samedi 11 juin 2011

LA CONNERIE EN GERME

A priori, on connaît le lieu de naissance de la bactérie tueuse. Une usine qui produit des graines germées… Un fournisseur de végétariens, d’obsédés du bio, un des lieux où s’élabore la bouffe des malades de la doxa hygiéniste.

Faut en parler de la germination. C’est un truc nouveau. Du moins en Europe occidentale. Il n’y a pas si longtemps, les légumes germés (la pomme de terre, par exemple), tu consommais pas. Le paysan de base, la germination, il s’en méfiait. Mais le paysan de base, c’est rien qu’un con qui sait rien sur les plantes. En tous cas, beaucoup moins que le militant d’EELV et l’obsédé du wok.

Le discours hygiéniste au jour d’aujourd’hui, tu le trouves sur Ekopedia qui est une sorte de Wikipedia pour militants verts. Or Ekopedia est formel : « Manger des graines germées est une manière simple de s’alimenter sainement ». D’ailleurs, dit Ekopedia, c’est aussi vieux que l’humanité. Les Chinois, les Egyptiens, les Hunzas bouffent des graines germées depuis la nuit des temps. Les Hunzas oui. Les Alsaciens non. Les Basques non plus. D’ailleurs, germées ou pas, ils bouffent pas de graines. Les graines, c’est tout juste bon pour les poules. Ou pour les ortolans.

Le bobo vert, il supporte pas la civilisation paysanne occidentale. Le paysan qu’il aime est un fellah de l’époque pharaonique, pas un plouc gascon capable de passer cinq heures à table. D’accord, ça se fait plus. Je le regrette, notez bien. Je regrette les banquets avec potage, entrées chaudes, entrées froides, poisson, volaille, viande rouge, salade, fromages, crèmes et gâteaux. On mangeait sans faim, juste parce que c’était bon. Des fois, on sortait dégueuler un coup pour faire de la place et on recommençait. On mangeait pas pour se nourrir, on mangeait pour le plaisir de manger. Pour être repu. Repu, c’est devenu un gros mot. Un mot de beauf.

Alors, le bobo vert, il s’invente une nouvelle doxa. Il bouffe des graines de chou germées (c’est Ekopedia qui le dit). Il lui vient pas à l’idée que le chou, c’est meilleur farci, baignant dans son bouillon, avec une sauce blanche relevée au jambon frit. Et le cholestérol ? Ouais, c’est un risque. Mais moindre que la bactérie tueuse.

Parce que faut pas se gourer. La germination, vu par les bobos du bio, c’est pas vraiment naturel. La graine, tu la mets en terre, à la bonne époque (des fois, c’est l’automne, pour bien germer il faut respecter la période de dormance). Au printemps, il pleut, la terre se réchauffe, la graine germe. Dans la nature, c’est comme ça. Mais la bouffe « naturelle » des bobos bios, c’est pas du tout ça. De la graine germée, on doit en bouffer toute l’année, vu que les saisons ça doit pas être naturel dans leur esprit. Alors, on installe des trucs, on arrose, on chauffe pour que ça germe plus vite, plus régulièrement. Plus artificiellement, en fait. Faut que ça germe bien (y’a une productivité du bio, faut pas croire) et tout le temps. Le marché n’attend pas. Qu’est ce que vous croyez ? Que le bio, c’est une philosophie. Mon cul ! c’est un marché. Un marché pour des mecs comme Bernard Tapie, ancien patron de La Vie Claire. Les mecs, à la télé, ils te disent que c’est une ferme. Trous du cul ! C’est une usine. Une usine à faire germer des graines en quantité et n’importe quand. Une ferme, tu respectes les saisons, t’es obligé. Une usine, tu t’en fous des saisons.

Alors pour produire beaucoup et souvent, on crée les conditions d’un bon bouillon de culture : de l’eau et de la chaleur. Les bactéries, elles adorent. Et, a priori, même qu’elles en profitent pour muter. Salopes !

Bon, là, j’exagère. Le colibacille, il résiste à tous les antibiotiques connus. Ça signifie qu’un colibacille a été exposé à tous les antibiotiques et a développé des résistances. Ça, dans la nature, c’est impossible. Même toi, faut que t’aies été salement et longuement malade pour qu’on t’ait refilé des antibiotiques des huit classes connues. Concrétement, comment ça se passe ? Une souche est exposée à un antibiotique. Les résistants survivent et se développent. Ces survivants, on les expose à un second antibiotique. Il y aura à nouveau des survivants, résistants aux deux. Et ainsi de suite.

Et donc, il faut du temps et, dans la Nature, plein de hasards et d’aléas pour qu’un colibacille rencontre par hasard et successivement les huit classes d’antibiotiques et atteigne un tel seuil de résistance. Autant dire que c’est quasiment impossible. Par contre, en laboratoire, c’est un jeu d’enfant.

Autre point : des antibiotiques, on n’en file pas aux plantes, à ma connaissance. Donc, même si j’aime pas trop les végétariens, je suis enclin à ne pas les suspecter. Faut être juste. C’est pas eux qui ont produit le colibacille. Par contre, avec leurs usines à la con pour faire germer le blé, ils peuvent avoir offert à la bestiole un milieu parfait pour se développer. Une bestiole venue d’ailleurs. Venue presqu’à coup sûr d’un laboratoire.

Il n’y a pas de savants fous. Sauf dans les bandes dessinées et les films hollywoodiens. Un bacille ultra-résistant, c’est utile. Par exemple pour tester de nouveaux antibiotiques. Dans le cadre d’une guerre biologique aussi. C’est pas une nouvelle théorie du complot. Juste une réflexion à partir d’éléments connus. Et l’inconnu, c’est le point de départ, ce qui ouvre la porte à toutes les hypothèses. Parce qu’ils insistent tous sur le développement de la bactérie dans l’usine à satisfaire les bobos écolos. Mais personne ne dit d’où elle vient, la bestiole.

La guerre biologique, c’est une hypothèse qu’on ne peut pas rejeter. Jusqu’à maintenant, c’était plutôt des bacilles qu’on filait dans des projectiles ou qu’on saupoudrait. Ça colle plus vraiment avec le monde actuel où la guerre se fait en sous-main. Il faut donc trouver de nouveaux vecteurs, efficaces et discrets. Et le plus efficace et le plus discret, c’est l’industrie agro-alimentaire. Tu balances un colibacille dans une usine de conserves, t’es sûr du résultat. Une usine de conserves ou un abattoir industriel, n’importe quel endroit où sur quelques dizaines de mètres carrés tu peux accéder aux boyaux de quelques milliers de mecs. En plus, le fabricant de conserves ou de steaks hachés, il va dépenser un maximum de blé pour dire que c’est pas lui et brouiller les pistes. En clair, le fabricant, il va te protéger. Et il sera relayé par les transporteurs, les grands magasins et même les politiques. C’est ton vecteur, soigneusement choisi, qui te couvre. Bonheur stratégique total.

Et donc, le danger, c’est pas le bio. C’est le bio industriel, aussi dangereux que le non-bio industriel parce que le danger, c’est l’industriel. La ferme qui vend du lait aux voisins du village n’a aucun intérêt. Par contre, l’usine à yaourts qui produit des millions de pots, y’a bon ! Une poignée de colibacilles dans la citerne, tu dézingues quelques centaines ou quelques milliers de mecs.

Tout ça m’énerve. Parce que ça manque singulièrement de réflexion. Les fadas du bio, ils se précipitent chez Naturalia. Qui c’est ça, Naturalia ? C’est une filiale de Monoprix qui est une filiale de Casino. Alors, Ducon, tu veux pas aller dans un supermarché classique ? Pas grave, le supermarché classique, il met un masque et tu vois rien. Tu lui files ton pognon quand même.

Ha ! c’est pas ce qu’on te dit ? Parce que tu crois ce qu’on te dit ? Quand tu vois des produits bio sur toutes les gondoles de tous les supermarchés de France, tu crois que c’est des artisans qui sont capables de produire tout ça ? Ben non, mon gars. Qui dit quantité dit production industrielle, c’est pas possible autrement. Même en bio. Certes, il y a des contraintes, des certifications, des processus administratifs. Sauf que les grands groupes, c’est leur boulot de contourner les certifications. Avec l’aide des scientifiques qui savent créer des aliments artificiels mais bio quand même pour que le mouton bio il sente pas trop le mouton naturel (http://rchabaud.blogspot.com/2011/04/la-mort-de-nos-gosses.html) Vu que bio, sur les étiquettes, ça veut pas dire « naturel ». Faut le savoir.

D’ailleurs, au cas où vous l’auriez oublié, la bactérie tueuse, elle est parfaitement bio.

On en reparlera…

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