lundi 11 mars 2013

LE PORC DU VOILE

Madame Lathifa, c’est la dernière icône des médias. Digne, respectueuse, propre sur elle, mater dolorosa comme on les aime. Une sorte de Mère Térésa qui se promène dans les collèges pour prôner l’amour et le respect de l’autre.

Sauf qu’elle est pas trop cohérente, je trouve. Son fils a été abattu, vilainement, par un mec qui voulait imposer la charia, kekchose come ça pour faire bref. On va pas encore revenir sur Merah, il va finir par devenir un symbole. Il a tué au nom de l’Islam. Là dessus, tout le monde est d’accord.

Et Mâme Lathifa, elle va de collège en caméra, avec les cheveux soigneusement cachés sous son voile. Elle prêche en mettant en avant son appartenance islamique. Moi, je vois que ça et je trouve ça pas cohérent du tout.

J’aimerais qu’elle soit « en cheveux », Mâme Lathifa. « En cheveux », c’est comme ça qu’on disait au XIXème siècle pour définir les dames qui portaient pas de chapeau ou de foulard. Une femme en cheveux, c’était une femme de mauvaise vie, pas une dame. Une gourgandine, une cocotte, une pute pour la faire courte.

Parce que, au cas où vous l’auriez pas remarqué, Dieu, il aime pas les cheveux des femmes. On se moque des musulmanes voilées, ça nous permet d’oublier la mantille, le foulard obligatoire pour entrer à l’église, la calvitie des juives orthodoxes. Devant Dieu, les femmes du monothéisme cachent leurs boucles. C’est valable pour quasiment tout le monde méditerranéen. J’ai vu un jour dans une église espagnole, une sorte de bombe avec la jupe à ras la moule qui se couvrait la tête d’une jolie mantille de dentelle blanche, assortie à son string. C’était assez fantasmatique. Enfin, pour moi. J’imaginais qu’elle assortissait avec soin sa mantille et son string. Peut-être les chaussures aussi, je me souviens plus des chaussures. La mémoire oublie l’insignifiance.

Couvrir ses cheveux, pour une femme, c’est obéir aux prescriptions divines, valables pour toutes les religions du Livre. C’est comme pas manger de porc ou faire maigre le vendredi. La mater dolorosa, avec son voile, elle justifie Merah, elle justifie tout, toutes les folies, toutes les sottises, elle admet que Dieu gère sa vie. Alors, moi, je n’y crois pas à son discours. Avec son voile, si j’ose dire, elle ouvre la porte à tout le reste. On commence par le voile, on finit dans le djihad tout comme la mantille couvre les horreurs de l’Inquisition.

La religion est un tout. Accepter les détails, c’est agréer l’ensemble. J’ai plein de copains qui me disent « Bah, c’est pas le plus grave ». Ben si. Le seul moyen de lutter contre Dieu, c’est de lui faire un bras d’honneur chaque fois qu’on peut, histoire de montrer qu’on n’en meurt pas, qu’il est impuissant. Que quand t’ouvres une boite de pâté de porc le vendredi saint, le Ciel ne se déchaine pas et la Terre ne s’ouvre pas sous les pieds du pêcheur maudit à tout jamais. Que la caractéristique de Dieu, c’est son impuissance.

On appelle ça la théodicée.

On en reparlera…

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