lundi 24 mars 2014

COMMUNICATION BASIQUE

La chasse aux commentaires à la con est ouverte !

« Nous avons une semaine pour convaincre les Français » : Nadjat Vallaud-Belkacem porte-parole d’un gouvernement qui n’a pas réussi à convaincre les Français en deux ans. !!! Va falloir accélérer, cocotte !!!

« Les Français n’ont pas compris le sens de notre politique » : André Vallin, député PS de l’Isère. Ben voyons ! Traduction : l’électeur qui ne vote pas pour moi est un con.

Ça fuse, ça gerbe, ça dépote. Le différentiel (le delta en novlangue) n’a jamais été aussi important entre les politiques et les électeurs. Thème général : nous on sait, eux ils savent pas. Les « communicants » emboitent le pas. Normal, ils ont le même « lieu de parole » que les politiques. Important, le lieu de parole, mais bien oublié. Pourtant, les communicants devraient savoir, c’est leur boulot. Si ton lieu de parole est le même que celui de ton adversaire, ce n’est plus ton adversaire.

Et donc, le citoyen regarde le communicant et se dit que, vu qu’il parle comme le politique, il est un stipendié du politique. Cause toujours...Le communicant, comme le politique, n’a d’impact que sur ceux qui partagent la même parole que lui.

Or, nous allons devoir admettre que ce partage de la parole ne concerne plus la majorité. C’est emmerdant, ça, dans une société démocratique où la majorité peut prendre le pouvoir. Ce petit point, nous l’avons oublié. La majorité peut être contre l’Europe, l’exprimer dans les urnes et voir la minorité lui confisquer son opinion. Pas bon, ça. Contraire aux principes de la Révolution française. Rappelons que la Révolution s’est faite parce qu’une minorité (la noblesse pour faire simple) décidait pour la majorité. On y est revenu et le citoyen de base fronce le nez. Même si c’est moins « politique », comme le mariage pour tous. Le citoyen de base, il se sent dépouillé de sa « normalité ». D’ailleurs, on lui répète à l’envie que la normalité n’existe pas. Ce qui revient à lui dire qu’il n’est pas normal.

Et donc, un groupe change le lieu de parole. Il s’approprie le lieu de parole de la majorité. Admettons que c’est un lieu de parole moins sophistiqué, plus rustique. On revient à Poujade et au poisson qui pourrit par la tête. Entre nous, c’est assez proche de Hébert et du Père Duchêne. Hébert qui exprimait brutalement ce que Robespierre disait plus joliment. Ne fut ce que parce que le lieu de parole choisi est celui de la brutalité. Le FN fait pas dans la dentelle. Chez lui, la négociation, ça commence par une claque dans la gueule, façon Poutine. Le citoyen de base, ça lui va bien, vu que c’est ça qu’il attend des politiques : de la protection. Si la protection est un peu brutale, ça lui va bien aussi. Or, les politiques ne le protègent plus : du chômage, des banques, d’une justice qui fait passer le droit avant l’équité. Le citoyen de base, il a besoin d’une communication simple, qu’il peut comprendre.Il a besoin d'un politique qui cause sa langue. Les politiques et les communicants froncent le nez : populisme. Exact. Mais dans populisme, il y a peuple. Et bulletins de vote.

Les politiques et les communicants lui causent intello. Ça va plus. Ça lui parle plus au citoyen de base. Lui, il veut du basique. Alors, il écoute ceux qui lui parlent basique.

On peut hurler, dire que c’est pas bien, que c’est une régression, on peut aligner tous les arguments, c’est comme ça. A force de compliquer la parole, de tordre le cou aux argumentaires, on en arrive à cette situation. De toutes façons, ce que j'ai envie de dire à tous mes copains qui hurlent, c'est qu'en démocratie, tout bulletin vaut un autre bulletin, qu'il n'y a pas des bulletins moraux et des bulletins amoraux. C'est la règle et elle est simple. Si t'es démocrate, tu n'as pas le doit de dire que le bulletin de l'autre ne vaut pas le tien. Tout ce que tu peux faire, c'est convaincre, enseigner, amener l'autre à comprendre tes arguments, pas à les lui asséner. Même s'il n'a pas le même QI que toi, il vaut autant que toi. Ça t'emmerde mais c'est comme ça. Devant l'urne, l'analphabète pèse autant que toi. Si ça te va pas, apprends lui à lire.

Ça c’est déjà produit dans l’Histoire. C’était sept siècles avec notre ère, en Chine. En gros, ça disait que seule la loi était moralement neutre et ça fonctionnait avec un gros paquet de fonctionnaires chargés de l’appliquer et de faire perdurer le pouvoir. Bien entendu, ça supposait une oligarchie et une puissante technocratie. On y est. Bien entendu, ça supposait une manipulation permanente avec des systèmes de communication omniprésents et tout puissants. On y est. Bien entendu, ça repose aussi sur la force et la coercition vu que le système législatif devient incompréhensible au citoyen de base. On y est.

Pour les politiques, la bonne nouvelle, c’est que ça a duré plusieurs siècles.

Et donc, on en reparlera….

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