samedi 8 septembre 2018

DE REAGAN A TRUMP

Anecdote personnelle. Je termine un synopsis post-apocalyptique sur le thème : comment peut se reconstruire une société dans un monde dont il ne reste que des décombres ?

Première joie : tous les quadragénaires qui le lisent ne tarissent pas d’éloges. J’en prends et j’en laisse. Un projet n’est bon que quand il est réalisé.

Première baffe : un de mes contemporains et amis me file un roman américain en affirmant que le sujet a déjà été vachement bien traité.

Ben non. Le roman en question traite de la survie d‘un individu dans ce type d‘environnement. Un individu. Seul avec son gniard. Moi, je pense à la manière dont se reconstruit une société. Pas un connard égotiste qui ne peut arriver à rien tout seul. Personne n’arrive à rien tout seul. Quel que soit l’environnement, le solitaire est condamné.

Du coup, je vais me promener ici et là et je découvre pourquoi je déteste la littérature américaine contemporaine, ce que j’appelle la brisure Paul Auster. Dans les années 1980, la littérature américaine qui était une littérature de la société devient une littérature de l’individu. En gros, ça correspond à l’arrivée de Reagan. Avant Reagan, les grands écrivains ne conçoivent leurs personnages que comme partie d‘un groupe, politique, social, voire racial. Après Reagan, seul compte l’individu. Je caricature un peu. A peine. Portnoy était politiquement chargé des discriminations, il finit par tourner autour de son pénis.

Ce qui me frappe, c’est que c’est devenu l’alpha et l’oméga de toute réflexion. Ainsi Trump. Tout tourne autour de sa personnalité, de sa vulgarité. Comme si Trump était une sorte de Dieu sorti de nulle part pour sauver (ou détruire) l’Amérique. Mais, Bon Dieu, il n’est pas seul !! Il a été choisi, aidé, conseillé, et même financé, par des centaines de types dont il est la marionnette, le porte-parole et le représentant. Le croire seul , c’est croire en la possibilité du changement On change Trump et tout va bien. C’est ignorer tout ce qui est derrière lui et qui pousse, décide, transforme. Tout ce qui restera après Trump.

Idem pour Macron. Lui, il est l’icône des sciencepotards. Il plonge dans les sondages. La belle affaire ! L’oligarchie lui cherche déjà un remplaçant. Il est peut être trouvé. Comme Emmanuel a remplacé François. Il n’a aucun intérêt. Il a montré sa bonne volonté, il a détruit le code du Travail, démantelé la SNCF, il va privatiser les machines à fric comme la FDJ. S’il échoue, il sera remplacé comme une vieille serpillère.

Les groupes sont à l’œuvre. Partout et même en Europe de l’Est. L’opposition, en gros, c’est la place de la Nation ce qui ne convient pas du tout à l’oligarchie financière internationale qui a besoin des flux ignorants des frontières. Aujourd’hui, refuser la frontière, c’est aimer le capitalisme. Mais Trump est protectionniste !! Oui. Trump protège le territoire de Wall Street. Mal, parce que le tissu est troué. Obama s’y est pris comme un con. Il n’a pas su voir et expliquer à ses alliés (les mêmes que Trump) que les USA n’avaient plus la prépondérance mondiale. Alors, l’oligarchie a changé de candidat pour changer de politique. Parce que, eux aussi, ils croient à l’individu. Ça marche pas non plus.
L’individu peut gérer sa vie ce qui n’est pas si mal. Pour gérer un groupe, il faut penser, vivre et agir comme un groupe. Ce que font tous les élus locaux qui ont du succès.

Sauf qu’ils ont compris qu’on vivait dans une société à deux vitesses et donc une société à deux doxas, avec une bien-pensance de l’élite et une bien-pensance du peuple. L’élite pense comme Attali, le peuple comme Marine. C’est le  peuple qui vote, faut il le rappeler ?

Mais, on ne peut pas…. Si, on peut.. On perd des amis, on gagne des voix. Les amis aident à s’aimer, les voix aident à être élu. Et non, ce n’est pas de la démagogie. Et si ça en est, ce n’est pas grave. Un politique a tout à gagner à aimer le peuple et tout à perdre à s’aimer.


Car, au bout, c’est ça.. Aimer l’individu, c’est s’aimer avant tout. Est ce si important ?

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