mercredi 16 juillet 2014

COLETTE

Je l’aime bien, Colette, c’est ma députée. Enfin, pas tout à fait, je vote au nord de la Garonne. Mais c’est ma députée quand même. C’est elle qui représente mes quelques kilomètres carrés de nostalgie au Palais-Bourbpn.

Je l’aime bien parce qu’on aime plein de trucs en commun. Elle hésite pas à lichetrogner un gorgeon et elle rigole. Comme son Dam de mari, que quand tu le regardes, tu vois que son rire.

La dernière fois que je l’ai vue, vêtue de blanc et rouge, elle rentrait aux Arènes. Où ? Mais « les Arènes », c’est Lachepaillet et nulle part ailleurs. C’est pas pour rire. On a partagé ensemble (forcément) quelques mémorables soirées à la Peña, près de la gare du BAB. Tu sens bien que, quand elle voit un Miura, bien galgeado qui souffle dans les godasses de la ballerine de Cabrel, elle prend son pied. Je veux dire qu’elle va pas sur les gradas pour se faire voir, comme Bachelot, qu’elle est pas en représentation ou en chasse aux suffrages.

Alors, je me suis dit qu’elle était bien silencieuse quand les hystériques de l’anti-corrida, abreuvés des conneries huguenotes bruxelloises (je sais, c’est faux) venaient nous brouter les orteils. Je l’aurais aimée un peu plus impliquée.

Je l’avais même imaginée à l’Assemblée, sous le regard paternel de Bartolone, haranguer l’hémicycle au nom de la défense du toro brave. Soutenue par les membres du Groupe d’études « Tauromachie » qui regroupe les députés favorables. Elle n’y est même pas inscrite !!! Silence radio. Peut être qu’elle n’aime pas trop les participants : Collard, Devedjian, Apparu. Y’a même Lellouche ! Lui, c’est mon vrai député, celui de la circonscription où j’habite. Tu vois le truc : mon « vrai » député, celui que j’apprécie pas trop, il défend la corrida et Colette, ma copine, s’écrase. En plus, jusqu’à ce qu’elle soit élue, le groupe de députés était présidé par son prédécesseur. Elle a piqué le siège, pas les convictions.

Colette, elle est au PS. Elle lui doit tout au PS. Ses mandats (elle a commencé à la région, scrutin de liste, quand t’es pas trop connue, ça aide), sa carrière. Seulement, voilà : le PS est allié avec EELV, les écolos qui ne savent rien de l’écologie. Avec EELV, la corrida, c’est tabou. Pas touche ! Les huguenots grünen qui se mettent les miches à l’air à Montalivet, ils veulent pas qu’on prenne son pied avec un toro brave. C’est pas dans leur morale. L’homosexualité, oui (pacsons, marions, adoptons), la corrida, non. En plus, ils interdisent les gosses dans les arènes (heureusement qu’il y a Youtube pour que mon fils apprenne ce qu’est une chicuelina) et ils voudraient qu’on n’allume pas un puro au début du paseo. Ils m’en veulent, c’est pas possible. Des fois, je pense à mon père et à Madriles, un vieil arenero qui lui amenait le rosé après le troisième toro. Madriles, il avait été à Madrid avec Dolores Ibaruri, d’où le surnom. Les hystériques de gôche et les écolotes, ils en ont rien à foutre de Madrid. Quand ils disent « no pasaran », c’est à moi que ça s’adresse. Foutriquets ! On ne m'en voudra pas de préférer un militant qui s'est battu pour de vrai à une poignée de mirlitons qui se croient militants.

Mais Colette, elle a la trouille des Verts. Elle a la trouille de perdre quelques voix misérables, de pas être dans la doxa de ce conglomérat d’impénitents chouineurs. Elle a la trouille de se faire gronder par Eva Joly.

Du coup, je me demande si elle aime vraiment la fiesta brave. Parce qu’aimer la corrida, c’est avoir un peu de verguenza, savoir hausser le col , faire face à la gronde des imbéciles. Romero devant une bronca…

Bon, Colette, tu me rassures ? T’y vas ? Comme Millian devant un Miura. Tu me dis, là, publiquement (sur Facebook, par exemple) que tu vas défendre ce que tu aimes ?

Tu me dis chiche ? Parce que sinon, je vais croire que je me suis trompé d’amie… Tu vas pas devenir une Hollande féminine quand même ?

Quoique...


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