mardi 22 novembre 2011

ALLAH ET ALAOUITES

Bon. Je me suis fait engueuler pour mon précédent texte. Il paraît que je soutiens un dictateur. Ça, on me l’a déjà dit. A propos de la Chine notamment.

« Dictateur », c’est d’abord une étiquette. Cherchez, il y a plein de définitions. Toutes assez floues, souvent contradictoires, et toutes discutables. En général, la discussion finit par « Allez, fais pas le con, tu sais bien ce qu’on veut dire ».

Ben non, ça va pas de soi. Sois précis, je comprendrais.

A priori, Bachar Al Assad est un dictateur. Il concentre les pouvoirs, s’appuie sur l’armée et entretient une répression assez sauvage. Ce que je voulais dire, c’est que tout ça n’est pas bien, mais que je considère que c’est un moindre mal. Ou pour être encore plus clair, que le remède risque d’être pire que le mal.

Bachar Al Assad est alaouite. En clair, il appartient à une minorité religieuse. Comme tel, il sait ce que veut dire une religion dominante. Pour lui et les siens, c’est la potence. Bien que les hérésies n’existent pas vraiment dans l’Islam, les Alaouites sont considérés par les tendances majoritaires comme apostats et certains théologiens un peu excessifs ont appelé à les détruire. Ces bagarres théologiques, je m’en fous. Je vais pas vous dire que les Alaouites ne voilent pas leurs femmes ou qu’ils sont proches de l’ismaélisme (l’Aga Khan, c’est pas un sauvage). Ce sont de piètres arguments.

Ce que personne ne veut voir, c’est que la rébellion syrienne est une tentative fort bien menée des musulmans les plus orthodoxes, chiites et sunnites mélangés, pour prendre le pouvoir en Syrie. Les Turcs ne s’y sont pas trompés qui soutiennent le Conseil National Syrien. Il faut que la Syrie revienne au sein de l’Islam militant. Et si on peut détruire les Alaouites, ce sera tout bénef. On en profitera au passage pour éradiquer le christianisme, virer les Arméniens et faire le ménage.

La Syrie est le dernier rempart de la démocratie au Proche-Orient. Ecrire ça va m’attirer encore des engueulades. Bachar Al-Assad n’est pas un modèle de démocratie. Mais du moins protège t’il des minorités ce qui n’est pas le cas de l’Iran voisin. En Irak, l’Occident a contribué à détruire le parti Baas qui s’accrochait encore à ses principes de laïcité. Si la Syrie tombe, le prochain domino sera le Liban. Le cercle se referme autour d’Israël que les Frères Musulmans égyptiens ne tarderont pas à menacer au sud. Je n’ai pas une sympathie particulière pour le sionisme mais compte tenu du rapport de forces dans la région et du mental particulier du gouvernement israélien, tout sera prêt pour la grande explosion.

On ne fait pas de politique avec de bons sentiments. Il faut un peu de rigueur dans l’analyse et ne pas chouiner dès qu’il y a un peu de sang versé. En se demandant si un peu de sang, c’est pas mieux que beaucoup.

Et ne pas dire que un peu, c’est encore trop. L’angélisme peut être criminel. En 1917, les angélistes croyaient à l’avenir des mencheviks. Ça a duré six mois.

On en reparlera....

Aucun commentaire:

Publier un commentaire