vendredi 27 octobre 2017

RABBI JACOB, HEIN ?

He bé voilà que la Catalogne se joint au concert…Pas que. La même semaine, la Lombardie et la Vénétie s’en mêlent. Les commentateurs se répartissent entre deux catégories.

1/ les ceusses qui brandissent les oripeaux du nationalisme. Alors même qu’il ne s’agit pas de nation quoique les zélateurs de ces indépendances entretiennent le flou, essentiellement par manque de vocabulaire. Au fil de l‘histoire, il n’y eut jamais de nation catalane, ni basque, ni vénète. Et pour la plupart, il s’agit avant tout de quitter la nation ce qui suppose un énorme contresens.

2/ les accumulateurs d’exemples qui cherchent, à juste titre, à trouver un fil commun et prennent l’Europe comme mètre étalon. Comme les précédents, ils veulent diaboliser tous ces gens qui ne vont pas dans le sens de l’Histoire.

Tout ça fait beaucoup de mots, beaucoup de babillage pour arriver à la même conclusion : la même taille de territoire ne convient pas à tous

On en a déjà parlé mais ça devient de plus en plus prégnant avec l’Europe. L’Européen moyen, il se sent tout sauf Européen. Il sait bien qu’il n’a quasiment rien en commun avec toutes ces nations qu’il confond souvent allègrement. Prends l’exemple des Tchèques. Voilà des gens qui ont la chance d’avoir un des villages emblématiques de l’Histoire du monde (faut oser) : Austerlitz. Et que font ils ? Ils le débaptisent. Ce faisant, ils disent clairement que la France, son histoire, son orgueil, ils n’en ont rien à foutre. On peut comprendre. On peut comprendre aussi qu’on se moque de la fierté des Bohêmiens.

En fait, de l’histoire et de la culture européenne, on ne sait rien sauf les stéréotypes véhiculés par Erasmus, enrobés de mondialisme mou. Car, vous leurrez pas, Erasmus, c’est fait pour dire aux jeunes qu’ils sont tous pareils. Que leur sol soit différent, que leur langue ne soit pas la même, qu’ils n’aient dans l’Histoire que des guerres à partager, tout le monde s’en contrefout. La machine à banaliser tourne à plein.

Au point que Juppé doit se gendarmer car les Bordelais lancent une campagne « Parisien rentre chez toi ».Il doit avoir peur qu’ils virent aussi les croquemaïs dont il fait partie. Situation amusante : les Girondins comprennent enfin le danger des Jacobins, ce qui ne les empêche pas d’avoir les mêmes comportements. Hier au soir, impossible de me garer dans Bayonne envahie de 33. Ho ! on est pas votre banlieue !!

Mais on peut pas tenir compte du ressenti de chacun ? Si. Il faudra bien. Parce que ça commence à devenir ingérable et que ça ne va pas s’arranger. Et que dans ce ressenti, il y a une dimension démoniaque (aux yeux des dames patronnesses) : l’égoIsme. Reiser écrivait : Salauds de pauvres ! C’est pareil.

Les hommes naissent libres et égaux en droits. Ouais. A condition d’être nés au même endroit. Sans ça… Tiens, tu nais à Kiruna, t’as un droit de plus que moi : celui d’allumer la lumière toute la journée cinq mois par an. Et l’EDF te propose pas de tarif spécial Père Noel.

Plus que la Lombardie ou l’Ecosse, je trouve le mouvement des Bordeluches vachement intéressant. Voilà des mecs qui vivent dans un ancien port qui eut son heure de gloire mais qui aujourd’hui est revenu à son classement du 13ème siècle pour des raisons géographiques. Les temps ne sont plus aux havres protégés loin des rivages. Remonter la Gironde est un handicap. Seule métropole importante, Bordeaux a reçu l’onction jacobine qui en a fait la capitale d’un territoire qui n’est pas le sien. Et les Bordeluches en ont déduit qu’ils étaient propriétaires de lieux qui n’en ont rien à foutre et s’arrogent une autorité sur des populations indigènes qui les vomissent. Si je suis de Bordeaux, je suis toute l’Aquitaine..

Le drame, c’est que toute cette morgue, cette inculture historique est essentiellement transportée par les petits bourgeois bordeluches. Ceux qui savent dire « le Bassin » en pinçant comme il faut les lèvres pour désigner Arcachon, oubliant qu’un bassin est aussi un ustensile médical pour collecter la merde. Pour analyser Bordeaux, regardez les restaurants.. Pas de table d’exception comme à Lyon ou Monaco, le petit bourgeois bordelais est rat et fréquente des tables à sa hauteur. On pourrait penser qu’une région vouée au vin aimerait accompagner ses nectars de plats à la hauteur. La gastronomie bordelaise est inexistante et même la lamproie se fait rare. La vraie bourgeoisie bordeluche achète au Pays basque comme faisait Chaban, mais la pression foncière parisienne devient un obstacle. Parisien, rentre chez toi !

Bref, Bordeaux a oublié Montaigne qui notait que si haut que soit le trône… Bordeaux a oublié le captal de Buch qui gérait le « Bassin » pour compte des Albret. Et oui, historiquement, Arcachon est plus liée à Nérac qu’à Bordeaux. En fait, le territoire historique, culturel,  de Bordeaux est tout petit. Raison pour laquelle l’avoir choisie comme capitale de l’Aquitaine « nouvelle » est d’une rare stupidité. De Bayonne à Ussel, tout le  monde déteste Bordeaux. Mais Bordeaux est égoïste et se fout qu'on la déteste tant qu'on parle d'elle. Ben voilà c'est fait.


On en reparlera…

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