jeudi 25 juillet 2013

MERCI QUI ? MERCI LACTEL !

J’avais entendu cette idée. Un copain bien attentionné m’envoie une publication suisse (Prof. Georg Loss in Journal of Allergy and Clinical Immunology, 2011).

Le prof, il est à la fois suisse et scientifique. Doit pas être rigolo. Il a mené une étude sur quelques 3000 gosses en comparant ceux qui boivent du lait cru et ceux qui boivent du UHT. Edifiant ! Chez les buveurs de lait cru, on détecte 41% d’asthme en moins, 26% d’allergies en moins, et 49% de rhume des foins en moins ! C’est du lourd, on n’est pas aux marges quand on en est à ces pourcentages.

OK. C’est une simple corrélation statistique. Je la connaissais sans avoir trouvé de références. Un gestionnaire de la santé (si, si, ça existe) avait noté une corrélation entre l’augmentation des allergies et la consommation de lait UHT.

Le mécanisme reste inconnu mais, a priori, l’UHT dézingue un paquet de micro-organismes qui ont un effet immunologique important. Donc, en gros, si t’as vingt ans et que t’es allergique, tu peux aller coller une baffe à ta grosse feignasse de mère qui a passé son temps à se simplifier la vie.

Parce que la vérité, c’est ça. Quand j’étais petit, on allait chercher le lait trois fois par semaine, juste la quantité qu’il fallait. Un peu plus, s’il y avait gâteau à l’horizon. Et on faisait gaffe qu’il « tourne » pas. On gardait quand même le lait caillé, c’est vachement bon avec du sucre. Trois fois par semaine ! On avait le temps, quand même. Pas comme aujourd’hui, où on prend un pack chez Carrauchan, histoire de faire la quinzaine. C’est vrai que c’est pratique le lait UHT. Tu peux le conserver trois semaines, t’as pas à laver le pot à lait et puis, c’est écrémé, c’est bon pour la santé. Là, bémol : écrémer le lait, ça t’oblige à acheter le pot en plastique avec une vache dessus. Oui, mais dans le pot en plastique, la crème est à 0%, c’est meilleur pour la santé.

Ça, c’est ce qu’on te dit. « On », c’est l’agroalimentaire, Lactel, Danone et les autres. La réalité statistique est toute autre : en buvant du lait UHT, tu favorises l’apparition d’allergies et d’asthme chez ton môme. Bon, maintenant tu le sais. Tu fais ton choix et t’assumes le résultat. Mais tu viendras pas chouiner si le môme, tu dois l’abonner à la Ventoline.

En fait, c’est toujours le même truc. On veut avoir le beurre et l’argent du beurre et le meilleur des deux mondes. Du lait en abondance, pas trop cher, qui se conserve longtemps et qui a les mêmes propriétés que le lait naturel qu’il faut aller chercher quasi tous les jours et surveiller. Comme le lait sur le feu. Mais, ma poule, c’est pas possible. Même si t’as qu’un neurone, tu comprends bien qu’un lait qui tourne pas, il a été modifié sévère et qu’il n’a plus rien de naturel. Tu veux le croire parce que ça t’arrange, comme toujours. Mais c’est un gros pipeau. Remarque, tu crois aussi que Lactel, il écrème le lait parce qu’il fait gaffe à ton cholestérol. Bernique ! Il écrème le lait parce qu’il va vendre la crème en plus et à part aux professionnels pour faire les produits annexes (crème, fromage blanc) que tu vas acheter en plus dans le rayon « frais » de Casiclerc. T’as pas remarqué qu’écrémé ou pas, le lait il vaut pratiquement la même chose. Or, écrémer, c’est du boulot, le lait écrémé, il devrait coûter plus cher. Non ? Ben non. Le boulot en plus, il est payé par le mec qui achète la crème. L’est pas belle la vie ? Surtout que le mec, au bout du bout, c’est toi.

Je rigole pas. J’achète aussi du UHT parce que la ferme, elle est un peu loin. Bien sûr que je fais comme toi, mais sans enthousiasme, en maugréant, avec la conscience de me faire baiser. Tu vas me dire, c’est le meilleur quand on se fait baiser : en avoir conscience.

Tout ça pour dire que la machinerie cellulaire, c’est compliqué et que, INDEPENDAMMENT DU GOUT, tous les poulets ne se valent pas. Et tous les cochons non plus. J’avais demandé un jour à un maître ès-cuisine moléculaire si le cochon de mon charcutier dont le gras prenait à la cuisson la teinte du miel de montagne, était identique à celui du supermarché qui restait diaboliquement pâle. « C’est de l’analyse trop fine » qu’il m’a répondu.

Moi qui suis con, je pensais qu’il analysait les molécules, le mec. Plus fin que la molécule, je vois pas trop. Même pas ! Il savait pas, mais surtout il voulait pas savoir. Faut dire qu’il cherchait des financements pour son labo et que mon carnet de chèques est moins gros que celui de Justin Bridou.

Comme dit la maxime : un pessimiste est un optimiste bien informé.

On en reparlera…

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