lundi 1 avril 2019

L’ECOLE DES FANS

Ha ! Il nous manque Jacques Martin ! « Il est où ton Papa ? » Aujourd’hui, il remplacerait Edouard Philippe à la tête du gouvernement le plus jeune de France. Le bambin, il connaissait….

Hier, c’était marrant. La presse s’ébaudissait de la nouveauté que représentait la nomination au Quai d’Orsay d'une gisquette qui a l’âge de Mozart. L’âge, mais pas l’œuvre. Je ne pensais pas qu’on y arriverait si tôt. C’est qu’à force de parler, on finit par croire à son énonciation.

Voilà des années que le jeunisme a pris les rênes. La jeunesse est parée de toutes les qualités, auréolée de toutes les vertus. Je le savais. J’ai entendu une DRH m’expliquer que mon âge alourdissait la moyenne d‘âge des cadres de la boîte et que c’était un vrai problème. Manière de dire, en fait, que je pesais sur la masse salariale.

A l’opposé, je me souviens de cet officier parlant de son régiment : « Ils ont le calme des vieilles troupes ». Le calme des vieilles troupes ! Ce qui manque le plus à notre gouvernement. Napoléon le Micron (Napoléon le Petit  est déjà pris) a oublié la leçon du Grand qui mélangeait jeunes conscrits et vieux grognards. Les vieux ont besoin de la fougue de la jeunesse laquelle a besoin de leur expérience. Les généraux sexagénaires remportent leurs plus belles victoires en envoyant à la mort des lieutenants de vingt ans.

Collomb parti, les vieilles troupes se résument à Le Drian qui, désormais, fait tâche, introduisant l’EHPAD dans l’Ecole des Fans. On vient subtilement de lui retirer le dossier de l’Europe qui nécessite plus d’expérience que les relations avec le Kiribati.

Mais l’expérience est désormais un boulet. Le monde est neuf. Tu parles ! Une large partie du travail gouvernemental aujourd’hui consiste à démentir les propos de jeunes ministres ignorant tout du travail d’équipe et s’exprimant sans freins, comme tous les jeunes écervelés. On n’a pas fini de rigoler.

Le peuple le sait. Un sondage nous informe qu’une majorité aimerait voir arriver un militaire à l’Elysée. Un militaire ! horresco referens ! Mais oui. L’armée reste la dernière structure à valoriser l’expérience et le travail d‘équipe avec, en prime, quelques valeurs morales qui semblent faire défaut. Le peuple ne confond pas Carlos Ghosn et un officier supérieur. La langue non plus qui parle de « capitaines d’industrie », un capitaine étant moins gradé qu’un général, par définition. Le peuple a besoin de hiérarchie et d’expérience. Avec les bambins à sucettes, le peuple a peur.

Restons calmes et comptons les points. Donnons des notes à ces gamins qui en ont tant manqué. Zéro pointé à la Madame N’Diaye, la seule porte-parole qui assume de mentir. Comme à Madame Schiappa, si fière de nous dire qu’elle a lancé le Grand Debat avec Cyril Hanouna, mettant le Président en position de vedette américaine d‘un bateleur douteux. Tous ces Gavroches sans talent qui pensent que les mots remplacent les actes alors qu’ils doivent les précéder. Comme Gavroche chantant sur les barricades avant d’y trouver la mort.

On veut nous attendrir : le Président serait proche du burn out. Ho ! Hé ! Il a choisi d’y aller. Maintenant, il s’aperçoit qu’il a pas les épaules. Qu’il parte donc s’il ne fait pas le poids. Il a choisi de gouverner avec la classe biberon qui ne fait pas ce que doivent faire des collaborateurs : soulager le chef. Notre Président ne sait pas s’entourer alors que c’est la  première qualité qu’on demande à un chef. Nos ministres savent lire des dossiers alors que ce n’est pas ce qu’on leur demande. Il y a des spécialistes pour ça, des experts capables de faire des notes de synthèse qui peuvent être désagréables et aller à l’encontre des idées dominantes. Muni de l’expertise, le Ministre doit aller au combat, faire plier Merkel et coller une baffe à Junker. Passer de la salle de classe au ring. Y sont-ils prêts ? Sont ils armés ?

Certes, je fais l’apologie de la violence. C’est pas bien. Mais j’ai envie de faire rapide. Discuter un contrat peut être violent, d‘une violence d’autant plus dangereuse qu’on ne la perçoit pas. Tout contrat est un acte de guerre. Le gagnant-gagnant n’existe pas à terme et le contrat fructueux les premiers temps peut se révéler désastreux au bout de quelques années. C’est notamment vrai pour les transferts de technologie. Pour en juger, il faut du temps ou, a minima, de l’expérience, cette expérience qui fait si cruellement défaut à nos bambins gouvernants.

Bon, c’est au pied du mur qu’on voit le maçon. Mais le maçon a plus d‘un tour dans sa giberne. Il peut déclarer que le mur est un concept du monde d’avant, concept rendu inutile par le changement du monde. Ou qu’il faut en changer le plan pour l’adapter aux temps futurs. Ou…toute autre discursivité lui redonnant la main.

Un dernier exemple. Je reviens au fameux sondage souhaitant un galonné à l’Elysée. Personne n’a noté qu’il avait lieu après que Castaner l’invincible ait décidé d’appeler l’armée en renfort pour protéger Napoléon le Micron. Il n’est donc pas anormal que le peuple pense qu’il serait plus simple de caserner un régiment Faubourg Saint-Honoré. Ça s’appelle l’effet pervers. Tous les gens d’expérience vous le diront.


On en reparlera….

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