dimanche 5 juillet 2015

LES PETITS, LES SANS GRADES

Bon. Je me fais pourrir sur FB au motif que j’aurais été méprisant avec les petites communes. Ça va loin. Mon cher beauf m’appelle de Grèce car quelques notables l’ont informé pendant ses vacances que j’étais en plein déconnage. Ben dis donc ! Si j’avais su avoir tant de soft power…

J’ai dis quoi ? Que pour gérer les territoires on agrégeait les grandes villes (ou villes moyennes) avec des villages, histoire de mieux traiter des transports et des déchets. Mais que le fait d’entrer dans un ensemble plus large ne rendait pas ces petites communes plus grandes.

J’ai même précisé ma pensée en comparant avec l’Europe. On s’allie avec la Slovaquie et la Lithuanie mais ça ne donne pas à la Lithuanie le poids de l’Allemagne. Or, il paraît que c’est méprisant. Ben non. J’admets avoir été un peu rigolard : je pensais au Général De Gaulle. T’imagines que la Slovaquie tente d’empêcher la France de faire ce qu’elle veut ? Il aurait aimé, tiens, le Vieux Général !

En fait, c’est dans la tête des gens. Je vais prendre des exemples simples. Tu habites Arbonne (2000 habitants), on te colle dans une intercommunalité avec Bayonne (45 000 habitants). Du coup, tu te crois Bayonnais.. Ben non. Le fait d’être regroupé ne te fait pas grandir. T’es toujours une petite chose, un appendice, un rajout pas forcément désiré.

T’es surtout une complication. Vu que t’es loin, tu vas compliquer la gestion des transports et des déchets. Va falloir envoyer chez toi des bus coûteux, vides la plupart du temps, de gros camions poubelles. Le plus souvent, l’intercommunalité te permet d’accéder à des services que ta petite taille ne te permet pas de t’offrir. C’est un cadeau qu’on te fait. Un gros cadeau.

T’es un banlieusard. On pense pas à Arbonne quand on parle de banlieue…Et c’est vrai qu’Arbonne c’est pas Saint Ouen. Mais pourtant, géographiquement, c’est une banlieue, une annexe de la ville. Te vexe pas. On va pas changer les mots.

La banlieue, on dira ce qu’on veut, mais c’est vachement confortable. Tu as accès à tous les services de la grande ville sans avoir à les payer. Quand tu t’installes dans ton village au foncier si bon marché et à la fiscalité plus légère qu’un string brésilien, il n’y a rien, mais c’est pas grave. A quelques tours de roue, il y a les lycées de la ville, les terrains de sport de la ville, les salles de spectacles de la ville. Avec l’intercommunalité, c’est mieux : on rajoute les bus, les poubelles, le service des eaux et autres broutilles. In fine, t’as le beurre et l’argent du beurre.

Juste un exemple : ma députée (je sais, c’est pas vraiment ma députée, mais j’ai le droit d’avoir un cœur). Elle habitait Tarnos, bourgade improbable qui porte l’histoire prolétarienne et se veut désormais aussi balnéaire que Biarritz. Jolie petite maison avec jardin, mais bureau dans un quartier chic de Bayonne, non loin du Barreau où elle était inscrite. Le beurre et l’argent du beurre. Elle aime bien la corrida, mais il n’y a pas d’arènes à Tarnos. Pas grave, Bayonne est là.

Et donc, ce n’est pas être méprisant de dire qu’une commune est petite. C’est un simple constat. De dire que sa petite taille n’en fait pas un pion incontournable du territoire. Elle a tout à perdre à ne pas y être. Comme la Slovaquie a tout à perdre à ne pas être en Europe, ce qui relativise son poids dans la politique européenne.

C’est juste une question : qui a le plus à gagner dans les regroupements territoriaux? les métropoles qui fédèrent ou les appendices que l’on fédère ?

Moi, je regarde, assez froidement et je donne ma réponse.

OK. On n’a pas le droit d’être froid quand on parle de la vie des gens. On n’a pas le droit d’être froid du tout. Ainsi va le monde. C’est pourquoi il va mal.

On en reparlera….

PS : je suis comme ça...je n'ai aucun affect sauf pour quelques membres de ma famille et quelques amis chers.J'ai compris depuis longtemps que les baffes qu'on te donne ne laissent pas de traces sur ma peau. Et je ne vis pas au conditionnel. Ne me demande pas : et si c'était toi ? C'est pas moi. Point barre.Parce que SI, c'est d'abord une note de musique.

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