dimanche 10 novembre 2013

TUES PAR LEUR GOUVERNEMENT

Rien n’est plus exaspérant que ceux qui ne veulent pas comprendre. Sur Facebook, les appels à la compassion et au don de dollars se multiplient. La télé bruisse des nouvelles de dons, le monde se mobilise pour les Philippins.

Ces pauvres Philippins frappés par une catastrophe naturelle. Mon cul ! dit Zazie. Zazie qui lit ce blog sait que les catastrophes naturelles n’existent pas : ce sont juste des événements naturels devenus des catastrophes artificielles (http://rchabaud.blogspot.fr/2011/11/les-catastrophes-artificielles.html).

N’en déplaise à mon amie Mireille, je ne verserai pas une larme sur un peuple qui a foutu au pouvoir un gouvernement qui vient de tuer 12 000 de ses citoyens (dernière estimation, mais ça va grimper)..

Expliquons nous. Nous sommes en 2013. La Terre est surveillée en permanence par quelques centaines de satellites météorologiques. Les données sont publiques et tous les Etats en échangent. Pour les cyclones dans la zone Caraïbe, tu vas sur le site de la NHC, pour la zone Pacifique ouest, le mieux c’est l’agence météorologique japonaise (www.jma.go.jp/en/typh/). Le mieux pour moi : c’est clair, pas trop technique et on comprend bien. Ainsi, aujourd’hui dimanche 10 novembre, je vois se dessiner un autre petit cyclone qui pourrait bien toucher les Philippines d’ici 4 à 5 jours. Je l’ai surnommé « Deuxième Couche ».

Allez voir, c’est assez simple. Dès qu’un cyclone naît, il est surveillé. On sait dans quelle direction il va, quelle est son intensité, on le suit d’heure en heure quasiment.

Et donc le président Benigno Aquino, il savait. Il savait qu’un typhon qui allait se renforçant se dirigeait sur son pays. A trois heures près, il savait quand son pays serait touché. Et qu’a t’il fait ? Je veux dire vraiment fait. Pas se contenter de diffuser des messages d’alerte. Si vous allez sur un bon site avec une bonne base de données (et en français), comme www.catnat.net, vous apprendrez que le cyclone est la spécialité locale des Philippines. Sur les dernières années, on en a recensé 74 avec une moyenne de 332 victimes par cyclone. A mon avis, avec Haiyan, la moyenne va monter, fais moi confiance.

Benigno Aquino, ça, il le sait mieux que moi. Il sait qu’année après année, les cyclones balayent les Philippines, qu’année après année, ses concitoyens en meurent. Il sait que les zones urbaines sont les plus touchées et que ce sont les plus pauvres qui dérouillent en priorité. Qu’est ce qu’il a fait pour améliorer l’habitat ? Qu’est ce qu’il a fait pour protéger les villes ? Est ce qu’il a déplacé des populations ? Vu le résultat, ça m’étonnerait.

Faut dire qu’Aquino est libéral. Un libéral, c’est quelqu’un qui croit à une certaine immanence et refuse la coercition. Pas comme ce salaud de gouvernement communiste vietnamien qui a déplacé près d’un million de personnes avant l’arrivée d’Haiyan : c’est pas libéral d’empêcher les gens de mourir.

Les Philippins, ils l’ont élu. Chez eux, Aquino, c’est une quasi-dynastie vu que sa maman a aussi été Présidente. Ils auraient du se méfier. La maman elle s’appelait Corazon, elle se laissait affubler du diminutif yankee de Cory, tu vois le genre. Mais bon, les Philippins, le libéralisme à la Dallas, ils doivent aimer ça. Les Philippins, ils ont pas compris que dans l’Asie des Moussons, valait mieux avoir un pouvoir un peu plus fort que libéral. Ben oui, on appelle ça le « despotisme oriental ». Quand t’es en première ligne pour prendre typhons et inondations dans la gueule, c’est bien un gouvernement qui assure. Des fois, il assure avec une certaine vigueur et des gens mal intentionnés pourraient le croire dictatorial alors qu’il est seulement contraignant.

Toujours est-il que le typhon n’a tué personne. Un typhon, c’est que du vent (deux caractères japonais Tai, grand et Fu, le vent, c’est l’étymologie). Le vent n’est pas criminel, pas plus que la pluie ou le verglas.

Le criminel, c’est le gouvernement qui accepte année après année que les victimes soient plus nombreuses, en laissant croire que c’est la faute à un quelconque fatum, à une misérable destinée. En refusant de porter la responsabilité de cette tragédie.

De celle-là et des suivantes. Car il y aura, bien entendu, d’autres tragédies. Chaque automne vu que ça fait quelques siècles que ça dure et qu’il n’y a aucune raison que ça s’arrête. Sans compter que derrière le grand vent, t’as les inondations, quelques glissements de terrain et un chouïa d’épidémies.

Remarque, Aquino, s’il veut rien faire, on peut pas le forcer. Y’a que les Philippins, mais a priori, ils aiment ça. Sinon, ils auraient pris les armes, tu crois pas ?

On en reparlera…

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