNCF (ou de RFF, c’est pareil) qui n’a pas su le faire assez solide pour le trafic attendu. La SNCF est responsable et devrait virer le ringard. Le coup du caténaire, c’est la troisième fois en moins de six mois.

3/ après quoi, le Bordeaux-Paris direct s’arrête à Angoulême et Poitiers pour faciliter le voyage de braves couillons en carafe du fait des erreurs de la SNCF.

Dans les trois cas, la responsabilité du retard incombe absolument à la SNCF. Et donc à la grosse blondasse qui la représente.

Résultat des courses : 8 heures de voyage au lieu de 5 h. Moi j’appelle ça une rupture unilatérale du contrat de transport. Je remarque au passage que, il y a cinquante ans, le Sud-Express mettait huit heures pour faire le trajet. Comme aujourd’hui. 50 ans de progrès pour ça…

Pepy, c’est le pire dirigeant d’entreprise du moment. Chaque fois que je le vois plastronner à la télé, j’ai des boutons. Le mec, il me parle de trucs qui n’ont rien à voir avec son boulot.

Car son boulot, c’est que les trains soient à l’heure. Uniquement. Tout ce qu’il fait, les négociations, les analyses, les prévisions, doit tendre à ça : que les trains, tous les trains soient à l’heure. S’il vient me dire que 98% des trains sont à l’heure, je ne regarderai que les 2% qui manquent.

Pepy, il a une obligation de résultat. 100% à l’heure. Pas que les TGV, mais aussi les TER, les Intercités, les trains de banlieue, tout ce qui dépend de son incommensurable intelligence. Pas la peine qu’il essaye de me baratiner ou de me prendre pour un con. Il est grassement payé pour faire arriver les trains à l’heure, pas pour m’expliquer que c’est impossible.

Le soir même, je découvre avec horreur qu’il existe à la SNCF une direction chargée de gérer les remboursements liés aux retards et même un site internet dédié aux retards., le G30.

Monsieur Pepy, un bon manager, ce n’est pas quelqu’un qui gère les retards, c’est quelqu’un qui les supprime. Toute votre action devrait tendre vers la suppression de cette direction. Je vous suppose impliqué dans toutes les conneries statistiques que j’ai vu envahir le voyage depuis trente ans, au premier rang desquels l’ineffable yield management. Pour vos semblables, quelques pourcents de retards, c’est acceptable, statistiquement acceptable. Ben non. Un retard, un seul, peut faire échouer une affaire, ce qui n’est pas grave, détruire un couple, ce qui l’est beaucoup plus, bousiller une soirée entre  amis. Vos quelques pour cents acceptables,  ce jour là, pour moi et quelques autres étaient devenus 100% de pénalités. Inacceptables.

Monsieur Pepy, tant que  vous accepterez qu’un seul train soit en retard sur le réseau que l’Etat vous a confié, je ne pourrais pas vous considérer comme un bon manager. Monsieur Pepy, tant que vous considérerez qu’il est préférable d’informer, je ne pourrais pas vous considérer comme un bon manager parce que vos informations n’existent que pour autant que vous n’êtes pas à l’heure. C’est simple pourtant. : vous nous faites informer sur les retards que vous tolérez. Supprimez le retard, l’information devient inutile.

Pour l’heure, je travaille avec mon avocat favori sur ce sujet : la rupture du contrat de transport. Je demande à tous ceux qui ont vécu l’horreur que j’ai vécu ce jour de me contacter. Pour vous faire payer, Monsieur Pépy. Si nous sommes assez nombreux, nous vous mettrons à genoux et nous vous obligerons à faire ce que tout commerçant (ce que vous êtes) doit faire. Penser à ses clients. Tous ses clients.

Y compris ma copine Dolo que le retard en gare de Chatou pénalise tous les soirs. Pour vous, statistiquement, ce n’est rien.. Pas pour elle.


On en reparlera….

mercredi 14 juin 2017

A CAUSE DES FEMMES

Bon, voilà, le premier jet est terminé. 260 feuillets bien denses qu’il faut reprendre ligne à ligne et gratouiller pour donner une cohésion stylistique.

Mon premier roman ! Historique et médiéval. Avec un sujet tellement contemporain que, parfois, la plume a dérapé. Faut que je trouve un éditeur et ça, ça va pas être coton, les filles que je décris ne sont pas de Brooklyn.

Globalement, le sujet est toujours le même. Le déplacement détruit, surtout le déplacement de populations. Je vous la fais courte.

Nous sommes au début du XIIème siècle. Deux grands rois, Gaston IV de Béarn et Alphonse 1er le Batailleur d’Aragon-Navarre débutent le volet oriental de la Reconquista, la reconquête de l’Espagne sur les Maures. Non, c’est pas une charge islamophobe, j’ai bien précisé qu’il s’agissait de déplacement de populations. Les arabes, ils sont là depuis cinq siècles. Plutôt figés que déplacés, les copains.

Les deux reconquérants, ils sont pas tout à fait assez costauds alors ils battent le rappel des parents et alliés et les chevaliers affluent de tout le royaume franc. D’abord les voisins, Aquitains, Languedociens, Provençaux mais aussi les Flamands, les Champenois et les Normands de Rotrou du Perche. Dame ! C‘est une croisade décrétée par le Pape, donc tu gagnes le Paradis et tu gardes le butin et les terres que tu as prises. Le bénef, il est spirituel et matériel, ça se refuse pas.

Le déplacement de population, c’est celui là. Un gros paquet de costauds du Nord qui arrivent au Sud. Pour toi, ça change rien, c’est des chrétiens, c’est tout pareil.

Ben non. Les Pyrénéens, ils ont un truc, ils pratiquent la primogéniture absolue. Ça veut dire que l’aîné hérite quel que soit son sexe. Les filles ont les mêmes droits que les garçons. Les Francos, ils sont plus sélectifs. Ils suivent les règles saliques, c’est l’aîné des garçons qui hérite.  Règles d’hommes adaptées au monde des hommes et si t’es pas contente, on va régler ça sur le pré.

Mais, vont dire mes copines, c’est dégueulasse ! Ouais, j’admets. Le mouvement commencé à la prise de Saragosse va durer un siècle, jusqu’à la bataille de Muret, où la chevalerie franque va détruire presque toute la noblesse languedocienne. Là, on finit le boulot et on change la langue, tout en détruisant les archives. On sait jamais.

Le mouvement se poursuit. Les Nordistes continuent à envahir l’Hispanie et les terres romanes, surtout en été, mais l’essentiel est fait depuis près de dix siècles. Et la religion n’a rien à y voir.

C’est juste pour rappeler cette vérité première. Quand on déplace les gens, on déplace les cultures et elles ne sont pas toutes compatibles, ni réductibles à une seule dimension. Et l'oppression des femmes, c'est pas d'hier et ça vient pas du Sud.


254 feuillets pour ça !!! Faut ce qui faut, non ?

dimanche 4 juin 2017

NOUVELLES FRONTIERES

La force des grands livres, c’est qu’ils donnent les réponses aux questions qui se poseront plus tard.. Parce qu’entre nous, répondre à une question qui se pose, c’est très con.. Les sciencepotards et les experts font ça en permanence. Mais répondre avant, c’est plus futé.

J’entends autour de moi des tombereaux d’âneries sur Trump, le climatosceptique. Moi, avant de dire qu’il est con, je cherche un synonyme. Trump n’est pas con, il est américain.

Et donc, je repense à Daniel Boorstin et à son Histoire des Américains traduit en 1981 chez Armand Colin (le vieux librairie vous informe, chez Laffont, c’est une réédition et je n’ai pas comparé les textes, ne croyez pas Wikipedia).

Il nous dit quoi Boorstin ? Que l’histoire des Américains est sous-tendue par l’obsession de faire reculer la frontière. Ça va jusqu’à Kennedy expliquant que l’espace est la « nouvelle frontière » qu’il convient de repousser. Or, quand tu peux, sans cesse, repousser la frontière, ça veut dire que tu n’as plus de limites.

Et quand Trump dit aux Américains que l’accord sur le climat est une limite qu’il va faire reculer, les Américains approuvent. C’est leur histoire. Ils vivent dans un monde fini comme s’il était infini. Voilà deux siècles qu’ils rusent avec la limite, en collant la variole aux Indiens des Plaines ou en bricolant des fusées. Des fois,ils prennent une baffe, mais ils s’en vantent pas. Par exemple, quand les Chinois leur disent que la frontière, c’est la côte du Pacifique à l’Est de l’océan. Pas à l’Ouest vu qu’à l’Ouest du Pacifique, c’est la Chine. Ils ont rusé, ils ont colonisé les îles Sandwich, ils ont aidé Formose, ils ont pris pied au Japon et bloqué Okinawa et Guam, mais c’est rien que des ruses. Ils ont essayé, ils essayent encore, c’est plus fort qu’eux, il faut qu’ils déplacent les bornes.

Trump et le climat, c’est ça. On sort de l’accord et on va déplacer les bornes. On se démerdera bien avec les Indiens. Or, les Indiens, c’est nous. On n’a aucune chance d’expliquer à quelques millions de rednecks que le monde est fini, limité. Ils rigolent. On leur a dit pour le pétrole, ils ont trouvé le pétrole de schiste. Déplacer la frontière encore.

Boorstin nous donne une clef, une clef qu’on ne peut pas utiliser vu qu’on ne peut pas concevoir comment marche la serrure. Le seul qui ait compris, c’est Jacques Maillot quand il crée Nouvelles Frontières.et transforme un concept en marque commerciale.

C’est pas après Trump qu’il faut râler. Toute l’Amérique est responsable. Tous les Américains qui pensent que leur mode de vie doit être étendu à toute la planète.
Sans limites


On en reparlera…

vendredi 19 mai 2017

JOURNALISTES A CREDIT


 Alors, le truc qui marche aujourd’hui, c’est la défense de la liberté de la presse contre le méchant Macron et ses demandes liberticides.. Je précise que je n’ai pas voté Macron, estimant qu’un banquier dérégulateur n’était pas ma cup of tea.

Mais qu’a dit Macron qui provoque l’ire des bien-pensants. ? Que n’importe qui ne suivrait pas ses voyages. Et donc il convient de rappeler quelques vérités premières.

Première vérité : le journaliste tout terrain n’existe pas. Un journaliste, c’est un carnet d’adresses, des réseaux, des contacts, toute une machine à faire sortir et remonter l’info. L’un des premiers que j’ai connu était l’immense Lucien Bodard. Lui, son boulot c’était la Chine et l’Asie du Sud.. Si Lazareff lui avait proposé un reportage en Patagonie orientale, il se serait fait envoyer sur les roses. Idem pour Jean Lacouture. Egypte, Vietnam, il faisait, pas l’Ecosse du nord. On appelle ça conscience professionnelle : je travaille sur les sujets que je connais mieux que les autres et je mets mon savoir à la disposition de mes lecteurs. On pourrait accumuler les exemples venus d’un autre temps.

La liberté de la presse, c’est ça : permettre aux meilleurs de creuser un sujet, présenter des discours occultés, mettre en évidence le détail qui fait sens.

Seconde vérité : les présentateurs ne sont pas des journalistes, comme les maisons de la presse ne sont pas des librairies. Le présentateur, c’est juste une belle gueule qui met en forme les infos recueillies par d’autres. Une sorte de maquettiste. Journaliste, c’est chercheur d’or : manipuler des tonnes pour recueillir quelques pépites. Un journaliste, c’est un monomaniaque

Caricature : Pascal Praud qui alterne talk shows politiques et sportifs et passe sans souci de Matignon au Stade de France et de Macron à Deschamps. Ou bien il a une équipe colossale pour ratisser le terrain, ou bien il fait pas son boulot à fond. Vu que Bolloré ne les attache pas avec des saucisses….

Troisième vérité : qui commande paye. Le journaliste en déplacement officiel, il est invité. Rincé, payé. Moi, je trouve pas choquant qu’un mec, fut-il Président de la République, n’ait pas envie de voyager avec un autre mec qui ne peut pas le blairer, le dézingue à la première occasion ou pue de la gueule…..Surtout si c’est lui qui paye le voyage. Je tiens le pari que ces zozos qui hurlent au non respect de la liberté de la presse ne sont pas respectables (professionnellement), pas au niveau, tout simplement et qu’ils avancent masqués derrière des principes qu’ils ne respectent pas.

Je pense à des trucs , comme ce branlotin qui m’a dit une fois : Ho ! c’est bien suffisant pour mes lecteurs. Suffisant ? Elle est où la suffisance ? Mais je pense aussi à des pros, comme Maurice Denuzière ou Jean-Michel Durand-Souffland qui passait des semaines à préparer leurs reportages. Ils venaient à la librairie chercher des livres et des noms, ils lisaient, interrogeaient et partaient quelques semaines plus tard, imprégnés du savoir qu’ils avaient accumulé. On est loin du cliché du reporter bouclant sa valise en une heure…

Si on m’avait dit, il y a quinze jours, que je défendrais Macron, j’y aurais pas cru..


On en reparlera…

jeudi 18 mai 2017

AYMERIC CARON, LA PENSÉE DÉFICIENTE

 C’était dans Libé ; hier…. Une tribune du très grand journaliste Aymeric Caron contre l’investiture de En Marche donnée à Marie Sara, ex-Madame Henri Leconte., au motif qu’elle a tué des toros. Aymeric Caron est vegan et en tire une large partie de son infime gloire. Ancien correspondant de guerre, Aymeric Caron est déjà occulté par le souvenir de son homonyme, Gilles Caron, qui a eu le bon goût de se faire tuer  au Viet-Nam, comme le correspondant de guerre qu’il était vraiment.

Un bon journaliste n’occulte aucun fait.. Et donc, rappelons à Aymeric Caron que le premier chef d’Etat moderne à prôner le végétarianisme s’appelait Adolf Hitler. Peut on en conclure que vegan et barbarie nazie sont liés ? Je ne le ferais pas ; ce serait indécent. Caron, lui, n’hésiterait pas s’il trouvait dans la fange ce type d’argument.

Il est copain avec Matthieu Ricard qui fut aussi le grand copain de Robert Ménard quand il s’agissait de défendre la cause tibétaine. Vieille alliance entre les Teutons rhénans et les lamas du Brahmapoutre (http://rchabaud.blogspot.fr/2014/02/les-verts-et-les-bruns.html). Aujourd’hui Caron déteste Ménard.

Quand Ménard organisait les manifs contre la flamme olympique chinoise, il était soutenu par Matthieu Ricard et par le chef de cabinet de Delanoé, un certain Nicolas Revel, par ailleurs demi-frère de Ricard, secrétaire général adjoint de l’Elysée en tandem avec Macron, nommé récemment patron de l’assurance maladie ce qui laisse mal augurer de l’avenir des CPAM. Ménard, devenu inutile, a été jeté par ses anciens amis. Caron est resté du côté du manche, comme toujours, et s’est reconstruit une bio présentable.


Ces imbéciles de parents sont entrainés dans ce genre de conneries par les pseudo-intellos qui utilisent la rhétorique pour donner la mort. « Lait végétal », c’est un oxymore vu qu’il est impossible que le lait, substance animale, soit végétale. Les coupables ne sont pas des parents décérébrés mais ceux qui truquent, trichent, dévoient les mots pour inventer des concepts qui les arrangent.

Dans sa bio Wikipédia, Caron affirme tenir de sa mère un « côté protestant ». Ça fait bien le protestant, ça fait honnête et rigoureux. Pour avoir été élevé par une mère protestante (avec même des pasteurs dans la famille) et formé par un directeur de thèse protestant (Roland Barthes), je me permets de rigoler car je sais que le protestantisme ne pousse pas pareil à Nérac, chez Jeanne d’Albret, et dans les Provinces-Unies. Faut dire que le confit de canard n’est pas exactement le hareng fumé et qu’un petit Buzet n’est pas une bière, fut-elle d’abbaye. Je ne parlerai pas de sexualité, ça nous entrainerait trop loin, avec Gide à Tanger, par exemple.

Ceci permet d’ouvrir le rideau. Les mots écrasent la réflexion et, grâce à la télé, on sait désormais que parler, c’est penser et que les présentateurs sont des journalistes. Caron peut toujours reprocher à Marie Sara ses toros. Il sait bien que personne n’ira lui reprocher les enfants dénutris, parfois jusqu’à la mort, que son babillage crée. Avec son réseau, il avance à bas bruit, cache ses forfaits, élimine ses amitiés gênantes et lisse avec affectation sa séduisante mèche.

Tu veux dire quoi, là ? Que c’est une ordure ?

J’ai dit ça ? moi ?


On en reparlera….

samedi 13 mai 2017

LE RENOUVEAU

Jadis on avait une règle simple d’évaluation : dis moi d’où tu parles..
Pour Macron, ça fonctionnait bien : banque d’affaires à main gauche, Elysée à  main droite. Deux lieux de parole qui ne laissaient aucun doute quant à ce qui nous attendait.

Et donc on savait que la discursivité macronienne n’avait qu’un seul but : préparer les discours suivants, ceux qui seraient écrits pour expliquer que, les choses étant ce qu’elles sont, il faut oublier les premières promesses.

Il fait fort le petit nouveau.. Il se place en candidat du renouveau et il appelle au secours ce cancre de Bayrou, quarante ans de politique, tous les postes possibles, de maire à ministre et dont les électeurs locaux ne veulent plus tant ils le trouve calamiteux. L‘homme qui a transformé l’UDF, second parti de France en Modem, un parti qui peut tenir ses congrès dans une cabine téléphonique. Même son vieux copain Lassalle n’en veut plus. Bayrou, c’est le renouveau-Emmaus, donnez une nouvelle chance à vos appareils usés.

Chez lui, il vient d’annoncer les investitures du renouveau. On a une vieille militante de tous les partis, trente ans de vie politique, qui nous prouve qu’enfin le renouveau est possible après la ménopause. La jeunette de service ouvre un autre volet : elle est fille du président du conseil départemental. C’est le renouveau népotique. Comme ce jeune maire, fils de l‘ancien maire.

J’en ai vu quelques autres du même acabit, où on recycle de la vieille copine, chargeant de préparer la société de nos enfants à des nanas trop vieilles pour en faire. (Paraît qu’on ne doit pas dire ça, je m’en fous,c’est dit). Le népotisme, il est entré dans les mœurs, il a été normalisé ; on trouve normal qu’un fils d’ouvrier soit ouvrier, et donc normal qu’un fils de maire soit maire.

Il y a des chiffres qui font peur. Je lis qu’après l’élection, EM a reçu près de 20 000 demandes d’investiture, soit une bonne quarantaine par circonscription. Preuve qu’il y a eu beaucoup de couillons pour y croire et se voir en hussards du renouveau. Que derrière, la machine à activer les réseaux se soit mise en marche, c’est normal. Où irait on si les amateurs piquent les jobs des professionnels ? D’ailleurs, le renouveau va fonctionner. Le nouveau Président va piquer des vieilles charrues à droite comme à gauche. Sarkozy nous l’avait déjà fait ce qui nous avait permis d’avoir Kouchner au Quai d’Orsay.

Poudre aux yeux et rideau de fumée. Il paraît que Frédéric Mitterrand trouve Macron émouvant dans sa fragilité. Et c’est un connaisseur qui parle, un homme qui a toujours été ému par les petits jeunes. Quand tu as été associé chez Rothschild, tu n’es pas fragile, tu es un prédateur et dans le cas qui nous occupe, un prédateur choisi par ses pairs, et donc moins fragile qu’eux.

N’attendons pas le nom du Premier Ministre. Lui sera choisi avec soin pour incarner le renouveau. Regardons derrière la cohorte des prébendes à maroquin qui viendra recycler des vieux expérimentés, des conseillers copains d’école et des fils de…

Donnons le coup de descabello. Macron est fidèle à lui même. Comment un gérontophile peut-il incarner le renouveau ? Quand il était en culottes courtes, sa femme votait déjà pour Bayrou..


On en reparlera..d’autant que  j’ai l’âge désormais de me moquer des vieux.

lundi 24 avril 2017

LES CHIFFONNIERS DE LA DEMOCRATIE



Bien, la moulinette à conneries est à  nouveau en marche ;

« La mort des partis classiques » : pipeau !!! Ils sont là, avec leurs militants, jeurs locaux, leurs budgets, leurs caciques. Et ils seront là aux législatives pour faire les chiffonniers de la démocratie.. Leurs sortants vont rejoindre Macron, vêtus de probité candide, au motif de s’opposer au FN, excuse minable pour récupérer leurs prébendes et leurs postes. J’attends de voir ce que va faire ma députée chérie.. Elle avait déclaré publiquement : « Il y aura un avant et un après Macron". La semaine dernière, elle m’affirme, le yeux dans les yeux : « Macron, c’est un hold up » et il m’a fallu lui rappeler que, quand tu donnais les clefs du coffre à quelqu’un, c’était pas vraiment un hold up. Ce matin, je suis prêt à  parier qu’elle aura l’investiture Macron avec bénédiction de Flamby. Et elle ne sera pas la seule.

« Macron est un homme seul » : pipeau !!! Banquier chez Rothschild, Macron a un réseau fabuleux et du fric à gogo. Il est là parce que l’oligarchie pète de trouille devant la montée des populismes qui sont, aujourd’hui, la seule menace pour ses profits. Le capitalisme financier est basé sur la libre circulation du fric, des marchandises, des personnes. C’est ainsi qu’il s’enrichit. Bloquer et/ou contrôler les flux, c’est affaiblir Wall Street. D’où l’idéologie diabolisante. C’est rigolo, il y a cinq ans, tout le monde approuvait le Corrézien priapique qui disait que son ennemi était la finance. Aujourd’hui, les mêmes approuvent Macron qui est le candidat de la finance.

Rappel historique : Pompidou, ancien de chez Rothschild, comme Macron, a fait passer en catimini en 1973, la loi qui donnait la Banque de France aux banquiers privés, privatisant de facto la création de monnaie et la souveraineté nationale. On peut aimer se faire enculer, mais c’est mieux quand c’est clairement exprimé.

« Fillon a été battu par la presse ». Pipeau !! La presse s’est contentée de ressortir les infos dont on l’a abreuvée. Qui ? On s‘en fout. Le programme de Fillon était un danger car ultralibéral. Il contenait en germe une fracture sociale qui pouvait ramener le FN au premier plan. Trop, c’est trop. Macron fera glisser les choses.

Moi qui suis un vieux marxiste, j’attends Mélanchon au tournant. Le FN est le seul moyen de lutter contre le capitalisme financier et, en tous cas, le seul moyen de créer un choc, ces chocs indispensables pour que l’Histoire avance. Un bon homme de gauche pense d’abord à faire avancer la Révolution et, dans ce cas précis, seul le FN peut y aider. Si Mélanchon est un homme de gauche, il doit raisonner comme moi. Ou alors, c’est qu’il est satisfait d’être entre les mains de Wall Street, ou empêtré dans son discours humaniste mielleux. En tous cas, il est pas trop léniniste. A Tours, il aurait voté comme Léon Blum, cette icône de la gauche qui a laissé crever la République espagnole.

Bon, c’est pas bien de voter Marine, c’est pas humain…La politique, c’est pas un jeu de curés, c’est un combat d’assassins. Quand le PS vote en bloc la loi El Khomry, les assassins prennent le pouvoir. Les victimes sont tous ceux qui vont perdre leur boulot, entre autres. Etre humain, c’est protéger l’humain contre les structures qui le menacent. Si tu joues l’oligarchie contre l’humain, tu as choisi ton camp camarade…


On en reparlera.

jeudi 9 mars 2017

JOUER AU FLIPPER


 Tous les joueurs de flipper le savent. Il y a deux messages possibles :

Game Over. Fini, on met la main à la poche pour continuer.

Same Player shoot again : encore une chance !!

Les jeux vidéo ont magnifié ces messages en permettant le perpétuel retour en arrière, le retour au moment où tout allait bien, au point de rendre Game Over caduque.

Les jeux vidéo signent la mort de la civilisation judéo-chrétienne en détruisant le rapport au temps qui lui est consubstantiel. La plupart des religions avant le judaïsme ont une conception cyclique du temps, et , par dérivation, de la vie. Ce sont des petits bras intellectuels. Les saisons reviennent selon un cycle, les plus savants observaient le ciel et le retour des configurations astrales, ils ne peuvent pas voir autrement : le cycle et le retour deviennent une logique que confortent d'imparfaites observations.

Le judaïsme et ses dérivés (dont l’Islam) prennent le contrepied. Il y a un début (la Genèse) et une fin.. Le cercle disparaît, remplacé par la ligne. Ce qui ôte l’homme de la nature. Les cycles sont naturels, le temps est humain.

Les petits bras intellectuels continuent à privilégier le cycle qui leur donne des repères. On a déjà vécu et donc, on peut le revivre en étant mieux armé. Comme dans Sim City.

A chaque crise, les journalistes évoquent 1929. A chaque reculade démocratique, Munich apparait. Les économistes adorent les cycles, comme les journalistes ou les informaticiens. Le cycle est mesurable, la ligne ne l'est pas.

Le cycle permet la redondance, la répétition, le babillage. Le vocabulaire quotidien suit. On peut rebondir. La vie donne une seconde chance. Same Player shoot again. 

Ben entendu, c’est faux. On n’a pas une seconde chance. On vit d’autres circonstances de la même vie. Car il y a une différence : l’espoir de vie des chances. La « nouvelle chance » que tu trouves à cinquante balais, elle va durer moins que l’ancienne. T’as intérêt à te bouger le cul… Et à inventer la vie que tu n'as jamais eue. Si u fais comme avant, tu te planteras comme avant

Le judaïsme a détruit notre rapport à la mort. Pour les Orientaux, c’était simple : un nouveau cycle et tu reviens. Les monothéistes, ils ont inventé la vie éternelle et la résurrection des corps. Fallait pas casser l’espoir du croyant de base.

Le retour du cercle, on le voit, on l’entend partout. Le cycle nous revient comme mode de réflexion avec ses scories comme la compassion universelle ou la vie vegan. L'écologie réintroduit l'homme dans la Nature.Le rapport à la mort change de nouveau.


On refuse Game Over.

mercredi 1 février 2017

Henry Beyle

J’ai pas fait d’études « politiques ».. A mon époque, la politique était pas objet d’études. Y’avait qu’une école de « sciences politiques » mais on savait bien que c’était pas une science, rien à voir avec la physique quantique. Et donc, pas une école.

Moi qui reste un littéraire, je pense à ce bon Stendhal qui a écrit :

« Le meilleur système politique est la tyrannie tempérée par l’assassinat »

Avant de hurler, lisez avec soin. Analysez ce « tempérée » qui introduit dans la phrase une délicate scansion. Il nous dit quoi Stendhal ? Que l’assassinat est inséparable du destin politique. Il y a une logique. Faire de la politique, c’est prendre des décisions qui vont impacter la vie des citoyens. Les choix du politique vont en enrichir certains, en appauvrir d’autres. Ceux qu’on enrichit apprécient. Les autres non. Et les autres, ils vont vouloir se venger.

Ha ! mais non….

Ha ! mais si…

Si tu organises la vie des gens, tu peux aussi organiser leur mort. Si tu t’imagines qu’ils vont accepter que tu les tues sans moufter, ce que tu te gourres, fillette, fillette.

L’assassinat politique est consubstantiel à la politique parce que l’homme politique est un destructeur de vies. Ce choix qui va créer quelques centaines de chômeurs, c’est l’homme politique qui le fait. Les familles détruites, les vies qui basculent, sont de son fait. Il ne peut pas s’en laver les mains. On ne joue pas au Monopoly.

Et donc, il doit payer. Parce que ses erreurs détruisent des vies, il doit mettre sa vie en face. Et il ne peut pas dire qu'il ne savait pas. Il a tous les éléments pour savoir.

La mort est le prix.

Tu veux être élu pour décider de la vie des autres ? Alors n’hésites pas à mettre ta  vie en face. Sinon le choix est pourri. Tu détruis sans risques.

J’admets de confier mon sort à des gens. J’admets qu’ils se trompent. Je n’admets pas qu’ils ne payent pas leur erreur.

Je n’admets pas que la mort ne soit pas au rendez-vous. Parce que c’est vie contre vie. On arrête de barbeusteiller.


J’aime Louis Barthou





mardi 31 janvier 2017

ET SI ON AIMAIT TRUMP?

Je pense beaucoup à un dessin de Reiser en ce moment. Le pseudo-orgasme d’une pute vietnamienne griffant le dos du GI qui la baise pour y écrire US Go Home.

C’était une couverture de Hara Kiri Hebdo aux temps où les capitales européennes se couvraient de manifs contre l’impérialisme américain.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je comprends mal la mobilisation actuelle anti-Trump. Ce mec est un bonheur. Tout seul et en peu de temps, il va réussir ce que des milliers de militants n’ont pas réussi à faire en un demi-siècle : détruire les USA.

Il a déjà réussi à fissurer la société américaine. Certes, elle l’était avant lui  mais il se maintenait une fiction selon laquelle les red necks de l’Alabama et les bobos de Greenwich Village partageaient certaines valeurs. Tout ça vole en éclats, Trump exprime crûment cette vérité : il y a deux Amériques irréconciliables. On va pas rentrer dans les détails, mais c’est dit. Le Kentucky applaudit à l’interdiction de visas pour les Yéménites, Silicon Valley hurle au suicide. Silicon Valley dont la belle santé financière est une insulte aux difficultés des villes industrielles en déshérence. Ce qui, notons le, justifie d’autant plus la menace : voyez tous ces étrangers aux indécents salaires qui pompent le fric de l’Amérique, votre fric. Renvoyons les chez eux et gardons le fric.

C’est le fonctionnement même du populisme : retourner les arguments pour renforcer sa position. Et donc, un boulevard s’ouvre devant Donald et va lui permettre toutes les erreurs, toutes les conneries. La destruction des USA est en marche, cinquante ans après la chute de Saïgon. Pas la peine de m’engueuler, de me dire que ça ne marchera pas, qu’il y aura un sursaut, ou que sais je encore ? Je n’ai pas voté Trump, je me contente d’observer. Ce que je vois, c’est que les réseaux sociaux ne servent à rien, que la mobilisation citoyenne est inefficace et que, tout ce qu’on me vend depuis des années comme des instruments de progrès vers un avenir meilleur ne fonctionne pas. Parce que, réseau ou pas, derrière ton ordinateur, t’es tout seul. Et qu’un individu seul ne va jamais bien loin. On te fait croire que t’es un groupe, mais c’est faux, ton groupe n’existe pas. Il est virtuel. Inexistant. Quand tu pètes, personne ne sent.

Avec Trump, les USA vont disparaître parce que la pseudo-modernité va disparaître et qu’elle est le seul moteur économique du capitalisme moribond. Quand tes principales forces économiques s’appellent Facebook ou Twitter, t’es moins puissant que quand c’est Lockheed ou Gruman. Les USA ont préféré investir dans Twitter que dans Lockheed. Il va falloir payer. Un pays ne se défend pas en échangeant des bisous ou des likes mais en échangeant des baffes.

Mais, méééhhh…. C’est ça la modernité. On est civilisés, on n’échange pas de baffes. C’est exact. Mais si le mec en face te colle une baffe, tu fais quoi ? Concrètement. Tu le supprimes de tes amis Facebook ?

Trump, il est niqué grave. Il va le découvrir. Il va découvrir que son armée n’est plus la plus puissante du monde. Il va même découvrir que ça n’a jamais été le cas. Jour après Jour, il va s’apercevoir qu’il ne peut plus faire que les USA soient « Great again », que toutes les cartes sont biaisées. Il va devoir s’adapter et il va accumuler les erreurs, tout simplement parce qu’il n’est pas prêt. Pas prêt à découvrir le réel.


On en reparlera

samedi 28 janvier 2017

FILLON ET LA CORRIDA

Il m’est revenu un fait en mémoire. Quand il était un jeune politique aux souliers d’avenir, Fillon venait assez souvent voir son cousin Philippe. A Bayonne. Et Philippe ou Jean Grenet qui était alors notre bon Maire, l’invitait à la corrida.

Il y montrait un plaisir non dissimulé. Et je suspecte Philippe de l’avoir initié avec soin et patience car il en est fort capable.

Du jour où il a été Premier Ministre, fini, terminé. A priori un Premier Ministre ne doit rien partager avec Leiris, Picasso ou Hemingway .Je soupçonne dans cette absence la patte d’un communicant mononeuronal qui lui a soufflé, le con, qu’il pourrait y perdre des voix.

On y est. Je veux dire dans la perte de voix. Et pas qu’un peu.  Rien à voir avec les epsiloniques votes des sympathisants peu sympathiques du CRAC qui doivent représenter moins de 0,3% des suffrages nationaux. J’ai mis nationaux pour avoir un chiffre. Si tu passes au sud de la Garonne, on plafonne à 0,1%.

Ce qui est chiant avec les communicants, c’est qu’ils sont sympathiques et, par voie de conséquence, on ne peut pas les traiter de cons. Ils sont cons parce qu’ils ont l’obsession d‘un triangle qui va de la rue Saint Guillaume à la rue de Lille et à la rue Malard (ça, c’est un clin d’œil à ceux qui regardent la vraie actualité). En gros, les communicants communiquent d’abord à l’adresse des autres communicants et des journalistes, le monde des sciencepotards prompts à détester Trump et la corrida.

Il se trouve, pseudospécialistes, que les électeurs ne fonctionnent pas comme vous. Que Fillon aille voir tuer un toro, ils s’en foutent. Que Pénélope prenne 9000 euro par mois, ça, ils ne s’en foutent pas. Ce qui peut vous paraitre, à vous, comme un salaire « normal », est pour eux un scandale. Elle n’a rien en face, ni profil, ni diplômes (sa fiche Wikipedia la donne pour « avocate de formation »),ni talents, ni carrière. Rien que le fait d’être la femme de son mari, discrète épouse aux talents cachés.

Communiquons comme Charlie Hebdo  « Elle était payée pour se faire embourber ». C’est pas joli ? j’ai pas trouvé pire, sur l’instant. Mais ça, c’est ce que les électeurs voient et comprennent. C’est pas le langage de la rue des Saints-Pères, c’est l’analyse du Bar du Commerce à Meymac ou Pont-à-Mousson. A Pont-à-Mousson, c’est peut être le Bar de l’Industrie.

Je l’ai déjà dit des dizaines de fois. Les hommes politiques (femmes inclues) ont cessé de parler au peuple. Quand ils font des efforts, ça sonne faux, comme Mélenchon, par exemple. Parce qu’ils prêtent au peuple des sentiments qui ne sont pas les siens, exprimés par des mots qui ne sont pas les siens. Tout faux. Quand je vois Hamon imiter Macron en hurlant façon Troisième Reich, ça ne trompe personne. Regardez Trump  il n’imite pas Adolph. Marine non plus.

Je vous le dis, on n’a pas fini de se marrer.


On en reparlera

mardi 3 janvier 2017

FEIGNONS D’EN ETRE L’ORGANISATEUR

C’est une citation de Jean Cocteau qui est désormais le leitmotiv des politiques de tout bord

Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur

C’est assez clair et j’y pensais ce matin en lisant Sud-Ouest qui s’émerveille de l’augmentation démographique de la « Nouvelle Aquitaine ». Premier point, cette Aquitaine n’est nouvelle que pour ceux qui ne savent rien de l’Histoire. Elle correspond, peu ou prou au Duché de Poitiers au XIIème siècle. Y’a plus nouveau, sauf pour Rousset qui est moderne et fait du nouveau avec de l’ancien.

En lisant ça, je pensais au vieux Xavier de Planhol, l’un des plus intéressants géographes français que plus personne ne lit car il était plutôt de droite et être caractérisé « faf », ça condamne une pensée, même si elle est intéressante et structurée.. Nous sommes aux temps où l’étiquette suffit pour parler.

L’un des thèmes de recherhe de de Planhol, c’était la naissance des villes au Proche-Orient, leur développement et leur capacité de polarisation, c’est à dire de structuration d’un territoire. Doit on dire que c’est un sujet parfaitement actuel dont certains géographes font leur miel sans jamais citer de Planhol. S’appuyant sur le données géographiques, de Planhol décrivait très tôt des migrations saisonnières, des bouts de population qui allaient dans les montagnes du Liban chercher la fraicheur l’été. Un pré-tourisme, 2000 ans avant notre ère.

Ces migrations ont continué avant de culminer au XIXème siècle dans la fréquentation balnéaire des « têtes couronnées ». Sissi la tubarde sur la Côte d’Azur, Napo et sa montijotte à Biarritz. Quand ces gens là se déplacent, leurs copains viennent leur rendre visite. Leurs copains mais aussi tous les lèche-culs qui ne peuvent s’éloigner du pouvoir. Attention : ils ne viennent pas lécher les culs, ils viennent pour d’excellentes raisons rabachées à l’envi par les hygiénistes. La douceur du climat, le soleil qui tue les bacilles, l’air marin qui décrasse les bronches. Que le soleil favorise le mélanome, ils le savaient pas. Ils savaient pas tout, mais ça allait.

Après, y’a plus qu’à attendre. Les lèche-culs, ils continuent à venir vu qu’ils ont acheté la maison pas loin de la tête couronnée, et puis leurs enfants viennent pour rentabiliser l’investissement, puis leurs petits enfants, qui finissent par t’expliquer qu’ils sont d’ici alors qu’ils votent à Neuilly. Lèche-culs, radins, menteurs, ça fait de belles générations pour le CAC 40. Année après année, le stéréotype gonfle et embellit, le cadre fait comme son patron et achète une villa en banlieue du balnéaire pour pouvoir lécher le cul à son tour. Bon, on s’éloigne un peu du palais d’origine  mais si tu vas à Soorts tu peux toujours affirmer aller en vacances sur la Côte basque. Y’a que moi qui râle, ça va pas bien loin.

Le tropisme est en marche. Les vacances, c’est au Sud, pas au Nord. La retraite emboite le pas. La population gonfle, plus exactement, elle fait de la gonflette, les populations allogènes ou exogènes agissent comme les endorphines chez les haltérophiles.

Le politique local, il voit ça, il éructe « Qu’est ce que je suis bon, ils viennent chez moi ». Il refuse de voir qu’il peut faire n’importe quoi, comme construire une grosse merde sur la Grande Plage à Biarritz, le mouvement n’en sera pas inversé.

L’action des politiques compte moins que la vision mise dans la tête par les médias, vision toujours simplificatrice ou simplifiée, amplifiée par les hordes de couillons de base qui balbutient leur bonheur d’être venus dans ce quasi-paradis. Parenthèse : après trente ans de tourisme, je continue de constater que personne, jamais, n’affirme s’être trompé sur le choix d’une destination et avoir passé des vacances de merde.

Et donc, les politiques font semblant d’avoir organisé une croissance qui ne leur doit rien. Alors qu’ils ne font rien et poursuivent leur aménagement basé sur un état des lieux obsolète ce qui explique que les plans de circulation ou l’aménagement des parkings ne tiennent jamais compte des variations saisonnières, ni des prévisions de croissance. Ne parlons pas des réseaux d’épuration ou de la politique culturelle.

Avant de voter, pensons y. Aurons nous des candidats avec une vision intelligente, structurée, cohérente, ce qui signifie aussi une vision limitative car aucune croissance, jamais, ne s’est poursuivie ad libitum.

C’est une simple question d’équilibre. On ne peut imaginer une croissance démographique basée sur le bétonnage du littoral.

En fait, on ne peut imaginer une politique dont le maître mot est « feignons ».


Parce qu’on ne feinte pas avec le réel.