jeudi 15 octobre 2015

ETRE DE GAUCHE

Je n’ai plus de repères. Aucun. Je suis cerné par des gens autoproclamés à gauche dont la pensée me laisse pantois.

Aujourd’hui, être de gauche, c’est être contre la corrida et pour les petits noyés kurdes. C’est vivre dans une bouillie compassionnelle façon Dalaï Lama. Je dis pas ça par hasard. Tous les prétendus opposants au FN qui vomissent sur Robert Ménard l’adulaient quand il soutenait les Tibétains. Et ne se posent aucune question. Ho ! c’est le même mec. Tu crois que quand il dalaïlamaïsait, il pensait différemment ? Rêve, c’est ton droit… Mais les Tibétains, t’aime bien. Ils permettent de dire pis que prendre de la Chine et de te draper dans la toge des Droits de l’Homme, si tant pure et virginale.

Que les inégalités croissent, que le droit du travail soit bafoué tous les jours, que la base même de la pensée de gauche (la justice sociale et économique) soit foulée aux pieds laisse les bobos-gauchos splendidement indifférents. C’est qu’originellement, la pensée de gauche est une réflexion sur la réduction des inégalités économiques. Or, l’actuel fils de Jaurès, le plus souvent cadre ou profession libérale, vit de ces inégalités. Assis sur des diplômes dont l’acquisition repose sur la reproduction sociale (oh ! Bourdieu) et qui lui assurent de tranquilles revenus, il a remplacé l’analyse économique par un ressenti humaniste. Nous vivons le temps de la gauche Kleenex.

La gauche actuelle se satisfait de son unidimensionnalité : l’homme de gauche aujourd’hui est uniquement et seulement consommateur. La consommation, bonne ou mauvaise (durable, locavore, voire bio) est devenue la pierre de touche de sa pensée. La réflexion écologique vient se lover dans les circuits de consommation alors même que l’on sait que toute consommation est, par essence, capitaliste : être écologiste devrait être anticapitaliste.

A cette aune, la gauche actuelle vient s’abriter frileusement sous les ailes repliées de la sécurité offerte par l’oligosphère gouvernementale. On nous offre chaque jour plus de policiers, plus de contrôles, plus de répression. Répression qui semble être dirigée contre les dynamiteurs de notre bien-être mais qui se retourne facilement. Comme toujours, la police est plus souvent engagée contre les mouvements populaires que contre d’invisibles terroristes. Et donc, on se bat plus facilement pour les « droits de l’homme » que pour les droits du peuple. Au point de voir des scènes aussi hallucinantes que cette foule réunie en hommage à Charlie et embrassant les forces de la répression. 1984 n’est plus si loin. Dans sa tombe, Reiser, fils du peuple, pleure.

Le problème des migrants concentre toutes ces tendances. Le peuple sait bien que l’arrivée des migrants va impacter son budget. Pour loger, soigner, nourrir, accueillir, on ne va pas taper dans le budget de la police mais dans la partie sociale du budget. Les pauvres savent bien qu’on va leur demander de payer. Il suffit alors de les stigmatiser. La machine idéologique tourne à plein régime avec son effet pervers, celui de rassembler tous ces stigmatisés..

Pendant le bordel, la gauche au pouvoir légifère. Franchement, déréglementer les taxis, à qui ça profite ? A ceux qui prennent des taxis. Toute la loi Macron doit être analysée ainsi : à qui ça profite ? L’accueil des migrants, à qui ça profite ? A part aux migrants, je veux dire. Aux patrons qui ont besoin d’une tension sur le marché du travail ? Certainement. A la grande distribution qui a besoin de consommateurs supplémentaires. ? Certainement aussi mais, dans ce cas, les nouveaux consommateurs vont appauvrir les anciens. Il va falloir s’adapter….. On n’a pas fini de râler contre la malbouffe et les produits pourris. Et les modes d’abattage. Parce que franchement, accepter le hallal et refuser la corrida, c’est pas très cohérent, je trouve.

Et donc, sondage après sondage, l’extrême droite monte, gonflée des voix de ceux à qui on fait les poches. Aujourd’hui, c’est le FN qui représente un espoir de justice sociale. Pas la peine de se poser des questions, de se lâcher sur Facebook avec des formulations ridicules style F Haine. Vous avez détruit l’espoir du peuple, ce peuple qui se cherche un avenir. Et quand meurt l’espoir, la haine s’invite.

Sur Facebook, j’écoute plein de conversations sur le prix du vin. Avec des copains qui trouvent qu’un vin bio à 10 euro, c’est vachement bon et pas cher. 10 euro ! Ce peut être une définition du peuple : ceux qui ne peuvent pas mettre 10 euro ans une bouteille de vin.

On en reparlera…

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