jeudi 15 novembre 2018

LA TVE......UNE VRAIE TAXE

Je comprends pas. Je rumine une idée simple et je ne comprends pas pourquoi personne n’y a jamais pensé.

On devrait créer une TVE, une Taxe sur la Valeur Ecologique. Mécanisme simple que j’imagine avec les limites administratives actuelles vu qu’il faut pas se compliquer la vie. On ferait payer en fonction de la distance. Au départ le produit hors taxes. Puis :

1/ acheté dans le département de production : pas de taxe.

2/ acheté dans la région de production : taxe + 5%

3/ acheté dans le pays de production : taxe + 10%

4/ acheté  en Europe : taxe + 15%

5/acheté ailleurs : taxe + 20%

Pas se compliquer la vie et pas discuter. T’es maraîcher dans le sud des Landes, tu vends au Pays basque, tu payes. Même si faire venir des fraises de Capbreton, c’est moins loin que de Pau. Dans l’ensemble, ça se régulera. Y’aura des gagnants et des perdants. C’est vrai que certains départements seront pénalisés. Les Landes où il y a plus de producteurs que de consommateurs sont un bon exemple. Pour faire plaisir aux énarques, on peut imaginer un ratio producteurs/habitants qui s’appliquera. Ça sera convenable pour nos administrateurs parce qu’indémerdable. Tout ceci suppose qu’on travaille sur la nourriture, mais on s’en fout : on mange deux fois par jour et on n’achète jamais de chars de combat. Dispenser les chars de combat de TVE n’affectera pas mon budget. Le tien, je sais pas, mais j’imagine.

J’ai pensé à ça en regardant manœuvrer le gros camion qui, toutes les semaines, vient approvisionner le Biocoop à côté de chez moi. Les volutes de fumée endiésélée qui embaumaient l’espace m’ont paru incompatibles avec le préfixe Bio de l’enseigne, va savoir pourquoi.

C’est une idée acceptable parce qu’elle n’emmerde personne à part les acheteurs de la grande distribution qui vont devoir apprendre la géographie. On peut moduler si l’Europe renâcle et considérer que le Bade-Wurtemberg c’est comme l’Alsace ou le Gipuzkoa comme l’Aquitaine. Ça ne changera rien sauf aux marges.

En revanche, l’idée doit bouleverser la géographie des transports. Au lieu d‘acheter des tomates à Almeria et  de les faire transiter par Rungis pour livraison à Bordeaux, on s’approvisionnera directement à Marmande. C’est con ! On n’y avait pas pensé avant !! Les producteurs d‘outre-mer ne seront pas vraiment impactés. Plutôt moins que leur concurrents exotiques, en tous cas.

Les vrais punis seront les habitants des métropoles, ces lieux où on consomme plus qu’on ne produit, mais comme, en général leurs revenus sont supérieurs, ce sera un simple rééquilibrage qui incitera peut être les citadins à préférer le fromage de brebis d’Auvergne à l’héllénique feta.


On en reparlera….

dimanche 11 novembre 2018

LE ROBIN ET LE RABBIN

Puisqu’on parle de Brésil, parlons de Bernanos. Il a calmé la colère que j’avais contre Cassin. Ici, à Bayonne, tous les six mois, on a droit à un hommage à Cassin, surnommé le Bayonnais universel, alors qu’il est moins connu que son compatriote Didier Deschamps.

Cassin, comme beaucoup de Prix Nobel, est une vieille ordure. Pour comprendre ce quasi-blasphème, il suffit de comparer deux textes : la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 et la Déclaration Universelle qu’il a élaborée en 1948. Cassin réintroduit dans sa déclaration des droits comme le droit à la religion que la Convention avait délicatement évacué. Bernanos a bien regardé la genèse de la Déclaration et il y voit une opposition déterminée entre Rousseauistes, fanatiques de l’Homme et Robespierristes obsédés par la préservation de la puissance de la Nation. Et il est patent que les Robespierristes ont tenu la dragée haute à leurs adversaires, de 1789 à 1948. Il n’est d’article où le mot de Nation n’apparaisse.

Quand Madame Roosevelt, chargée du problème dans le cadre de la préparation de l’ONU, confie le problème à Cassin (et à Stéphane Hessel) elle doit glisser quelques instructions contre lesquelles il ne s’indignera pas (Hessel non plus) car le cassinien résultat est un crachat à la figure des Constituants. Cassin réintroduit l’homme de Rousseau dans la Déclaration qu’il transforme subrepticement en Déclaration des Droits de l’Individu. La Déclaration de 1789 mentionnait inlassablement l’Homme(comme concept, non comme genre) et le Citoyen (membre d’une Nation). La Déclaration de 1948 parle seulement de « personne » et admet que cette personne puisse être victime de la Nation. Ainsi le Citoyen est évacué et le triomphe des Rousseauistes est total.

Au moins dans les mots. Les pays « démocratiques » étaient sur-représentés. Cassin, pour plaire aux communistes, ajoute « collective » à « propriété ». Pour les musulmans et les protestants, il admet les manifestations publiques de la religion. Ce sont les droits de Cassin qui permettent aujourd’hui de considérer que la liberté de parole de l’individu surpasse l’intérêt de la Nation et permettront demain, peut-être, de punir le blasphème, droit imprescriptible de l’Homme.. Sauf aux yeux de Madame Roosevelt

Dans l’enthousiasme provoqué par la création de l’ONU, ce glissement sémantique est passé inaperçu, d ‘autant que l’ONU s’était doté d’instruments de coercition qui manquaient à la SDN. On créait une société d‘Etats que leurs citoyens pouvaient attaquer sur des fondements discutables puisque le postulat était que l’Etat menaçait la personne, ce qui semble paradoxal. Il suffit que la doxa s’empare d’un cas et la condamnation est inévitable.

Prenons un cas précis. Le Pakistan adopte la charia comme base juridique. Rien dans la charte onusienne ne l’interdit. Au contraire. L’ONU va accueillir dans ses rangs, l’Inde, le Pakistan ou Israel, pays qui ne font pas mystère de leurs racines religieuses. Cassin l‘a permis. A parti de là, on peut imaginer que ces Etats vont menacer les personnes qui ne partagent pas l’opinion dominante. Oui, mais dans ce cas, ça ne marche pas. Parce que la doxa internationale n’est pas dans le coup. La doxa internationale, c’est celle des USA. Celle qui admet que c’est pas bien de condamner une chrétienne qui a bu de l’eau musulmane (comme si l’eau pouvait avoir une religion), mais qu’on peut enfermer des citoyens qui ont enfreint un interdit religieux.

Tout ceci est passablement incohérent. 60 ans après son admission,  on reproche au Pakistan une attitude qui était en germe dans la dite admission. Quand un Etat se crée sur des bases religieuses,  il va de soi que ceux qui ne partagent pas cette religion seront des citoyens de seconde zone. Mais les Droits de  l’Homme version Cassin l’admettent. Ainsi l’Etat n’est plus une menace vis à vis de croyants différents dans la mesure où il privilégie les croyants qui soutiennent l’Etat.

Cette éradication des critères religieux est devenue la pierre de touche de l’humanisme. On admet que les Saudiens peuvent fouetter un blogueur opposant, par exemple. « On » ce sont les autres membres de l’ONU qui sont censés partager les mêmes valeurs. En réalité, ce qui compte, c’est la majorité. Le système cassinien permet de condamner en tout état de cause car il est aussi peu fiable qu’une religion.

Le hic, c’est que Cassin n’avait pas prévu que les religions deviendraient prégnantes et que leur hiérarchie changerait, au point que la religion est désormais clivante puisqu’elle est acceptée, admise, valorisée. Curieusement, on parle d’états musulmans, mais jamais d‘états chrétiens.

Bref, Cassin  a foutu le bordel en démontant les « vrais » droits de l’Homme, ceux de la Révolution, pour les remplacer par une soupe de mots où les dieux surnagent avec les croutons. Juriste, Cassin était aussi israélite : le robin a t’il cédé au rabbin ?


On en reparlera

mercredi 7 novembre 2018

PRIVÉ-PUBLIC (SUITE)

Bon, la vérité se fait jour. Même dans Sud Ouest. J’y apprends ce jour que 25% des cliniques privées du pays sont au bord du dépôt de bilan. Hé bé !!!

1/ les mecs, ils sont sur un secteur protégé. Leurs clients discutent pas les prix vu que c’est la Sécu qui paie. Bon, ils ont pas les meilleurs praticiens qui sont en CHU mais ça allège leur masse salariale.

2/ ils n’ont aucune obligation. Pas d‘enseignement, pas de recherche, pas de contraintes administratives. Pas d‘intervention complexe non plus. Le privé réalise seulement 4% des transplantations du pays. Les actes de radiologie interventionnelle, délicats et bons pour la Sécu, sont exclusivement du domaine du public.

Ceci pour dire que tous ceux qui vont bêlant que le privé gère mieux que le public devraient fermer leur clapet.

En l’espèce, le privé s’est emparé d‘un service citoyen (la santé) pour y puiser de la rentabilité. Ce n’est pas nouveau. Dès le 19ème siècle, il existait des cliniques privées qui concurrençaient l’hôpital public avec un succès certain. Les temps changent et changent les outils.

La création des CHU en 1958 va bouleverser la donne. L’Etat admet que les divers visages de la médecine doivent cohabiter : les CHU intègrent les activités de soins, d’enseignement et de recherche. Ils attireront mécaniquement les meilleurs praticiens, les meilleurs enseignants et les meilleurs chercheurs, en s’appuyant sur le système sélectif des concours d‘internat.

Dès lors, la concurrence privé-public est morte. Le privé est incapable d‘intégrer à son modèle les activités de recherche et n’a pas les compétences pour l’enseignement. Les subsides de l’Etat lui échappent.  Le système a un effet pervers : la médecine se coagule dans les métropoles régionales qui accueillent majoritairement les CHU. La désertification des provinces en est renforcée. Dans les ville moyennes ou sub-moyennes, les cliniques privées seront assez vite à vendre et commencera la valse des fusions sous l’égide de groupes spécialisés (Capio, Clinifutur, Elsan, etc…).

Il faut bien constater que la santé n’est pas une marchandise. Si c’était le cas, nos valeureux gestionnaires issus des meilleures écoles, afficheraient des résultats flamboyants. En réalité, ils se préparent à faire appel à l’Etat lequel serait stupide de mettre de l’argent dans le secteur privé quand le secteur public a également du mal à assumer en plus ses missions d’enseignement et de recherche.

Dès qu’on sort du strict intérêt du citoyen (santé, éducation, énergie, transports), le libéralisme montre ses insuffisances et ses lacunes.
 Beaucoup (dont moi) pensaient au moins que le privé faisait du fric. Même pas vrai.

Encore un truc à ridiculise le Medef.

On en reparlera…