lundi 4 février 2013

LA CHARIA EN FRANCE

Elle existe. Et depuis longtemps.

Si j’en crois les icônes de l’information permanente, la charia dans le nord-Mali, se caractérisait par plusieurs interdictions. Par exemple, fumer, surtout en public. Boire ces boissons qui réchauffent le cœur des hommes et leur permettent de voir la vie en rose.

Ces interdictions, nous les vivons au quotidien. Nous vivons dans la charia. Ho ! Eh ! c’est pas pareil ! me disent mes copains, outrés. La charia, c’est religieux. Ha, bon ! Parce que les interdictions qu’on nous colle, elles sont pas religieuses ? Parce que l’hygiénisme, c’est pas une religion ?

Réfléchissez. C’est quoi une religion ? En général, c’est un truc (j’ai pas d’autre mot), c’est un truc qui te permet de dire que la mort n’existe pas. On te la remplace par la vie éternelle, le Paradis, ou d’autres machins du même style, réincarnation, métempsychose. Un religieux, c’est un mec qui te dit que tu vas pas mourir pour de vrai, c’est un mec qui nie la mort.

L’hygiéniste, c’est pareil. T’as peur de mourir ? Alors, cesse de fumer, arrête de boire. Il te dit pas que tu vas pas mourir, il te dit que tu vas vivre plus longtemps. Peut être sous forme de légume alzheimerisé, mais plus longtemps quand même. Une belle forme de négation de la mort. Remarque, c’est normal. L’hygiéniste, souvent il est médecin.

Et alors ? Alors, comme il est médecin et qu’il réfléchit pas trop, il s’imagine que son combat, c’est contre la mort. Rien n’est plus faux. Le médecin son combat, c’est contre la maladie. Là, il a une chance de gagner. La mort, c’est sans espoir.

C’est notre faute. On le supplie : « Docteur, je veux pas mourir ». Au lieu de nous traiter de cons, il compatit, il empathise. Il nous comprend. Son boulot, ce devrait être de nous faire accepter la mort qui n’est qu’une forme de la vie. Au lieu de ça, il nous encourage à la nier. Comme les curés.

Après, la privation va de soi. La religion, son premier boulot, c’est de priver. Priver de tabac, de pinard ou de cul. Ça commence toujours par la bouffe. Tu ne mangeras pas d’anaconda parce que l’anaconda, c’est l’ancêtre fondateur de ta tribu. Le mec qui t’interdit de bouffer quelque chose, tu peux être sûr que c’est un curé déguisé.

Tout ça, c’est de la pensée magique. Pensée magique, ça veut dire que tu penses pas. Tu réagis, t’acceptes sans analyser. Tu ne te poses pas la seule question qui vaille : est-ce que c’est vrai ? Sur quoi, c’est basé ce truc ?

On baigne dans le « c’est pas bien ». C’est pas bien de bouffer de la viande. Pourquoi ? Sors la règle à calcul : pour faire un kilo de viande, il faut tant de tonnes d’herbe, tant de litres d’eau, tu détruis la planète. C’est pas bien. En général, le mec, il a un Aïephone dans sa poche. Mais là, il se demande pas combien il faut de litres d’eau ou de sueur chinoise, si ça détruit et quoi. Il en sait rien et il s’en fout. Il est fier deux fois : d’avoir un téléphone et de pas bouffer de viande. Si c’est pas un con, qu’est ce que c’est ?

Toute activité humaine est destructrice. Tant qu’à faire, moi qui vis avec une conscience politique forte, je préfère me détruire que détruire les autres.

Mais quand tu picoles, tu détruis les autres ! Ha bon ? Ben oui, l’alcool au volant, c’est criminel. Non. Le volant est criminel. Moi, je suis un picoleur piéton. 30% de morts sur les routes par la faute de l’alcool, ça veut d’abord dire 70% où l’alcool n’est pas impliqué. Non ? Je me trompe ? Expliquez moi où.

En général, là, j’ai droit à tout le cortège des sottises majuscules, comme quoi je suis un sophiste, que ma mauvaise foi est éléphantesque et que je comprends rien à rien. Le plus souvent avec des arguments à base d’affect. Pense à cette pauvre Suzanne dont le fils est mort en revenant de boîte de nuit. C’est un exemple vrai. Le fils de cette pauvre Suzanne est mort en se tapant un chevreuil sur une route des Landes en revenant de boîte de nuit. Moi, je regarde. Je vois trois causes mélangées : la bagnole, le chevreuil, l’alcool. Si t‘en enlèves une, pas d’accident. Mais pourquoi l’alcool plutôt que le chevreuil ? Moi aussi, je me suis tapé un chevreuil, une nuit, sur une route des Landes. J’en suis pas mort. J’avais une Volvo, mon cousin avait une Twingo. Et crois moi, quand tu vois l’impact d’un chevreuil sur une Volvo, t’as pas de mal à imaginer le résultat sur une voiture plus légère. Bourré ou pas.

La mort, ça fait pleurer. C’est pas d’hier. Des fois, c’est même ritualisé. Y’a des régions où on paye des pleureuses. Est-ce une raison pour penser de travers ?

La vérité, c’est que le plaisir des autres nous emmerde. Leur douleur aussi. Alors, quand on peut faire le lien entre les deux, c’est tout bénef’. Interdire le plaisir pour empêcher la douleur. On appelle ça la morale. Les curés adorent.

On en reparlera…..

PS : le chevreuil, je l’ai ramassé et le copain Lahargou en a fait civet et terrines. Avec de l’armagnac. Avec les terrines, j’ai payé le carrossier. Elle est pas belle, la vie ?

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