mercredi 20 mars 2013

LE CAS HUZAC

Toutes les TV ne bruissent que de ça : le beau Jérôme a démissionné. Et, encore une fois, la moulinette à conneries fonctionne à plein.

Premier point : Cahuzac, c’est comme Woerth. NON. Woerth est l’héritier d’une longue cohorte de politiciens de droite, réactionnaires et tripatouilleurs. Tricher, truquer, quand on est à droite, c’est la norme, ça ne gêne personne. On a mis l’argent avant l’homme.

Cahuzac, il est l’héritier d’une tradition de gauche, de Robespierre à Jaurès. A gauche, on a une exigence de morale et on place l’homme avant l’argent. En principe, parce que là, on est loin du compte. Mais, en toute hypothèse, le curseur n’est pas au même endroit et ces comparaisons sont dérisoires.

Second point : Cahuzac, il aurait cherché à purger son compte suisse en devenant Président de la Commission des Finances. Pourquoi ? C’était légal avant, de planquer son fric dans un paradis fiscal ? Avant sa nomination, Cahuzac, il était déjà socialiste, député, hiérarque. Qui peut trouver normal qu’un héritier de Jaurès se comporte comme un petit délinquant ? Parce que la fraude fiscale, c’est un délit, faut pas l’oublier. Mais bon, lui, ça lui posait pas de problèmes de frauder le fisc tout en soutenant une politique de gauche.

En plus, il se dit qu’il a vidé le compte suisse pour le transférer à Singapour. La norme eut été de rapatrier les avoirs en France et de s’acquitter des droits et taxes, éventuellement en s’excusant. Mais là, non. Il est Président de la Commission des Finances, alors il cherche une planque mieux planquée. Pas se faire prendre. Comme n’importe quel petit mafieux. Pas vu, pas pris. C’est minable. Minable. Le qualificatif utilisé par le Premier Ministre pour qualifier Depardieu qui a eu, au moins, la dignité et le bon goût de tout faire en pleine lumière, avec un panache qui manquera toujours à Cahuzac.

Troisième point : il aurait touché du fric d’au moins un grand laboratoire. Ça a un nom : notre Ministre du Budget était stipendié. C’est ce fric, illégal, qu’il aurait mis au sommeil en Suisse. Là, on touche à la forfaiture. Le fric versé par les laboratoires aux médecins est strictement encadré. En plus, faut être sérieux. La spécialité de Cahuzac, c’est les implants capillaires ! Ça intéresse qui, les implants capillaires ? Les conseils qu’il donnait aux laboratoires, c’était pour les moumoutes ? Ou pour orienter les positions du PS où il a été successivement conseiller de Evin et Jospin pour les questions de santé ? Faudra éclaircir ce point, Monsieur le Procureur….

Bref, on nage dans les eaux glauques du socialisme actuel, libéral, prêt à tous les arrangements et à toutes les compromissions. C’est du socialisme de droite, évolution naturelle du Congrès de Tours.

Le PS a t’il réagi ? A ce jour, non. Il se réfugie derrière une rhétorique attentiste au lieu de réunir une commission de discipline et d’expulser le présumé coupable. Présumé, ça suffit. Le PS est sali, de toutes façons et quel que soit le résultat judiciaire. Aux prochaines élections, Cahuzac sera partout. Mais peut on attendre d’un mollusque comme Harlem Désir une attitude de dignité ? C’était plus simple d’exclure Falorni…. Les socialistes modernes tapent sur les faibles et protègent les puissants. Au fait, ont-ils exclu DSK ?

Glavany a cru, comme toujours, être intelligent en comparant Cahuzac à Bérégovoy. Glavany a loupé son coup car il n’avait pas la bonne mesure, la mesure de la dignité. Bérégovoy aussi était « présumé ». Comme Salengro. Tous deux ont choisi la seule voie digne et responsable. Justement parce qu’ils étaient « présumés ». Le suicide n’est pas un signe de culpabilité c’est une marque d’innocence.

Cahuzac n’aura pas cette dignité. Il va faire traîner, procédurer, « se battre » comme il dit, c’est à dire espérer que des erreurs de procédure seront faites pour permettre leur annulation. Classique. Il aura un bataillon d’avocats qu’il pourra payer avec des virements singapouriens, peut-être sur des comptes suisses. Il n’est plus ministre, il peut revenir à ses vieilles habitudes.

Nous baignons dans la honte. Un homme politique devrait être irréprochable car il représente la Nation. Un homme politique de gauche devrait être irréprochable car il représente le Peuple. Irréprochable, ça commence par insoupçonnable. On n’y est pas. Cahuzac n’a pas besoin de la présomption car il l’a déjà. Il est présomptueux. Arrogant, menteur et présomptueux. Il a l’arrogance des grands bourgeois, la présomption des médecins et le mensonge des politiques. Vous pouvez mélanger dans tous les sens.

On en reparlera…

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