jeudi 14 mars 2013

FILS D’IGNACE

Bon. Ils ont un Pape. A peine élu, voilà que la moulinette aux conneries recommence à fonctionner à plein.

Pape historique, vu que c’est le premier non-Européen. Balivernes ! Pape historique parce que c’est le premier Jésuite. Et pas qu’un peu ! Vous l’avez écouté ? Les quatre premières phrases, trois références à la Vierge. Première visite : Sainte-Marie-Majeure. Chez les Jésuites, on déconne pas avec la Vierge, c’est leur fonds de commerce. Depuis leur création. En face, y’a les parpaillots qui dénient toute sainteté à la Vierge. Alors, les fils d’Ignace, la Vierge, ils la brandissent. C’est leur étendard. Ils vont inventer le miracle de Lorette et plein de mômeries pour dire que le catholicisme, c’est la Vierge. La Mère de Dieu. Avec tout ce qui va avec, la famille et tout le toutim. La Vierge que l’Eglise arbore pour s’opposer à la Réforme. Jésuite, c’est pas réformateur, faut pas croire.

Après quoi, il décide de s’appeler François. Tous les commentateurs bêlent et y voient une référence à François d’Assise, le benêt qui préférait parler aux petits oiseaux plutôt que de les coller dans une poêle avec de l’Armagnac. Tu parles ! La référence, elle est jésuitique en plein. C’est François de Xavier, le compagnon d’Ignace. Oui François DE Xavier, vu qu’il était seigneur de Xavier. Xavier, c’est pas un prénom, c’est le nom de son fief. Francesco, señor de Javier. Il aurait pu s’appeler Francisco de Pont-à-Mousson. T’imagines ? On aurait eu Pont-à-Mousson Bertrand, ministre. Javier, c’est devenu un prénom par hasard, parce qu’on a tout mélangé. Le nouveau Pape, il mélange pas. Il y a peut-être aussi une référence à Francisco de Borja, le troisième général jésuite. En français, on dit Borgia. Borgia. Pas le genre à causer aux petits oiseaux.

Les commentateurs s’étonnent. Pressenti en 2005, il avait décliné. Pourquoi a t’il changé d’avis ? Simple. En 2005, son supérieur général avait 77 ans et pensait à démissionner. Pas le moment de bousculer les choses. Depuis, les Jésuites ont un nouveau général, pas beaucoup plus jeune, mais nettement plus actif.

C’est le Pape des pauvres. Tu parles ! Les jésuites, ils aiment les pauvres comme le peintre aime son escabeau. Les Jésuites sont fins politiques : il leur faut des troupes.

Ça va bouger, moi je vous le dis. Le contre-pouvoir jésuite va se mettre en place face à la Curie. Il existait déjà : on appelle le général des Jésuites le « Pape noir ». François, il a du monde autour de lui, des mecs formés, informés, assis sur des réseaux puissants, des réseaux de pouvoirs comme ils ont su en tisser depuis des siècles. Ça va valser au Vatican.

Les Jésuites sont des missionnaires, mais pas des mollusques façon Congrégation de la Mission. C’est des combattants, des qui rigolent pas. Les Chinois qui pensent à Matteo Ricci ont été parmi les premiers à féliciter François. Bien sûr qu’ils forment les pauvres, ils savent que sans soldats il n’y a pas d’armée. Et comme tous les missionnaires, ils s’intéressent aux pauvres des pays pauvres.

Sans le savoir, les catholiques viennent de changer d’époque. On va plus discuter sur la capote et le célibat des prêtres. On va revenir aux fondamentaux : comment faire de l’église catholique la première puissance religieuse du monde ? Face à ce but, le mariage des homos ne pèse rien. Les Jésuites savent bien qu’on n’évangélise pas avec les homos.

On va peut-être aussi revenir à une spiritualité plus intéressante. Les Exercices Spirituels vont revenir à la mode. Dépêchez vous de les lire.

Je dois quand même donner la palme de la connerie à une journaliste qui a déclaré à peu près « Pour un Argentin, il a quand même l’air très italien ». Connasse ! Il s’appelle Bergoglio, pas Olafsson.

La nouvelle Contre-Réforme est en marche. Y’a qu’à voir la gueule satisfaite de Mâme Boutin.

On en reparlera….

Aucun commentaire:

Publier un commentaire