mardi 19 mars 2013

ALZHEIMER VAINQUEUR !!!

Z’ont peur de rien ! Et surtout pas d’être rattrapés par l’Histoire. On le sait bien : Alzheimer a gagné. Il n’y a plus de mémoire. Je veux dire plus de mémoire historique, plus de mémoire politique. On vit l’instant présent.

Hier, l’instant présent, c’était les salons de l’Elysée et le Président mollasson se félicitant de la vente miraculeuse d’Airbus à un musulman bridé. Faut pas oublier que l’Indonésie, c’est le premier pays musulman du globe. Le Coran comme carnet de chèques, c’est comme ça que ça marche.

Airbus, au regard de l’Histoire, c’est une toute jeune entreprise, fondée à la fin des années 1970. Et avant ? Avant, ils ont tous la mémoire qui flanche.

Avant, il y avait Sud-Aviation. Petite entreprise française, grosse entreprise toulousaine. Un modèle phare : la Caravelle, l’avion préféré du Vieux Général parce que 100% français. La Caravelle, ça se vendait pas trop. Juste Air France et Air Inter (vous avez oublié Air Inter et ses Fokkers à hélice ? Air Inter, Fokker et Caravelle, que de l’avion européen). Le Vieux Général, il voulait des avions français. Européen, il tolérait. Américain, ça lui mettait la gerbe.

Sud-Aviation subventionné à n’en plus pouvoir, mais ça suffisait pas. Alors Sud-Aviation construisait aussi de l’électroménager, des téléviseurs (Téléavia) ou des frigos (Frigéavia), ça mettait du beurre dans les épinards, ça justifiait l’emploi. Le Vieux Général, il était réaliste.

Trente ans de subventions, d’argent public (horreur !) pour faire la nique aux Ricains pendant que le Sardou bêlait « Si les Ricains étaient pas là ». Trente ans d’efforts nationaux pour pas sortir des dollars chaque fois qu’Air France avait besoin d’un avion. Aujourd’hui, ça serait pas possible. L’Europe hurlerait à la distorsion de concurrence. Pour faire des avions plus gros, la France pouvait pas toute seule. Les réacteurs SNECMA suffisaient pas. Dieu merci, les Anglais avaient Rolls-Royce. Pour le fuselage et les ailes, il y avait Messerschmidt ou Hawker, des mecs qui savaient construire des avions aussi et qui étaient Européens.

Alors, les politiques ont pris les choses en mains et ils ont fait un consortium : Airbus. Pas vraiment une entreprise, une association d’entreprises, toutes financées par les Etats. Tout ça pour un bide. Car le premier Airbus, le A-300, est un bide. Pas grave : les Etats payent. Heureusement vu qu’il faudra attendre cinq ans la première commande non européenne. Pendant ce temps, Air France, Lufthansa et British Airways achètent, contraints et forcés, des avions dont ils ont pas vraiment envie. Y’a pas un investisseur privé qui aurait accepté ça.

Airbus, c’est ça : une volonté politique appliquée à l’industrie, avec des subventions qui font hurler les Ricains. Arrive alors l’ultralibéralisme : faut plus d’entreprises nationalisées. En 1999, Jacques Chirac vend l’Aérospatiale, chef de file d’Airbus, à son copain Lagardère. Airbus marche bien. Les citoyens qui ont payé pendant trente ans sont couillonnés. Merci Chirac !

Alors, y’a pas de quoi être fiers. Airbus gagne peut être du fric mais les valeurs qui ont présidé à sa création ont été bradées. On a complètement occulté que, sans argent public, Airbus n’existerait pas. Que les Etats, c’est leur boulot d’investir. Qu’il vaut mieux payer des emplois subventionnés que des chômeurs. C’est mieux pour tout le monde. On a oublié qu’à chaque crise, il faut un New Deal.

On en reparlera….

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