vendredi 2 août 2013

JE TRIE PAS

Je trie pas mes déchets. C’est un choix politique. Pas pour faire chier les Verts dont je me contrefous.

Je trie pas parce que l’enlèvement des déchets, c’est un marché que, les unes après les autres, les municipalités concèdent aux poids lourds du CAC40, style Véolia.

Pour le dire simplement, les dites sociétés sont payées pour enlever et trier. Payées grassement suffit de voir leurs bénéfices. En plus, elles revendent les sous-produits. Tout bénef.

Et donc, je ne veux pas devenir un collaborateur bénévole de Véolia qui va bénéficier de mon tri sans rien me reverser. S’ils veulent que je leur facilite le travail, ils ont qu’a m’envoyer un chèque, y’a pas de raison.

Je trie pas parce que c’est pas écologique. T’as qu’à suivre un camion qui ramasse les poubelles de verre, tu sentiras l’empreinte carbone au niveau du pot d’échappement. Après quoi, le camion va déposer sa cargaison dans un centre où d’autres camions vont apporter le verre dans une lointaine usine à grand renfort de gazole pour qu’on le fasse fondre avec encore du gazole et refaire des bouteilles. Si tu veux faire écolo et économiser tout ce combustible fossile, tu remets la bonne vieille consigne en route. Remarque, la grande distribution sera pas d’accord. La fin de la consigne correspond aux débuts des supermarchés.

Moi, je suggère un truc à Duflot. Créer une Agence nationale des Déchets qui fera le boulot de Véolia. Une agence non-évaluée, une agence à la rentabilité nulle, avec trois mecs pour faire le boulot d’un seul. Mais une agence qui m’assurera que le travail sera fait en fonction de critères écologiques et que le bénéfice sera aussi social. Une agence qui gérera correctement les déchetteries et les dépôts d’ordures. Une agence qui construira des incinérateurs non polluants (et donc non rentables, ça va de soi). Ce qu’on perdra sur l’incinérateur, on le gagnera sur les cancers induits par la dioxine.

Je trie pas parce que, quand j’achète un produit, je paye déjà au producteur un surcoût lié à sa destruction. Tu sais pas comment ça se passe ? Facile. Le producteur paye la taxe à l’Etat et la rajoute au prix (éco-participation, ça s’appelle). Après quoi, il fait fabriquer pour peanuts des cartons qu’il colle dans les supermarchés et où, toi, tu vas déposer le produit. Simple : tu payes la taxe sur les piles et quand elles sont nazes, tu fais le boulot pour lequel t’as payé. Allez, vas-y. Secoue tes plumes et roucoule, c’est ce que les pigeons font le mieux. Le bel exemple, c'est les pneus. Quand t’achètes un pneu, tu payes la taxe. Et ton vieux pneu, tu vas le retrouver dans les champs où on les dépose sur de grosses bâches de protection pour pas qu’elles s’envolent. Dans le meilleur des cas, le marchand de pneus, il en a fait cadeau au paysan. Mais il a gardé la thune de la taxe, y’a pas de petits profits.Et toi, t'as droit au spectacle d'une campagne empneumée.

Je trie pas parce que cent kilos de déchets triés, ça fait toujours cent kilos. Et que le problème, c'est de diminuer ces déchets, de taxer à mort le "packaging" par exemple. Pas sur l'emballage, c'est le consommateur qui paiera. Une taxe globale liée à l'activité, style doublement de la taxe professionnelle pour les sociétés d'emballage. Une taxe à la source, pas à l'embouchure vu que l'embouchure, c'est moi...et que ce soir je suis particulièrement mal embouché.

Les pollueurs doivent payer. D'accord. Mais le pollueur, c'est pas moi. Moi, je m'emmerde déjà à descendre des poubelles toujours plus pleines parce qu'on me file plus d'emballage que de produit et que pour pas que je me détruise le budget, plus l'emballage est cher, plus le produit est merdique. Les pollueurs, c'est les publicistes, les packageurs, les grands distributeurs. Et j'ai pas envie de payer pour eux.

Alors, non, je veux pas rentrer dans ce système. Je suis un mauvais citoyen.

On en reparlera…

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