jeudi 27 mars 2014

MON ENNEMI, C’EST LA FINANCE

C’est cette phrase qui m’a décidé. Faut dire que j’hésitais un peu. Ils m’ont baisé si souvent. Déjà en ne faisant pas le département basque promis par Mitterrand en 81. Et puis en privatisant comme des malades. Tu votes pas pour les fils de Jaurès avec pour but de refiler aux grands patrons les bijoux de famille.

Au fond de moi je suis gaulliste de gauche. Y’a des trucs qui doivent être nationalisés : la santé, l’énergie, le crédit, le transport, l’eau. Tout ce dont le citoyen de base ne peut pas être privé par le jeu du marché. En 81, c’est Pierre Billotte qui me l’avait dit : « Votez Mitterrand, avec Giscard, c’est Vichy qui revient ». Et puis Billotte aimait bien Delors qui était chef de cabinet de Chaban. La Nouvelle Société, vous vous souvenez ? Une Nouvelle Société basée sur la souveraineté et l’indépendance nationale.

Bon, gaulliste aujourd’hui c’est plus qu’une étiquette. Même le nain à Rolex et Ray-Ban, il se dit gaulliste. Tu vois le Grand Charles avec des Ray Ban, toi ? Bon, faut admettre qu’il y a une filiation qui va de Pétain à Sarko et elle passe par Giscard. Billotte avait raison.

Je me méfiais donc, façon fils de vampire invité à dîner à Marseille. T’es sûr qu’il y aura pas d’ail sur la table ? C’est que j’ai le cul sensible. Toujours la vaseline à portée de main.

Et puis, vlan ! le discours du Bourget. Mon ennemi, c’est la finance. Je l’aurais embrassé pour cette phrase ! Qu’est ce qu’on est con, parfois !

Après, j’ai vu. D’abord, j’attendais. Patient. On peut pas inverser les tendances en quelques jours. L’impatience est venue après. Avec le mariage pour tous, en fait. J’ai rien contre. Ni pour. A vrai dire, je m’en fous. C’est un non-sujet. La plupart de mes copains homos s’en foutaient aussi. Mais là, il s’est bien battu. Par contre, avec Mittal, il s’est vautré. Carpette. Comme avec Angela. Je l’avais prévenu pourtant : http://rchabaud.blogspot.fr/2012/05/francois-ne-va-pas-berlin.html

Et depuis, il a pas arrêté. Mois après mois, il a cédé. Sur tout. Il a cédé à Angela, il a cédé au Medef, il a cédé à Delors, il a même cédé à Duflot, c’est dire ! Je lui croyais au moins un peu de dignité. Même pas. Il va tirer des coups la nuit comme un collégien boutonneux. Il pense plus à sa biroute qu’à la France.

Le Bourget, c’était que de la com’. En plus, il y comprend rien à la com’. Le Président chinois vient pour une visite d’Etat et le premier truc qu’il fait, c’est d’aller bouffer avec un maire de province. La honte ! Il en a même pas conscience, le François. Il se dit que s’il aime le saucisson, c’est normal. Il a pas compris le camouflet qui est un retour de bâton. François, il va en Chine, il y reste 36 heures ! C’est la première puissance mondiale, il y passe moins de temps qu’à Bamako. Moins de temps qu’à Tôkyô. Xi Jiping, il a du avoir les boules. Je me mets à sa place. Mais l’autre ravi de l’Elysée, il a rien vu. Il est content. Il a signé 18 milliards de contrats, essentiellement pour de l’aéronautique, aéronautique patiemment construite par De Gaulle et privatisée par la suite. Tu parles d’un succès ! Encore de la com’.

Ce coup-ci, j’ai compris. Le mec, il reçoit Xi Jiping pour célébrer le 50° anniversaire de l’établissement des relatons diplomatiques et il nous parle de pognon. Comme aurait fait Sarko. Elle est où la politique ? Elle est où la hauteur de vues ? Il est où le sens de l’Histoire ? Il est où le socialisme ?

J’ai élu un Président pour qu’il me la joue pragmatique à la Thatcher. Mental d’épicier couché devant ses fournisseurs. Je suis encore cocu. Mais c’est la dernière fois.

On en reparlera…..

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