mardi 22 janvier 2019

ARLEQUIN OU SGANARELLE ?

J’ai envie de défendre Eric Drouhet, attaqué par Marlène Schiappa, la Morano des temps nouveaux. Qu’entends je ce soir dans la bouche de Marlen pas Lily.

« Monsieur Drouhet n’a pas saisi la chance de débattre avec le Premier Ministre »

Il faut donc remettre les pendules à l’heure. Payés par le budget national, les ministres mais plus généralement toute la classe politique et administrative, doivent leur salaire aux citoyens. Ce qui permet d’affirmer sans risque de contradiction que les politiques sont payés par les citoyens pour être à leur service. Il ne faut donc pas inverser les rôles. Eric Drouhet n’a pas eu envie de parler à son valet. C’est aussi simple que ça.

J’ai choisi « valet » malgré mon amour pour Sgnanarelle parce que « domestique » n’allait pas. Le domestique est chargé de veiller sur la maison (domus) et, vu l’état de la maison France, la qualité de la domesticité que nous avons choisie laisse beaucoup à désirer.

Soyons justes :voilà des années que nous laissons trop de liberté à nos employés en leur donnant trop de gages. Trop d‘années que nous avons oublié qu’ils étaient à notre service et non nous au leur. Nous avions oublié ce fameux proverbe médiéval : « Oignez vilain, il vous poindra, poignez vilain il vous oindra ». L’onction dont ils se parent est celle du suffrage universel, c’est l’onction que nous leur avons donnée.

Exemple suivant, même émission, un pontifiant imbécile, député de surcroît et répondant au doux nom de Garot (serrons lui le kiki, ça changera de la guillotine) déclare : « Ce n’est pas mépriser les gens que de leur faire de la pédagogie ». Ecoute moi bien, tour de cou. Je ne suis pas un gens. Je suis un citoyen. J’ai appris avec des pédagogues, depuis mon instituteur né à Béguios, jusqu’à mon directeur de thèse au Collège de France. Pour apprendre, j’ai toujours eu ce qu’il fallait, merci la République, et ce que j’ai appris surtout, c’est à reconnaître les discours du mépris, les geais parés et les grenouilles qui gonflent. Ta suffisance, collier franquiste, était insupportable et je te conseille gentiment et pédagogiquement : ce que tu as à m’apprendre peut prendre place dans ta raie culière, je n’en ai pas besoin. Tout ce que je te souhaite c’est une greffe de sphincter au niveau du larynx pour que tu puisses contrôler tes paroles aussi bien que tes défécations

Nous avons été mal habitués : l’Etat et les citoyens étaient servis par des serviteurs de haute qualité, des Vatels et non des valets. Nous sommes au temps du fast food qui se pare du pourpoint de Vatel sans avoir ses compétences. Et nous avons accepté cette dégradation, oubliant que la dignité d’un serviteur reflète la dignité de celui qu’il sert.

Ce sont les prémices du Grand Débat et il est déjà pipé. De diverses manières, le gouvernement montre dans quel mépris il tient ses interlocuteurs. Le choix d’Hanouna en est une preuve supplémentaire. Il ne manquait pas de gens de talent et je vais encore citer Pascal Praud qui sait mener des débats à la portée de tout un chacun.. Sauf que Hanouna a été choisi pour « faire le show ». On ne saurait mieux dire « aux gens » qu’ils ne peuvent rien comprendre aux sujets sérieux si on n’y met pas une rasade de divertissement. En voulant faire « peuple », Schiappa a mis la barre du mépris à belle hauteur, sous les conseils avisés du Président lequel ne peut parler sans laisser entrevoir son sentiment de supériorité. Je l’imagine apostrophant ses ministres ; « Qui t’a fait comte ? » sans que quiconque renvoie « Qui t’a fait Roi ? ».

Moquant De Gaulle, André Ribaud a tenu pendant des années une chronique de la Cour. C’est impossible aujourd’hui : on ne chronique pas les basses-cours.

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