jeudi 14 juin 2012

TOUT SE PAYE

Le pays découvre soudain Falorni, le rebelle de La Rochelle. Il se la joue belle, provincial pilonné par Paris, brave militant de base méprisé par l’appareil, petit manipulé par les gros. J’y crois pas un instant, bien entendu.

Falorni, c’est un proche de Hollande. Un tout proche. Il a été son mandataire pendant la campagne des primaires, c’est dire. Pour tenir les cordons de la bourse et les comptes de campagne, faut être un homme de confiance, non ?

Moi, j’ai mon idée. Falorni, il est toujours dans les comptes de Hollande. Aujourd’hui, il présente la note. A Ségolène. Tout se paye.

Je me mets à la place de François. Tu rencontres une jolie nana à l’école, tu la maries ou tout comme, tu lui fais quelques beaux enfants. Les carrières vont en parallèle, c’est le bonheur.

T’es moderne, progressiste, paritariste, la femme est l’égale de l’homme, youkaïdi, youkaïda. Monsieur députe en Corrèze, Madame en Charente. Jusque là, ça va. Mais voilà, au plus t’avances, au plus ça se resserre. Dans leur job, au bout du bout, y’a qu’un truc possible, l’Elysée. François, dans sa tête, il a pas de doutes. L’Elysée, c’est pour lui. Pourquoi ? Ben, parce que c’est lui, le mec. La parité, ça va avec les chiffres pairs. Or, UN, c’est un chiffre impair. Là, y’a plus de parité possible. Ajoutons qu’il est fin politique et qu’il sait bien que la France est pas prête pour une nana à l’Elysée.

Et, vlan ! en 2007, sa nana, elle s’y croit. Un peu aidée par ses courtisans, mais elle s’y croit. François, il se voit pas en prince consort. Déjà qu’elle doit avoir un peu la grosse tête Notre-Dame de la Bravitude. En postulant, elle le castre. Il devient rien, juste le compagnon de la chef. Je le comprends, François, y’a pas un mec qui peut supporter ça. A part, bien sûr, Monsieur Thatcher.

J’ai l’air de déconner. Mais réfléchis calmement et honnêtement : tu te vois, à la remorque de ta gonzesse ? D’accord, on a changé le Code civil. Mais on n’a pas changé les têtes. On veut bien partager un peu, torcher un peu les mômes, faire la vaisselle de temps en temps, mais faut pas exagérer. Et puis là, y’a un vrai pouvoir. LE pouvoir.

Alors, François, il s’est barré. Je suis bien certain qu’il s’est senti un peu humilié, mis au rancart, dévalorisé. C’est vrai : en 2007, j’ai ressenti une vraie compassion pour lui. On lui reproche de pas s’être impliqué dans la campagne de la compagne. What else ? Il allait tout de même pas tendre les ciseaux pour qu’on lui coupe les bourses. Il a réagi en homme bien élevé. Il pouvait pas taper, il a quitté le terrain.

Et aujourd’hui, il présente la note. Pour ça, il a ce brave Falorni. Il l’a viré du PS, histoire de lui laisser les coudées franches. Aubry, elle peut couiner. Falorni, elle l’a lourdé du parti, alors il l’écoute plus. Il a pas à lui obéir. Il reviendra au PS après son élection, discrètement. Pas tout de suite. Je l’ai écouté Falorni. Il a eu l’adjectif qui tue : arrogante. Le mot qu’aurait pu utiliser Hollande.

Notre Dame du Chabichou, elle a rien compris aux hommes. Elle se disait, bon, il a été élu, mais c’est mon ancien mec, le père de mes enfants. On a passé de belles années quand même. Elle voit pas que les belles années, elle les a rayées d’un coup. Hollande, c’est un politique et un grand. Baiser sa carrière, c’est pire, bien pire, que de le cocufier. En fait, c’est le cocufiage majuscule. La honte médiatisée. Un amant, il pouvait comprendre. L’Elysée, il pouvait pas pardonner. Elle affirme que c’est elle qui l’a viré. Peut-être. Peut-être aussi que c’est une posture. Ou qu’elle s’y croyait tellement qu’elle l’a collé au placard. Plus besoin de toi, dégage. Ego contre ego. Mais l’ego des mecs, c’est pas l’ego des filles. La baffe démange plus vite la main.

Ségolène va perdre. Hollande va avoir un mot gentil. Ou deux. Il sait vivre. Elle a intérêt à s’accrocher à sa présidence de région, pas sûr qu’elle la garde. A la prochaine élection, elle aura l’étiquette de perdante accrochée aux oreilles. Elle finira par comprendre que les ex, c’est gentil que dans les séries télévisées. Que la parité, c’est pour les autres. Que la vraie vie, c’est pas les discours qu’on tient.

Les commentateurs, parfois, ils déraillent grave. Y’en a un qui affirme que Valérie Trierweiler, elle est jalouse. T’as vu la tête de la nana ? Son parcours ? Tu crois vraiment qu’elle a des réactions de midinette shootée aux Feux de l’Amour ? Pour Hollande, Valérie, c’est ce que la Corée est à la Chine. Le partenaire chargé de tester les réactions. Le tweet à Falorni, c’est un message pour Ségolène. T’as perdu. Et tout à l’avenant. Aubry qui la soutient comme la corde soutient le pendu. Au bal des hypocrites, Ségolène, elle a le carnet de danses bien plein.

Y’en a même qui disent que c’est encore le mélange public-privé. Evidemment que non. Y’a pas de privé dans ce type de relations. La sphère privée, c’est juste une marionnette pour dissimuler une lutte politique. Qu’elle ait été sa nana, ça aggrave le cas, un peu. Pas trop. François, il commence son grand nettoyage pour 2017. Il va achever Mélenchon, faire aux écolos ce que Mitterrand a fait aux communistes. Fabius a compris que le costume de Talleyrand lui allait à merveille. Valls va savoir très vite que son horizon autorisé c’est 2022. Ségolène, c’était urgent. Elle est trop grande gueule. Elle se croit un destin national. Il fallait vite la réduire au silence.

Y’a quand même une question qui me taraude. Si elle perd, est-ce qu’elle pleurera ?

On en reparlera…..

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