vendredi 6 décembre 2013

MADIBA TAUBIRA

Bon, c’est triste. OK, c’était un grand homme. Le seul truc qui me gêne, c’est l’unanimité. Quand je vois un hommage unanime, ma première question, c’est de savoir qui s’est invité au bal des faux culs. Parce que Mandela, il a du en gêner plus d’un, en emmerder plus d’un. Il a du provoquer quelques colères et pas mal de grincements de dents. Bon, on a l’habitude : fermer les cercueils, c’est aussi fermer les lèvres. Vont tous y aller avec la mine de circonstance. S’ils y vont pas, ils vont peser au trébuchet le poids de leurs représentants.

Pour l’instant, on n’en est qu’aux déclarations. On reprend les mêmes que pour Luther King. A quelques détails près. Taubira, par exemple. Elle envoie un tweet et quel est le mot utilisé : MADIBA.

Surnom de Mandela, surnom affectueux filé par les militants de l’ANC, puis par les Sud-africains.

Quel est le sens de ce surnom dans le tweet de Taubira ? De toutes les déclarations de politiques que j’ai lues (il doit en manquer, je vous rassure), elle est la seule à utiliser le surnom affectueux. Pourquoi ?

Veut-elle suggérer une proximité supérieure ? Admettons. A t’elle rencontré Mandela plus souvent et de manière plus intime que ses collègues ? Pas que je sache. Alors, pourquoi suggérer cette proximité ?

Je ne vois qu’une explication. C’est un tweet raciste. Taubira veut bien insister sur le fait que Mandela est un combattant de la cause noire. Comme elle. La proximité, elle est là. Taubira annexe Mandela sur le terrain de la couleur. C’est pathétique.

Le combat de Mandela n’était pas un combat raciste, c’était un combat anti-raciste, faire en sorte que la couleur ne soit plus un marqueur social, éducatif, politique ou même sportif. Gommer la couleur.

Le cercueil est pas fermé qu’il se fait annexer comme Noir. La couleur redevient un marqueur. Vous allez voir comme ça va déraper dans les jours qui viennent. Parce qu’effectivement, tout n’est pas rose au pays des Springboks. Ailleurs, non plus. Tout simplement parce qu’une bande de jean-foutres, au lieu de travailler sur les ressemblances bossent sur les différences, les mettent en exergue, créent des Conseils représentatifs… Représentatifs de quoi ? Des couleurs de peau, des religions, représentatifs de la discrimination.

Mais, elle existe la discrimination. Oui. Même qu’elle progresse. Vu qu’elle a doublé ses routes. Avant, mais ça, c’était avant, y’avait guère que les Blancs qui discriminaient et les Noirs qui souffraient. Maintenant, tout le monde discrimine, négativement (logique) et même positivement.

On est dans la quasi-scène de ménage. Rigolez pas, ça fonctionne pareil. Taubira, elle me reproche le mental colonialiste de mon arrière grand-père comme dans la scène de ménage, on reproche les conneries que la belle-mère fit dix ans plus tôt. Je dis pas ça parce que Taubira est une femme, les mecs font pareil. Claude Ribbe qui s’énerve sur le racisme de Napoléon. Oui, bon, Napoléon était raciste. En quoi suis-je concerné ? Qu'est ce que j'en ai à foutre ? C’est ça le syndrome de la scène de ménage, quand tu vas chercher les trucs anciens pour alimenter l’engueulade actuelle.

Et les scènes de ménage, on le sait, ça conduit au divorce, ça creuse les fossés. Les Français sont plus grandes gueules que racistes. Si tu discutes avec eux, tu t’aperçois que, comme toutes les grandes gueules, ils mélangent, ils confondent, ils brouillent les notions. Mais, au fond, ils n’ont pas besoin de lois pour rejeter l’esclavage. Ils voient bien que les cultures se mélangent, que les couples mixtes ne posent plus problème et que la globalisation induit une mondialisation des esprits et des pratiques sociales et culturelles. Ça va pas assez vite ? Peut être, mais c’est inéluctable.

Mais si tu me regardes en m’engueulant, c’est sur que je vais pas avoir envie de te faire la bise….

On en reparlera…

Aucun commentaire:

Publier un commentaire