dimanche 28 septembre 2014

AH ! MON CANARD

Il y a des jours de grand bonheur. Aujourd’hui par exemple où j’ai pu compléter mon savoir sur les canards et retrouver des saveurs perdues.

On en avait déjà parlé ici (http://rchabaud.blogspot.fr/2011/01/parlons-un-peu-des-immigres.html). J’ai appris aujourd’hui que j’avais écrit une connerie (ben oui, ça arrive). Les canards de ma Tante Marie qui me faisaient du si délicieux foie gras, c’étaient pas des canards de Rouen. C’étaient des canards de chez moi. Des kriaxeras pour être précis. J’ai une excuse. Le Rouen, c’était ce qu’il y avait de plus proche de mon souvenir. Dans l’intervalle, le kriaxera a manqué disparaître, poussé dans la fosse commune des variétés disparues par les immigrés dont on parlait plus haut.

Et puis, aujourd’hui, j’ai vu des photos de kriaxera et là, ma mémoire s’est ébrouée comme un canard sortant de la mare. C’était ça ! L’histoire est belle mais longue. Quelques rares fermiers qui avaient conservé quelques couples, quelques passionnés qui se mettent au boulot, et voilà…Qu’il y ait, dans l’histoire, un peu de baratin ne m’étonnerait pas. Mais, je m’en fous.

La photo, c’était secondaire. En fait, je venais de retrouver le goût du vrai foie gras, je veux dire celui de mon enfance. Le goût, mais surtout la texture, cette impression de velours en bouche, une impression générale que je ne saurais mieux qualifier qu’en parlant de foie gras maigre. Je t’explique : pour des centaines de foies gras, l’impression première, c’est de manger de la graisse. Quand tu montes en gamme, cette impression s’atténue et là, aujourd’hui, à 16 h 30 square Bernard Lazare à Paris (3ème), je mangeais du foie gras d’où cet arrière-goût était absent. Bingo ! j’avais rajeuni de cinquante ans et je prenais à nouveau mon pied en mangeant du foie gras. J’avais oublié ma rancœur envers Jean-Paul Chevallier.

Bon, je vais pas vous la faire en copiant-collant tout ce que l’éleveur a déjà mis sur son site. Il y a plein de journalistes pour pisser ainsi de la copie. Allez voir le site de Jean-Michel Berho www.eyhartzea.com. Il y cause de la race, de l’élevage, du gavage et il donne même un bon de commande. En gros et en plus savant, il vous dit ce que je disais : le canard choisi pour sa rentabilité, la bouffe industrielle, le gavage à la chaine.

Pour être complet dans l’info, on était à une présentation de produits des producteurs fermiers d’Idoki (www.idoki.org). Ces mecs, c’est rien que des petits mecs, des petits fermiers, dans des petites fermes dans de petits villages. Des ceux que les grands mecs comme Barthélémy Aguerre regardent de haut (http://rchabaud.blogspot.fr/2013/02/a-laguerre-comme-laguerre.html). Mais voilà, c’est des hargneux, des qui veulent pas mourir et qui ne veulent pas survivre en vendant de la merde à leurs clients et leur âme au Diable. Des mecs qui ont des valeurs, le genre de valeur qui n’a pas de prix. Parce que si tu crois que les valeurs ont une valeur, tu te plantes grave.

Alors voilà comment en une belle après-midi d’automne parisien, tu peux te réconcilier avec un produit, replonger dans ton enfance, rencontrer quelques belles personnes, boire un coup de txakoli et te faire une provision de ce fabuleux produit qu’est le piment doux du Pays basque (en fait, j’y étais allé pour ça, j’avais une envie d’omelette aux piments et ce piment là, qui est le meilleur du monde, tu n’en trouves jamais à Paris).

Y’a qu’un truc qui m’emmerde :c’est que ce m’ont dit les petits mecs d’Idoki, c’est le même discours tenu par les épiciers à la mode et les gros cons de la grande distribution, et que rien, rien, sinon quelques années d’expérience, une connaissance intime du terrain et une attention soutenue aux détails ne permet de faire la différence entre celui qui te baratine et l’autre.

Bon. Sachez simplement une chose : les mecs d’Idoki, ils sont tous bios, et même surbios. Ils affichent aucun label à la con, sauf le leur : Idoki. Et ça suffit : si votre épicier bio les connaît pas, changez d’épicier.

On en reparlera…

PS : et le prix ? Plutôt moins cher que Labeyrie.... C'est vrai qu'il faut être con pour acheter chez pousse-caddie.

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