mercredi 13 novembre 2013

LES DROITS DE L’HOMME (2)

Je l’ai déjà raconté dans un livre de voyages, admirable et hélas ! méconnu. Je suis à Sébastopol, dans un bistro en terrasse le long du port, avec une belle gazelle d’une quarantaine d’années. Elle me raconte l’Ukraine et nous en venons aux droits de l’homme.

« Les seuls Droits de l’Homme, c’est d’être logé, nourri, éduqué et soigné. Le reste, c’est un luxe pour pays riches »

Boum ! Ben oui, ce minimum, elle ne l’a pas. Elle a quarante ans, elle est docteur en biologie et elle survit en faisant la plonge dans le bistro d’à côté. Ça lui permet de nourrir ses enfants. Pour le logement, c’est chez ses parents. L’éducation des gosses, c’est le minimum syndical et s’il y a un gros pépin de santé, t’as intérêt à avoir des économies vu que la Sécu est quasi inexistante. Tout ceci, en Europe.

Alors le passeport et les voyages à l’étranger, ça la fait marrer. « Nos parents, ils avaient pas le droit d’aller à l’étranger. Nous, oui. Mais on peut pas payer les billets…. ». C’est beau les droits qu’on peut pas exercer… Autant pas les avoir.

Les Droits de l’Homme, c’est un luxe de pays riches…Quand t’entends ça, tu prends une baffe quand même. Alors tu réfléchis. Les droits de la douce Tatiana, ils te paraissent un peu matérialistes. Et puis tu te dis que ta Liberté, si t’es hypovitaminé, tu vas pas en jouir longtemps. La Liberté, c’est d’abord la liberté d’enlever un cran à ta ceinture quand tu sors de table. Pour des millions de gens de par le monde, un repas, un toit, une école, un hôpital, c’est essentiel.

D’accord, mais pas à n’importe quel prix !!! En es tu sûr ? Tu préfères que ton gosse meure de faim pour ta carte d’électeur ? Qu’il ait le choix de ses journaux sans école pour apprendre à les lire ?

Là, c’est toujours la même réponse. Il faut les deux ! Quand on peut, c’est certain. Mais quand on peut pas ? Quand il faut choisir ? Le monde idéal reste à construire, les loulous. Les deux tiers de l’humanité doivent encore choisir.

Et puis, j’ai déjà dit tout le mal que je pensais du sujet (http://rchabaud.blogspot.fr/2010/12/quels-droits-de-lhomme.html), du sujet mais aussi de ceux qui le traitent (http://rchabaud.blogspot.fr/2011/02/indignez-vous.html).

Les convictions des droits -de-l’hommistes vont pas trop dans mon sens. Brandir les droits de l’Homme pour défendre la religion, quelle qu’elle soit, ça ne me convient pas. Un curé (un rabbin, un imam, un pasteur, un bonze..) ça ne défend pas l’Homme, ça défend un truc qui opprime l’Homme. T’es libre de penser ce que tu veux mais pas de m’emmerder avec. Si t’as besoin d’un Dieu pour vivre, libre à toi. Mais tu me l’imposes pas. Ni à moi, ni aux autres.

J’aime pas trop les moines, à part Frère Jean des Entommeures. Tous ces mecs qui branlent rien que marmonner des conneries en faisant la manche, je trouve ça pathétique. J’ai pas besoin de leurs momeries pour vivre. Pour mourir, non plus.

Faut dire que je viens de lire la biographie de Tashi Tsering traduite par André Lacroix. J’ai pas été surpris de voir que, robe noire ou orange, la pédophilie se portait bien dans les monastères. J’ai pas non plus été étonné des difficultés rencontrées pour éditer un livre remarquable. La religion est un vaste lobby, du Vatican à Dharamsala.

Le premier droit de l’Homme, c’est de pouvoir tenir debout sans béquilles intellectuelles et de comprendre que les dieux ne sont qu’une misérable création de l’Homme. S’il n’y a plus d’homme pour croire en Dieu, il n’y a plus de Dieu…

Mais ça, comme disait Saint Thomas, c’est pas demain la veille…


PS : j’offre ce texte à toutes mes copines bouddha-compatibles (j’exagère, y’a quelques mecs aussi mais les XX dominent). Qu’elles songent que tous ces bonzillons qui s’allument ont atteint le stade suprême de la religion et qu’elles se réjouissent pour eux qui vont pouvoir se réincarner. A moins que tout ceci ne soit que postures et qu’elles ne croient pas vraiment à la métempsychose. Et qu’elles gardent leur Ricard… J’ai le mien.

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