samedi 16 octobre 2010

DEUX POIDS, DEUX MESURES

Le Directeur de l’usine : « L’an dernier, le Parti Communiste a demandé une augmentation des salaires de 40% que nous avons accordée »

C’est une interview. Dans le journal de 20 h de France 2. Le mec interviewé, il est Français, bien cravaté et il dirige l’usine Peugeot de Wuhan.

Première leçon : quand le Parti Communiste demande une augmentation des salaires, elle est accordée. A Wuhan. Parce qu’à Sochaux, ça doit pas être la même musique.

Le même : « Nous avons un Directeur général adjoint exclusivement chargé des relations avec le Parti Communiste ».

He bé ! Si c’est pas deux poids, deux mesures, c’est quoi ? Peugeot, c’est du bon vieux patronat français. Pas des fonds de pension internationaux. Du patronat estampillé MEDEF, UIMM et autres associations bien pensantes où les mots « communiste » et « syndicat » sont des gros mots. En ce moment, les dirigeants de Peugeot, ils doivent peser les centimes des caisses de retraite. Avec des calculs fignolés. Ils doivent pester contre les raffineries bloquées, les trains qui roulent mal et ces communistes qui bloquent la France. Ils devraient demander à leur directeur général adjoint chargé des relations avec les communistes. Il a l’habitude, le mec. L’habitude de céder.

La presse, nous l’a dit et redit. Il n’y a pas de syndicats en Chine. Pas besoin. Le PCC arrive et demande et obtient. Chérèque, avec ses 2% d’augmentation, il a l’air un peu minable, je trouve. 40%, ça c’est de la demande ! On mégote pas chez Hu Jintao.

Tout ceci est normal. Le patronat, quand on le menace, je veux dire quand on le menace vraiment, il s’écrase à tous les coups. En même temps, le patron de Ryan Air, il ferme sa base de Marignane. C’est juste qu’il a pas peur. Il sait bien qu’il va continuer à atterrir où il veut et à s’organiser comme il veut. Si on lui avait dit, par exemple, « OK, tu fermes, mais tu n’atterris plus en France, y compris à Paris », je suis bien sûr qu’il aurait fait ses comptes. Là, il envoie ses salariés en Lithuanie mais il continue à poser ses avions à Marseille et Paris. Il va rien perdre. Pourquoi se gêner ?

Je repense à tous ceux, Wikipédia en tête, qui prétendent que le communisme en Chine, c’est juste de la rhétorique. Pour les ouvriers de Wuhan, la rhétorique, c’est 40% d’augmentation. 40% obtenus par le parti au pouvoir. Peugeot achète la paix sociale et la tranquillité politique. Le droit d’être dans le pays.

Il est dommage que ceux qui devraient comprendre le message ne l’entendent pas. Le politique commande à l’économique.

A Wuhan. Pas à Sochaux.

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