vendredi 2 mars 2018

THISSU DE LACUNES ET BÉTHISES GASTROS

Une fois, je lui ai téléphoné. Un copain de l’INRA avait servi d‘entremetteur. Il venait de sortir son premier livre, chez Belin (une référence, Belin) et ses directions de recherche m’intéressaient. Ma question était simple, je cherchais de la bibliographie. Comme tout le monde, quand un truc me turlupine, je fais la biblio, pour commencer.

Ce qui me turlupinait, c’est qu’il m’arrivait, pour le fun, de faire cuire ensemble (et donc au mêmes conditions) de la ventrèche industrielle et de la ventrèche du copain Lahargou, obtenant deux produits radicalement différents, surtout au niveau du gras dont l’un restait pâle et livide quand l’autre prenait la couleur  dorée de la peau d‘une blonde bimbo sur la plage de Biarritz.. Sans parler du goût, incomparable. Résultats différents signifiait, à mes yeux, produits différents au départ. Et donc, je cherchais de la biblio pour savoir si on pouvait discriminer les produits. Si un scientifique avait le droit de travailler sur de la matière différente  et de publier des résultats équivalents. Membre d’une association de défense du foie gras, il ne pouvait pas ignorer que le foie n’est pas le même quand les espèces sont différentes.

Il m’a envoyé sur les roses. Poliment, courtoisement. Un canard est un canard, un cochon est un cochon. Ma question était sans intérêt. J’ai essayé de dire que le résultat entre le jambon d‘un Large white danois  et le jambon d’un cochon pie des Aldudes n’était pas le même, il n’en a pas démordu. Moyennant quoi, plus doué pour la com’ que  pour le goût, il a imposé la cuisine moléculaire. Je viens de lire un papier dans Libération où il range mes interrogations au niveau du fétichisme. Il vient d‘une famille de psys. Merci Papa !

Bon. Les copains, vous savez. Votre boulot sur le terroir, sur les races anciennes,  sur la cuisine traditionnelle, c‘est du fétichisme, c’est à dire une déviation sexuelle. Du moins  accepte t’il que nos goûts manducatoires ont à voir avec l’orgasme. C’est déjà ça. Ses disciples l’avaient suggéré. Thierry Marx plaide pour le bouddhisme qui est une religion du minimum et de l’abstinence.  Mes copains, il se mettent pas à table pour bouffer comme des maîtres de zen ou des moines chartreux. Ou bouffer des soupes d‘orties comme Milarepa. D‘ailleurs, Hervé This est membre d‘une association gastronomique qui valorise l’ortie. Tout se tient.

J’avais alors mis son impasse sur le compte de son établissement d’enseignements. L’INRA est un établissement lié financièrement à l’industrie agroalimentaire et à l’agriculture productiviste. Le genre qui cherche a créer de la nourriture artificielle permettant de garder le label bio comme si elle état naturelle. Quand ton labo est payé par Delpeyrat, tu sers Delpeyrat. Faut bien vivre… Et renvoyer les fétichistes à leurs déviations.

Il revient donc au premier plan avec la cuisine « note à note » sans penser qu’un accord, c’est plusieurs notes en même temps, sauf sur le galoubet instrument traditionnel et fétichiste. Quant à moi, que lui demanderai je aujourd’hui ? L’article de Libération m’a suggéré une voie de recherche à laquelle il n’a pas du penser. En lisant l’article, moi le fétichiste, je me suis aperçu que j’étais resté au stade anal car la question qui me taraudait était : « Mais qu’est ce qu’on chie quand on mange comme ça ? »

J’admets, c’est trivial. Mais la fonction de la nourriture, c’est d‘être digérée, d’apporter des nutriments et de voir le reliquat évacué. On mange pour chier. Surtout que le bonhomme affirme se battre pour nourrir l’humanité qui, notons le, ne lui en demande pas tant.

J’imagine donc une étude coprologique sérieuse et documentée sur ceux qui se nourrissent note à note. On aurait du le faire pour la cuisine moléculaire. M’est avis qu’on aurait eu des surprises. J’ai presqu’envie de créer un page Facebook « Les chieurs du note à note » pour recueillir les témoignages. Mais je suis trop fainéant et la polémique avec un scientifique truqueur soutenu par la FNSEA m’épuise d’avance.


On en reparlera…

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