samedi 22 août 2015

TU PRENDS OU TU LAISSES

J’aime bien les réactions sauvages. Mes copains restaurateurs, ils en ont après TripAdvisor ou La Fourchette, en ce moment. Comme quoi, c’est des sagouins qui écrivent les avis. Ben oui. C’est même la règle du jeu.

Quand je travaillais pour le père Routard (c’est une sorte de père Fouras en à peine moins vieux), à la fin du boulot, j’envoyais d’un côté une note avec les heures passées à écrire et une autre note avec les factures (hôtels et restaurants) payées. Réglées rubis sur l’ongle. Vérifiées : si tu mettais un restau sans antériorité et sans facture, ça branlait au manche, vu la suspicion de copinage.

Internet a gommé tout ça. Les minets écrivent gratos et présentent pas la facture. C’est bon, ça fait du contenu. Du contenu merdique, mais qu’y faire ? C’est de la liberté d’expression. Que savent ils ces critiques autoproclamés ? En général, rien. Pas grand chose des produits et rien de la profession. Mais Internet leur donne le droit d’écrire. Ce qu’ils veulent. Quand ils veulent. Comme ils veulent. Libres. Libres d’écrire des conneries que liront des gens tout aussi incompétents qu’eux mais qui vont s’en satisfaire. Surtout que lire est aussi gratuit.

Il ne vient plus à l’idée de personne que recueillir de l’information, la contrôler, la publier, coûte de l’argent. L’info, c’est gratuit. Faut pas s’étonner que le web regorge de stupidités. Gratuites, ce qui est leur qualité essentielle.

Il ne vient plus à l’idée de personne que c’est ce que nous voulons. Tous. On veut dé-ré-gu-ler. Le restaurateur qui adore Uber, il ouvre la voie à TripAdvisor.

Tout ça me dit un truc : Le Chapelier a enfin gagné. Pas besoin d’apprendre, pas besoin de savoir. Juste savoir communiquer.

Tiens, taxi, justement. Pour être taxi, fallait passer un exam. Prouver qu’on connaissait Paris. Ho ! ça va pas. C’est pas essentiel. C’est pas savoir qui compte, c’est simplement le prix et la disponibilité. Forcément s’il y a exam, la disponibilité se retrécit. Et puis Macron (je dis Macron, c’est pour mettre un nom), les exams, il connait. Ceux qu’il a passé, c’est les bons exams. Tu vas pas comparer Sciences Po à un examen de taxi ?

Si. Un exam, c’est pour montrer qu’on maîtrise un sujet. Si c’est un CAP de pâtissier, t’es censé maîtriser la pâte à choux. C’est pas aussi cador que la législation européenne, mais bon, c’est une garantie. Je dis ça, parce qu’on m’a offert des choux venant d’un spécialiste de la pâte à choux. Le mec, il s’appelle Poppelini, il te demande de manger ses choux avec amour, mais sa pâte, elle est dégueu. Total manque de souplesse, et même une sécheresse qui laisse penser qu’il y a du surgelé là-dessous. Le lendemain, c’était pire. Du carton. Rien à voir avec les choux de Madame Fernandez (cherchez pas, c’est fermé).

Les mecs de TripAdvisor, ils ne maîtrisent rien. Ceux d’Uber, non plus. C’est pareil.

Et donc tu peux pas accepter Uber et refuser TripAdvisor. Tu prends ou tu laisses. Tout. Et tout en même temps Tu choisis le monde des mots ou le monde des choses.

Tu choisis vu que tu peux pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

Je sais, c’est dur. Il va falloir que tu acceptes que écrire sur Internet, c’est pas écrire. C’est utiliser un clavier pour causer comme au Café du Commerce.

Normalement, sous chaque texte, tu peux retrouver les influences. Savoir qui cause sous celui qui fait semblant de causer.

Tu crois que mes conneries sont naturelles ? Ben non. J’essaye avec difficulté de me rapprocher de quelques stylistes, pas nécessairement acceptés comme tels.

Mais, bon, ça nous éloigne….

On en reparlera…




Aucun commentaire:

Publier un commentaire