vendredi 23 novembre 2018

FAISONS TABLE RASE

Demain, ça pète. De manière nouvelle parce que le cadre est nouveau. Le gouvernement est tétanisé. Il est incapable de gérer la situation.

Ça ne va pas péter comme en 89 ou 48. La capitale ne concentrera rien. Un paquet de manifestants, certes, mais bien loin des centaines de milliers que l’on sait gérer. Bien entendu, vu la concentration de caméras et la haute qualité intellectuelle des analystes et observateurs, l’information parisienne monopolisera l’attention pour arriver à la conclusion que ce n’est pas un vrai succès, pas comme le temps où Krasucki attirait un demi million de mecs entre Bastille et République. Mais, la proximité de lieux de pouvoir installera plus de policiers au bord de la Seine que sur les rives de l’Adour. Le stock de défenseurs de l’ordre (établi) n’étant pas extensible, le gouvernement pulvérisera le disponible dans les plus grandes villes. Logique. Hagetmau et Oloron-Ste-Marie ayant été oubliés de l’aménagement seront également oubliés de la répression. Tel est le logiciel de nos administrateurs.

Dans la mesure où les gilets jaunes n’ont pas même les moyens de se déplacer dans la capitale, ils seront nombreux, au total, à ne pas être nombreux sur les milliers de lieux où ils seront pourtant. Chez eux. Comme des poissons dans l’eau. Les analystes ont d’ailleurs ressorti le vieux mot de « jacquerie » que je n’avais pas entendu depuis quelques séminaires au CERM voici quarante ans. Jean Chesneaux apprécierait.

Les gilets jaunes sont d’ailleurs confiants. Ils se savent capables de bloquer le pays car ils savent qu’une artère minuscule peut provoquer un AVC. Un centre commercial ici, une gendarmerie là, peuvent avoir un effet dévastateur par leur nombre. Si un village de 1000 habitants encercle les 20 gendarmes de la caserne locale, les pandores ne leur tireront pas dessus mais ne seront pas disponibles, non plus, pour protéger la sous-préfecture voisine. Etre abandonnés n’a pas que des inconvénients.

Il va de soi qu’aucune de ces manifestations dispersées n’aura les honneurs des chaînes de télé, leur nombre même les desservira médiatiquement. Le vrai danger est là : qu’une image fausse ne vienne dévaloriser la réalité de l’action, faisant passer la société du spectacle au premier rang des instruments d‘analyse.

Le vrai espoir est l’universalité du mouvement. Demain peut nous prouver que des milliers d’hommes se croyant isolés prendront conscience de leur force, ramenant Marx au premier rang des penseurs politiques. Marx et Mao. Le mouvement est rural nous affirme t’on. Serait ce la seconde mort de Li Lisan ?

Le passé a condamné les gilets jaunes. Il est temps de faire de ce passé table rase, de réinstaller une planification, de redonner au politique le pouvoir sur l’économique.

Et de mettre sur pied une véritable force de communication. Etre isolé n’est rien. Se croire isolé peut être mortifère. Et si Facebook était un outil de la Révolution ?


On en reparlera…

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