mardi 10 février 2015

L’OFFENSIVE CHINOISE

C’est un livre. Un fatras de banalités du style « Les entrepreneurs chinois dépendent du pouvoir politique ».

C’est un livre biaisé dès le titre. Qui pourrait considérer que, lorsqu’elle va faire ses courses chez Leclerc, Madame Michu se livre à une « offensive » ?

Or, c’est la même chose. Si les entreprises chinoises viennent faire leur marché en France, c’est que tout est à vendre. Pour entrer au capital de Peugeot, Dongfeng n’a pas eu à se livrer à une offensive. Ni Fosun pour racheter le Club Med. A moins qu’on considère que dérouler un tapis rouge soit une provocation qui déclenche les offensives.

Tout est à vendre. Il est temps de s’en apercevoir. La prétendue offensive ne gênait personne quand il s’agissait des tomates du Vaucluse (Conserveries du Cabanon) ou du beurre normand (Coopérative Elle-et-Vire). On a simplement changé de registre. Maintenant, on est au niveau du CAC 40. Qui va changer, vu que Fosun ne fait pas mystère de son désir d’en ôter le Club Med. C’est peut être ça qui fait problème. Les changements financiers.

Les auteurs se plaignent que les Chinois n’accueillent pas assez de Français dans les conseils d’administration. Mais pour y faire quoi ? Continuer la politique qui a affaibli leurs firmes ? Continuer à croire qu’ils sont plus puissants que le pouvoir politique ? Reproche t’on à la Curie romaine de ne pas accueillir suffisamment d’athées ?

L’un des auteurs est chercheur à la Brookings Institution, une sorte de centre de recherches qui a pour but (entre autres) « d’améliorer le bien-être économique et social, la sécurité et les opportunités de tous les Américains ». Au moins, c’est clair. Quand on travaille là, c’est pour le bien-être des Américains. Et donc la question est : pour qui parle t’il ?

L’autre est consultant chez McKinsey qui s’enorgueillit sur son site de « conseiller les directions générales des grandes entreprises françaises » et de les aider « à élaborer leurs orientations stratégiques ». A priori, le rachat par les Chinois ne faisait pas partie des orientations stratégiques analysées.

Et donc, on sait qui parle : les USA. Forcément ,le rachat de l’Europe par les concurrents chinois ne leur plait pas. Au point qu’on peut se demander s’ils n’avaient pas organisé l’affaiblissement pour en profiter. Aujourd’hui, le butin est piqué par d’autres. Le soft power se met en branle. Je parie qu’on va voir apparaître l’immense file des arguments sociaux. Quand les Américains critiquent les communistes, la bagarre n’est jamais loin.

Le livre va être un succès. Toute la presse va le relayer. Personne ne rappellera que McKinsey a conseillé Usinor (racheté par Mittal), par exemple. Et que, dans les orientations stratégiques, ils ont autant de succès que de bides.

En tous cas, j’admire que de telles institutions découvrent soudain que le monde est en train de basculer. Pour des analyseurs d’avenir, c’est pas terrible.

C’est que leur vision est purement financière, déconnectée des réalités culturelles ou géographiques.
Bon, dépensez pas votre bel argent. Lisez ce blog. Vous en apprendrez autant. Avant les autres.

Il vous suffit de penser que, toujours, le roi est nu. Et que je suis un enfant. Un vieil enfant élevé avec des bouts de bois et pas des tablettes numériques.

On en reparlera…

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