jeudi 17 janvier 2013

LAVAL, REBATET, BRASILLACH, PAQUIS

Pourquoi ces noms de morts ? Parce qu’ils ont ressuscité.

Tous ces morts, ils ont écrit sur la défaite de 40. Ils disaient tous la même chose : bien fait pour notre gueule !

Ils étaient pas seuls. Ils exprimaient un sentiment général, une sorte de doxa qui coulait dans les mots et irriguait les pensées. Bien fait pour notre gueule, les Allemands étaient meilleurs que nous.

C’est vrai ça : les Allemands, ils sont disciplinés, travailleurs, raisonnables. Ils ont le sens de la Nation, ils respectent leurs chefs et leurs patrons, ils voient le sens de l’intérêt général. Ils sont à la caserne comme à l’usine : admirables.

Nous, en face, les Français, on est grandes gueules, indisciplinés, moralement faibles, branleurs, fêtards et incontestablement socialistes. On est des Latins je-m’en-foutistes face aux tant magnifiques Germains.

Cette soupe, les médias nous la resservent tous les jours à l’envie. Pas que les médias, les politiques aussi et le patronat, et cette soupe me donne envie de gerber.

Vichy a repris le pouvoir. Et les cancrelats de tous bords viennent réchauffer le brouet de Laval, de Rebatet et de Jean-Hérold Paquis. Ils sont bons les Allemands : ils acceptent les diminutions de salaire, ils obéissent à leur chef, ils pensent à la grandeur de la Deutsche Börse. C’est reparti pour un tour : Ein Volk, ein Reich, ein Führer.

J’exagère ? Comparez. Comparez les louanges des zélateurs du Maréchal et les discours qu’on nous tient. Surtout les chroniqueurs économiques, Lenglet avec son crâne rasé de junker, ou Nicolas Doze qui aurait pu servir le Maréchal comme il sert Parisot. Ecoutez les vous tresser les louanges de la Grande Allemagne. Ils osent pas encore vous dire que Merkel, elle construit dix mille ans de bonheur, mais on n’en est pas loin.

Mais qu’est ce qu’ils veulent donc, ces rats veules ? Qu’on marche tous au pas derrière le Medef, qu’on foute à la poubelle les acquis du CNR.

Ha oui ! vous aviez oublié ! La Sécurité Sociale, les Caisses de Retraite, les nationalisations, c’est le Comité National de la Résistance qui les a créés. Les anti-fascistes, les anti-Boches, ceux qui respectaient l’homme dans sa diversité et son désir de bonheur jouisseur. Les Allemands, ils ont le droit de jouir dans la discipline si ça leur chante, moi je préfère la jouissance dans le bordel.

Pensez-y. Chaque fois que vous entendez un clampin chanter les louanges du Grand Reich (en novlangue, on dit Allemagne réunifiée), chantez dans votre tête « Maréchal, nous voilà ». Regardez la tête du mec, imaginez le à Vichy en train de quêter les prébendes de Laval, l’homme qui préférait le national-socialisme au socialisme tout court. Tout admirateur de l’Allemagne est un milicien en puissance.

J’admets. Ils ont gommé la dimension aryenne et antisémite. Je ne suis pas sûr qu’elle ne soit pas prête à revenir. C’est juste que les temps ne s’y prêtent pas. Par contre l’anti-bolchevisme est déjà là. L’Allemand ne partage pas.

Il partage pas les baffes non plus. La dimension militaire de l’Europe, c’est plus que les vainqueurs de 45, Anglais et Français. Le reste, pipi de chat… Le reste fait du fric à l’abri de nos armées.

Tout est pareil : la droite prétendument nationaliste admire la nation voisine. L’Europe justifie désormais la collaboration.

Ho ! On n’est plus en guerre contre l’Allemagne. Ben, si. On est en guerre économique. Alors, on admire leurs économistes, comme en 40 on admirait leurs militaires. Rien ne change.

On en reparlera…

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