vendredi 15 avril 2016

LA MARQUE ET LE TERRITOIRE – AU VOLEUR !!!

Le hic dans le fonctionnement d’Atout-France, c’est l’appropriation des territoires par le biais du nom. Le Ministère des Affaires Etrangères a créé 20 « marques-territoires ». Passons sur le fait que ces « marques » ne sont pas définies : à qui appartiennent-elles ? Tous les spécialistes s’accordent à dire que leur utilisation doit être collective. Sur les aspects juridiques, c’est le flou absolu.

Dans la mesure où il s’agit de promouvoir le territoire, la marque-territoire est une marque commerciale. D’où les premières questions : qui va la déposer ? à qui va t’elle appartenir ? qui va en contrôler l’utilisation ?

La marque choisie est Biarritz-Pays basque. Est elle indissociable ou pas ? Si Mauléon veut faire des affiches avec Mauléon-Pays basque, est ce que Biarritz contrôlera la marque et pourra l’interdire ? Ce point est fondamental et pas seulement pour le tourisme. Il est hors de question que Biarritz contrôle l’utilisation du syntagme Pays basque. En caricaturant, on pourrait imaginer que l’EPCI Pays basque devienne l’EPCI-Biarritz Pays basque !! Il faut que ce point soit formellement éclairci et que la municipalité de Biarritz renonce à tout contrôle sur le second syntagme de la marque, même en cas de désaccord.

Imaginons. L’Aviron Bayonnais remonte en Top 14 et s’y défend valeureusement. Un sponsor s’engage à condition que l’équipe devienne Aviron bayonnais-Pays basque. Peut on l’interdire ? Je pose la question parce que la marque pourrait être un moyen détourné de revenir à une fusion que tout Bayonnais sérieux refuse. Je crois même que cette marque sera utilisée à de telles fins.

Bien entendu les brandeurs officiels vont expliquer que ce sont de fausses questions (un brandeur – avec un D pas un L – est un spécialiste de l’utilisation des marques) et qu’on s’arrangera toujours en jouant collectif. Sauf que jouer collectif quand un joueur a l’atout dans sa manche, ça ne marche pas.

Les oppositions sur les marques à l’INPI sont essentiellement basées sur le « parasitisme » du déposant, i.e. sa volonté d’instaurer la confusion dans l’esprit du public. Parasitisme. On ne saurait mieux dire.

Comme le coucou, Biarritz a déposé ses œufs dans le nid du Pays basque. Désormais, c’est à tout le territoire de se mettre à la disposition du parasite. Les vases communicants sont prêts pour que Biarritz siphonne à son gré la culture basque en fonction de sa politique et de ses besoins. C’est ça qui nous pend au nez. Un vol en bande organisée. Depuis 1994 (c’est la date donnée par Sud-Ouest), la mairie de Biarritz vérifie les horaires de la diligence. L’heure est venue du grand dépouillement. On t’a reconnu Veunac, enlève ton bandana.

Depuis deux/trois jours, des responsables me posent la question : qu’est ce qu’on peut faire ? J’ai envie de leur dire : c’est un peu tard. Mais ce serait faux. L’heure est au sursaut et à la bagarre. Qui passe par des démissions, des coups de gueule et plus si affinités. Je ne ris pas : quand on se fait dépouiller, il faut réagir. S’allier avec le diable ou cogner tout seul. Je verrais bien Bayonne déposer à l’INPI la marque Bayonne-Pays basque, histoire de filer un coup dans la fourmilière. De les obliger à sortir du bois. Tiens, je pense à la gueule de MAM si Saint-Jean-de-Luz se trouve interdit de marque basque !! Avec Chantaco inclut dans une offre golf Biarritz-Pays basque !!! Ça, elle y aura droit, la blonde.

Le moment est parfaitement choisi. Tous les élus basques sont penchés sur le berceau de l’EPCI. On peut donc leur faire les poches sans douleur, personne ne réagira. Quand ils se congratuleront d’avoir un EPCI Pays basque, ils auront perdu le Pays basque. Du grand art !!!

A mes amis responsables politiques, je n’ai qu’une chose à dire : quand on ne bouge pas, c’est qu’on est d’accord. Vous allez entendre tous les lénifiants propos qu’on prodigue dans ces cas. Ne vous inquiétez pas. Ça se passera bien. Pensez à Voltaire qui disait du pal que c’était un supplice qui commençait fort bien et finissait fort mal. Ça se passe toujours bien au début. Quand ça fait mal, c’est trop tard.

Et vous ne pourrez pas dire que vous ne le saviez pas.




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