vendredi 28 juin 2013

LE PRIX DE LA VASELINE

Il est en chute libre. Le marché s’élargit. Je vous explique.

Sur mon mur Facebook, j’ai plein de copains (Egmont, Xavier, Pascale, Jean-Louis, Alain) qui se réjouissent comme des malades. La loi, leur loi, celle pour laquelle ils se battent, ils lobbyisent depuis des mois, elle est passée. Les restaurateurs vont devoir indiquer ce qui est fait sur place et ce qui relève de la cuisine toute prête.

Moi, toujours Cassandre, je leur dis : calmos. Attendez les décrets. Faut voir. Les puissances de fric, elles reculent pas comme ça. Je les sens hausser les épaules. Casse-couilles senior est de retour. C’est à ça qu’on reconnaît les vieux : ils sont négatifs, le plus souvent.

Ben non. Ce soir, je me fais infliger une pub KFC. Vous savez la boîte du Colonel Sanders qui sert du poulet pané. Et que dit le texte : « du poulet cuisiné maison ». Z’ont pas été longs à réagir les fastfoudeurs. Tu vas voir qu’ils vont se le coller le logo « cuisiné sur place ». Après tout, le poulet, il est frit devant toi, à la demande, à peu de choses près.

Et tu vas voir que MacDo et les autres, ils vont élargir la brèche. Leur viande hachée, elle est bien cuite devant toi, sur une sorte de plancha et les frites sortent d’une friteuse. Enfin, je sais pas très bien, j’y suis allé qu’une fois, il y a vingt ans. Stricto sensu, c’est cuisiné maison, dès lors qu’on accepte que ce soit de la cuisine. En tous cas, c’est cuit, pas comme le sushi.

J’ai envie de dire à mes copains : ouvrez vos caves et prenez en une bien lourde, en mémoire d’une loi mort-née. La pub KFC montre bien que la riposte est déjà dans les cartons. Ça va casuistiquer jusqu’à la gauche. On va accepter une bonne dose de surgelé, un peu de pré-cuisson, tu vas voir que même Pizza Hut va y avoir droit au logo. Parce que faut pas croire que les décrets, ils vont y aller au cas par cas. Un bout de viande, un truc par dessus, c’est de la cuisine. Si le truc est un œuf, c’est pareil que si c’est du foie gras. Rossini, c’est de la musique, pas de la bouffe, non mais !

Juste une parenthèse. Je viens de relire La Croisade de Lee Gordon de Chester Himes. Si vous avez rien à foutre, lisez ça cet été, ça aide à réfléchir. Dans le texte, le traducteur des années 1950, il traduit hamburger par « sandwich à la viande ». Forcément. Il s’adresse à des Français qui n’ont pas la moindre idée de ce que peut être un hamburger et comme hamburger n’est pas un mot français, il traduit.

Je trouve que c’est une bonne base de discussion : un sandwich est-il de la cuisine ? (merci de pas m’emmerder avec les arguments à deux balles, style avec du bon pain et du bon jambon, ça peut être meilleur que bien des plats). Un sandwich justifie t-il le logo « cuisiné maison » ? Si vous répondez non, adoptez la traduction « sandwich à la viande ». Peut-être qu’on peut tenir MacDonald hors de portée grâce à la linguistique, va savoir…

Rêvons pas. On ne va pas tarder à avoir la démonstration que le titre ci-dessus n’est pas un ronchonnement de vieillard aigri. Comme bien d’autres, la loi va être vidée de son sens, affaiblie, réduite à rien. Prouvant (mais en est-il encore besoin ?) que le seul moyen d’obtenir ce qu’on veut et qu’on croit être juste ne se trouve pas au Parlement.

Et moi, j’en ai marre de rabâcher…. Un jour, je vous raconterai comment a été vidée la loi sur la participation des travailleurs que ce salopard de Hollande est en train d’achever… Le nombre de lois détricotée au fil des années est monstrueux…

On en reparlera…

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