Lui, il faut en reparler. Isaac Le Chapelier, Breton, fondateur du Club des Jacobins (qui s’appelait d’abord le Club Breton), initiateur de la confiscation des biens du clergé dès 1790 et surtout, surtout, auteur de la loi qui porte son nom et qui pèse encore sur notre société. Faut le dire. Opposé à l’abolition de l’esclavage, Le Chapelier était un véritable enfoiré.
L’idée de départ est très belle, très utopique. Elle part du principe que la Déesse Raison éclairant également tous les hommes, chacun peut choisir le métier de son choix. Le but était de détruire les guildes et sociétés de compagnonnage, c’est à dire d’enlever la main-mise des maîtres et patrons sur les activités salariées. En fait, Le Chapelier veut garantir la liberté d’entreprendre considérée comme un droit de l’Homme.
Y’a des effets pervers. Au nom de la liberté individuelle, Le Chapelier interdit tout groupement. De patrons, mais aussi d’ouvriers. Pas de guildes, pas de syndicats non plus. Pas de mutuelle, pas de coopérative et pas de grèves. Je vous l’ai dit : Le Chapelier était un enfoiré.
Très vite, ça déconne. Tu penses bien que le mec libre de choisir, il va pas aller vider les fosses septiques. La France voit fleurir les médecins, les apothicaires, les avocats. On va réorganiser les études médicales, vétérinaires et pharmaceutiques vu que le nombre de morts augmente dans des proportions liées à l’incompétence des médecins autoproclamés. On s’attaque ensuite aux professions juridiques.
Après, ça va dépendre. Les conservateurs adorent la loi Le Chapelier : pas d’organisation ouvrière. Il va falloir un siècle pour que les syndicats soient à nouveau autorisés. La loi Le Chapelier va être corrigée au coup par coup, selon les lobbys et les intérêts divers. Mais, grosso modo, elle est toujours en vigueur.
Tiens, tu vas à la Chambre des Métiers. Y’a des métiers à « diplôme obligatoire ». Coiffeur par exemple. Ou esthéticienne. T’as pas le CAP, tu peux pas t’installer. Pour faire des frisettes, faut un diplôme. Pour masser la couenne aussi. Pour être libraire, inutile. Faut un diplôme pour traiter les cheveux, pas pour remplir les neurones. Ça en dit long.
Et restaurateur ? Ben non. Rien. T’as envie d’empoisonner tes clients, tu peux. Moi, brave con, il me semblait que nourrir les gens, c’était pas si facile. Même Maïté, quand elle sévissait à la télé, elle me montrait un vrai savoir. Autodidacte peut-être. Mais pas inculte. Moi, brave con, je pensais qu’il y avait plein d’écoles hôtelières, des CAP de cuisiniers, des BP de maître d’hôtel et que ça avait un sens. Ben non.
J’ai bossé longtemps pour un guide fameux, j’ai rencontré plein de chefs. Je leur ai jamais demandé leur diplôme, évidemment. Mais, à regarder leur carte, à analyser leurs recettes, je voyais bien à qui j’avais affaire. J’ai des souvenirs attendris. Comme ce mec qui, à Port-Vendres, avait inscrit sur son ardoise « Turbot sauvage de la criée ». A Port-Vendres ! sur une côte rocheuse où t’as pas un banc de sable pour la copulation des pleuronectes ! en plus, dans un port, le premier truc que je faisais, c’était d’aller à la criée pour voir ce qu’il y avait et que je pouvais retrouver sur les cartes. Viré le margoulin !
Un autre truc, c’était de s’installer à une terrasse pour regarder le ballet des livreurs. Tu voyais les grossistes qui t’apportaient le poisson pêché en Normandie sur la côte basque. Après, c’était facile. A la première question, le mec devenait fuyant. Aux chiottes, le menteur ! Et c’est vrai que j’ai des copains restaurateurs qui ont jamais fait l’école hôtelière. Un souvenir encore ? Ma balade au marché de Fontarabie avec José. Il allait acheter le poisson pour le restau de sa femme. José, il était banquier et fils de pêcheur. Ce matin-là, il m’a donné un cours magistral. Comment reconnaître une dorade d’élevage. Comment caresser un turbot pour savoir s’il est sauvage. Comment apprécier la fraicheur d’un chipiron aux irisations de sa peau. Des trucs que t’apprends pas dans les écoles de communication. Il avait mauvais caractère, José, mais je crois qu’il m’aimait bien. Quand il est mort, le restau a fermé.
Dans les guides, j’ai rencontré plein de zozos qui ignoraient qu’il y a des saisons du poisson. Chez moi, dans le Golfe de Biscaye, avant juin, y’a pas de thon. Le mec de Biarritz qui te vend du thon en février, il se fout de ta gueule. Il y a un cycle. Les anchois arrivent les premiers, en avril, quand la mer se réchauffe. Les sardines qui les bouffent, arrivent plus tard. Et les thons, qui bouffent les sardines, encore plus tard. C’est comme ça, c’est la dure réalité de la géographie. Quand il y a une tempête, les turbots se barrent au large, ils aiment pas être secoués. Après une tempête, les pêcheurs ne rapportent pas de turbot pendant une semaine. C’est comme ça. Suffit d’aller boire un coup avec les pêcheurs pour savoir.
Après, y’a plein de rigolos qui vont te parler des critères économiques. L’économie du bon restaurateur, c’est Francis Goullée qui me l’a résumée en m’engueulant, après une crépinette au jus de truffe arrosée d’un Cheval Blanc d’anthologie. Francis, il m’a dit ça : « Vous êtes tous des cons à vous la péter avec la cuisine de saison. La saison, c’est quand les produits sont tellement abondants qu’ils ne coûtent rien. Pour un cuisinier, la saison, c’est des marges ». Plaf ! Je n’ai plus jamais enfilé les clichés sur la « cuisine de saison ». J’en ai pris une autre avec un cuisinier basque à qui je demandais une salade mixte. Il m’a regardé comme si j’étais une sous-merde : « Y’a des tomates chez toi en février ? Non ? chez moi non plus ». J’ai eu honte de ma connerie. Après, j’ai fait gaffe.
Le Chapelier avait tort. La déesse Raison n’éclaire pas également tous les hommes. Pour que ça soit possible, faut travailler. Apprendre. Apprendre encore. Pour lire Spinoza comme pour lire une carte de restaurant.
Remarque, y’a plein de mecs, ils ont appris la bouffe avec Sodexho. Peut-être que Sodexho, en novlangue, ça veut dire Raison ?
On en reparlera…..
On y parle peu de géographie. Rarement de politique. Encore que... On parle juste de la vie des hommes. C'est pareil.
mardi 9 avril 2013
lundi 8 avril 2013
DESIR DE MORALE
Bon, voilà qu’on nous la joue morale. Pour la énième fois, on veut moraliser la vie politique.Surtout Harlem Désir..J'aimerai qu'un journaliste nous fasse l'histoire de son patrimoine depuis Touche pas à mon pote.
Je vais vous dire : une bonne loi de moralisation, elle devrait être simple, quasiment naïve. Un article, un seul : « En fin de mandat, le patrimoine d’un élu de la Nation doit être strictement le même qu’en début de mandat. Toute augmentation fera l’objet d’une mesure confiscatoire ».
J’admettrai juste une exception : la valeur du domicile principal. C’est tout et à condition qu’il n’y ait pas eu déménagement.
Rien de plus. Un patrimoine qui augmente pendant un mandat, c’est suspect. Les élus, ils sont payés, plutôt pas mal, frais compris pour faire leur boulot. C’est fait pour leur éviter de travailler. S’ils font des économies, c’est qu’ils sont trop payés. CQFD.
Pour le reste, tout est suspect. Un parlementaire, il est payé pour s’occuper de tout le monde. Pas d’une partie des électeurs. Pas de ses clients. Pas de ses intérêts. 100% pour le public, rien pour le privé. Sinon, tu glisses dans le clientélisme, éventuellement communautariste.
T’as un gros paquet d’actions de la BNP, ça va forcément t’influencer quand tu votes une loi bancaire. T’as un terrain sous-payé dans un coin de ta circonscription, ça va forcément t’influencer quand tu vas prendre des décisions d’aménagement du territoire.
T’es député et avocat, spécialiste du droit de l’urbanisme, par exemple. Tes clients, c’est les grosses entreprises du BTP, les promoteurs. Vas-tu voter contre les intérêts de tes clients ? Non, bien entendu. Tu vas trouver des amendements qui feront leur bonheur, tu prendras un maximum de renseignements pour tourner la loi que tu es en train de voter, si tu peux pas faire autrement. C’est du bête clientélisme. Et cette action clientéliste, elle augmentera ta clientèle, tes revenus, ton patrimoine. Tu utilises ta fonction publique pour créer un bénéfice privé, le tien. Et donc, je ne vois rien d’anormal à ce qu’on te gratte cette augmentation de patrimoine que tu dois à tes électeurs, pas à tes talents.
Ça peut aller loin. T’es député et restaurateur. T’es sûr que ton élection va t’attirer une clientèle. Tous ceux qui ont envie de faire copain avec toi pour te demander un service. Ton chiffre d’affaires va augmenter. Pas parce que t’es un bon cuisinier. Parce que t’es député.
Mais à ce compte, le député de base peut plus rien faire. Si. Il peut s’appauvrir. Rigolez pas, ça s’est vu. Jacques Laffitte, banquier, député d’extrême gauche, ruiné par ses œuvres, ses votes et ses décisions, au point que ses électeurs (populaires) ont lancé une souscription pour qu’il puisse racheter sa baraque. Tu peux y croire ? Des milliers de pauvres qui se cotisent pour racheter la maison d’un banquier ? Bon, j’admets, un député en deux siècles, c’est pas beaucoup. Et puis il venait d’une ville, Bayonne, où on n’est pas banquier pour s’enrichir, ni joueur de rugby pour gagner. Faut juste que ça soit beau. Beau, propre et moral. Utopiste ? Peut-être mais quand je doute, je pense à Jacques Laffitte.
Faut réfléchir, imaginer. Tu votes une loi comme celle-là, d’un seul coup, tu divises par deux (au minimum) le nombre de candidats aux élections. Tu verras comment que tu vas alléger le poids des convictions et des certitudes idéologiques. Si tu crois qu’un mec comme Cahuzac, il s’est fait élire pour amener le prolétariat sur les lumineux chemins du socialisme, faut te faire soigner.
Maintenant, je suis tranquille. Une loi comme celle-là n’a aucune chance. Quand tu vois que le Mélenchon il est contre la publication de son patrimoine, ça relativise le goût de la transparence.
On va nous sortir une belle usine à gaz, incontrôlable. Et on continuera de voir fleurir le clientélisme. Ça sera un peu mieux, mais pas parfait. On a le droit de rêver de perfection, non ?
Tiens, j’aimerais susciter une sorte de mouvement populaire, un truc qu’on appellerait « Elu ou riche ? ». Parce que tant que le pouvoir enrichira, les doutes planeront. Chiche ?
On en reparlera….
Je vais vous dire : une bonne loi de moralisation, elle devrait être simple, quasiment naïve. Un article, un seul : « En fin de mandat, le patrimoine d’un élu de la Nation doit être strictement le même qu’en début de mandat. Toute augmentation fera l’objet d’une mesure confiscatoire ».
J’admettrai juste une exception : la valeur du domicile principal. C’est tout et à condition qu’il n’y ait pas eu déménagement.
Rien de plus. Un patrimoine qui augmente pendant un mandat, c’est suspect. Les élus, ils sont payés, plutôt pas mal, frais compris pour faire leur boulot. C’est fait pour leur éviter de travailler. S’ils font des économies, c’est qu’ils sont trop payés. CQFD.
Pour le reste, tout est suspect. Un parlementaire, il est payé pour s’occuper de tout le monde. Pas d’une partie des électeurs. Pas de ses clients. Pas de ses intérêts. 100% pour le public, rien pour le privé. Sinon, tu glisses dans le clientélisme, éventuellement communautariste.
T’as un gros paquet d’actions de la BNP, ça va forcément t’influencer quand tu votes une loi bancaire. T’as un terrain sous-payé dans un coin de ta circonscription, ça va forcément t’influencer quand tu vas prendre des décisions d’aménagement du territoire.
T’es député et avocat, spécialiste du droit de l’urbanisme, par exemple. Tes clients, c’est les grosses entreprises du BTP, les promoteurs. Vas-tu voter contre les intérêts de tes clients ? Non, bien entendu. Tu vas trouver des amendements qui feront leur bonheur, tu prendras un maximum de renseignements pour tourner la loi que tu es en train de voter, si tu peux pas faire autrement. C’est du bête clientélisme. Et cette action clientéliste, elle augmentera ta clientèle, tes revenus, ton patrimoine. Tu utilises ta fonction publique pour créer un bénéfice privé, le tien. Et donc, je ne vois rien d’anormal à ce qu’on te gratte cette augmentation de patrimoine que tu dois à tes électeurs, pas à tes talents.
Ça peut aller loin. T’es député et restaurateur. T’es sûr que ton élection va t’attirer une clientèle. Tous ceux qui ont envie de faire copain avec toi pour te demander un service. Ton chiffre d’affaires va augmenter. Pas parce que t’es un bon cuisinier. Parce que t’es député.
Mais à ce compte, le député de base peut plus rien faire. Si. Il peut s’appauvrir. Rigolez pas, ça s’est vu. Jacques Laffitte, banquier, député d’extrême gauche, ruiné par ses œuvres, ses votes et ses décisions, au point que ses électeurs (populaires) ont lancé une souscription pour qu’il puisse racheter sa baraque. Tu peux y croire ? Des milliers de pauvres qui se cotisent pour racheter la maison d’un banquier ? Bon, j’admets, un député en deux siècles, c’est pas beaucoup. Et puis il venait d’une ville, Bayonne, où on n’est pas banquier pour s’enrichir, ni joueur de rugby pour gagner. Faut juste que ça soit beau. Beau, propre et moral. Utopiste ? Peut-être mais quand je doute, je pense à Jacques Laffitte.
Faut réfléchir, imaginer. Tu votes une loi comme celle-là, d’un seul coup, tu divises par deux (au minimum) le nombre de candidats aux élections. Tu verras comment que tu vas alléger le poids des convictions et des certitudes idéologiques. Si tu crois qu’un mec comme Cahuzac, il s’est fait élire pour amener le prolétariat sur les lumineux chemins du socialisme, faut te faire soigner.
Maintenant, je suis tranquille. Une loi comme celle-là n’a aucune chance. Quand tu vois que le Mélenchon il est contre la publication de son patrimoine, ça relativise le goût de la transparence.
On va nous sortir une belle usine à gaz, incontrôlable. Et on continuera de voir fleurir le clientélisme. Ça sera un peu mieux, mais pas parfait. On a le droit de rêver de perfection, non ?
Tiens, j’aimerais susciter une sorte de mouvement populaire, un truc qu’on appellerait « Elu ou riche ? ». Parce que tant que le pouvoir enrichira, les doutes planeront. Chiche ?
On en reparlera….
dimanche 7 avril 2013
ETRE PRIS POUR UN CON - 3
Je viens encore de vivre une expérience étonnante. Enfin, une expérience qui m’étonne. Une expérience qui me fait à nouveau toucher du doigt que je suis un vieux con.
C’est sur Facebook. Je discute gentiment avec quelques copains et là, y’a une … une quoi ? une gisquette ? une bonne femme ? faut faire gaffe avec les qualificatifs au jour d’aujourd’hui. Regarde Obama, il se fait allumer parce qu’il a dit qu’une ministre de la justice était mignonne. Faut lui envoyer Taubira, il risquera plus de dire des choses comme ça.
Bon, la jeune femme, elle intervient dans la conversation avec le vocabulaire pseudo-branché (name-dropping, foodie-bashing) qui ne veut rien dire mais sert de signe de reconnaissance entre certains. Je lui demande de traduire et, tout de go, elle envoie la mitraille.
« Ce qui aiderait vraiment M. Chabaud, ce serait une initiation aux thés de Chine (mais je coûte cher) »
Vu que je cause pas comme elle (et ça me ferait braire de causer comme ça), elle décide que j’ai besoin d’être « aidé ». Elle me range dans le sac des simples d’esprit, des incomplets, des handicapés de la modernité. Elle doit coacher des gens dans la vie. Elle aide pas gratos, elle s’en vante, elle met en avant sa vénalité, elle est plus proche de Saint-Denis que de l’Hôtel-Dieu, tout s’achète, tout se vend.
De moi, elle ne sait rien. Alors, elle va me proposer ce qu’elle juge le plus chic, le thé de Chine, dont elle se croit une spécialiste. Mais au nom de quoi ? Que sait-elle de mon compagnonnage avec l’Asie ? De mes voyages ? Des années passées aux Langues O’ ? Elle veut m’initier à la Chine ? Après Jean Chesneaux, Madeleine Vandier-Nicolas, Jacques Pimpaneau, Jean Delvert, René Viénet, Pierre Gentelle ? Que va t’elle m‘offrir que ceux là ne m’ont déjà offert ?
Il faut que je lui raconte ? Il y a quelques semaines, je déjeunais avec mon vieil ami Sun Qian, créateur de la magnifique légende du thé du Mont Emei. Au Sichuan, il y a des plantations de thé et le Mont Emei, une sorte de Puy-de-Dôme vénéré par les bouddhistes. Sun qui est député, communiste et en charge de la promotion du Sichuan a mélangé les deux pour créer la marque Thé du Mont Emei, tout en racontant une belle histoire comme quoi c’est au Sichuan que se trouve le berceau de la culture du thé en Chine. Tu parles ! Il m’avait apporté une sélection des thés du Sichuan avec le fameux Thé du Panda : tu mélanges du thé avec de la merde séchée de panda. Les Chinois adorent : il paraît que c’est (aussi) aphrodisiaque.
Elle va m’initier à quoi la nana ? Me tenir un baratin sur la spiritualité du thé ? Ma première initiation à la spiritualité du thé, c’était il y a quarante ans dans un jardin de Kyôto où je me suis emmerdé à essayer de suivre une cérémonie du thé. Tant de chichis pour boire de l’eau chaude !. Je suis tellement sensible à la spiritualité du thé que les thés de Sun, je les ai filés à quelques copains. J’ai gardé le maotaï. Mais je n’ai pas besoin d’une initiation au maotaï
J’ai trouvé cette remarque tellement stupide que je suis allé voir qui c’était la gamine. Je ne sais pas d’où elle sort, j’ai pas trouvé. Mais elle se donne (ou elle est donnée par ceux qui écoutent son attachée de presse) comme un écrivain spécialisé dans la gastronomie (non, je n’écrirai pas « une écrivaine spécialisée »). Pour ceux qui on certain sens de l’édition, elle a sévi chez Minerva, Solar et La Martinière. Que du lourd en matière de livres pour gondoles chez Auchan. Remarque, La Martinière, ils croient qu’Arthus-Bertrand est un écolo, ils peuvent croire que la gamine est gastronome. Et là, je me suis souvenu avoir ouvert un de ses livres sur les tapas et de l’avoir refermé aussi vite pour filer à Gross.
La demoiselle est une confectionneuse de produits. Par exemple, elle prend le classement de 1855 et elle demande des recettes à un paquet de grands chefs. Elle a pas inventé le classement, elle a pas inventé les recettes, elle a juste inventé un produit marketing. C’est bien… Mais de là à se parer des plumes de la culture, il y a un gouffre.
Elle est emblématique du temps. Elle attaque par le mépris et l’autosuffisance. Moi, moi, moi… Moi je sais, moi je suis chère. Toi que je ne connais pas, tu ne sais rien, tu n’es rien. Et bien entendu, pour être sûre d’imposer son savoir, elle choisit les thèmes lointains, les tapas, la cuisine indienne, la cuisine japonaise, les thèmes où ne fonctionnent que les stéréotypes, le savoir approximatif. On mange du poulet au curry. Moi aussi. J’appelle ça « poulet chasseur » vu que kari, en hindi, ça veut dire ragoût. Un navarin d’agneau, c’est du curry. Mais non ! Tout le monde sait ce qu’est le curry. Ben non. Personne ne sait. Même pas les Indiens. Il n’y a pas en Inde de cuisine formalisée, avec des auteurs comme Carême, Grimod, Dumas, Pellaprat ou même Françoise Bernard. Excusez moi, je viens de parler de livres.
Le discours sur la bouffe étrangère, il est généralement minable. Prenons un exemple simple, le jambon espagnol. C’est un vrai merdier d’appellations avec du génétique (le pata negra qui désigne les cochons pie), du géographique (serrano qui indique la montagne ou Jabugo, nom de village), du nutritif (bellota qui signifie que le cochon a été nourri aux glands). Et donc tu peux avoir du pata negra-serrano-bellota qui va signifier un cochon pie nourri aux glands dans la montagne, ou du pata negra-bellota qui t’indiquera un cochon pie nourri aux glands, le plus souvent dans la Dehesa). Vas y, cherche, jamais tu n’auras ce genre d’indications multiples. Faut pas compliquer, une seule mention, ça suffit bien pour le lecteur moyen. Le vrai problème, celui de l’élevage du cochon, n’est jamais mentionné. Y’a du serrano industriel, suffit que l’élevage industriel soit en zone de montagne. J’ai des exemples, en Navarre.
Faisons simple. On en a déjà parlé (http://rchabaud.blogspot.fr/2012/06/faisons-simple.html). Des fois, ça m’énerve. Ainsi quand cet excellent Eric Ospital laisse écrire sans protester qu’il est le fils du créateur de l’Ibaïona. La vérité, c’est qu’ils étaient trois (Louis Ospital, Sauveur Mayté et Jacques Montauzer). Trois, ça doit être trop compliqué pour un message simple. Dire qu’ils étaient trois n’enlève rien à Louis Ospital, surtout quand les deux autres sont de ce niveau. Il fallait bien être trois pour surmonter les obstacles. Une après-midi, à Saint-Jean-le-Vieux, Sauveur Mayté m’a raconté les galères, les difficultés, le découragement, les jambons perdus faute de bien maîtriser les problèmes de sèche. Il fallait bien être trois pour arriver seuls à ce niveau, pour partager les pertes et surmonter les échecs. Trois, seuls contre tous les autres. Oui, contre. Aujourd’hui encore.
Il faudra bien que quelqu’un écrive sérieusement l’histoire de l’Ibaïona. Mais qui s’intéresse à une histoire « sérieuse » ? On préfère acheter de l’IGP industriel avec la lauburu pour faire local. J’ai déjà publié mon sentiment là-dessus ce qui m’a définitivement fâché avec Denis Brillant. Ce qui était une bonne chose.
On en reparlera…
C’est sur Facebook. Je discute gentiment avec quelques copains et là, y’a une … une quoi ? une gisquette ? une bonne femme ? faut faire gaffe avec les qualificatifs au jour d’aujourd’hui. Regarde Obama, il se fait allumer parce qu’il a dit qu’une ministre de la justice était mignonne. Faut lui envoyer Taubira, il risquera plus de dire des choses comme ça.
Bon, la jeune femme, elle intervient dans la conversation avec le vocabulaire pseudo-branché (name-dropping, foodie-bashing) qui ne veut rien dire mais sert de signe de reconnaissance entre certains. Je lui demande de traduire et, tout de go, elle envoie la mitraille.
« Ce qui aiderait vraiment M. Chabaud, ce serait une initiation aux thés de Chine (mais je coûte cher) »
Vu que je cause pas comme elle (et ça me ferait braire de causer comme ça), elle décide que j’ai besoin d’être « aidé ». Elle me range dans le sac des simples d’esprit, des incomplets, des handicapés de la modernité. Elle doit coacher des gens dans la vie. Elle aide pas gratos, elle s’en vante, elle met en avant sa vénalité, elle est plus proche de Saint-Denis que de l’Hôtel-Dieu, tout s’achète, tout se vend.
De moi, elle ne sait rien. Alors, elle va me proposer ce qu’elle juge le plus chic, le thé de Chine, dont elle se croit une spécialiste. Mais au nom de quoi ? Que sait-elle de mon compagnonnage avec l’Asie ? De mes voyages ? Des années passées aux Langues O’ ? Elle veut m’initier à la Chine ? Après Jean Chesneaux, Madeleine Vandier-Nicolas, Jacques Pimpaneau, Jean Delvert, René Viénet, Pierre Gentelle ? Que va t’elle m‘offrir que ceux là ne m’ont déjà offert ?
Il faut que je lui raconte ? Il y a quelques semaines, je déjeunais avec mon vieil ami Sun Qian, créateur de la magnifique légende du thé du Mont Emei. Au Sichuan, il y a des plantations de thé et le Mont Emei, une sorte de Puy-de-Dôme vénéré par les bouddhistes. Sun qui est député, communiste et en charge de la promotion du Sichuan a mélangé les deux pour créer la marque Thé du Mont Emei, tout en racontant une belle histoire comme quoi c’est au Sichuan que se trouve le berceau de la culture du thé en Chine. Tu parles ! Il m’avait apporté une sélection des thés du Sichuan avec le fameux Thé du Panda : tu mélanges du thé avec de la merde séchée de panda. Les Chinois adorent : il paraît que c’est (aussi) aphrodisiaque.
Elle va m’initier à quoi la nana ? Me tenir un baratin sur la spiritualité du thé ? Ma première initiation à la spiritualité du thé, c’était il y a quarante ans dans un jardin de Kyôto où je me suis emmerdé à essayer de suivre une cérémonie du thé. Tant de chichis pour boire de l’eau chaude !. Je suis tellement sensible à la spiritualité du thé que les thés de Sun, je les ai filés à quelques copains. J’ai gardé le maotaï. Mais je n’ai pas besoin d’une initiation au maotaï
J’ai trouvé cette remarque tellement stupide que je suis allé voir qui c’était la gamine. Je ne sais pas d’où elle sort, j’ai pas trouvé. Mais elle se donne (ou elle est donnée par ceux qui écoutent son attachée de presse) comme un écrivain spécialisé dans la gastronomie (non, je n’écrirai pas « une écrivaine spécialisée »). Pour ceux qui on certain sens de l’édition, elle a sévi chez Minerva, Solar et La Martinière. Que du lourd en matière de livres pour gondoles chez Auchan. Remarque, La Martinière, ils croient qu’Arthus-Bertrand est un écolo, ils peuvent croire que la gamine est gastronome. Et là, je me suis souvenu avoir ouvert un de ses livres sur les tapas et de l’avoir refermé aussi vite pour filer à Gross.
La demoiselle est une confectionneuse de produits. Par exemple, elle prend le classement de 1855 et elle demande des recettes à un paquet de grands chefs. Elle a pas inventé le classement, elle a pas inventé les recettes, elle a juste inventé un produit marketing. C’est bien… Mais de là à se parer des plumes de la culture, il y a un gouffre.
Elle est emblématique du temps. Elle attaque par le mépris et l’autosuffisance. Moi, moi, moi… Moi je sais, moi je suis chère. Toi que je ne connais pas, tu ne sais rien, tu n’es rien. Et bien entendu, pour être sûre d’imposer son savoir, elle choisit les thèmes lointains, les tapas, la cuisine indienne, la cuisine japonaise, les thèmes où ne fonctionnent que les stéréotypes, le savoir approximatif. On mange du poulet au curry. Moi aussi. J’appelle ça « poulet chasseur » vu que kari, en hindi, ça veut dire ragoût. Un navarin d’agneau, c’est du curry. Mais non ! Tout le monde sait ce qu’est le curry. Ben non. Personne ne sait. Même pas les Indiens. Il n’y a pas en Inde de cuisine formalisée, avec des auteurs comme Carême, Grimod, Dumas, Pellaprat ou même Françoise Bernard. Excusez moi, je viens de parler de livres.
Le discours sur la bouffe étrangère, il est généralement minable. Prenons un exemple simple, le jambon espagnol. C’est un vrai merdier d’appellations avec du génétique (le pata negra qui désigne les cochons pie), du géographique (serrano qui indique la montagne ou Jabugo, nom de village), du nutritif (bellota qui signifie que le cochon a été nourri aux glands). Et donc tu peux avoir du pata negra-serrano-bellota qui va signifier un cochon pie nourri aux glands dans la montagne, ou du pata negra-bellota qui t’indiquera un cochon pie nourri aux glands, le plus souvent dans la Dehesa). Vas y, cherche, jamais tu n’auras ce genre d’indications multiples. Faut pas compliquer, une seule mention, ça suffit bien pour le lecteur moyen. Le vrai problème, celui de l’élevage du cochon, n’est jamais mentionné. Y’a du serrano industriel, suffit que l’élevage industriel soit en zone de montagne. J’ai des exemples, en Navarre.
Faisons simple. On en a déjà parlé (http://rchabaud.blogspot.fr/2012/06/faisons-simple.html). Des fois, ça m’énerve. Ainsi quand cet excellent Eric Ospital laisse écrire sans protester qu’il est le fils du créateur de l’Ibaïona. La vérité, c’est qu’ils étaient trois (Louis Ospital, Sauveur Mayté et Jacques Montauzer). Trois, ça doit être trop compliqué pour un message simple. Dire qu’ils étaient trois n’enlève rien à Louis Ospital, surtout quand les deux autres sont de ce niveau. Il fallait bien être trois pour surmonter les obstacles. Une après-midi, à Saint-Jean-le-Vieux, Sauveur Mayté m’a raconté les galères, les difficultés, le découragement, les jambons perdus faute de bien maîtriser les problèmes de sèche. Il fallait bien être trois pour arriver seuls à ce niveau, pour partager les pertes et surmonter les échecs. Trois, seuls contre tous les autres. Oui, contre. Aujourd’hui encore.
Il faudra bien que quelqu’un écrive sérieusement l’histoire de l’Ibaïona. Mais qui s’intéresse à une histoire « sérieuse » ? On préfère acheter de l’IGP industriel avec la lauburu pour faire local. J’ai déjà publié mon sentiment là-dessus ce qui m’a définitivement fâché avec Denis Brillant. Ce qui était une bonne chose.
On en reparlera…
vendredi 29 mars 2013
LE LITTERATRON
Hier, en écoutant Flamby le Magnifique, je pensais à Robert Escarpit et au Litteratron. Vous ne connaissez pas Le Litteratron ? Précipitez vous pour l’acheter. D’occasion, il n’est plus disponible.
C’est l’histoire d’un linguiste, spécialiste du discours politique. On est dans les années 60 mais il dispose d’un gros ordinateur aimablement prêté par le CNRS dans lequel il mouline inlassablement les discours des hommes politiques. Il finit par le programmer pour sortir le discours parfait. Et là ! Patatras ! l’ordinateur lui sort une bouillie informe, dénuée de sens, une sorte de discours phatique où reviennent sans cesse des mots comme espoir, France, victoire, je, moi. Naturellement, il est effondré.
Mais c’est un scientifique. Bien entendu, il ne peut pas publier ses résultats, il serait la risée de ses collègues. Alors, il reprend tout son boulot pour voir où il s’est trompé. Il cherche, il cherche et il en arrive à la conclusion qu’il ne s’est pas trompé.
Et donc, plutôt que de publier sa grosse daube et de se faire moquer, il va, scientifiquement, l‘expérimenter. Pour cela, une seule solution : se présenter à une élection et débiter sa litanie de conneries. Il choisit une élection cantonale, c’est la plus facile. Le premier soir, inutile de dire qu’il balise sec. Il débite son discours. Et il fait un triomphe. Pendant toute la campagne, il va recommencer, soir après soir, en peaufinant sa diction. Son discours n’est pas trop long, il le connaît vite par coeur, ajoute de la conviction, de la gestuelle. Comme de juste, il est élu.
L’expérience ne lui suffit pas. Après tout, on est dans les années 60, le canton, c’est un peu rural, un peu analphabète. Vous devinez la suite. Député, ministre, Président, toujours avec le même discours débile, inlassablement répété. J’ai oublié la fin du roman, mais ce n’est pas le plus important.
Spécialiste des sciences de l’information, Escarpit était un visionnaire. Il avait compris avant tout le monde qu’une connerie répétée devient une vérité. Il avait compris que le discours politique n’était pas fait pour avoir un sens. C’est juste un défilé de mots comme une manifestation est un défilé de pancartes.
Hier soir, c’était ça. Pas seulement le discours présidentiel, mais toute la bouillie servie après, ad libitum, sur toutes les chaines. Chacun débitait les mêmes antiennes, préparées par des spécialistes qui n’avaient pas lu Escarpit. Enfin, je suppose. Parce qu’après avoir lu Escarpit, on ne devrait plus oser. On devrait avoir un peu de vergogne.
Mais que compte la dignité face aux prébendes ?
On en reparlera……
C’est l’histoire d’un linguiste, spécialiste du discours politique. On est dans les années 60 mais il dispose d’un gros ordinateur aimablement prêté par le CNRS dans lequel il mouline inlassablement les discours des hommes politiques. Il finit par le programmer pour sortir le discours parfait. Et là ! Patatras ! l’ordinateur lui sort une bouillie informe, dénuée de sens, une sorte de discours phatique où reviennent sans cesse des mots comme espoir, France, victoire, je, moi. Naturellement, il est effondré.
Mais c’est un scientifique. Bien entendu, il ne peut pas publier ses résultats, il serait la risée de ses collègues. Alors, il reprend tout son boulot pour voir où il s’est trompé. Il cherche, il cherche et il en arrive à la conclusion qu’il ne s’est pas trompé.
Et donc, plutôt que de publier sa grosse daube et de se faire moquer, il va, scientifiquement, l‘expérimenter. Pour cela, une seule solution : se présenter à une élection et débiter sa litanie de conneries. Il choisit une élection cantonale, c’est la plus facile. Le premier soir, inutile de dire qu’il balise sec. Il débite son discours. Et il fait un triomphe. Pendant toute la campagne, il va recommencer, soir après soir, en peaufinant sa diction. Son discours n’est pas trop long, il le connaît vite par coeur, ajoute de la conviction, de la gestuelle. Comme de juste, il est élu.
L’expérience ne lui suffit pas. Après tout, on est dans les années 60, le canton, c’est un peu rural, un peu analphabète. Vous devinez la suite. Député, ministre, Président, toujours avec le même discours débile, inlassablement répété. J’ai oublié la fin du roman, mais ce n’est pas le plus important.
Spécialiste des sciences de l’information, Escarpit était un visionnaire. Il avait compris avant tout le monde qu’une connerie répétée devient une vérité. Il avait compris que le discours politique n’était pas fait pour avoir un sens. C’est juste un défilé de mots comme une manifestation est un défilé de pancartes.
Hier soir, c’était ça. Pas seulement le discours présidentiel, mais toute la bouillie servie après, ad libitum, sur toutes les chaines. Chacun débitait les mêmes antiennes, préparées par des spécialistes qui n’avaient pas lu Escarpit. Enfin, je suppose. Parce qu’après avoir lu Escarpit, on ne devrait plus oser. On devrait avoir un peu de vergogne.
Mais que compte la dignité face aux prébendes ?
On en reparlera……
mercredi 20 mars 2013
LE CAS HUZAC
Toutes les TV ne bruissent que de ça : le beau Jérôme a démissionné. Et, encore une fois, la moulinette à conneries fonctionne à plein.
Premier point : Cahuzac, c’est comme Woerth. NON. Woerth est l’héritier d’une longue cohorte de politiciens de droite, réactionnaires et tripatouilleurs. Tricher, truquer, quand on est à droite, c’est la norme, ça ne gêne personne. On a mis l’argent avant l’homme.
Cahuzac, il est l’héritier d’une tradition de gauche, de Robespierre à Jaurès. A gauche, on a une exigence de morale et on place l’homme avant l’argent. En principe, parce que là, on est loin du compte. Mais, en toute hypothèse, le curseur n’est pas au même endroit et ces comparaisons sont dérisoires.
Second point : Cahuzac, il aurait cherché à purger son compte suisse en devenant Président de la Commission des Finances. Pourquoi ? C’était légal avant, de planquer son fric dans un paradis fiscal ? Avant sa nomination, Cahuzac, il était déjà socialiste, député, hiérarque. Qui peut trouver normal qu’un héritier de Jaurès se comporte comme un petit délinquant ? Parce que la fraude fiscale, c’est un délit, faut pas l’oublier. Mais bon, lui, ça lui posait pas de problèmes de frauder le fisc tout en soutenant une politique de gauche.
En plus, il se dit qu’il a vidé le compte suisse pour le transférer à Singapour. La norme eut été de rapatrier les avoirs en France et de s’acquitter des droits et taxes, éventuellement en s’excusant. Mais là, non. Il est Président de la Commission des Finances, alors il cherche une planque mieux planquée. Pas se faire prendre. Comme n’importe quel petit mafieux. Pas vu, pas pris. C’est minable. Minable. Le qualificatif utilisé par le Premier Ministre pour qualifier Depardieu qui a eu, au moins, la dignité et le bon goût de tout faire en pleine lumière, avec un panache qui manquera toujours à Cahuzac.
Troisième point : il aurait touché du fric d’au moins un grand laboratoire. Ça a un nom : notre Ministre du Budget était stipendié. C’est ce fric, illégal, qu’il aurait mis au sommeil en Suisse. Là, on touche à la forfaiture. Le fric versé par les laboratoires aux médecins est strictement encadré. En plus, faut être sérieux. La spécialité de Cahuzac, c’est les implants capillaires ! Ça intéresse qui, les implants capillaires ? Les conseils qu’il donnait aux laboratoires, c’était pour les moumoutes ? Ou pour orienter les positions du PS où il a été successivement conseiller de Evin et Jospin pour les questions de santé ? Faudra éclaircir ce point, Monsieur le Procureur….
Bref, on nage dans les eaux glauques du socialisme actuel, libéral, prêt à tous les arrangements et à toutes les compromissions. C’est du socialisme de droite, évolution naturelle du Congrès de Tours.
Le PS a t’il réagi ? A ce jour, non. Il se réfugie derrière une rhétorique attentiste au lieu de réunir une commission de discipline et d’expulser le présumé coupable. Présumé, ça suffit. Le PS est sali, de toutes façons et quel que soit le résultat judiciaire. Aux prochaines élections, Cahuzac sera partout. Mais peut on attendre d’un mollusque comme Harlem Désir une attitude de dignité ? C’était plus simple d’exclure Falorni…. Les socialistes modernes tapent sur les faibles et protègent les puissants. Au fait, ont-ils exclu DSK ?
Glavany a cru, comme toujours, être intelligent en comparant Cahuzac à Bérégovoy. Glavany a loupé son coup car il n’avait pas la bonne mesure, la mesure de la dignité. Bérégovoy aussi était « présumé ». Comme Salengro. Tous deux ont choisi la seule voie digne et responsable. Justement parce qu’ils étaient « présumés ». Le suicide n’est pas un signe de culpabilité c’est une marque d’innocence.
Cahuzac n’aura pas cette dignité. Il va faire traîner, procédurer, « se battre » comme il dit, c’est à dire espérer que des erreurs de procédure seront faites pour permettre leur annulation. Classique. Il aura un bataillon d’avocats qu’il pourra payer avec des virements singapouriens, peut-être sur des comptes suisses. Il n’est plus ministre, il peut revenir à ses vieilles habitudes.
Nous baignons dans la honte. Un homme politique devrait être irréprochable car il représente la Nation. Un homme politique de gauche devrait être irréprochable car il représente le Peuple. Irréprochable, ça commence par insoupçonnable. On n’y est pas. Cahuzac n’a pas besoin de la présomption car il l’a déjà. Il est présomptueux. Arrogant, menteur et présomptueux. Il a l’arrogance des grands bourgeois, la présomption des médecins et le mensonge des politiques. Vous pouvez mélanger dans tous les sens.
On en reparlera…
Premier point : Cahuzac, c’est comme Woerth. NON. Woerth est l’héritier d’une longue cohorte de politiciens de droite, réactionnaires et tripatouilleurs. Tricher, truquer, quand on est à droite, c’est la norme, ça ne gêne personne. On a mis l’argent avant l’homme.
Cahuzac, il est l’héritier d’une tradition de gauche, de Robespierre à Jaurès. A gauche, on a une exigence de morale et on place l’homme avant l’argent. En principe, parce que là, on est loin du compte. Mais, en toute hypothèse, le curseur n’est pas au même endroit et ces comparaisons sont dérisoires.
Second point : Cahuzac, il aurait cherché à purger son compte suisse en devenant Président de la Commission des Finances. Pourquoi ? C’était légal avant, de planquer son fric dans un paradis fiscal ? Avant sa nomination, Cahuzac, il était déjà socialiste, député, hiérarque. Qui peut trouver normal qu’un héritier de Jaurès se comporte comme un petit délinquant ? Parce que la fraude fiscale, c’est un délit, faut pas l’oublier. Mais bon, lui, ça lui posait pas de problèmes de frauder le fisc tout en soutenant une politique de gauche.
En plus, il se dit qu’il a vidé le compte suisse pour le transférer à Singapour. La norme eut été de rapatrier les avoirs en France et de s’acquitter des droits et taxes, éventuellement en s’excusant. Mais là, non. Il est Président de la Commission des Finances, alors il cherche une planque mieux planquée. Pas se faire prendre. Comme n’importe quel petit mafieux. Pas vu, pas pris. C’est minable. Minable. Le qualificatif utilisé par le Premier Ministre pour qualifier Depardieu qui a eu, au moins, la dignité et le bon goût de tout faire en pleine lumière, avec un panache qui manquera toujours à Cahuzac.
Troisième point : il aurait touché du fric d’au moins un grand laboratoire. Ça a un nom : notre Ministre du Budget était stipendié. C’est ce fric, illégal, qu’il aurait mis au sommeil en Suisse. Là, on touche à la forfaiture. Le fric versé par les laboratoires aux médecins est strictement encadré. En plus, faut être sérieux. La spécialité de Cahuzac, c’est les implants capillaires ! Ça intéresse qui, les implants capillaires ? Les conseils qu’il donnait aux laboratoires, c’était pour les moumoutes ? Ou pour orienter les positions du PS où il a été successivement conseiller de Evin et Jospin pour les questions de santé ? Faudra éclaircir ce point, Monsieur le Procureur….
Bref, on nage dans les eaux glauques du socialisme actuel, libéral, prêt à tous les arrangements et à toutes les compromissions. C’est du socialisme de droite, évolution naturelle du Congrès de Tours.
Le PS a t’il réagi ? A ce jour, non. Il se réfugie derrière une rhétorique attentiste au lieu de réunir une commission de discipline et d’expulser le présumé coupable. Présumé, ça suffit. Le PS est sali, de toutes façons et quel que soit le résultat judiciaire. Aux prochaines élections, Cahuzac sera partout. Mais peut on attendre d’un mollusque comme Harlem Désir une attitude de dignité ? C’était plus simple d’exclure Falorni…. Les socialistes modernes tapent sur les faibles et protègent les puissants. Au fait, ont-ils exclu DSK ?
Glavany a cru, comme toujours, être intelligent en comparant Cahuzac à Bérégovoy. Glavany a loupé son coup car il n’avait pas la bonne mesure, la mesure de la dignité. Bérégovoy aussi était « présumé ». Comme Salengro. Tous deux ont choisi la seule voie digne et responsable. Justement parce qu’ils étaient « présumés ». Le suicide n’est pas un signe de culpabilité c’est une marque d’innocence.
Cahuzac n’aura pas cette dignité. Il va faire traîner, procédurer, « se battre » comme il dit, c’est à dire espérer que des erreurs de procédure seront faites pour permettre leur annulation. Classique. Il aura un bataillon d’avocats qu’il pourra payer avec des virements singapouriens, peut-être sur des comptes suisses. Il n’est plus ministre, il peut revenir à ses vieilles habitudes.
Nous baignons dans la honte. Un homme politique devrait être irréprochable car il représente la Nation. Un homme politique de gauche devrait être irréprochable car il représente le Peuple. Irréprochable, ça commence par insoupçonnable. On n’y est pas. Cahuzac n’a pas besoin de la présomption car il l’a déjà. Il est présomptueux. Arrogant, menteur et présomptueux. Il a l’arrogance des grands bourgeois, la présomption des médecins et le mensonge des politiques. Vous pouvez mélanger dans tous les sens.
On en reparlera…
mardi 19 mars 2013
ALZHEIMER VAINQUEUR !!!
Z’ont peur de rien ! Et surtout pas d’être rattrapés par l’Histoire. On le sait bien : Alzheimer a gagné. Il n’y a plus de mémoire. Je veux dire plus de mémoire historique, plus de mémoire politique. On vit l’instant présent.
Hier, l’instant présent, c’était les salons de l’Elysée et le Président mollasson se félicitant de la vente miraculeuse d’Airbus à un musulman bridé. Faut pas oublier que l’Indonésie, c’est le premier pays musulman du globe. Le Coran comme carnet de chèques, c’est comme ça que ça marche.
Airbus, au regard de l’Histoire, c’est une toute jeune entreprise, fondée à la fin des années 1970. Et avant ? Avant, ils ont tous la mémoire qui flanche.
Avant, il y avait Sud-Aviation. Petite entreprise française, grosse entreprise toulousaine. Un modèle phare : la Caravelle, l’avion préféré du Vieux Général parce que 100% français. La Caravelle, ça se vendait pas trop. Juste Air France et Air Inter (vous avez oublié Air Inter et ses Fokkers à hélice ? Air Inter, Fokker et Caravelle, que de l’avion européen). Le Vieux Général, il voulait des avions français. Européen, il tolérait. Américain, ça lui mettait la gerbe.
Sud-Aviation subventionné à n’en plus pouvoir, mais ça suffisait pas. Alors Sud-Aviation construisait aussi de l’électroménager, des téléviseurs (Téléavia) ou des frigos (Frigéavia), ça mettait du beurre dans les épinards, ça justifiait l’emploi. Le Vieux Général, il était réaliste.
Trente ans de subventions, d’argent public (horreur !) pour faire la nique aux Ricains pendant que le Sardou bêlait « Si les Ricains étaient pas là ». Trente ans d’efforts nationaux pour pas sortir des dollars chaque fois qu’Air France avait besoin d’un avion. Aujourd’hui, ça serait pas possible. L’Europe hurlerait à la distorsion de concurrence. Pour faire des avions plus gros, la France pouvait pas toute seule. Les réacteurs SNECMA suffisaient pas. Dieu merci, les Anglais avaient Rolls-Royce. Pour le fuselage et les ailes, il y avait Messerschmidt ou Hawker, des mecs qui savaient construire des avions aussi et qui étaient Européens.
Alors, les politiques ont pris les choses en mains et ils ont fait un consortium : Airbus. Pas vraiment une entreprise, une association d’entreprises, toutes financées par les Etats. Tout ça pour un bide. Car le premier Airbus, le A-300, est un bide. Pas grave : les Etats payent. Heureusement vu qu’il faudra attendre cinq ans la première commande non européenne. Pendant ce temps, Air France, Lufthansa et British Airways achètent, contraints et forcés, des avions dont ils ont pas vraiment envie. Y’a pas un investisseur privé qui aurait accepté ça.
Airbus, c’est ça : une volonté politique appliquée à l’industrie, avec des subventions qui font hurler les Ricains. Arrive alors l’ultralibéralisme : faut plus d’entreprises nationalisées. En 1999, Jacques Chirac vend l’Aérospatiale, chef de file d’Airbus, à son copain Lagardère. Airbus marche bien. Les citoyens qui ont payé pendant trente ans sont couillonnés. Merci Chirac !
Alors, y’a pas de quoi être fiers. Airbus gagne peut être du fric mais les valeurs qui ont présidé à sa création ont été bradées. On a complètement occulté que, sans argent public, Airbus n’existerait pas. Que les Etats, c’est leur boulot d’investir. Qu’il vaut mieux payer des emplois subventionnés que des chômeurs. C’est mieux pour tout le monde. On a oublié qu’à chaque crise, il faut un New Deal.
On en reparlera….
Hier, l’instant présent, c’était les salons de l’Elysée et le Président mollasson se félicitant de la vente miraculeuse d’Airbus à un musulman bridé. Faut pas oublier que l’Indonésie, c’est le premier pays musulman du globe. Le Coran comme carnet de chèques, c’est comme ça que ça marche.
Airbus, au regard de l’Histoire, c’est une toute jeune entreprise, fondée à la fin des années 1970. Et avant ? Avant, ils ont tous la mémoire qui flanche.
Avant, il y avait Sud-Aviation. Petite entreprise française, grosse entreprise toulousaine. Un modèle phare : la Caravelle, l’avion préféré du Vieux Général parce que 100% français. La Caravelle, ça se vendait pas trop. Juste Air France et Air Inter (vous avez oublié Air Inter et ses Fokkers à hélice ? Air Inter, Fokker et Caravelle, que de l’avion européen). Le Vieux Général, il voulait des avions français. Européen, il tolérait. Américain, ça lui mettait la gerbe.
Sud-Aviation subventionné à n’en plus pouvoir, mais ça suffisait pas. Alors Sud-Aviation construisait aussi de l’électroménager, des téléviseurs (Téléavia) ou des frigos (Frigéavia), ça mettait du beurre dans les épinards, ça justifiait l’emploi. Le Vieux Général, il était réaliste.
Trente ans de subventions, d’argent public (horreur !) pour faire la nique aux Ricains pendant que le Sardou bêlait « Si les Ricains étaient pas là ». Trente ans d’efforts nationaux pour pas sortir des dollars chaque fois qu’Air France avait besoin d’un avion. Aujourd’hui, ça serait pas possible. L’Europe hurlerait à la distorsion de concurrence. Pour faire des avions plus gros, la France pouvait pas toute seule. Les réacteurs SNECMA suffisaient pas. Dieu merci, les Anglais avaient Rolls-Royce. Pour le fuselage et les ailes, il y avait Messerschmidt ou Hawker, des mecs qui savaient construire des avions aussi et qui étaient Européens.
Alors, les politiques ont pris les choses en mains et ils ont fait un consortium : Airbus. Pas vraiment une entreprise, une association d’entreprises, toutes financées par les Etats. Tout ça pour un bide. Car le premier Airbus, le A-300, est un bide. Pas grave : les Etats payent. Heureusement vu qu’il faudra attendre cinq ans la première commande non européenne. Pendant ce temps, Air France, Lufthansa et British Airways achètent, contraints et forcés, des avions dont ils ont pas vraiment envie. Y’a pas un investisseur privé qui aurait accepté ça.
Airbus, c’est ça : une volonté politique appliquée à l’industrie, avec des subventions qui font hurler les Ricains. Arrive alors l’ultralibéralisme : faut plus d’entreprises nationalisées. En 1999, Jacques Chirac vend l’Aérospatiale, chef de file d’Airbus, à son copain Lagardère. Airbus marche bien. Les citoyens qui ont payé pendant trente ans sont couillonnés. Merci Chirac !
Alors, y’a pas de quoi être fiers. Airbus gagne peut être du fric mais les valeurs qui ont présidé à sa création ont été bradées. On a complètement occulté que, sans argent public, Airbus n’existerait pas. Que les Etats, c’est leur boulot d’investir. Qu’il vaut mieux payer des emplois subventionnés que des chômeurs. C’est mieux pour tout le monde. On a oublié qu’à chaque crise, il faut un New Deal.
On en reparlera….
jeudi 14 mars 2013
FILS D’IGNACE
Bon. Ils ont un Pape. A peine élu, voilà que la moulinette aux conneries recommence à fonctionner à plein.
Pape historique, vu que c’est le premier non-Européen. Balivernes ! Pape historique parce que c’est le premier Jésuite. Et pas qu’un peu ! Vous l’avez écouté ? Les quatre premières phrases, trois références à la Vierge. Première visite : Sainte-Marie-Majeure. Chez les Jésuites, on déconne pas avec la Vierge, c’est leur fonds de commerce. Depuis leur création. En face, y’a les parpaillots qui dénient toute sainteté à la Vierge. Alors, les fils d’Ignace, la Vierge, ils la brandissent. C’est leur étendard. Ils vont inventer le miracle de Lorette et plein de mômeries pour dire que le catholicisme, c’est la Vierge. La Mère de Dieu. Avec tout ce qui va avec, la famille et tout le toutim. La Vierge que l’Eglise arbore pour s’opposer à la Réforme. Jésuite, c’est pas réformateur, faut pas croire.
Après quoi, il décide de s’appeler François. Tous les commentateurs bêlent et y voient une référence à François d’Assise, le benêt qui préférait parler aux petits oiseaux plutôt que de les coller dans une poêle avec de l’Armagnac. Tu parles ! La référence, elle est jésuitique en plein. C’est François de Xavier, le compagnon d’Ignace. Oui François DE Xavier, vu qu’il était seigneur de Xavier. Xavier, c’est pas un prénom, c’est le nom de son fief. Francesco, señor de Javier. Il aurait pu s’appeler Francisco de Pont-à-Mousson. T’imagines ? On aurait eu Pont-à-Mousson Bertrand, ministre. Javier, c’est devenu un prénom par hasard, parce qu’on a tout mélangé. Le nouveau Pape, il mélange pas. Il y a peut-être aussi une référence à Francisco de Borja, le troisième général jésuite. En français, on dit Borgia. Borgia. Pas le genre à causer aux petits oiseaux.
Les commentateurs s’étonnent. Pressenti en 2005, il avait décliné. Pourquoi a t’il changé d’avis ? Simple. En 2005, son supérieur général avait 77 ans et pensait à démissionner. Pas le moment de bousculer les choses. Depuis, les Jésuites ont un nouveau général, pas beaucoup plus jeune, mais nettement plus actif.
C’est le Pape des pauvres. Tu parles ! Les jésuites, ils aiment les pauvres comme le peintre aime son escabeau. Les Jésuites sont fins politiques : il leur faut des troupes.
Ça va bouger, moi je vous le dis. Le contre-pouvoir jésuite va se mettre en place face à la Curie. Il existait déjà : on appelle le général des Jésuites le « Pape noir ». François, il a du monde autour de lui, des mecs formés, informés, assis sur des réseaux puissants, des réseaux de pouvoirs comme ils ont su en tisser depuis des siècles. Ça va valser au Vatican.
Les Jésuites sont des missionnaires, mais pas des mollusques façon Congrégation de la Mission. C’est des combattants, des qui rigolent pas. Les Chinois qui pensent à Matteo Ricci ont été parmi les premiers à féliciter François. Bien sûr qu’ils forment les pauvres, ils savent que sans soldats il n’y a pas d’armée. Et comme tous les missionnaires, ils s’intéressent aux pauvres des pays pauvres.
Sans le savoir, les catholiques viennent de changer d’époque. On va plus discuter sur la capote et le célibat des prêtres. On va revenir aux fondamentaux : comment faire de l’église catholique la première puissance religieuse du monde ? Face à ce but, le mariage des homos ne pèse rien. Les Jésuites savent bien qu’on n’évangélise pas avec les homos.
On va peut-être aussi revenir à une spiritualité plus intéressante. Les Exercices Spirituels vont revenir à la mode. Dépêchez vous de les lire.
Je dois quand même donner la palme de la connerie à une journaliste qui a déclaré à peu près « Pour un Argentin, il a quand même l’air très italien ». Connasse ! Il s’appelle Bergoglio, pas Olafsson.
La nouvelle Contre-Réforme est en marche. Y’a qu’à voir la gueule satisfaite de Mâme Boutin.
On en reparlera….
Pape historique, vu que c’est le premier non-Européen. Balivernes ! Pape historique parce que c’est le premier Jésuite. Et pas qu’un peu ! Vous l’avez écouté ? Les quatre premières phrases, trois références à la Vierge. Première visite : Sainte-Marie-Majeure. Chez les Jésuites, on déconne pas avec la Vierge, c’est leur fonds de commerce. Depuis leur création. En face, y’a les parpaillots qui dénient toute sainteté à la Vierge. Alors, les fils d’Ignace, la Vierge, ils la brandissent. C’est leur étendard. Ils vont inventer le miracle de Lorette et plein de mômeries pour dire que le catholicisme, c’est la Vierge. La Mère de Dieu. Avec tout ce qui va avec, la famille et tout le toutim. La Vierge que l’Eglise arbore pour s’opposer à la Réforme. Jésuite, c’est pas réformateur, faut pas croire.
Après quoi, il décide de s’appeler François. Tous les commentateurs bêlent et y voient une référence à François d’Assise, le benêt qui préférait parler aux petits oiseaux plutôt que de les coller dans une poêle avec de l’Armagnac. Tu parles ! La référence, elle est jésuitique en plein. C’est François de Xavier, le compagnon d’Ignace. Oui François DE Xavier, vu qu’il était seigneur de Xavier. Xavier, c’est pas un prénom, c’est le nom de son fief. Francesco, señor de Javier. Il aurait pu s’appeler Francisco de Pont-à-Mousson. T’imagines ? On aurait eu Pont-à-Mousson Bertrand, ministre. Javier, c’est devenu un prénom par hasard, parce qu’on a tout mélangé. Le nouveau Pape, il mélange pas. Il y a peut-être aussi une référence à Francisco de Borja, le troisième général jésuite. En français, on dit Borgia. Borgia. Pas le genre à causer aux petits oiseaux.
Les commentateurs s’étonnent. Pressenti en 2005, il avait décliné. Pourquoi a t’il changé d’avis ? Simple. En 2005, son supérieur général avait 77 ans et pensait à démissionner. Pas le moment de bousculer les choses. Depuis, les Jésuites ont un nouveau général, pas beaucoup plus jeune, mais nettement plus actif.
C’est le Pape des pauvres. Tu parles ! Les jésuites, ils aiment les pauvres comme le peintre aime son escabeau. Les Jésuites sont fins politiques : il leur faut des troupes.
Ça va bouger, moi je vous le dis. Le contre-pouvoir jésuite va se mettre en place face à la Curie. Il existait déjà : on appelle le général des Jésuites le « Pape noir ». François, il a du monde autour de lui, des mecs formés, informés, assis sur des réseaux puissants, des réseaux de pouvoirs comme ils ont su en tisser depuis des siècles. Ça va valser au Vatican.
Les Jésuites sont des missionnaires, mais pas des mollusques façon Congrégation de la Mission. C’est des combattants, des qui rigolent pas. Les Chinois qui pensent à Matteo Ricci ont été parmi les premiers à féliciter François. Bien sûr qu’ils forment les pauvres, ils savent que sans soldats il n’y a pas d’armée. Et comme tous les missionnaires, ils s’intéressent aux pauvres des pays pauvres.
Sans le savoir, les catholiques viennent de changer d’époque. On va plus discuter sur la capote et le célibat des prêtres. On va revenir aux fondamentaux : comment faire de l’église catholique la première puissance religieuse du monde ? Face à ce but, le mariage des homos ne pèse rien. Les Jésuites savent bien qu’on n’évangélise pas avec les homos.
On va peut-être aussi revenir à une spiritualité plus intéressante. Les Exercices Spirituels vont revenir à la mode. Dépêchez vous de les lire.
Je dois quand même donner la palme de la connerie à une journaliste qui a déclaré à peu près « Pour un Argentin, il a quand même l’air très italien ». Connasse ! Il s’appelle Bergoglio, pas Olafsson.
La nouvelle Contre-Réforme est en marche. Y’a qu’à voir la gueule satisfaite de Mâme Boutin.
On en reparlera….
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