dimanche 13 mai 2018

LE TOAST D'ALGER

Je le connais bien, je passe devant lui presque tous les jours, immortalisé par Falguière brandissant vers les hordes teutonnes sa croix de Lorraine d’évêque de Nancy.

Lui, c’est Charles Lavigerie, cardinal et Bayonnais et bien oublié. Va savoir pourquoi, ce matin, je pense à lui. Pour sa vie qui fut celle d’un battant. De nos jours, on saurait pas où le classer. Missionnaire (horreur !) en Algérie, il crée les Pères Blancs (c’est bien, c’est le Père de Foucauld), il lutte contre l’esclavage  (très très bien) et il met en place des règles d’évangélisation des populations musulmanes (très mal, ça touche à la culture). Le règles valent d’être rappelées (parler la langue, manger comme …. vivre comme…). Les militaires s’inquiètent et craignent que l’évangélisation ne réveille « le fanatisme musulman ». En clair, foutez leur la paix et qu’il restent où ils sont.

Mais aujourd’hui, je pense au Toast d’Alger. On est en 1890, la République française ne va pas très bien, en butte aux attaques, notamment, d‘une droite catholique et excessive. Lavigerie est archevêque d‘Alger et il prononce un discours, clair et dont on sait que le Vatican l’approuve :  « Quand la volonté d'un peuple s'est nettement affirmée, que la forme d'un gouvernement n'a rien de contraire, comme le proclamait dernièrement Léon XIII, aux principes qui peuvent faire vivre les nations chrétiennes et civilisées, lorsqu'il faut, pour arracher son pays aux abîmes qui le menacent, l'adhésion sans arrière-pensée à cette forme de gouvernement, le moment vient de sacrifier tout ce que la conscience et l'honneur permettent, ordonnent à chacun de sacrifier pour l'amour de la Patrie. […] C'est ce que j'enseigne autour de moi, c'est ce que je souhaite de voir imiter en France par tout notre clergé, et en parlant ainsi, je suis certain de n'être démenti par aucune voix autorisée. »

Tout est dit. La religion doit être sacrifiée « pour l’amour de la Patrie » dès lors que ce sacrifice n’est pas contraire aux principes du vivre ensemble. Alors oui, aujourd’hui, je pense à Charles Lavigerie.

J‘imagine un imam ou un ayatollah répondant au toast d’Alger par un toast de Paris (ou de Marseille ou de Lunel) afin d‘expliquer aux musulmans que la religion doit être sacrifiée au vivre ensemble. Bien entendu, c’est un simple rêve. L’organisation de l’Islam ne le permet pas. Le mental du clergé, non plus. Je ne vois aucun religieux capable de prononcer en public d’aussi fortes paroles. Il ne s’agit pas d‘opposer Marianne à Mahomet, il s’agit de dire qu’ils ne peuvent vivre ensemble, dans le même lit.

Il y a, toutefois, un fait qui doit être examiné. Dans tout le pays, grâce à des associations auto-représentatives et des avocats stipendiés, les détenus musulmans réclament inlassablement des menus adaptés. En clair, l’Islam qui refuse la République à la pointe du couteau fait appel aux principes de la même République pour respecter sa religion. Ne hurlez pas ! Je ne dis pas que tous les détenus musulmans sont des terroristes. Je dis simplement que pour être en détention il faut s’être plus ou moins placé hors la loi et qu’il est quelque peu abusif de se réclamer de la protection d’une loi à laquelle on a dérogé et qu’on a refusée.

La loi sur la laïcité souffre d‘un mal : elle tolère les religions ce qui revient à les accepter. Mais elle refuse de les prendre en compte. On ne peut légiférer sur le martyre. Par voie de conséquence, on ne peut s’en défendre. Les terroristes tuent et attendent la réciproque qui les enverra d‘un coup au paradis où abondent les vierges. Tu penses bien que, face à ces félicités, y’a pas grand chose qui tienne. Une défense pourrait être de les rendre impurs pour annuler le paradis. Comment ? J’en sais rien. Leur injecter 10 cm3 de sang de porc au moment de l’autopsie, par exemple. Et prévenir l’imam chargé de l’ensevelissement, qu’il fasse pas d’erreur. Mais la loi ne le permet pas, parce que la loi n’interfère pas avec la religion. Faut dire que, rédigée en 1905, la loi avait pas prévu que le paradis serait un problème.

Il l’est devenu en inversant la problématique : quand j’étais petit, le problème, c’était l’Enfer. Fallait pas y aller. Ne pas y aller conduisait au Paradis. On n’avait pas le même code de la route. Faudra s’adapter au changement et se réhabituer à la virginité.

On en reparlera…




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