samedi 23 novembre 2013

CONNERIES CORRECTES

Ça pourrait être une rubrique.

Aujourd’hui, je vais dire aux débiles mentaux qui nous emmerdent avec le foie gras : vous êtes des truqueurs de la pire espèce, des petites gens qui surfent sur la vague de la compassion universelle, des bouddhistes au teint pâle et pire encore, des Européens du nord avec lesquels je ne veux pas vivre. C’est à cause de vous que j’ai voté contre Maastricht, à cause de vous que je finirai par rejoindre les anti-Européens virulents qui sont mon dernier espoir de sauver le foie gras, la corrida et le havane dans les lieux publics. Vous me rendez violent.

Bande d’ignares, avez vous déjà gavé un canard ? Moi, oui, et pas qu’une fois. Alors, pour que vous sachiez, je vais vous raconter. Comme ça, vous hésiterez peut être la prochaine fois qu’il y aura un stéréotype à enfourcher.

D’abord, gaver, c’est pas fatigant. T’as pas à courir après les canards, ce sont eux qui viennent. Tu arrives dans la cour avec le chaudron plein de pâtée, ils accourent. Peut être est-ce l’odeur, peut être la vue du chaudron bien noir, je sais pas, c’est pavlovien. Peut être que c’est maso un canard. Va savoir. Ils accourent en remuant leur croupion noir. T’as tout le temps de t’asseoir et t’attrapes le premier. Là, c’est délicat. Tu le coinces entre tes jambes et tu vas lui enquiller le tube du gavoir dans le bec. Il faut lui tirer doucement sur le cou, enfiler le tube dans le bec, puis le faire descendre en douceur. T’as la main gauche qui tient l’engin, la droite qui caresse doucement le jabot pour aider à la progression. Tante Marie disait qu’il fallait leur parler, leur dire des mots gentils. Je me souviens, elle les appelait « mounou ». Chez moi, « mounou », c’est un truc que t’utilises pour dire aux enfants que tu les aimes, l’équivalent de « mon trésor » ou « mon chéri ». J’étais un peu jaloux : j‘aurais voulu être le seul qu’on appelle « mounou ». Pas partager avec les saturnins.

Quand la canule est en place, on remplit l’entonnoir de la bonne pâtée de maïs broyé, d’herbes et de corps gras et on tourne la manivelle pour que la vis sans fin fasse descendre le nectar dans l’estomac. La bonne quantité, c’est un entonnoir bien plein. Pas plus, pas moins. Pas trop vite, non plus. Après quoi, tu retires la canule, aussi doucement que tu l’as mise, une dernière caresse au jabot et tu relaches la bête. Deux-trois minutes par canard, tout compris. Le canard se tire en vacillant un peu. Le plus souvent, il va se coucher dans un coin, histoire de faire une petite sieste post-prandiale, et t’attrapes le deuxième ; et ainsi de suite.

C’est comme ça que je donnais un coup de main à Tante Marie. La quinzaine de canards que je gavais, c’était autant qu’elle avait pas à faire. Ça lui libérait du temps pour aller faire une tarte ou une petite crème anglaise. Le gavage, c’état vraiment un acte d’amour entre elle, moi et les canards.

Me dites pas que j’ai une vision angélique et que j’ignore ce qui se passe dans les élevages industriels. Non, je ne l’ignore pas mais je ne regarde que ce mot : industriel. Au lieu de vous battre contre le foie gras avec le kleenex à la main, vous feriez mieux de vous battre contre l’industriel quel qu’il soit, contre la technostructure capitaliste. C’est elle qui a imposé qu’on change de race de canards (http://rchabaud.blogspot.fr/2011/01/parlons-un-peu-des-immigres.html), elle qui a imposé le gavage mécanique, elle qui a imposé les bandes de mille ou deux milles canards. Mais voilà : le sage montre la lune, le fou regarde le doigt. Vous allez chialer devant la photo d’un canard mort mais vous acceptez les nitrates et les pesticides qui vous permettent de bouffer de la salade en janvier. Parce qu’en janvier, je suis bien sûr que vous allez pas bouffer uniquement les légumes de saison. Et que vous allez pas engueuler le connard de bistrotier du coin qui vous colle une tranche de tomate dans l’assiette d’un bout de l’année à l’autre.

Ou pire comme les fascistes du Faux gras qui font un ersatz à base d’huile de palmiste. Le palmiste, ça pousse pas dans le Gers. Ton huile, salopard de Belge, elle a fait la moitié du tour du globe. Mais toi, ça te gêne pas, t’as l’habitude. Vu la taille ridicule de ton nain de pays, t’es bien obligé d’importer toute ta bouffe si tu veux entretenir l’obésité de tes gniards. Au cas où vous l’auriez pas remarquer, on peut pas être belge ou suisse et écolo. Quand t’habites un mouchoir de poche, faut du CO2 pour vivre aussi connement que tous les autres cons. Par exemple pour partir en vacances dans le Sud-ouest (de la France, ça va sans dire, le sud-ouest de la Belgique, ça n’existe pas) afin de mieux le détruire, d’interdire le foie gras et la corrida dans un premier temps. Le prochain coup, ce sera le rugby vu que dans le plat pays, on joue qu’au foot. Pas de raison que les autres s’amusent, une fois.

Vous vous demandez pourquoi je vire xénophobe ? Vous vous demandez pourquoi plein de Français virent xénophobes ? He bé, vous posez plus la question. Pourrait y avoir du progrom anti-belge entre Dax et Castelnaudary si vous continuez…

On en reparlera…

PS :le Faux Gras, ça existe vraiment et c’est vraiment belge. C’est une émulsion d’huile de palmiste et de divers produits chimiques censée imiter et remplacer le foie gras. Je peux pas vous dire si c’est un peu ou beaucoup dégueulasse, j’en ai jamais mangé.

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